CP
Pour déterminer l'absorption, Tauteur emploie deux condensateurs qu'il insère successivement dans le circuit : l'un, A, est rempli d'eau ; l'autre, B, du liquide à étudier. On détermine la demi-longueur d'onde correspondant au premier, A ; puis on le remplace par l'autre, B, dont on fait varier la capacité (en déplaçant les électrodes) jusqu'à ce que la longueur d'onde soit la même. Cette condition étant réalisée, on cherche le nombre maximum de nœuds qu'on peut distinguer ; puis on répète cette observation avec le condensateur A, rempli de dissolutions de sulfate de cuivre, de concentration croissante. Lorsque le nombre de ngeuds observables est le même, l'absorption du liquide étudié est égale à celle de la dissolution de sulfate de cuivre.
Le coefficient d'absorption totale se compose du coefficient d'absorption anomale et du coefficient dû à la conductibilité.
L'eau elle-même possède un coefficient d'absorption anomale x^ , dont le maximum correspondrait, d'après le calcul, à X = 3,6 millimètres. Pour les longueurs d'onde voisines de 150 centimètres, employées dans les présentes mesures, x,^ = 0,0082. En sorte que, pour une dissolution de sulfate de cuivre de conductibilité spécifique «T|, le pouvoir inducteur spécifique de l'eau étant pris égal à 81:
xz= 0,0082 + ^^
(') J. de Phys., 3* série, t. V, p. 175; 1806 : et t. VI, p. 636; 1897.
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Parmi les éthers-sels, les suivants possèdent un coefficient d'absorption anomale :
Benzoate de méthyle (x 1=0,017), d*éthyle (0,018), d'amyle (0,023), d'isobutyle (0,028), acétate de phényle (0,012), formiate de propyle (0,008), d'isobutyle (0,008), d'amyle (0,009).
L'appareil de Lécher paraîtrait, à première vue, plus approprié à la mesure des pouvoirs inducteurs, parce que la variation de la capacité y influe davantage sur la longueur d'onde ; mais, en réalité, la précision n'est pas plus grande, à cause de l'amortissement plus considérable.
Les mesures effectuées sur les mélanges d'alcool éthylique et de chloroforme ont vérifié l'exactitude de la formule :
viL^,oo = i^P, + ^,oo-p,).
vérifiée par Philipp pour les oscillations lentes.
Tandis que les alcools purs ou en dissolution concentrée exercent une absorption anomale très marquée, leur pouvoir inducteur en dissolution étendue, déduit de la formule ci-dessus, est le même pour les oscillations lentes ou rapides ; l'absorption anomale a donc disparu.
M. Lamotte.
Paul EWERS. — ZurMechanik der Canal-und Kathoden-strahlen (Sur le mécanisme des rayons-canaux et des rayons cathodiques). — P. 167-200.
Les expériences relatées dans ce mémoire tendent à justifier rhypothèse {*) suivant laquelle les rayons-canaux seraient dus à un transport d'ions positifs, détachés du métal de la cathode.
a) Si, faisant varier la pression à l'intérieur d'un môme tube, on porte en abscisses les pressions, et en ordonnées les intensités correspondantes de la décharge, on obtient une courbe régulière dont l'intersection avec l'axe des abscisses fait connaître avec précision la pression F, à laquelle commencerait à apparaître, avec le tube employé, le phénomène des rayons-canaux. Ces expériences ont été faites sur un même tube, avec trois gaz différents (H, CO^, Az) et trois électrodes de rechange, en toile métallique (Al, Fe, Pt). On
(») Voir y. de iViys., 3- série, t. VIU, p. 288 ; 18!)9.
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trouve ainsi que : 1* la pression P est indépendante de la nature de la cathode; 2^ elle est telle qu'à ce moment la longueur de libre parcours moyen des molécules gazeuses est la même pour les trois gaz étudiés, ainsi que la somme des sections des molécules comprises dans Tunité de volume;
b) Wien(*) avait trouvé directement, par des expériences de déviation magnétique sur les rayons-canaux, qu'une charge électrique s est transportée par une masse matérielle m, telle que :
m = 3,2 . iO-3 . s.
