ZEITSCHRIFT FUR PH YSIKALISCHE CHEMIE
H. JAHN. — Ueber galvanische Polarisation (Sur la polarisation galvanique).
Ces recherches ont pour but de déterminer, par des mesures calorimétriques directes, l'équivalent calorifique du travail nécessaire pour décomposer la quantité d'électrolyte correspondant à une intensité donnée de courant. La quantité de chaleur lo dégagée dans la pile (éléments Warren de La Rue à chlorure double de zinc et de potassium) (*) est mesurée en plaçant les éléments dans ua calorimètre à glace; la quantité de chaleur q dégagée par effet Joule dans le circuit extérieur est déduite de mesures galvanométriques. En opérant avec des électrodes impolarisables (platine métallisé), le travail total de la pile pour le courant employé 1 est la somme de ces quantités de chaleur w -j- q,On répète Texpérience avec des électrodes à polarisation; le travail total de la pile pour le courant V est la somme to' -|- q\ augmentée du travail chimique. L'auteur
admet que la différence — y—^ ,, représente l'équivalent
calorifique du travail fourni par la batterie pour décomposer la quantité d'électrolyte correspondant à Tunité de courant; p étant la polarisation et t le temps, on aura donc :
!L±J î«l+ii; = 0,2362p. ^
L'auteur mesure aussi à 0° et à 40° les polarisations des sulfates de Cu, Zn, Cd, des azotates de Cu, Pb, Ag; il trouve des valeurs indépendantes de l'intensité du courant.
Au point de vue théorique, les phénomènes de polarisation peuvent être étudiés séparément à l'anode et à la cathode au moyen des formules de Planck, en admettant que la polarisation est donnée à chacune des deux électrodes par la variation de l'énergie libre qu'entraîne le phénomène chimique produit à l'électrode correspondante. Les formules déduites de ces considérations dans un travail antérieur, en collaboration avec O. Schourock, sont mises sous une forme plus claire et modifiées en quelques points ; elles font prévoir les résultats suivants confirmés par les mesures directes :
(») /. de Pkys., 3" série, t. VU, p. 293; 1898.
ZEITSCHRÏFT FUR Pli VSiKALlSCHE CHEMIE 237
!• Dans Tacide sulfurique étendu, la polarisation croît fortement avec l'intensité du courant ;
^ Dans les solutions diluées d'acides oxygénés, la polarisation est indépendante du degré de dissociation, tant que l'intensité du courant est assez faible pour que la convection des ions H soit négligeable ;
3* La concentration du gaz dissous dansles électrodes aune influence considérable sur la polarisation ; dans Tacide sulfurique dilué, par exemple, la polarisation est de 2,792V avec une cathode de mercure, de 2,017V avec des électrodes de platine;
4" Dans les solutions des sulfates alcalins, la polarisation est d'autant plus grande que la base formée à la cathode est plus fofte.
V. ROTHMUND. — Die gegenseitige Lôslichkeit von Flussigkeiten und der kritische Lôsungspunkt (Solubilité réciproque des liquides et point critique de solution). — P. 433-498.
L'équilibre entre les couches de deux liquides partiellement solublesTun dans l'autre est comparable à l'équilibre entre un liquide et sa vapeur; à mesure que la température s'élève, la constitution des deux couches se rapproche do plus en plus par dissolution mutuelle, et, pour une certaine température, elles deviennent identiques; ce point correspond au point critique ; les phénomènes d'aplatissement, de disparition et d'apparition du ménisque de séparation sont également les mômes que pour le point critique entre un liquide et sa vapeur.
L'auteup enferme dans un petit tube scellé des poids connus de deux liquides et cherche la température à laquelle le mélange devient ou cesse d*ètre homogène; il trace ainsi une courbe qui représente la concentration en fonction du point critique ; les expériences ont porté sur douze couples de liquides, tels que phénol et eau, CS- et alcool méthylique, etc.
Les courbes ont, dans la plupart des cas, une forme rappelant une parabole dont la convexité est tournée vers la droite ; il y a une température critique extrême au-delà de laquelle les liquides sont complètement miscibles; dans trois cas (bases organiques et eau), la convexité est tournée vers la gauche et, par conséquent, les deux phases liquides n'existent qu'au-dessus d'une températurs3 limite inférieure.
