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EXPLICATION DES FIGURES DE LA PLANCHE III, A

iDJecUon ù*extrait du lobe postérieur d*hypopbyse à un lapin dont on a sectionné par avance le pneumogastrique gauche. Le trait horizontal situé au-dessus de la courbe indique le moment et la durée de l'injection ; la flèche indique le moment oîi on a sectionné Tautre pneumogastrique.

Journal de phtsiol. bt db pathol. ornk«., 1906. 17

ETUDES SUR LA DIURÈSE

m. — Sur les conditions des rariations du débit urinaire (sécrétion de Teau par le rein)

Par MM. HENRI LAMY et ANDRÉ MAYER

(Travail du laboratoire d'hygiène de la Faculté de médecine.)

1. Résultats antérieurement acquis, — Dans un précédent mémoire *, nous avons montré que, lorsqu'on fait varier la composition du sang au moyen d'injections intraveineuses, la concentration des substances dissoutes ne varie pas parallèlement dans le sang et dans l'urine. Dans nombre de cas, dont nous avons précisé quelques-uns, la concentration d'une substance ne changeant pas ou baissant dans le sang, elle augmente dans l'urine ; le rein accomplit un travail actif de sécrétion. De plus, ce travail peut porter sur une substance dissoute plutôt que sur une autre : le rein accomplit un travail électif.

Mais ce ne sont pas là les seuls genres de travail qu'on observe au cours de la sécrétion urinaire. En effet, ce n'est pas seulement la composition, c'est aussi la quantité de l'urine qui est variable. Le rein sécrète tantôt plus et tantôt moins d'urine, et il nous faut faire l'étude des conditions de ces variations.

2. Question posée. — Il est nécessaire tout d'abord de préciser la question posée. On a coutume de parler d' « augmentation de la diurèse », de < polyurie », d' c augmentation du débit urinaire », comme si la qualité de l'urine restant la mêmey sa quantité seulement augmentait à de certains moments, comme si le rein était une machine dont — le travail ne changeant pas — la puissance augmenterait dan^ certaines conditions.

Or, il n'en est rien. Nous savons que, le plus souvent, en même temps qu'une augmentation de débit, il y a une variation de composition, et notamment une dilution de l'urine. Il y a des cas où le rein sécrète, relativement à

' Ce Journal, juillet 1905, n» 4.

la même quantité de substances dissoutes, plus d'eau que dans d'autres cas. Il faut donc bien spécifier que ce que nous nous proposons d'étudier sous le nom de variation de débit urinaire, c'est la polyurie aqueuse, c'est la sécrér tien de l'eau.

Dans le rein, d'une part, le sang circule avec une certaine vitesse, et ce sang est plus ou moins riche en eau. D'autre part, l'urine s'écoule avec une certaine vitesse. Si nous voulons être renseignés sur les conditions des variations de débit urinaire et sur la forme d'énergie qu'elles mettent en jeu, il nous faut comparer deux débits : d'une part, celui du sang, ou plus exactement de l'eau du sang à travers le rein ; et d'autre part celui de l'urine, de l'eau de l'urine. Et nous devons nous demander : ces deux débits sontils ou non parallèles? S'ils le sont, le sont-ils toujours ? La polyurie aqueuse est-elle la conséquence directe d'une accélération de la circulation sanguine? Est-elle le fait de l'activité propre du rein ?

3. Technique. — Toutes nos opérations ont été faites sur des chiens degrande taille.

A. Mesures des débits. — Pour mesurer le débit de l'urine, nous nous contentoBS d'une sonde introduite dans la vessie, et attentivement surveillée*. Pour conxurtire le débit du sang dans le rein,, nous avons abandonné toute mesure iodirecte (telle que la pléthysmographie, et la viscosimétrie du sang). Nous avons mesuré directement le débit des veines rénales. Mais comme il fallait laisser l'animal dans les conditions les plus physiologiques, et, pour cela, ne toucher ni au rein, ni à ses vaisseaux propres, nous avons employé le manuel opératoire suivant. Le chien est chloralisé. On fait rapidement une laparotomie; on passe sous la veine cave, à un niveau un peu supérieur à celui de l'abouchement des veines rénales, un gros fil souple. Puis on lie l'une des veines iKaques primitives, et toutes les veines affluant dans l'autre iliaque. On suture la pai'oi intestinale. Les deux chefs du fil passé sous la veine cave pendent hors de la suture. — On découvre alors la veine fémorale à la cuisse ; on l'incise ; l'animal est prêt pour l'expérience. Chaque fois que l'on veut mesurer le débiU des veines rénales, par Touver-. ture de la fémorale, on introduit un gros tube d'ôtain dans la v. cave jusqu'audessous des rénales ; on tend le fil placé sur la veine cave au-dessus des rénales, le sang des rénales s'écoule tout entier par le tube d'étain dans une éprouvette graduée, toujours la même, et on mesure, au chronographe, le temps qu'il faut pour la remplira. — Notre chronographe nous permettait d'apprécier avec certitude le 1/5 de seconde ; mais nous n'avons tenu compte que du chiffre des secondes ; et toutes les mesures qu'on trouvera dans les protocoles ci-dessous sont la moyenne de trois opérations.

B. Analyses. — La richesse du sang en eau est appréciée par la connaissance du poids sec. On découvrait la carotide du chien ; au moment même oil on mesurait la vitesse du sang^rénal, on recueillait, dans une capsule

' Ce procédé est imité de celui qu'ont employé Barcroft et Brodie (Journal of physiology^ 1905, t. XXJtlII, p. 1). Les modifications que nous avons apportées au manuel de ces auteurs ont pour but de réduire au minimum les mutilations, et de pouvoir suturer la paroi intestinale. Nous avons vérifié que la précision des mesures n'en souffre pas.

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