SUR UN NOUVEL ANALYSEUR A PÉNOMBRES
Par J. MACÉ db LÉPINAY.
Le nouvel analyseur à pénombres que M. Jobin a construit sur mes indications satisfait à deux conditions qui le rendent particulièrement propre à des mesures de précision : i^ il permet l'emploi d'une radiation monochromalique quelconque ; 2<* il conserve toute sa sensibilité en lumière convergente.
Le premier de ces résultats a été obtenu en employant, comme appareil producteur des pénombres, un quartz mince à deux rotations, formé de deux lames prismatiques, de rotations inverses, d'angles sensiblement égaux et petits. Il devient possible, de la sorte, de faire varier l'épaisseur du quartz à deux rotations et de réaliser, quelle que soit la longueur d'onde de la radiation éclairante, les conditions de sensibilité maximum. La double lame employée est telle que, éclairée par de la lumière polarisée, elle donne naissance à deux faisceaux lumineux polarisés dans des plans qui font entre eux un angle variant de 3* à 6** environ pour le vert moyen du spectre (*).
(') J'avais signalé, depuis plusieurs années {J.dePhys.,2^ série, t. lV,p. 267; 1885), remploi, dans ce but, d'une lame mince à deux rotations. C'est M. Pérot qui m'a suggéré celui d'une lame prismatique.
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La seconde des conditions énoncées plus haut est d'une grande importance : les propriétés optiques d'un corps anisotrope variant avec la direction, on est amené, quelle que soit celle de ces propriétés que Ton se propose d'étudier et quel que soit le phénomène que l'on utilise à cet effet, à limiter le solide par des surfaces planes et à observer ce phénomène au moyen d'une lunette astronomique réglée pour rinfini. A chaque point du plan focal de l'objectif correspond, en effet, dans ces conditions, une direction unique et déterminée de propagation de la lumière dans le corps.
Si, alors, le phénomène utilisé est un phénomène de polarisation, l'analyseur sera, de préférence, introduit entre l'oculaire et le plan focal de l'objectif; il restera, de la sorte, à la portée de l'observateur ; en outre, le point du champ auquel doivent se rapporter les mesures restera fixe, par rapport aux repères, pendant la rotation de l'analyseur.
Mais alors se présente une difficulté : par suite de ce fait que, dans ces conditions, l'analyseur est traversé par un faisceau divergent de lumière, toute observation précise se trouve être impossible, si cet analyseur est un nicol ordinaire. Si Ton cherche, en effet, à éteindre un faisceau de lumière polarisée rectilignement, on constate l'apparition, dans le champ, d'une bande noire diffuse sur les bords, lentement mobile avec l'analyseur ; il est impossible d'en amener le milieu à coïncider exactement avec le point de repère. Si, dans le but d'effectuer des mesures plus précises, on introduit, dans le plan focal de l'objectif, un système quelconque transformant l'analyseur simple en analyseur à pénombres, l'impossibilité d'effectuer des mesures précises est plus complète encore, parce que la bande noire diffuse se scinde en deux, qui se déplacent dans le même sens lorsqu'on fait tourner l'analyseur. On ne saurait, par suite de la dissymétrie du phénomène, réaliser Tégalité de teinte en un point donné du champ.
Cet inconvénient des niçois ordinaires passe toujours inaperçu dans les saccharimètres, parce que l'on y fait usage de lumière sensiblement parallèle. 11 est facile d'en trouver l'origine.
Considérons ce qui se passe dans l'intérieur même du spath, constituant le nicol. Soient: AB, la direction de l'axe optique du spath ; AO, la direction conjuguée de celle de Taxe optique de la lunette d'observation ; XOV, un plan normal à OA. A une direction quelconque, AP, voisine de AO, correspond le plan de section prin-