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JOURNAL DE PHYSIOL. ET DE PATHOL. GÉ.NÊR

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rale chez les lapins a souvent pour conséquence pendant les premiers jours après TopératioD une leucocytose très abondante, car déjà au cinquième jour la quantité des leucocytes revient à la normale. Après ablation du second rein, la leucocytose est moins accentuée que la première fois, mais dure jusqu'à la mort de l'animal.

Nous nous abstenons ici de discuter les changements chimiques du sang, les variations de la concentration sanguine et la méthode diagnostique de Rummel, car les principales données à ce sujet sont assez connues de tous.

Quelques autres données sur l'une ou l'autre opération en particulier seront indiquées avec la description de ces opérations.

Pathogéxœ. — La série des modifications générales que nous observons après une action sur un rein nous amène à chercher la pathogénie de ces lésions, n y a plusieurs théories. D'abord la séduisante hypothèse de M. Guyoa, la théorie du réOexe réno-rénal, qui explique à un certain degré la courte durée du travail fonctionnel du second rein . Mais si l'on trouve des modifications organiques de l'épithélium rénal, il faut toujours chercher unautre mécanisme.

De la première théorie découle la seconde, celle de Klippel et Ponsson : U théorie d'une néphrite sympathique, analogue à l'opbtalmie sympathique, qui s'interprète par l'irritation constante des nerfs du rein pathologique, et peut-être par l'intermédiaire du plexus solaire.

La troisième théorie, c'est qu'à la suite de la suppression fonctionnelle d'un nim. (ligature expérimentale), le rein qui reste est lésé par ce fait qu'il est obhgé d'éliminer une quantité plus grande de substances toxiques. Cette théojrie est vraisemblable^ si nous rappelons que, d'après l'expression de M. Bouchard^ l'organisme est un grand laboratoire de poisons. AscoU et Figari sont aussi partisans de cette théorie, ainsi que Anzilotti et Michaiioff.

Plusieurs faits s'inscrivent contre cette théorie. De toutes les opérations que nous étudions^ la néphrectomie, d'après tous les auteurs, provoque le moins de modifications dans l'organisme. En provoquent le plus^ au contraire, les opérations dans lesquelles le rein est seulement altéré, mais non enlevé.

On peut alors croire que l'action nocive qu'exerce sur l'organisme le rein lésé est due aux produits de désintégration cellulaire qui ont leur origine dans le rein, et qui, charriés par le sang dans la circulation générale, se fixent, comme prétendent quelques auteurs, d'une façon élective sur le second rein. Il est certain que la résorption du tissu rénal est possible; ce fait a été étudié il y a déjà longtemps par Gigon, et ces dernières années par TufBer et Huber. Ainsi nous pouvons arriver à une conclusion sur l'existence des toxines cellulaires (é^totoarin^^, d'après Metchnikofï), qui, en circulant dans l'organisme, peuvent manifester leur action toxique; en effets selon quelques auteurs, ces modifications sont déterminées par des néphroloxines.

Lindemann est le premier qui tâcha d'obtenir ces substances et d'étudier j leur action. Son travail fut suivi d'une série de recherches d'autres auteurs. On a étudié cette question à différents points de vue. Ramond et Hulot, Castaigne et Rathery, J. Caries et Muche, Albarran et Bernard, ont injecté rémnlsion de rein de cobayes et de lapins. Cette emulsion eut une influence très prononcée; souvent les animaux succombèrent avec tous les symptom» d'une intoxication : convulsions, adynamie, amaigrissement. Si ces phéno-

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mènes ne se produisaient pas, la néphrite était une conséquence plus ou moins éloignée de l'injection. Les phénomènes d'intoxication étaient^ plus prononcés encore, si l'on avait enlevé préalablement un des deux reins. £n même temps, on a observé sous le microscope des lésions du foie, des zones marbrées, blanchâtres ou violacées, et la dégénérescence graisseuse. Des recherches ont démontré que ces modifications ne sont pas propres seulement au tissu rénal, mais ont lieu aussi après une injection d'émulsion de tissu hépatique.

Une autre méthode employée pour se convaincre de l'existence des néphrotoxines consiste à obtenir du sérum néphrotoxique . Selon la méthode employée, on a obtenu soit un sérum autonéphrotoxique, soit un sérum hétéronéphrotoxique. Les expériences faites au moyen de l'un ou de l'autre sérum n'ont pas donné des résultats identiques.

Lindemann, Nefedieff, Bierry^ Castaigne et Rathery ont obtenu, après l'injection du sérum néphrotoxique, les mêmes modifications qu'après injection du tissu rénal (albuminurie, perte progressive de poids^ quelquefois mort et lésions rénales déjà décrites).

