V. MONTAGARD
A. Rodet et P. Delanoë. Sur la
septicémie typhique expérimentale. Comment se comporte le bacille d'Ebertb injecté dans les veines du cobaye. (65) XVIII, 581-593; 1906. — L'injection de bacilles d'Ebertb dans les veines du cobaye détermine des troubles morbides et la mort, sans prolifération sensible des bacilles : la mort coïncide avec une réduction considérable du nombre de ceux-ci.
Le trait saillant de cette maladie expérimentale est donc la destruction des microbes injectés. La mort ne résulte pas, dans ces cas, d'une infection proprement dite, mais d'une intoxication par les bacilles inoculés. Toutefois, il n'est pas prouvé que l'intoxication ait pour facteur unique la destruction des éléments microbiens (endotoxine) ; il faut sans doute aussi faire la part des produits solubles sécrétés par les bacilles vivants. Sept expériences, portant sur 25 cobayes, corroborent ces conclusions.
CH. LRSIEUR.
F. Moutier. Fièvre continue à forme de typhoïde légère déterminée par un bacille voisin du coli; recherches sur le groupe des paratypbiques. (65) XVIII,
649-674; 1906. — Le bacille isolé du sang n'avait pas au début le type coli ; il a évolué, de culture en culture, vers un type se rapprochant davantage, avec le temps, du type d'Escherich. Observation clinique, recherches bactériologiques, discussion sur le groupe paratyphique; tracé thermique dans le texte. Travail du laboratoire du Professeur Brissaud.
CH. LESIEUR.
Gh. Mox*el et Dalous. Les tuberculoses à forme pneumonique (69) CXCVII, 2433-2444; 1906. — Travail d'après lequel les auteurs concluent que les tuberculoses à forme pneumonique sont des broncho-pneumonies tuberculeuses, des tuberculoses par aspiration, caractérisées anatomiquement par la présence d'exsudats dans les bronches terminales et dans les alvéoles pulmonaires qui, rapidement, subissent la dégénérescence caséeuse. La reproduction expérimentale de ces formes peut être obtenue chez l'animal par l'inoculation intra-trachéale de cultures tuberculeuses finement pulvérisées, p. J. T.
A. Galxnette, P. Vansteenberghe et Grysez. Sur l'origine intestinale de la pneumonie el d'autres infections phiegma^iques du poumon chez l'homme et chez les animaux. (80) LXI, 161 ; 28 juillet 1906. — Vingt-quatre heures après l'introduction de quelques centimètres cubes de cultures de pneumocoques virulents dans l'estomac du cobaye et du lapin, on trouve les poumons congestionnés et remplis de pneumocoques. On n'obtient pas les lésions de la pneumonie.
p. NOBÉCOURT.
Gaston Bureau. Rubéole et scarlatinéole. Thèse de Paris, 1906, 56 pages. — La rubéole, affection eruptive et contagieuse, est essentiellement polymorphe dans ses manifestations cutanées: son éruption peut être morbilliforme, scarlatiniforme ou mixte. Certains auteurs se basant uniquement sur ce polymorphisme ont essayé de décrire à part une scarlatinéole que Filatow appelle rubeola scarlatinosa, et Duck es fourth disease. L'auteur, dans sa thèse appuyée sur de nombreuses observations, défend l'opinion de beaucoup de médecins français qui font de la quatrième maladie la forme scarlatiniforme de la rubéole. En efl'et, cette fièTre eruptive s'obserre pendant les épi-
ANALYSES
démies de rubéole; son tjpe éruptif apparaît souvent dans la rubéole aux places où quelques heures auparavant on voyait une éruption du type morbilliforme; elle immunise contre la rubéole morbilli forme. 11 n'y a donc pas de raison pour faire deux maladies différentes de deux types morbides qui ont des rapports si intimes et dont l'allure thermique et l'évolution générale sont absolument semblables. lesnê.
B. Auché et Mlle Gampana.Coa -
tribution à l'étude de la pathogènie et des formes cliniques de la dysenterie bacillaire infantile. (64) IX, 513-534; 1906. — Il s'agissait de dysenteries à bacilles type Shiga dans 36 0/0 des cas, à bacilles type Flexner et Shiga dans 64 0/0. Les malades étaient âgés de 3 mois à 12 ans. Le tableau clinique a été celui de la dysenterie classique, avec certaines particularités. Le début s'est traduit généralement par la diarrhée, plus rarement par des vomissements précédant de peu cette dernière. Rapidement les selles devenaient muqueuses, puis muco-sanguinolentcs, les coliques et le ténesme apparaissaient; la fièvre a manqué dans quelques cas; plus souvent elle est survenue dès le premier jour, mais peu intense.
