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DUBOIS. — LUMIÈRE FROIDE PHYSIOLOGIQUE

jour, ou bien après un séjour de quelques minutes dans une chambre

obscure ou faiblement éclairée.

Les bouillons dont je me suis servi doivent contenir : de Teau, du sel marin, un aliment ternaire, un aliment quaternaire azoté, un aliment phosphore et des traces de ces composés minéraux qui entrent dans la composition de toute matière bioprotéonique.

J'ai fait connaître autre part(*) les proportions d'un bouillon-type; je n'y reviendrai pas ici ; je veux seulement insister actuellement sur la nature des substances qui donnent les meilleurs résultais. J'ai essayé plusieurs milliers de produits ou de mélanges de ces produits.

Les aliments qui nous ont fourni la plus forte lumière et la plus longue durée sont les suivants :

Alime7its ternaires : glycérine etmannite;

Aliments quaternaires : peptones et asparagine;

Aliments phosphores : nucléines, lécythinephospliorées, phosphate de potasse.

Les peptones donnent de bons résultats; mais ils ont le très grand inconvénient de nécessiter une stérilisation parfaite, sans quoi le bouillon est vite envahi par les microbes de la putréfaction ; il dégage alors une odeur infecte et s'éteint rapidement. Dans tous les cas, les peptones doivent être de première qualité. Les peptones à bas prix, liquides ou pâteux, présentent de graves défauts, entre autres celui de produire des odeurs fétides, même pendant la préparation du bouillon et avant toute inoculation.

Ces inconvénients des peptones sont surtout fâcheux quand on veut obtenir en grand des liquides lumineux pour l'éclairage : eu effet, ces derniers doivent être, à la fois, aérés et doucement agités. Un des meilleurs moyens pour atteindre ce but est de faire passer des bulles d'air dans le liquide ; cet air doit être filtré, ou mieux stérilisé par son passage dans un tube chauffé ou renfermant une spirale de platine rougie.

L'asparagine offre une grande supériorité sur les peptones, parce qu'elle résiste à la fermentation putride proprement dite et qu'il n'est pas aussi indispensable de se mettre à l'abri des germes de l'air, ce qui est préférable^ cependant, à cause de la concurrence vitale. En

(») Raphaël Dubois, Leçons de Physiologie gënétxUe el comparée. Paris, Carré et Naud; 1898.

BERLEMONT ET JOUARD. -- TROMPE A MERCURE 591 tout cas, les bouillons à asparagine convenablement préparés ne dégagent pas de mauvaise odeur et brillent à l'air libre. Cette substance a l'inconvénient d'être, à l'heure actuelle, d'un prix élevé.

J'ai pu obtenir très économiquement des bouiUons exclusivement végétaux, en utilisant certains tourteaux de graines oléagineuses ; mais souvent il faut quand même stériliser et, en toutcas, produire dans le bouillon lumineux une bonne ventilation, pour empêcher le développement de microbes anaérobies réducteurs, qui développent de l'acide sulfhydrique de divers autres produits sulfurés.

La persistance de la lumière dans les milieux liquides varie suivant la richesse du bouillon nutritif, son aération, son agitation, suivant la pureté des cultures, la température extérieure : j'en ai vu résister pendant six mois au repos et dans un sous-sol obscur.

Enr^sumé^ grâce à nos bouillons liquides, nous sommes parvenus à éclairer une salle avec une lumière égale à celle d'un beau clair de lune. J'ai tout lieu d'espérer que la puissance de cet éclairage pourra être notablement augmentée et que la possibilité de son utilisation pratique ne lardera pas à être reconnue.

L'énorme travail industriel produit par la levure de bière montre assez ce que l'on peut attendre de l'activité des infiniment petits, et, en particulier, des microbes lumineux.

NOUVEAU MODÈLE DE TROMPE A MERCURE; Par MM. G. BERLEMONT et JOUARD.

Les divers inconvénients que présentent les modèles courants de trompe à mercure nous ont engagé depuis longtemps à chercher un mode de construction meilleur, qui atténue ou même fasse disparaître ces inconvénients.

Les conditions que nous nous sommes attachés à réaliser sont, d'une part, la suppression des robinets et, par suite, de la graisse dont ils rendent l'emploi indispensable, aussi bien sur le trajet de l'air que sur le trajet du mercure ; la disparition des tubes courbes qui servent fréquemment de refuge aux bulles d'air entraînées par le mercure ; un démontage et, par suite, un nettoyage faciles ; enfin une réduction très appréciable du prix de l'appareil.

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Après des essais multiples, nous avoQs construit le modèle ci-contre qui satisfait à ces divers desiderata. Le réservoir de mercure est formé par un manchon de verre E, assez large et dont la partie inférieure est mastiquée dans une garniture de fonte, munie d'un

robinet de fer qui permet de vider le manchon. Dans le mercure de ce manchon, plonge une cloche étroite qui enveloppe la partie supérieure des tubes de cliute et communique par le haut avec le récipient où on veut faire le vide. Les tubes de chute portent, à quelques centimètres de leur extrémité supérieure, un petit trou latéral, par

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