‹ Journal de physiologieChapitre 92 sur 578 · VENTILATION · texte numérisé non relu

VENTILATION

par kg.

et par heure.

par kg.

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Chi<

kg 5ns chloralo

ens Irachéo 9,000

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LA POLYPNÉE THERMIQUE 245

Les chiffres inscrits dans le tableau II sont des chilTres bruts, sans correction de température et de pression. Nous n*avons pu, en effet, prendre exactement et chaque fois la température de Tair expiré, mais, comme le tube d^amenée de Tair dans la cloche était entouré d'eau à la température de la pièce, soit entre 20 et 24®, on n'a jamais trouvé plus de 30^ dans Tair du spiromètre quand on faisait passer l'air rapidement. Les eudiomètres euxmêmes étaient plongés dans un bain à la même température.

Les chiens étant anesthésiés par le chloralose, il était nécessaire d'établir au préalable la ventilation et les échanges chez les animaux chloralosés, placés dans des conditions presque identiques de température.

Le tableau II indique les résultats obtenus avant l'apparition de la polypnée, le tableau III sur les mêmes chiens pendant la polypnée.

Les chiffres que nous donnons plus bas se rapportent tous à des chiens de même poids, mais placés dans des conditions en réalité peu comparables. Les chiffres pour les chiens normaux et les chiens chloralisés empruntés à Richet, ont été pris sur des animaux placés dans un milieu à température normale, alors que nos chiens chloralosés étaient dans un milieu à SB*".

Ventilation GÛ^ par kg.

p. k. et p. h. et par heure. CD* 0/0.

Normaux 28 1,00 2,5

Chloralisés ! 10 0,6 »

Chloralosés 15 0,G1 2,1

Polypnéiques 70 0,07 0,50

Dans une note communiquée à la Société de Biologie le 8 juillet 1905, nous indiquions pour les chiens chloralosés, une production d'acide carbonique inférieure à celle des chiens chloralisés, bien qu'a priori Tanesthésie par le chloralose doive modifier moins les échanges que celle du chloral et nous admettions que la faiblesse des chiffres observés par nous tenait aux conditions du milieu thermique. Les chiffres actuels légèrement modifiés par l'addition de nouvelles expériences, montrent que les échanges sont à peu près identiques dans les deux groupes de chiens, et nous pouvons nous en tenir à l'explication émise dans notre note antérieure.

Des chiffres fournis par l'expérience fV) montrent en effet que la production de GO* peut atteindre, dans certains cas, le chiffre normal.

L'animal qui, dans la baignoire, indiquait une consommation de 0.650, avec un 0/0 de 1,9, étant refroidi par un jet d'eau froide, donne 0.944 avec un 0/0 de 2,2.

L'amplitude de la ventilation dans la polypnée parait du reste très variable, sans que la raison puisse en être établie.

Si nous réunissons la moyenne de toutes les expériences on voit que, pour un rythme huit fois plus intense, la ventilation est quintuplée. Mais si, au lieu de prendre l'ensemble des observations, avec les écarts considérables existant entre les différentes observations, on les groupe par séries, on constate que pour une polypnée thermique relativement faible, c'est-à-dire inférieure à 300, la ventilation croît proportionnellement au rythme, soit six fois plus, l'amplitude respiratoire étant peu influencée. Mais quand, sous l'influence de la section des vagues le rythme est brusquement doublé, la ventilation

ta L. GARRELON ET J.-P. LANGLOIS

n'est pas modifiée ; au contraire, il y a une tendance à une diminution, par suite de la diminution de Tamplitude.

Exp. IIL

Rythme.

Ventilation

Volume d'une respiration

La proportion d'acide carbonique dans Tair expiré suit nécessairement le taux de la ventilation et se trouve diminuée des 4/5.

Quant aux échanges, nous avons pu constater une très légère augmentation en prenant la moyenne des expériences, 0.67 par kilog. au lieu de 0.61.

Mais étant donnés les écarts observés, les erreurs possibles dans la multiplication des chiffres, nous ne croyons pas devoir insister. On peut supposer cependant que le travail supplémentaire exercé par les muscles respiratoires suffit pour justifier cette faible augmentation de 6 centigr. d'acide carbonique par kilog., soit 60 centigr. ou un quart de litre d*acide carbonique par heure pour un chien de 10 kilogr. La faiblesse même du chiffre observé montre le peu de travail dépensé pour produire une polypnea aussi intense.