238 ZEITSCHRIFÏ FUR PH YSIKALISCHE CHEMIE
La loi du diamètre rectiligne de Cailletet et Mathias se vérifie pour toutes les courbes de solubilité qui ont une limite supérieure de la température critique de solution ; il y a donc, à une même température, une relation simple entre les concentrations des deux couches supérieure et inférieure.
Par contre, la loi des états correspondants n'est absolument pas applicable aux solutions.
G. KAIILBAUM. — Studien ûber Dampfspannkraftmessungen (Etudes sur les mesures de tension de vapeur). — P. 571-659.
L'auteur résume les résultats de ses études sur les mesures des tensions de vapeur ; il donne les tableaux des points d ebuUition sous pressions réduites, pour 50 corps de la série grasse et de la série aromatique, et cherche Tinfluence des divers groupements introduits dans la molécule. Parmi les conclusions tirées de la comparaison des courbes de tension de vapeur, nous ne citerons que les suivantes, d'un ordre tout à fait général :
La règle de Volta-Dalton, d'après laquelle tous les corps donnent les mêmes abaissements du point d'ébuUition pour une même diminution de pression, est tout à fait inexacte, même limitée aux corps homologues.
Les corps aromatiques se distinguent des corps de la série grasse par l'allure toute difîérente des courbes de tension de vapeur; l'abaissement de la température d'ébullition est d'autant plus grand que le pouvoir dispersif moléculaire est plus grand.
"W. BEIN. — Zur Bestimmung der Uberfûhrung bei der Elektrolyse verdùnnter wasseriger Salzlôsungen (Transport par électrolyse dans les solutions aqueuses diluées). - P. 1-55.
Wiedemann et Kohlrausch ont signalé la nécessité de reprendre d'une façon systématique les déterminations de Hitlorf sur le transport des sels par le courant électrique.
L'auteur discute l'influence que peuvent avoir sur les nombres de transport les différentes causes d'erreur telles que les réactions aux électrodes, l'introduction de membranes, la diffiision, la propagation purement électrique des produits de l'électrolyse, l'action du dissolvant, etc. 11 décrit quatre appareils employés dans ses mesures et
ZEITSCHRLFT FUR PHYSIKALISCHE CHEMIE 239
disposés de façon à pouvoir toujours vérifier que la portion médiane de la solution aqueuse de la solution est restée identique à ellemême après Télectrolyse. Les corps étudiés sont pris en solution
1 1 aqueuse de - à — normales entre 0* et lOO» ; ils comprennent des
acides, des bases et des sels, parmi les quels surtout des chlorures. Des titrages font connaître le rapport u entre la variation du poids de l'anion autour d'une électrode et le poids du même an ion mis en liberté pendant l'éleclrolyse ; ces nombres diffèrent souvent de ceux trouvés par les expérimenlaleurs précédents.
Le mémoire se termine par un tableau de mesures de u faitesavec des chlorures en solutions aqueuses concentrées (3 à 5 fois normales).
M. HERSGHKOWlTSCIf . — Beilrage zur Kenntnis der Metalllegierungen (Contribution à l'étude des alliages). — P. 123-167.
L'étude des alliages a été tentée déjà parplusieurs propriétés physiques, telles que la conductibilité thermique (Wiedemann), la conductibilité électrique (Matthiessen, Haas...), la densité, la dureté, etc. Cette étude peut aujourd'hui se faire d'une façon plus précise, grâce aux théories de Gibbs et d'Ostwald, en déterminant la façon dont varie le potentiel de l'alliage avec sa composition.
L'auteur a mesuré par la méthode de compensation la force électromotrice de couples constitués par un bâton d'alliage, un bâton du métal le plus oxydable (Cd ou Zn) et une solution normale du sulfate de ce dernier métal. Des tableaux et des courbes représentent la variation de cette force électromotrice avec la composition centésimale del'alliage; les résultats les plus impor^nts de ces recherches sont les suivants :
1* Les métaux purs ou les alliages récemment fondus possèdent un potentiel trop élevé, qui décroît avec le temps ; ce fait est conforme aux théories d'Ostwald (*) et doit être attribué à ce que le métal, comme tout corps, ne passe que progressivement à l'état stable, en traversant un état métastabile où le potentiel est plus élevé ;
2** Dans aucun cas, il ne s'est formé un mélange de deux corps miscibles en toutes proportions ;
3** Quelques métauxformentdes combinaisons chimiques solides. La
(1) J. de Phf/s., 3- série, t. VI, p. n.H ; 1897.
