IV. — Réflexions
Les résultats qui précèdent, obtenus chez l'enfant, concordent avec ceux obtenus chez l'adulte par l'un de nous, et dont la relation détaillée a para dans la thèse de Gary.
Chez les adultes observés par ces auteurs, la proportion des faits positifs t été de 5 sur 30, et le passage du bacille dans le sang a paru favorisé par l'existence d'ulcérations intestinales.
On aurait donc pu croire a priori que ce passage serait plus fréquent chez l'enfant^ qui avale si souvent ses crachats, et dont l'épithélium intestinal serait, d'après certains auteurs (Behring) plus facilement perméable aux bactéries. Sur ce dernier point, l'un de nous poursuit actuellement des recherches dont les résultats seront publiés plus tard.
V, — Conclusions
L'apposition de sangsues < en fontaine > constitue un procédé facile de se procurer du sang incoagulable, pour y rechercher des microbes par TexameD direct.
Ce procédé ne révèle l'existence du bacille de Koch dans le sang que d'aae façon assez rare (2 fois sur 46) au cours de la tuberculose infantile.
Les cas où cette recherche nous a paru positive sont des cas de méoingite tuberculeuse (granulie).
Ces résultats confirment ceux qu'avait déjà obtenus Tnn de nous chei l'adulte.
ANALYSES
OUVRAGES DIVERS TRAITÉS, MONOGRAPHIES
A. Nicolas. Comptes rendus de VAssodation des anatomistes, 8* réunion, Bordeaux, 1906, un Tol. grand in-8* de xxxiii-150 pages, Nancj, 1906.
L'Association des anatomistes français poursuit le cours régulier de ses réunions et de ses succès, et son secrétaire, le professeur Nicolas, continue à publier avec soin et diligence les communications qui j sont faites. — Le volume de celte année comprend moins de communications intéressant les physiologistes que les volumes précédents. Signalons cependant la note de Bujard (Eug.) sur les villosités intestinales dont la forme est déterminée par le régime alimentaire; celle de Grynfeltt (E.), sur les muscles de l'iris des amphibiens ; celle de Guieysse sur la structure du tube digestif chez les Crustacés copépodes; celle de Legendre (R.) sur la structure des cellules nerveuses de Helix ponKitia; celle de Retterer (Ed.) sur le rôle des cellules rénales et les variations de leur structure à leurs divers états fonctionnels; celle de Soulié (A.) et Tourneux (J. P.) sur le mode de distribution des vaisseaux veineux dans le foie; celle de Tribondeau (L.) sur l'influence des rayons X sur la structure histologique des testicules et mentionnons aussi deux communications relatives à l'organisation du protoplasma, celle de Kunstler (J.) et Gineste (Ch.) sur les spherules chromophiles chez les protozoaires et celle de Fauré-Frémiet (Em.) sur le Glaïuioma pyriformis et l'organisation de la subs lance vivante, e. g.
Hermann Vierordt. Anatomische, physiologisehe und physikalische Daten und
Tabellen, un vol. grand in-8* de vi-646 pages, 3* édition, léna, G. Fischer,
Pour montrer toute l'importance de cette nouvelle édition d'un ouvrage indispensable aux physiologistes et aux médecins, il suffit de dire que la précédente édition, qui date de 4893, ne comptait que 400 pages. C'est donc 200 pages de plus de renseignements précieux que l'on aura désormais sous la main. — Le plan du livre est resté le même : trois grandes divisions, partie anatomique (p 3-488), partie physiologique et chimico-physiologique (p. 494-542), parlie physique (p 545- 555), avec, en outre, un supplément consacré à des données de médecine pratique (p. 559-590). Par rapport à l'édition antérieure la partie anatomique est augmentée de plus de 60 pages, la partie physiologique et chimico-physiologique de plus de 400 pages, la pai-tie physique ne change pas et la partie médicale augmente d'une dizaine de pages. La partie anatomique est enrichie d'une foule de chiffres concernant tous les tissus et organes. La partie physiologique, outre de nombreuses améliorations du même genre, comprend des chapitres nouveaux, sur la composition des aliments, sur les échanges nutritifs de l'adulte, sur les échanges nutritifs dans le jeûne, sur le point de congélation des liquides de l'organisme. Dans la partie médico-pratique, on trouvera aussi beaucoup plus de chiffres sur la durée du sommeil aux différents âges, sur le temps d'incubation des maladies infectieuses, sur les doses toxiques des substances médicamenteuses suivant l'âge, etc., etc.