Un autre facteur pourrait être évoqué, pour expliquer cette augmentation d'acide carbonique. Sous l'influence d*une ventilation énergique, il se fait un véritable lavage gazeux de Torganisme et Tacide carbonique du sang et des tissus est expulsé au dehors, de même que, dans le cas contraire, quand un obstacle est opposé à la ventilation, il y a, ainsi que Ta montré Pfliiger, une condensation du gaz carbonique dans les tissus. Mais l'excès d'acide carbonique provoqué par le balayage doit surtout se manifester dans les premiers moments qui suivent la polypnée et, comme nos dosages étaient opérés souvent après 15, 20 et 40 minutes d'une polypnée énergique, cette cause peut- paraître bien négligeable dans l'espèce.

3* Du RYTHME POLYPNÉIQUB.

Dans la plupart des expériences, la polypnée thermique s'établit brusquement et c'est précisément cette brusquerie qui nous autorise à établir une différence essentielle entre la respiration accélérée et la polypnée thermique.

A mesure que la température de l'animal s'élève, le tracé montre évidemment une accélération du rythme qui de 20 par minute s'élève plus ou moins régulièrement jusqu'à 80 au plus, puis brusquement, sans transition, il se produit un déclanchement et le rythme atteint 130, 200, 250, 300 et plus.

Existe-t-il un rapport entre les conditions où se trouve l'animal et le nombre des respirations polypnéiques ?

Nous l'avons cherché sans pouvoir l'établir. Nous avons insisté dans la technique sur la constance du mode de chauffage; or, ni le poids du chien en expérience, ni la température où éclate la polypnée, toujours très voisine de 41", ni la marche ultérieure de la température ne paraissent exercer une influence.

LA POLYPNÉE THERMIQUE 245

La température peut continuer à s'élever, môme avec un rythme intense.

Peut-être l'intensité du rythme est-elle en fonction de la tension des gaz dans le sang ?

La polypnée présente, dans la plupart des cas, une régularité remarquable. Pendant 35 minutes par exemple, elle se maintient avec un chiffre de 228, sans variations appréciables (215-230); et sur le même chien après la section des vagues, on observe un rythme de 540 (530-550) pendant 20 minutes au moins, l'observation n'ayant pas été poursuivie plus longtemps.

Quand on provoque un ralentissement du rythme par la respiration en milieu confiné, si l'asphyxie n'a pas été poussée trop loin, on retrouve après quelques respirations à l'ah* hbre exactement le rythme initial.

Exp. XIV. Air libre 240

Air confiné 1' 130

Après 15". Air libre 230

Exp. XIX. Air libre 180

Respiration av(x le tube 130

Air libre 180

Exp. XIII . Air libre 350 vagues coupés

Air confiné 2^" 140

Air libre 350

Air libre 240

Air confiné 85" 110 avant la section

Air libre 240

Air libre 230

Air confiné 90" 160 avant la section

Air libre 240

Air libre 250

Air confine (K)" 145

Air libre 255

Mais cette régularité remarquable n'est cependant pas constante et dans quelques cas on peut observer : ou bien une polypnée à rythme périodique sans caractère dyspnéique, ou bien une série de crises dyspnéiques intercalées dans un type polypnéique.

Cette phase périodique a généralement été de courte durée.

Exp. IV — Chien anesthésié avec injection de chloral. A 41<>,6 éclate une

;lii" 111

lÉ

IIWI } Il

Fig. 4. — Polypnée à type périodique.

Le rythme minimum correspond à 360 par minute, le rythme maximum à 540.

polypnée franche de 300 à rythme très régulier. La section des pneumogastriques amène un rythme de 425.

240 L. GARRELON ET J.-P. LANGLOIS

Mais pendant un laps de temps dc 25 à 30 minutes au moins, Tanîmal a présenté un type de respiration périodique tout à fait caractéiistiquc.

A des intervalles de 5 à 6 secondes, le rythme croît progressivement, il se produit une série de respirations plus accélérées suivie d'une période pendant laquelle le rythme décroit graduellement. L'observation directe de Tanimal était encore plus frappante que la lecture du tracé.