La durée a été de 6 à 20 jours et plus. La guérison est survenue dans les 14 cas
étudiés. p. NOBÉCOURT.
B. Auché et Mlle Gampcma. Contribution à l'étude de la pathogénie et des formes cliniques de la dysenterie bacillaire infantile (fin). (64) IX, 577-605; 1906. — Dans les conclusions de leurs recherches, les auteurs montrent que la dysenterie des enfants est déterminée par plusieurs types de bacilles dysentériques, et qu'il n'est pas permis d'isoler des types cliniques correspondant aux types bacillaires. p. nobécoubt.
The advisory coxnittee. Reports mi plague investigations in !ndia, (47) VI, 422- 536; 1906 — Numéro de 114 pages entièrement consacré à l'étude de la peste aux Indes. C'est une étude très complète de la question divisée en un certain nombre de parties. Nous résumons ici les idées dominantes qui se dégagent de la lecture des difl'érents articles de ce volume qui, outre une bibliographie très complète, contient 6 fort belles planches. La propagation de la peste par
l'intermédiaire des puces du rat (peis cheopis), de rat à rat est nettement d^ montrée par une série d'expérieoces pouvant se ramener schématique ment à is> 1er un rat de toutes causes de contamisstion sauf des puces d'un Toisîn pesteui et qui peuvent parvenir à lui. Dans ai grand nombre de cas, on a observé âm le rat protégé de tout sauf des puefs. des cas de peste. Cette manière de toît est encore confirmée par une série anpériences tendant à réaliser expérimeiitalementdes épidémies de peste sur des ^> bayes dans les écuries spécialement aménagées. Ces expériences demontrentqae k contact même inmièdiat d'animaux {gâteux avec des animaux sains, si les pofes sont soigneusement évitées, n'est pas suivi d'une épizootie chez ces dei-niers. Cohuk les écuries n'étaient jamais nettoyées. iJ est facile de comprendre que les animioi sains étaient en contact avec les fèces d l'urine des animaux infectés, ils maogeaient les aliments contaminés par les animaux pesteux, l'urine et les fèces da animaux pesteux ainsi que par le pus provenant de leurs ulcères. Un contact intime des jeunes même allaités par des mères infectées ne produit pas la maladie chez les jeunes. Lorsqu'il t a des puces. Tépizootie s'étend d'animal à animal, h rapidité du développement étant proportionnel au nombre de puces. Se plaçant dans des conditions se rapprochant eacore plus des conditions naturelles, les auteurs ont placé des cobayes dans des maisons de Bombay dans lesquelles il t avait eu des pestiférés, ils ont obtenu les résultats suivants : les cobayes que l'on a laissés coiurir en liberté dans une de ces maisons, payent un tribut de 29 0/0 à la peste, ces maisons étaient infectées d'oo certain nombre de puces de rats ; dans U plupart des cas, le bubon s'est troa^e cervical. La désinfection ne suffit pas à détruire les puces ; dans des maisons désinfectées selon le mode ordinaire, on a capturé des puces qui, dans la suite, ont communiqué la peste à des cobayes.
Les puces de rats trouvés morts ou mourants dans des maisons infectées transmettent la peste aux animaux exposés k leur piqûre. En somme, le rôle des puces dans la transmission de la peste est parfaitement démontré. Au point de vue parement expérimental les auteurs se sont rendu compte que l'inoculation, soit souscutanée, soit cutanée, n'avait aucune influence sur la virulence des bacilles
MALADIES MIGROBIENIfES ET PARASITAIRES
pesieux et que ceux-ci tuaient les rats aussi facilement après de nombreux passages qu'après le premier Les planchers des écuries contaminées par le bacille pesteux restent dangereux pendant un temps relativement court (12 à 24 heures) pour les animaux qui y séjournent» et, comme parfois les rats pesteux ont des bacilles dans leurs urines, on comprend comment l'épidémie peut se propager. Enfin, un des facteurs importants dans la propagation de la peste est la présence de peste chronique chez les rats dans des pays où la peste est endémique.