240 ZEIÏSCHRIFT FUR PHYSIKALISCHE GHEMIE
variation de la force électromotrice avec la composition de Talliage met en évidence les combinaisons ZnSb^,Zn*Ag, Zn^Cu, SnAg*, SnCu^.
Dans la seconde partie du mémoire, Tauteur se propose de déterminer le dégagement de chaleur qui accompagne la formation d'alliages ; on ne peut avoir recours, pour une étude quantitative, qu'à une méthode indirecte consistant à amener les métaux sous un état final défini, par exemple à Tétat de sels dissous: les métaux (Zn, Sn, Cd, Cu) et leurs alliages sont réduits en poudre et dissous dans une solution de brome et de bromure de potassium ; la chaleur dégagée est mesurée dans un calorimètre à eau.
Les chaleurs de formation des alliages sont tantôt positives et tantôt négatives, même dans les cas où il y a combinaison chimique.
La variation de la quantité de chaleur dégagée en fonction de la composition centésimale de Talliage ne donne pas toujours des indications précises sur la formation des combinaisons chimiques .
S. TANATAR and KLLMENKO. — Salzbildung in alkoholischer Lôsung (Formation des sels en solution alcoolique). — P. 172-175.
En solution alcoolique, les chaleurs de neutralisation par l'ammoniaque pour les acides benzoîque et lactique sont de 6 à 7 calories plus élevées que les chaleurs de neutralisation par la potasse : en solution aqueuse, au contraire, la neutralisation par l'ammoniaque dégage toujours 1,5 à 2 calories de moins que la neutralisation par les alcalis, et la chaleur de neutralisation est plus grande que dans l'alcool. Ces faits sont prévus par la théorie de l'ionisation des élec- Irolytes dissous dans l'eau.
W. KlSTIAKOWSKl. — ZurRenntnis des Reaktionsverlaufs, speziell in geoiischen von Alkobol imd Wasser (Sur la marche des réactions, en particulier dans les mélanges d'alcool et d'eau). — P. 250-267.
L'auteur étudie expérimentalement la vitesse de formation et de décomposition des éthers en présence de l'acide chlorhydrique. 11 conclut de ses recherches :
i^ Les vitesses spécifiques de réaction peuvent se calculer aussi bien par l'éthérification que par la sapcmification ; les deux phénomènes donnent les mêmes constantes dans les mêmes conditions d'expérience ;
ZEITSCHRIFT FUU PH YSIK ALLSGHE CHEMIE 241
2' En présence d'HCl, les vitesses spécifiques de réaction décroissent un peu, quand la concentration centésimale en alcool croît, et remontent notablement pour les fortes concentrations en alcool. Sans IICl, au contraire, elles décroissent toujours quand la concent ration en alcool croît.
A. OGG. — Ueberdas chemischc Gleichgewichtzwischen Aumlgaïuen und Lôsungea (Equilibre chimique entre les amalgames et les dissolutions). — P. 285-312.
Si Ton met en contact du mercure avec une solution aqueuse de nitrate d'argent, une partie deTargentse dissout dans le mercure en donnant un amalgame et se trouve remplacée par du mercure dans la solution. En appelant a, b, les concentrations de Targcnt et du mercure dans la solution, c, la concentration de l'argent dans Tamal-
game, la loi des masses actives donne — -= = O"", si on admet que
rion mercureux dissous est divalent.
Les dosages vérifient celte formule, tant que le mercure n'est pas saturé d'argent; au delà, il se sépare un amalgame solide, et la formule se réduit à — = C*% la masse active de l'argent dissous
devenant constante.
L'hypothèse de la divalence de l'ion mercureux est d'ailleurs vérifiée par quatre méthodes distinctes : une méthode d'équilibre chimique, l'étude de chaînes de concentration formées avec l'azotate mercureux, la mesure des conductibilités électriques, la cryoscopie.
