MAGNÉTISME ET CORPS RADIO-ACTIFS
natures, tels que du papier noir, du verre, etc. ; l'intensité s*est seulement affaiblie, comme je Tai indiqué antérieurement.
Si aux écrans phosphorescents on substitue contre la surface polaire une plaque photographique, on obtient en quelques instants des épreuves très intéressantes. L'épreuve reproduite ci-contre {fig. i), a été obtenue à une distance de 45 millimètres avec une minute et demie de pose. On voit sur la môme plaque l'impression très iFaible lorsque l'électro-aimant n'est pas excité, et l'impression très intense produite par les rayons qui ont traversé le champ magnétique.
L'augmentation considérable de l'intensité, obtenue dans cette expérience donne un moyen de concentrer sur une petite surface polaire l'action produite par une large surface de matière peu active l'expérience réussit avec des sels de radium faiblement actifs, mais je n'ai pu jusqu'ici obtenir aucun effet avec l'uranium soit en raison de la faiblesse de l'intensité, soit en raison des propriétés particulières des ra3'ons de l'uranium.
Effets 'produits dans un plan perpendiculaire au champ. — La malière active recouverte d'uluminium, comme dans les expériences précédentes, était placée au milieu du champ ; autour de celle-ci on avait disposé un écran fluorescent cylindrique en enduisant de sulfate double d'uranium et de potassium l'intérieur d'un tube de verre dont l'axe, parallèle au champ, passait par la source radiante; tous les points de l'écran étaient ainsi sensiblement à la même distance de la source et dans une direction normale au champ. Si l'on excite alors l'électro-aimant, on voit, dans les conditions particulières de l'expérience, la phosphorescence diminuer considérablement, au point de devenir à peine perceptible.
Dans une autre expérience, la matière a été placée en dessous de la partie la plus intense du champ, et un écran fluorescent plan a été disposé au dessus, de l'autre côté du champ. Dans ces conditions, on voit l'effet changer avfec le sens du courant ; pour un sens de Taimantation, la phosphorescence s'affaiblit; pour le sens contraire, elle se présente en une tache lumineuse plus brillante.
Exploration du champ par la photographie. — La photographie, par la netteté des détails qu'elle enregistre, a donné pour l'étude du champ des résultats bien supérieurs à ceux de la fluorescence. J'ai réalisé en particulier les expériences suivantes :
4y On place parallèlement au champ, entre les deux pôles distants
de 45 millimètres, une plaque photographique horizontale entourée de papier noir. Après avoir excité Télectro-aimant, on met sur la plaque, à égale distance des pôles, la matière radio-active. Après quelques minutes de pose, on peut développer la plaque et Ton constate que l'impression, très forte, au lieu de s'être faite uniformément autour de la source, est tout entière rejetée sur la droite du champ (à gauche pour un observateur qui regarde le pôle +). En dehors de la tache qui marque la 'place de la source radiante, rimpression maximum est répartie sur une zone étroite qui affecte la forme ci-contre [fig, 2). L'écart maximum correspond à la
FiG. 2.
direction normale au champ, passant par la source qui, dans le cas actuel, est au milieu du champ. Le maximum d'écart est aussi, dans ce cas, le maximum de l'intensité de l'impression ; de part et d'autre de ce maximum la courbe s'infléchit et rejoint les pôles presque normalement aux surfaces polaires, en des points situés à droite des centres de ces surfaces.
La courbure est d'autant moins accentuée que le champ est plus intense. %