Or, d'après les lois de Télectrolyse, on a, en unités absolues :
et, si on admet que la matière transportée est réellement prise à la cathode, qui, dans les expériences de Wien, était en fer, on devra poser N = 2, A = 55^9. On obtient ainsi un accord très satisfaisant
(à — près) entre les deux formules ci-dessus ;
c) Un galvanomètre et un voltmètre donnent l'énergie électrique a, fournie au tube ; un calorimètre mesure la portion a^a de cette énergie, qui est convertie en chaleur sur les parois du tube frappées par les rayons-canaux ; un miroir tournant donne approximativement la fréquence des décharges. On a d'ailleurs dans l'hypothèse actuelle :
(i) aia=: ,
d'où :
D'autre part, on a vu que la quantité — = 96540.10-* j peut être
calculée pour chaque métal formant électrode. La formule (3) fait donc connaître v, vitesse de transport des ions dans les rayons-
(') Voir /. de Phys., 3* série, t. VII, p. SGI : 1898.
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canaux. Oa a ainsi :
5,9 . 10^ pour Taluminium, 3,6 . 107 pour le fer, i,9 . iO' pour le platine.
On peut alors calculer la quantité de mou vementn. m. u. =— . v, q.
mise en jeu, pour chaque décharge partielle, et la comparer à la quantité de mouvement que, d'après la théorie cinétique, possèdent les molécules du gaz traversé par la décharge. Les valeurs ainsi trouvées sont du même ordre. Il en résulterait donc que les rayonscanaux commenceraient à apparaître, lorsque le vide du tube a été porté à un tel point que la quantité de mouvement des particules métalliques détachées de la cathode devient égale ou supérieure à la quantité de mouvement des molécules gazeuses, à travers lesquelles se produit le phénomène.
Cette conclusion se prêterait d'ailleurs facilement à une interprétation des particularités signalées au premier paragraphe.
F. Carré.
H. EBERT. — Das Entwickelungsgesetz des HittorPschen Kathodendunkelraumes (Loi du développement de l'espace cathodique obscur). — P. 200-220.
L'auteur, qui s'était proposé de déterminer comment la longueur d de rintervalle obscur dépend de la pression intérieure p, a été conduit à essayer, pour chaque gaz, une relation telle que :
(1) pnt ,d— 0% 0 < m ^ i.
Or, si Ton représente le phénomène à Taide de courbes, dont les coordonnées soient respectivement les logarithmes de d et de p, on trouve que, pour chaque gaz, la courbe totale se compose de deux portions de droites, inégalement inclinées. Au point d'intersection de ces deux droites correspond une pression II, au-dessus et au-dessous de laquelle le phénomène est très exactement représenté par la formule (1), mais avec des valeurs différentes de m.
Les expériences ont été faites sur des tubes de très grande capacité (4 litres environ), avec des courants alternatifs à haute tension (126 à 128 volts). La longueur d était mesurée à l'aide d'un viseur, porté sur une machine à diviser.
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0. BEHRENDSEN. — Beitrftge zur Kenntniss der Becquerelstrahlen (Contribution à Tétiide des rayons Becquerel). — P. 220-236.
Les décharges de l'électroscope par les radiations Becquerel sont utilisées pour étudier Tinfluence de la température sur Tintensité de ces radiations. Cette influence, nettement accusée, conduirait l'auteur à admettre que les atomes des substances radio-actives sont susceptibles de former entre eux et avec les atomes des autres substances des molécules complexes, à équilibre instable. F. Carré.
St. MEYER. — Magnetisirungszahlen anorganischer Verbindungen ( Constantes magnétiques de corps inorganiques). — P. 236-263.
Le mémoire se compose d'un tableau renfermant les susceptibilités magnétiques d'un grand nombre de corps, déterminées par les méthodes décrites dans plusieurs mémoires antérieurs de l'auteur (*), et des conclusions qualitatives ou quantitatives qu'on peut en tirer. Ainsi une combinaison de deux éléments diamagnétiques est toujours diamagnétique ; la combinaison de deux éléments magnétiques est, en général, magnétique ; les exceptions concernant des combinaisons entre éléments, faiblement magnétiques. Le magnétisme moléculaire des combinaisons magnétiques est plus petit que la somme des magnétismes atomiques des composants ; pour les substances diamagnétiques, la loi d'addition paraît convenir au contraire, au moins dans une première approximation. On Ta utilisée pour calculer les constantes de quelques éléments sur lesquels il n'a pas été fait de mesures directes.