La mesure de la force éleclromotrice des chaînes
Ag I xAgAzO"» dans -^ H AzO^ ^ H AzO» U ^ Hg^ ( AzO^)^ dans ^ H AzO^ 1 Hg;
vérifie la théorie de Nernst sur l'équilibre entre un mélange de deux métaux et la solution aqueuse d'un de leurs sels.
Dans la seconde partie du mémoire, l'auteur étudie l'amalgame solide d'argent qu'on obtient avec la composition Ag-^Hg*^. La mesure des tensions de vapeur à 100° démontre l'existence de deux autres amalgames Ag^Hg' et AgUg; Ag^Hg* est l'amalgame solide en équilibre avec le mercure en excès.
J. de Phys.. 3^ série, t. IX. (Avril 1900.) 16
242 ZEITSGHRIFT FUR PH YSIKALISGEIE GHEMIE
J. BRtllIL. — Ueber die Ursachen der dissociierenden Kraft der Lôsungsmittel (Sur les causes de l'action dissociaate des dissolvants).
La conductibilité des sels dissous dans Tammoniaque liquide, supérieure même, comme Ta montré Cardy, à la conductibilité des solutions aqueuses, prouve que Tionisalion n'est pas forcément liée à la teneur en oxygène du dissolvant (^).
Pour les corps oxygénés, Tauleur a attribué à la tétravalence de Tatome 0 et à sa saturation incomplète la propriété de détruire les agrégations de molécules étrangères, de séparer les ions, de réunir les molécules du dissolvant en produisant sa polymérisation.
On doit s'attendre à retrouver ces mêmes propriétés dans les com-binaisons d'autres éléments incomplètement saturés; tel est Tazote. L'ammoniaque AzH^, corps le plus riche en azote, devra posséder les mêmes propriétés que l'eau ïPO, corps le plus riche en oxygène. Les hydrazines doivent se placera côté de l'ammoniaque ; les nitriles et, en particulier, Tacide cyanhydrique, les composés nitrosés, contiennent un azote trivalent et doivent constituer d'excellents moyens de dissociation.
HOFFMEISTER. — Ueber Stromleilung ingemischten Salzlôsungen (Conductibilité dans les solutions de plusieurs sels). — P. 345-354.
Les travaux de Hittorf, Schrader, Hopfgartner (^), ont démontré que tous les ions libres dans une solution prennent part au transport du courant, suivant leur concentration et leur mobilité. L'auteur apporte une confirmation nouvelle de cette loi en étudiant des solutions d'azotate d'argent et d'acide azotique, puis d'acétate de soude et d'acide acétique ; il mesure, d'une part, la conductibilité électrique, d'autre part le nombre de grammes du cation, transportées par unité de temps. La formule de Jahn permet d'en déduire la concentration C des cations :
M. c. u rt, nombre de grammes du cation transportés pendant que le poids c
(») On savait, depuis la découverte du fluor, que l'acide fluorhydrique HF est un ionisateur (J. G.).
(••i) J. de P/i.v.s., 3' série, t. VIII, p. 277; 18«0.
ZELTSCHRIFT FUR PHYSIKALISCHE GHEMIE 243
d'argent a été déposé par le courant; M, poids atomique de ce cation; w, sa mobilité (*); K, conductibilité de la solution.
La comparaison des concentrations ainsi calculées avec celles que Ton déduit des formules de Rudolphi pour les solutions de sels purs montre que le degré de dissociation de AgAzO^ ne change pas sensiblement par Taddition d'HAzO^, tant que le sel est en excès.
Pour les mélanges d'acétate de soude et d'acide acétique, Tacide n'exerce aucune influence sur le degré de dissociation de Tacétate, et les ions H, comme le prévoit la théorie, ne participent pas au transport du courant.
K. LUTHER. — Elektroden dritter Art (Electrodes de troisième espèce). — P. 36^-367.
Il serait souvent utile d'avoir des électrodes réversibles par rapport à des métaux décomposables par l'eau. La théorie des chaînes de concentration montre qu'une électrode d'un métal M (Pb par exemple) , dans une solution d*un sel de métal M' (Ca, par exemple), saturée à la fois par rapport à deux sels peu solubles et à même acide des métaux M et M' (sulfates), se comporte comme une électrode formée par une modification métallique particulière de M' et constitue une électrode réversible par rapport à ce métal.