II est à noter que Schultze, qui a étudié également la question, n'a jamais observé l'effet néphrotoxique du sérum des lapins auxquels il avait injecté une emulsion de rein de cobaye. Albarran et Bernard, ayant refait les expériences précédentes, ont abouti à la conclusion qu'il n'y a pas de doute que par les moyens sus-indiqués on réussit à obtenir un sérum toxique surtout pour un animal d'une espèce différente. Quant à sa toxicité spéciale pour le rein^ elle a paru minime. Les reins de deux cobayes morts spontanément, tïomme ceux d'un cobaye qui avait survécu et qui avait été sacrifié deux jours après l'injection, présentaient seulement quelques lésions peu importantes et disséminées de vacuolisation cellulaire. Un sérum obtenu après Injection de tissu hépatique a donné les mêmes résultats dans les reins que le premier. Ces résultats ont été même plus prononcés qu'après injection du «érum néphrotoxique.

Enfin, considérant que la ligature de l'uretère a une influence exceptionnellement prononcée sur l'état du rein opposé, ce qui s'explique par le pas- -sage des néphrotoxines dans le sang, on s'est servi, selon une troisième méthode, du sérum des animaux ayant subi cette opération, pour prouver l'existence des néphrotoxines et leur influence spéciale sur le tissu rénal. Nefediefi*, en injectant dans la veine du lapin le sérum d'autres lapins ayant i3ubi la ligature unilatérale de l'uretère, a provoqué une néphrite difi'use. Malheureusement les expériences de Nefedieff ne sont pas concluantes. D'abord il n'a fait ces expériences que sur 4 lapins, et^ dans ces cas, l'expérience n'a pas été faite dans de bonnes conditions. Le sérum néphrotoxique a été pris chez 2 lapins du 21* au 41* jour après l'opération. Malgré la toxicité considérable du sérum (5 c. c. de ce sérum provoquaient déjà une néphrite chez d'autres lapins)^ les reins opposés de ces deux lapins ne présentaient aucune modification; les deux lapins semblaient être tout à fait bien portants, ce qui parle peu en faveur de l'hypothèse de la formation de néphrotoxines dans leur organisme. Albarran et Bernard ont fait plusieurs expériences analogues à celles de Nefedieff, mais ils n'ont pas obtenu de résultats permettant une conclusion définitive.

Enfin Richard M. Pearce a essayé de produire des autonéphrotoxines par

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divers moyens (ligature unilatérale de l'uretère ou des vaisseaux du rein). Ses tentatives sont restées sans résultat. Le sérum des animaux chez qui on avait essayé de produire les autonéphrotoxines a été injecté à d'autres animaux dans la veine et n'a produit aucun effet appréciable.

Un sérum hétéronéphrotoxique est obtenu facilement par l'introducUon de substance rénale de chien dans la cavité péritonéale du lapin, ^ mais les troubles produits par ce sérum néphrotoxique n'ont pas de caractère spécifique; un sérum hépato toxique détermine les mêmes altérations. Celles-ci consistent en une dégénérescence des epitheliums sécréteurs avec atteinte partielle des glomérules et surcharge graisseuse des cellules des tubes de Henle. On n'a jamais pu obtenir de lésions chroniques du rein par les injections répétées de serums néphrotoxiques. Ces injections de divers serums autonéphrotoxiques ou hétéronéphrotoxiques sont sans action sur la pression sanguine.

Tel était l'état de cette question quand nous avons commencé notre travail. Le problème était d'autant plus intéressant qu'en cherchant à le résoudre nous pouvions espérer faire avancer la solution de deux questions biologiques importantes : Torigine et l'importance des cytotoxines, et l'indépendance, en pathologie, des néphrites unilatérales, dont l'étude est actuellement tout à fait à l'ordre du jour. Nous avons tâché de nous approcher de la solution de notre problème à Taide de l'élude de certains processus biologiques, sans pour cela laisser de côté les données anatomo-pathologiques.

Les lapins ont principalement servi à nos expériences. Plusieurs de c«s animaux (3-6) ont subi les opérations indiquées dans les lignes précédentes. d'abord d'un côté, puis 3 à 4 semaines après du côté opposé. Tous ontéiê opérés aseptiquement, sans l'usage d'antiseptiques pouvant avoir une action secondaire sur les reins. Tous ont été soumis à une période d'observation de 3 semaines avant l'opération, et ont suivi rigoureusement un régime alimentaire déterminé; ainsi nous avons soigneusement éliminé de notre expérimentation l'influence de tous les facteurs secondaires. Nous avons examiné l'urine, le sang^ les organes, et fixé la quantité de l'urée, des chlorures et de l'albumine contenus dans lurine. Dans certains cas, l'urine a été examinée par les moyens cryoscopiques, et la composition du sang a été définie ai point de vue du nombre et de la qualité de ses éléments figurés, ainsi qu'au point de vue de son alcalinité. L'alcalinité du sang a été déterminée d'après le procédé de Drouin, pratiqué avec quelques modifications dans le laboratoire du professeur Bouchard. La précision dans la détermination de l'alcalinité doit être attribuée au papier tournesol très sensible préparé d'après les indications du célèbre chimiste Berthelot.