Si on construit une courbe en portant en abscisses les poids atomiques des éléments et en ordonnées les volumes atomiques, on obtient une courbe présentant une suite de maximum pointus et de minimum arrondis. Or tous les corps, sauf de très rares exceptions, qui sont voisins des minimum, sont magnétiques, et ceux qui sont voisins des maximum sont diamagnétiques; les magnétiques remontent plus haut du côté des branches descendant vers les minimum que du côté ascendant. L'auteur tire de cette disposition quelques conséquences relatives à des corps mal placés, et dont le poids atomique paraîtrait ainsi mal connu. Ch. Maurain.
(ï) Wied. Ann.. t. LXVII et LXVIII.
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Robert EMDEN. — Ueber die Ausstrômungsercheinungen permanenter Gase (Sur les phénomènes d'écoulement des gaz permanents). — P. 264-289 (n* 9) et p. 426-i53 (n» 10).
L'auteur étudie les phénomènes qui se produisent lorsque des gaz permanents s'écoulent d'un orifice sous des pressions plus ou moins grandes. Le jet gazeux est photographié, et sur un grand nombre de ces photographies on aperçoit de petits disques ; la distance de deux de ces petits disques, analogues à des sections nodales, est ce que l'auteur désigne sous le nom de longueur d'onde X. Voici les principaux résultats :
1* Dans un jet gazeux s'écoulant sous une pression suffisamment grande se produisent des variations de densité périodiques etstationnaires, que nous pouvons assimiler à celles qui produisent les ondes sonores stationnaires. Il est vraisemblable que ces ondes stationnaires sont planes ;
2° Ces ondes stationnaires commencent à se produire pour tous les gaz permanents sous une pression critique pk = 1,9 atmosphère. (Ce phénomène s'est présenté rigoureusement avec six ouvertures d'écoulement; les petites différences constatées avec deux ouvertures se sont facilement expliquées pour nous.)
3° La longueur d'onde X est, pour une même grandeur de l'ouverture d'écoulement, indépendante de la matière dont elle est faite ; elle dépend très peu de sa forme ;
4**Aégale grandeur deTouverture d'écoulement et àégale pression, la longueur d'onde X est indépendante du poids moléculaire du gaz ;
5** X croît avec la pression p et avec le diamètre d de l'ouverture d'écoulement. X s'exprime en fonction de p et de d par la formule empirique suivante :
Xn: Z X à^"""^^
formule dans laquelle z est un nombre constant, Pi = 1 atmosphère, PI^ = pression critique, 1,9 atmosphère;
6° Pour tous les gaz, le coefficient z a été trouvé égal, en moyenne, à 0,88 ; ce nombre a été obtenu avec huit ouvertures ;
7° A partir du moment où commencent à se produire des ondes stationnaires (pression d'écoulement convenable), les sections d'égal diamètre se reproduisent périodiquement de telle façon que la section
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la plus faible coïncide avec un des petits disques représentés sur la photographie et a une grandeur égale à celle de Touverture d'écoulement, tandis que la section la plus grande croît avec la pression et se trouve sensiblement placée au milieu de sections minima.
Dans un second mémoire théorique, l'auteur part des hypothèses que M. de Saint- Venant a prises comme point de départ dans un de ses mémoires sur l'écoulement de lair déterminé par des différences de pression considérables (*).
Il démontre qu*en chaque point du gazeux la densité est inversement proportionnelle à la section ; et il retrouve une loi vérifiée expérimentalement :
La longueur d'onde X est proportionnelle au diamètre de l'orifice d'écoulement et indépendante du poids moléculaire du gaz qui s'écoule.
\V. VOIGT. — Bemerkungen ftber die bei dem Zeeman'schen Phftnomen stattfindenden ïntensitâtsverhâltnisse (Remarques sur les intensités relatives des composantes dans l'effet Zeeman). — P. 290-296.
Les raies spectrales, observées perpendiculairement aux lignes de force du champ magnétique, se divisent, comme on sait, en plusieurs composantes. Si l'on examine les intensités relatives des composantes d'une raie modifiée, en se bornant au cas du triplet normal de Zeeman, on observe des différences singulières d'une raie à une autre : tantôt la composante centrale l'emporte nettement sur les composantes latérales, tantôt c'est l'inverse. On le constate notamment sur des photographies des raies du fer, faites par M. Zeeman.
M. Voigt cherche à les expliquer, en introduisant dans sa théorie une hypothèse supplémentaire. Il y rattache les phénomènes de polarisation partielle (Egoroff et Georgiewsky).
(') Journal de VÉcole Polytechnique, t. XVÏ, 1839.