Des expériences confirment ce résultat théorique.
P. CÀLAME. — Ueber die Dissociation mehrwertiger Saize (Dissociation des sels polybasiques). — P. 401-421.
L'auteur détermine le point de congélation, puis la conductibilité électrique des solutions aqueuses d'un grand nombre de sels polybasiques (fofmiates, acétates... de Ca, Ba, Zn, Cu, ..."; etc.) ; chacune des deux méthodes permet de calculer le degré de dissociation du sel dissous : en désignant par n le nombre des ions dans lesquels se décompose le sel, pari le rapport du nombre de molécules réellement dissoutes au nombre de molécules théoriquement nécessaires pour produire l'abaissement observé (l'',86 par molécule), le degré de dissociation déduit du point de congélation sera a = j'
D'autre part, le degré <Ie dissociation déduit de la conductibilité
(») KoHLRAUSCH, /. de Pht/s., 3* série, t. VIII ; p. 166; 189i).
244 ZEITSCHUIFT FUR PH YSIKALISCHE GHEMIE
est le rapport r — de la conductibilité mesurée à la conductibilité
limite en solution infiniment diluée.
Pour la plupart des sels étudiés, la méthode cryoscopique donne pour a des valeurs plus grandes que la conductibilité, tandis que rinverse a généralement lieu pour les électrolytes binaires bibasiques.
Quelques sels organiques de cuivre (malate, citrate, glycérate) donnent des abaissements cryoscopiques et des conductibilités plus faibles que les valeurs normales; les propriétés chimiques de ces sels permettent d*attribuer ces anomalies à la formation de complexes moléculaires. L'auteur vérifie cette interprétation en mesurant la force éleclromotrice de couples : Cu | sel dissous, par rapport à Télectrode normale.
S. OPPENIIEIMER. — Ueber die elektromagnetische Drehung der Polarisationsebene in Salzlôsungen (Sur la rotation électro-magnétique du plan de polarisation dans les solutions salines). — P. 447-457.
Schônrock a montré que le pouvoir rotatoire électro-magnétique de Tacide chlorhydrique dissous décroît quand la concentration croît.
L'auteur cherche si l'appareil de Schônrock, rendu plus sensible encore, ne permettrait pas de reconnaître des variations avec la concentration dans le pouvoir rotatoire des sels, considéré jusqu'ici comme constant.
Les chlorures et bromures alcalins, le chlorure de cadmium, l'acide acétique, ont fourni des pouvoirs rotatoires spécifiques indépendants de la concentration.
BOGOJAWLENSKY et TAMMANN — Ueber den Enfluss des Drucks auf das elektrische Leitveruiôgen von LOsungcn {Influence de la pression sur la conductibilité électrique des solutions. — P. 457-474.
La conductibilité X d'une solution est proportionnelle au nombre des ions par unité de volume et inversement proportionnelle au frottement des ions. Un accroissement de pression Ap pourra donc influer sur la conductibilité À : i° par la diminution du volume Ai?, produisant une augmentation du nombre des ions par unité de volume ; 2** par un changement de la viscosité tj ; 3' par un changement dans l'état de dissociation % du corps dissous ; 4"" en changeant le degré de dissociation a' du dissolvant et sa conductibilité X'.
ZEITSGHIUFT FUR PH YSIKALISCHE CHEMIE 245
On peut ainsi représenter la variation de conductibilité d'une solution par la formule :
1 AX 1 Au 1 Aïi 1 Aa V i Aa'^ (1)
X Ap v Ap 1) Ap a Ap X a' Ap '
Pour les solutions diluées on peut donner aux deux premiers
termes et - -H) les valeurs relatives au dissolvant, c'est-à-dire
V àp T, Ap
\ Aa
Teau. Le troisième terme - -— se déduit de la relation établie par
a Ap
Planck, entre la constante de dissociation k, la pression p et la
variation de volume At? produite par la dissociation électrolytique
d \ofik At?
dp "~ " 10^ RT*
Quant au dernier terme — - — ? il est négligeable tant que le
nombre des ions du corps dissous est considérable par rapport au nombre des ions du dissolvant (tant que le corps dissous n'est pas une impureté non décelable).