Plus encore que pour les deux éditions précédentes se justifie pour celle-ci le mot d'un critique, que ce livre peut remplacer
pour le médecin à l'esprit scientifique toute une bibliothèque. s. o.
E. Abderhalden. Lehrbuch der phynologUchen Chemie in dreissig VorUiungen, un vol. grand in-8» de 787 pages, Berlin, Urban et Schwarzenberg, 1906.
Cet ouvrage commence par une introduction magistrale dans laquelle l'auteur fait la comparaison des méthodes expérimentales utilisées en chimie pure et en physiologie. Pour lui, la chimie physiologique consiste essentiellement dans l'étude des substances qui doivent pénétrer dans l'organisme, dans la genèse et la description des transformations successives de ces substances et, finalement, dans l'étude des différentes formes sous lesquelles elles s'éliminent. Le plan même de l'ouvrage est dicté par cette conception générale. — Dans les premières leçons, l'auteur étudie les hydrates de carbone, les graisses et les albuminoîdes. Pour chacun de ces groupes, il donne, quand la chose est possible, les formules de constitution des corps, et, de plus, les principaux modes de synthèse et de dédoublement.
Le lecteur se trouve ainsi préparé, par le début même de l'ouvrage, à mieux comprendre les mécanismes de la destruction et de la reconstitution des substances organiques dans l'économie, qu'il s'agisse des végétaux ou des animaux. Quatre leçons du plus vif intérêt se trouvent ainsi consacrées à ces questions primordiales de l'assimilation et de la désassimilation. Cette étude des substances biologiques est présentée avec un soin et une abondance de documents qui peuvent rendre de grands services dans les recherches expérimentales. L'auteur consacre ensuite deux chapitres à l'étude du rôle des matières minérales considérées comme éléments constitutifs des cellules et des organes. II montre dans quelles proportions ces sels peuvent être empruntés aux divers groupes de substances alimentaires. Les leçons suivantes sont consacrées aux phénomènes diastasiques, aux fonctions du tube digestif, tout particulièrement de l'intestin et de ses annexes, au sang, À la lymphe, aux rapports réciproques des divers organes, enfin aux échanges nutritifs envisagés aux divers âges de la vie. Les deux derniers chapitres renferment l'exposé des recherches de Bordet, de Tchistowich et de Noif sur les réactions dites biologiques (préd pi tines, lysines, etc.); de Engelmann, sur l'adap-
tation chromatique; d'EhrIich, sur les origines chimiques de rimmunité. L'aeteur montre les liens rationnels qù existent entre ces questions et en fait odc critique très suggestive. — Cet ouvn^ intéressera au plus haut point toutes les personnes qui désirent se tenir &u courant des transformations incessantes des sciences biologiques. Il pourrait être lu avec plus de facilité et de profit si l'auteur avait introduit quelques divisioDs dans l'exposé de chaque leçon. Ajoutons, enfin, que l'on s'étonnera, et cela à bon droit, que les noms des savants français les plus connus ne soient que fort rarement cités ou soient même totalement
oubliés. A. DBSGRKZ.
J. Golart et L. Grimbert. Préds ai
diagnoitic chimiqw, microscopique H paraHtologique , un vol. in-i8 de xv- 460 pages, Paris, F.-R. de Radevai,
Ce livre, toujours clair et méthodiqvement écrit, se divise en deux parties très inégales. La première, sous le titre de technique générale, est consacrée à la technique bactériologique et à Texamen microscopique des bactéries; elle ne comprend que 84 pages. L'étude des principaux tissus constitue la seconde partie, c'est presque tout l'ouvrage. Les auteurs étudient successivement le sang, le pus, les liquides pathologiques (liquide pleural, péricardique, synovie, etc.), le lait, la sécrétion nasale, le poumon (avec les crachats), la bouche et le pharynx (avec la salive), l'estomac, l'intestin et le foie, la peau, l'oreille, l'œil, les organes gMiitaux et l'urine; un dernier chapitre donne la composition des principaux réactife employés en urologie et la manière de préparer les solutions normales et dècinormales Telle est la disposition de l'oavrage. Quant à sa composition, il convient de remarquer le soin et la précision détaillée avec lesquels sont décrits les procédés techniques et les méthodes bactériologiques ou chimiques, ainsi que les innombrables parasites étudiés, bactéries, champignons, protozoaires, vers, insectes, etc. B. G.
