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ÉTUDE DE LA CONDUCTIBILITE ÉLECTRIQUE DES LAMES MINCES D ARGENT

Les expériences de Keinold et Kucker s'expliquent simplement dans rhypothèse des couches de passage et peuvent être considérées comme apportant une preuve de Texistence de ces couches, en ce qui concerne le liquide glycérique et quelques autres liquides semblables. Quant à l'épaisseur de ces couches, les deux physiciens anglais en donnent seulement deux limites supérieure et inférieure assez éloignées Tune de l'autre ; il semble difficile d'aller plus loin dans la voie qu'ils ont choisie.

Pour les solides, nous ne possédons que les expériences de Quincke, dont l'interprétation ne peut pas être fixée sans expériences nouvelles.

J'ai repris cette question par un procédé différent, applicable seulement aux lames métalliques: il consiste à déterminer comment varie, en fonction de l'épaisseur, la conductibilité électrique de pareilles lames. Cette étude, faîte pour des lames minces d'argent, dans des limites d'épaisseur suffisamment étendues, m'a permis de mettre en évidence de façon nette l'existence des couches de passage, de mesurer leur épaisseur et d'indiquer quelques-unes de leurs propriétés. Un résumé de ce travail a paru dans un article déjà cité de la Revue générale des Sciences^ et l'ensemble des recherches est exposé au long dans un mémoire que publieront prochainement les Annalu de Chimie et de Physique.

Parmi les métaux qu'on peut préparer en couches minces, je n'ai étudié que l'argent parce que c'est le seul métal qui fournisse des résultats suffisamment certains et précis, surtout en ce qui concerne les mesures d'épaisseurs. On verra, en comparant les résultats que j'ai obtenus avec ceux de Reinold et Rucker et de Quincke convenablement interprétés, qu'on est conduit à considérer ces résultats comme généraux.

Préparation des couches, — Les couches d'argeut étudiées étaient déposées par voie chimique sur des plaques de verre. Ces plaques, de J, de Phys., 3- série, t. IX. (Février 1900.) 6

St VINCENT

3 millimètres d'épaisseur eaviron et d'à peu près 9 centimètres de longueur sur 3 centimètres de largeur, étaient découpées dans des plaques plus grandes de bonne glace ordinaire.

Les dépôts doivent être faits avec de minutieuses précautions si Ton veut obtenir des résultats comparables entre eux. On commence par soumettre les plaques employées à des lavages méthodiques : deux lavages à Peau distillée, un lavage dans un bain de soude, puis dans un bain d'acide azotique pur (on laisse séjourner les plaques plusieurs jours dans chaque bain) ; puis, nouveaux lavages à Feau distillée ; après quoi, sans sécher les plaques, on procède à Targenture.

Chaque plaque à argenter est fixée par deux boulettes de cire contre une plaque de verre plus grande et plongée dans le bain argentifère contenu dans une cuve légèrement inclinée, qu'on dispose de manière que la face à argenter soit tournée vers le bas.

Pour la composition du bain argentifère, j'ai employé, en le modifiant un peu, un procédé indiqué autrefois par Martin (*). Ce bain est plus ou moins étendu d'eau, suivant l'épaisseur d'argent à obtenir.

Quand l'argenture est terminée, la plaque est retirée du bain, lavée et séchée. Puis on fait, aux extrémités, des dépôts supplémentaires très épais qu'on lave et sèche de même ; ils servent à donner là, à l'argenture, la solidité nécessaire pour qu'on y puisse appliquer plus tard les électrodes qui amèneront le courant, lorsqu'on fera l'étude de la conductibilité électrique.

Le procédé d'argenture dont je viens de parler permet d'obtenir toutes les épaisseurs comprises entre 0 (jip. et 170 (xjx, limite qu'on ne peut guère dépasser et qui est d'ailleurs très suffisante. Les bornes de cet article ne me permettent pas de détailler ici, comme il le faudrait, la technique que j'ai suivie pour la préparation des couches ; il me suffira de dire que j'ai pu obtenir des dépôts dont le poli et l'homogénéité ne laissaient rien à désirer.

Mesure des résistances. — Voici le procédé employé pour amener le courant dans une couche à étudier. Chacune des extrémités de la plaque qui la porte est serrée à l'aide d'une pince à vis de serrage entre deux petites plaques de cuivre bien planes, entourées de plur sieurs épaisseurs d'un papier d'argent solide et souple qui assure un bon contact. Deux grosses tiges de cuivre, soudées aux pinces de

(') C. R, t. LVï, p. 1044.

C;OUCHES DE PASSAGE 83

serrage, sont Tçittiurbées à leurs extrémités libres qui plongent dans deux godets pleins de m^noure. Le tout constitue Tune des branches d'un pont de Wheatstone. Un mandi^n de verre fermé par deux bouchons que traversent les tiges entoure la lame argentée et les pinces, de manière à protéger Targenture contre les influences extérieures. La quantité que je me suis proposé de mesurer, c'est, sur chaque

couche d'argent, la condtÀCtibilité superficielle - ; j'entends par là l'in-

verse de la résistance p évaluée en ohms d'un carré supposé découpé

en une région quelconque de la couche et orienté de telle façon que les lignes de courant soient parallèles à l'un des côtés ; il est facile de voir que la conductibilité d'un tel carré est indépendante de sa grandeur, la conductibilité d'un rectangle dépendant uniquement du rapport des côtés. Afin d'éliminer rigoureusement ionie résistance parasite (fils de communication, électrodes, etc.) et toute correction, j'ai employé la méthode différentielle suivante :

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