La technique des opérations présente peu de difficultés, et aucune des opérations n'a donné lieu à une hémorragie tant soit peu notable, capable de retentir sur la composition du sang.

Avant de faire le compte rendu de nos expériences, pour éviter les répétitions, nous croyons nécessaire de noter ce qui suit. La nourriture de nos lapins consistait exclusivement en carottes. Avec ce régime alimentaire, il était facile de maintenir Falimentation des lapins à un taux constant, et les urines ëtaient abondantes. Quelques lapins, n'ayant pas l'habitude de celt«

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nourriture exclusive, refusèrent de manger pendant les premiers jours, mais peu à peu ils s'en contentèrent. Plusieurs se jetèrent sur les carottes avec avidité, ce qui fut cause de diarrhée, au début. Ainsi^ pendant la période préopératoire, la quantité de l'urine et celle des chlorures est toujours restée proportionnelle à la quantité de la nourriture absorbée. Quant à Turée, si les lapins mangeaient peu, ils se trouvaient ainsi en état de jeûne relatif : sa quantité augmentait. Ce phénomène, à première vue étrange, s'explique par la désintégration de l'albumine des tissus qui se produit pendant le jeûne. L'animal, suppléant à ce manque de nourriture par la désintégration de son albumine^ décompose ainsi une substance qui contient 20 fois plus d'azote que les carottes (nourriture de nos lapins). Le résultat de cette décomposition est une très grande augmentation d'urée.

Les limites du présent mémoire ne nous permettent pas d'y donner la relation de toutes nos expériences. Nous nous bornerons donc à exposer celles qui ont trait à la néphrectomie et à la ligature de l'uretère, réservant pour un mémoire complémentaire les expériences sur la ligature de l'artère ou de la veine rénales, ainsi que nos conclusions générales.

A) Néphrectomie. — Parmi toutes les opérations indiquées plus haut, la néphrectomie a surtout attiré notre attention. Cette opération est d'une grande importance pratique. Elle se rattache à un problème qui est pour nous d'un intérêt plus spécial en ce qui concerne l'énergie fonctionnelle du rein intact. La néphrectomie a été faite sur 7 lapins, et tous ont guéri rapidement; leur nutrition n'a pas beaucoup souffert; la diminution du poids, le 1" jour après l'opération, ne s'est pas élevée à plus de 95 gr., en décomptant le poids du rein enlevé. En 45 jours, le poids redevient normal. L'examen de Yuririe montre, les 2 ou 3 premiers jours, une diminution marquée en quantité ainsi qu'en éléments chlorés, tandis que la quantité de l'urée est augmentée. Cette augmentation d'urée et la diminution du poids sont d'autant moindres que l'opération a été faite dans de meilleures conditions. Le 5« ou même le A* jour après l'opération, il y a augmentation sensible de l'urine et des chlorures, tandis que la quantité de l'urée redevient peu à peu normale. Dès la seconde semaine après l'opération, les lapins sont complètement rétablis, et, si l'on compare les résultats correspondants de la période préopératoire (la quantité de nourriture étant dans les deux cas la même), on trouve que non seulement le chiffre de l'urine et des chlorures est redevenu normal, mais que souvent même le chiffre des chlorures est augmenté. Les chiffres relatifs à l'urée ne permettent pas de conclusions définitives. Il est permis d'en conclure que Tautre rein double d'intensité dans sa fonction les premiers jours après l'opération. Ainsi, en moins d'une semaine après l'opération, la restitution de la fonction rénale ad integrum peut s'opérer. Quelquefois, pendant la i'* semaine après l'opération, on trouve dans l'urine des traces d'albumine. La présence du sang n'a pas été constatée. Il est à présumer que la néphrectomie unilatérale n'exerce aucune influence sur la vitalité des lapins; ils paraissent tout à fait bien portants, et un des lapins (n» 19) a augmenté en 3 mois de 700 gr. après l'opération. L'urine analysée n'a subi aucune modification. Le second rein, dans la néphrectomie unilatérale, est toujours hypertrophié; son poids dépasse celui du rein enlcTé de 2 à 3 gr., c'est-à-dire à peu près de 50 0/0 (Tabl. I et II.)

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