Si on fait le calcul, en prenant les phases d'accélération et de ralentissement, on voit que la fréquence pendant le maximum correspond à un rythme de 540 et pendant le minimum à un rythme de 360, donnant en chiffre moyen 425) la phase de grande fréquence occupant le tiers environ de la période complète.

Puis après une injection nouvelle de chloral, la respiration reprend un rythme régulier.

Exp. XX. — Chien cliloralosé. La section des vagues fait passer le rythme de 240 à 314 maximum, mais pour se maintenir plutôt au-dessous 4d 300.

Après une période de 10 minutes de respiration régulière oscillant autour de 300, se manifeste une respiration périodique mégapnéique, que Ton peut représenter ainsi :

12 respirations en 4 secondes, correspondant à 180 par min.

Puis après 6 minutes, la respiration tend à revenir plus régulière avec un rythme de 290, alternant avec de courtes périodes rythmées à 180.

Il s'agit bien dans ces cas d'un type périodique, que nous n'avons jamais observé aussi nettement chez les animaux aux pneumogastriques intacts. Ce que l'on peut observer quelquefois, en lisant les tracés, c'est une variation rythmique dans l'amplitude des respirations, mais sans que les intervalles d'une respiration à l'autre soient sensiblement modifiés.

A côté de cette respiration franchement polypnéique périodique, nous signalerons un type de polypnée alternant avec des phases dyspnéiques. Ces alternances ont été observées sur plusieurs animaux. Nous citerons un cas type. j

Exp. XVIII. — Chien de 14 kilogr. reçoit à 2 heures 140 c. c. de la solution de chloralose à 8 0/00.

Muselé, non trachéotomisé, carotide et pneumogastriques isolés, et porté i dans l'étuve à 40°.

A 3 h. 25 m. Temp. 38«,9. Respiration 35.

Moyenne de deux dosages des gaz du sang.

4 h. 32 m. Temp. 42^,5. Respiration 216. On enlève les liens qui gênent la respiration Le rythme s'élève à 234 et la température tombe à 41'>,4.

4 h. 45 m. injection de 40 c. c. de sérum artificiel. Une prise de gang faiie à 4 h. 50 m. doit être rejetée, par suite de la formation d'un léger caillot.

4 h. 54 m. Prise de sang, 9 minutes après l'injection de sérum.

5 h. 5 m. Nouvelle prise quand la respiration donne 240.

Qï 24,25 C02 40,7 C02-f02 64,95

5 h. lU in. Badigeonnage des pneumogastriques avec une solution de cocaïne à 10 0/0, la plaie étant protégée par une feuille de caoutchouc contre Tab-

LA POLYPNEE THERMIQUE

sorption de la cocaïne. Le rythme qui était régulier à 240 ne s'accélère pas, mais devient un peu irrégulier.

5 h. 50 m. Section des pneumogastriques. Après une période prolongée de respirations spasmodiques, très irrégulières, le rythme respiratoire présente un caractère tout particulier : des périodes de polypnée micropnéiques (270

Fig. 5. — Polypnée avec dyspnée périodique toutes les 50 secondes.

à 240) de 45 à 50 secondes, séparées par de courtes périodes dyspnéiques mégapnéiques de 10 à 15 secondes. -— Deux prises de sang sont faites pendant cette phase, Tune A aussitôt que la période dyspnéique se manifestait, la seconde B quand réapparaissait la polypnée.

Dans la respiration polypnéique périodique il n*y a pas de modilications brusques dans le rythme, c'est par une transition graduelle que commence et se termine la période de ralentissement.

Dans la respiration à dyspnée périodique, au contraire, la dyspnée éclate brusquement, sans transition ; une série de courtes respirations rapides étant interrompue par une grande respiration franchement dyspnéique, la première inspiration de ce genre étant maximale et suivie d'autres d'intensité irrégulièrement décroissante. La fin de cette période est moins brusque, on constate une accélération graduelle, qui dure deux secondes en moyenne, après laquelle le rythme réapparaît avec sa rapidité initiale.

Par suite d'une interruption dans le service du spiromètre, il a été impossible de déterminer la venlilation pendant ces périodes. Les mouvements respiratoires étaient certainement très superficiels; mais, dans d'autres expé-

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