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W. VOIGT. — Zur Théorie der Einwirkung eines elektrostatischen Feldes auf die optischen Eigenschaften der Kôrper (Sur la théorie de l'influence d'un champ électrostatique sur les propriétés optiques des corps). — P. 297-318.
La théorie que développe M. Voigt, pour les phénomènes électrooptiques, est analogue à celle qu'il a proposée pour les phénomènes magnéto-optiques : elle a, comme point de départ, les équations de Hertz, sous une forme adaptée à Texplication de la dispersion et des propriétés des cristaux. M. Voigt cherche en effet à rendre compte non seulement du phénomène de Kerr (double réfraction électrique des corps primitivement isotropes), mais encore des observations faites par Pockels (Gôttingue, 1893) sur les propriétés électrooptiques de certains cristaux. Il rattache aussi à cette théorie le pouvoir rotatoire cristallin.
M. Voigt est amené ainsi à prévoir Texistence de phénomènes électro-optiques qui n'ont pas encore été observés. Certains d'entre eux seraient des phénomènes électriques produits par la lumière (électrisation de certains cristaux, changement des constantes d'électrisation de corps cristallisés ou isotropes). M. Voigt prévoit qu'ils seraient très peu marqués.
Mais il se propose de rechercher expérimentalement une autre conséquence de sa théorie, à laquelle on peut arriver, d'ailleurs, en rapprochant le phénomène de Kerr et celui de Faraday ; il existerait un phénomène électro-optique analogue au phénomène magnétooptique de Zeeman ; les raies d'absorption (ou d'émission) d'un corps seraient modifiées par un champ électrostatique,
VV. WOLFF. — Ueber die bei Kxplosionen in der Luft eingelerteten Vorgànge (Sur les circonstances qui accompagnent les explosions dans l'air).— P. 329-371.
Pour obtenir des résultats appréciables à de grandes distances, l'auteur emploie 1.500 kilogrammes d'explosif.
Il mesure d'abord, par une méthode graphique, la vitesse avec laquelle se propage l'effet de l'explosion. Cette vitesse, grande à une petite distance du centre de l'explosion, décroît quand on s'éloigne, et tend vers une limite égale à la vitesse du son dans l'air dans les conditions de l'expérience. Elle peut se représenter par la formule
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suivante :
1^-s/n^ c/^-âV^+73'
r étant la distance, b et a des constantes que Ton peut calculer. Dans une des expériences
dr
— = 654",8 pour r = 10 mètres
la limite - étant 361,2, et la vitesse du son dans l'air 344"',75.
Dans d'autres expériences, - est beaucoup plus rapproché de la
vitesse du son.
La compression de Tair est également mesurée par une méthode graphique, qui permet de constater qu'en un point donné l'équilibre est rompu pendant un temps certainement inférieur à 0",0o.
Toutefois la propagation des effets de l'explosion et la propagation du son diffèrent en ce que, dans le voisinage immédiat du lieu de l'explosion, il se produit un mouvement de translation de la masse gazeuse, qui s'annihile d'ailleurs rapidement, et que, d'un autre côté, le mouvement dans ce cas est la suite de compressions finies, tandis que, pour le son, le mouvement résulte de compressions infiniment petites.
En disposant des vitres de distance en distance, on vit que certains fragments étaient lancés du côté opposé au lieu de l'explosion dans un sens qu'on appelle positif, et d'autres vers le lieu de l'explosion, dans le sens négatif. Les premiers fragments, très abondants à une petite distance, diminuent quand on s'en éloigne; le contraire a lieu pour les seconds. En se servant d'appareils ne fonctionnant que sous l'action d'une force dirigée dans le sens positif, et d'autres seulement sous l'action d'une force dirigée dans le sens négatif, on peut vérifier qu'en chaque point agissent deux forces disposées en sens inverse et dont l'action est à peu près simultanée.
La théorie de Riemann sur la propagation d'ondes planes d'air dont l'amplitude d'oscillation est finie rend compte de ces faits, bien que, dans les cas étudiés par l'auteur, les surfaces d'onde soient sphériques. En particulier, pour la propagation des débris de verre en
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deux sens opposés, Tancienne explication, qui consistait à admettre qu'au mouvement de projection des gaz à partir du lieu de Texplosion succédait un mouvement d'aspiration vers ce point est invraisemblable, puisque le mouvement de translation des gaz ne se fait pas seAtir à plus de 25 mètres.
L'auteur a vérifié, de plus, par deux procédés différents, que l'énergie reçue en un point variait en raison inverse du carré de la distance de ce point au centre de Texplosion.