V. PAGHON
A. Nolf. La coagulation du sang des poissons. (7i) IV, 216-259; septembre 1906 ^- Le sang des poissons recueilli pur coagule lentement et difficilement, comme l'avait vu Delezenne (1897) qui l'avait assimilé au sang des oiseaux, en raison de son incoagulabilité quand il est recueilli dans des conditions excluant l'action du suc des tissus. Le plasma séparé par centrifugation immédiate est stable. Le sérum de poisson n'a pas d'action sur lui. Les extraits d'organes en provoquent la coagulation immédiate.
L'auteur donne de l'action coagulante de ces extraits l'interprétation suivante. U s'agit d'une action triple. Premièrement leur thrombine précipite le Gbrinogène du plasma, action coagulante de premier ordre. En deuxième lieu leur leucothrombine(ou vasothrombine) s'unit à l'bépatothrombine du plasma pour en faire de la thrombine, action coagulante de deuxième ordre. Enfin, certaines substances à l'état particulaire ou colloïdal, que contiennent les extraits tissulaires, s'accollent à la fibrine soluble et la précipitent, action coagulante de troisième ordre. De ces trois unions entre colloïdes, la seconde seule, entre la leucothrombine (ou vasothrombine) et rhépatotbrombine, est spécifique, c'est-à-dire qu'elle n'est possible que si les substances en présence proviennent d'une même espèce animale ou
d'espèces voisines. La stabilité du plasma des poissons est due, d'après l'auteur, à un léger excès d'hépatothrombine ; c'est la même interprétation que celle donnée également par l'auteur pour le plasma propeptoné faible du chien. Les expériences sur le foie isolé et les extirpations du foie chez le Scyllium vivant montrent que l'hépatothrombine est sécrétée chez les poissons comme chez les mammifères parlaglande hépatique. La leucothrombine est d'origine leucoc;ytaire. C'est un ferment protéoly tique. La coagulation du sang de poisson est empêchée par l'oxalate de sodium à 1 , 5 pour 100. Le mélange approprié de leurs leucocvtes avec le plasma de leur sang a permis, chez tous les invertébrés marins examinés (mollusques, vers), d'obtenir des liquides de pouvoir fortement coagulant pour le sang de poisson. Chez tout ces invertébrés il y a donc de la leucothrombine et de la plasmothrombine, qui s'unissent entre elles pour former de la thrombine. L'auteur fait remarquer que cette production de thrombine, qui se fait exactement comme chez les vertébrés,est extrêmement intéressante à constater chez des êtres dont le sang ne coagule pas; elle est intimement liée, d'après lui, aux phénomènes de la nutrition azotée. V. PACHON.
Henxiiscovesco. VIII. Etudes sur les colloïdes du sang. Les globulines. Leur dédoublement. (80) LXI, 193-195; 28 juillet 1906. — La digestion saline des globulines les dédouble en deux globulines de charge électrique contraire.