A. Gaussel. La mouvements associés des
yeux et les nerfs oculogyres (avec préface du professeur Grasset), vol. in-16 de 225 p., Montpellier, Coulet fils, et Paris, Masson et C*, 1906.
Travail complet, pouvant intéresser
PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE
.utant les spécialistes que tous les médeins en général. L'auteur expose et naljse toutes les raisons, constituant ctuellement la base de la théorie des lerfs oculogyres, émise par Grasset, et ésumée en la formule suivante : Chaque étnitphère voit et regarde du eôti opposé vee lei deux y«iM; (Grasset). Ceci démontre que le mécanisme de la yision entre également dans la grande loi de •hjsiologie générale qui paraissait s'applixier à tout le corps, sauf aux jeux. Gausel étudie successivement et séparément ss mouvements associés des jeux, à Tétat lormal et pathologique (paralysies facials et oculaires); la déviation conjuguée e la tête et des jeux dans les maladies u cerveau (de Técorce à la protubérance); ss paraljsies des mouvements associés es jeux (avec ou sans déviation conjunée) dans les lésions du cervelet et des ubercules quadrijumeaux. Grâce & la néthode anatomo-pathologique, aidée et onfirmée par rexpérîmentation, il a été fossible à l'auteur d'étudier exactement s trajet des nerfs oculogjres, à travers le erveau et le mésocéphale > ainsi que surs connexions avec les neurones interlèdiaires ou de relais. — En terminant, raussel rapproche tous les tjpes de déviaions conjuguées de la tête et des jeux t montre qu'ils relèvent tous du même éficit moteur : la paraljsie d'un ocu- Dgjre, avec conservation du tonus de bculogjre resté sain. Il discute et ombat les théories sensorielles (Bard, ^ufour) de Toculogjrie en faveur de la béorie motrice qu'il admet avec Grasset t Landouzv et croit prouver par là existence des nerfs moteurs oculogjres lextrogjre et lévogjre), dont les centres orticaux sont disposés dans chaque hélisphère de façon à présider à la motilité es deux jeux vers le côté opposé. 11 xiste donc un chiasma des nerfs oculojres, de même qu'il existe un chiasma es nerfs optiques; et, de même que haque hémisphère reçoit les sensations isuelles des deux hémi-rétines corresondantes, de même il fait mouvoir les eux jeux vers le côté où il voit. Or, la octrine des nerfs hémi-optiques, gênéalement admise aujourd'hui, se trouve omplétée par celle des hémi-oculomo- 3urs ou nerfs oculogjres, laquelle ne
* Les nerfs oculogyres possèdent, comme IS autres nerfs, des neurones corticaux, ftriphériques et intermédiaires.
tardera pas & devenir classique à son tour (école de Montpellier), b. balabar.
PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE
ET COMPARÉE
PHARMACODYNAMIE
J. Kiinstler et Gh. Gineste. Les cultures de protozoaires et les variations de la matière vivante. (79) » CXLIII, 365- 367; 20 août 1906.
L. Guénot. Rôle biologique de la coagulation du liquide cœlomique des oursins. (80) LXI, 255-256; Nancj, 44 juillet
François-Franck.Ëtudes graphiques et photographiques de mécanique respiratoire comparée. Discussion de la théorie classique du fonctionnement des sacs aériens des oiseaux (pigeon). (80) LXI, 174-176; 28 juillet 1906. — Les mouvements respiratoires déterminent simultanément des variations de pression de même sens dans le poumon et dans tous les sacs aériens; tel est le résultat des études graphiques et photographiques faites par l'auteur sur le pigeon.