Les mesures de conductibilité ont été faites par la méthode de Kohlrausch; la solution était comprimée jusqu'à 500 atmosphères dans un piézomètre muni d*électrodes de platine platiné et enfermé
dans un appareil à compression.
. . . i AX Les variations relatives de la conductibilité - 7—5 trouvées exné-
X Ap *
rimentalement, concordent toujours avec celles déduites de la formule (1) ; elles sont d'autant plus grandes que le corps est un moins bon électrolyte; ainsi, pour une variation de pression ç|e 500 atmosphères la conductibilité de NaCl, de HCl, de racidei,richloracétiquc varie de 10 0/0 environ, tandis qu'elle varie de 20 0/0 pour l'acide acétique, de 39 0/0 pour l'ammoniaque, etc.
KAHLENBERG et SCHREINER. — Die wâsserigen Lôsungen der Seifen (Les solutions aqueuses des savons). — P. 552-567.
La mesure des conductibilités électriques des solutions aqueuses de savons montre que ces corps subissent par l'eau une séparation hydrolytique en acide libre et alcalis libres ; l'hydrolyse a donc lieu comme Chevreul l'avait d'abord annoncé et comme l'avait plus tard vérifié KralTt.
246 ZElTSCHftlFT FUR PHYSIKALISCHE CHEMIE
La cryoscopie montre que les sels d'acides gras des huiles forment des molécules doubles dans les solutions aqueuses.
J. GuiNCHANT.
Alexandre de HEMPTINNE. —Sur l'actionchimique des effluves électriques et des rayons Rônlgen {Académie royale de Belgique^ 4 juillet 1896) ; — Sur la synthèse des substances organiques par les effluves (/rf., août 1897);. — Sur la luminescence des gaz (Id., 1899) ; — Influence du magnétisme sur la luminescence des gaz (/rf., juin 1891) ; — Ueber die Zersetzung einiger Stotfe unter des Einfluss elektrichen Schv^ingangen {Zeilschrifl fur physikalische Chemie, XXV, 284) ; — Ueber die Wirkung des Strahlen auf die Luminescenz der Gaze (ZeitschHft, XXVI, 165).
La" série de recherches entreprises par M. de Hemptinne sur rinfluence des rayons X et sur celle des oscillations électriques sur les réactions chimiques Ta conduit à des résultats intéressants relatifs à la luminescence des gaz aux basses pressions, et surtout à la liaison entre cette luminescence des gaz, leur pouvoir conducteur et leur aptitude à être décomposés.
M. Berthelot a fait connaître, il y a longtemps, l'activité chimique de Tefiluve. Afin d'étudier avec précision cette influence, M. de Hemptinne place un tube contenant le gaz et le mélange gazeux entre deux plaques métalliques reliées aux fils conducteurs du dispositif de Lécher. 11 excite des ondes et fait varier à volonté la longueur d'onde et l'intensité (celle-ci en agissant sur la distance explosive primaire). Dans d'autres cas, il relie les deux fils qui aboutissent aux plaques aux deux bornes d'un transformateur Tesla.
Il a obtenu ainsi la décomposition de la vapeur d'alcool méthylique, de celle d'alcool éthylique ; au bout d'une dizaine de minutes, il ne reste plus que 2 à 30/0 d'alcool dans le tube ; etcette proportion varie peu avec le temps ; il y a de l'oxyde de carbone, de la vapeur d'eau et du méthane ou de l'élhane, en proportions légèremeîit variables avec les conditions expérimentales.
On a décomposé de même de la glycérine liquide, du phénol, etc.
Certains composés subissent la même action, quand les longueurs d'onde varient du simple au décuple ; d'autres, comme l'acétone, subissent une action nettement plus intense, pour certaines valeurs de la longueur d'onde.
Des expériences qui ont porté sur le gaz ammoniac ont mis en évidence un fait qui s'est trouvé général. Le gaz est lumineux quand il subit une décomposition ; tant qu'il reste obscur, il ne se décora-
ZEITSCHRIFT FUR PH YSIKALISCHE GHEMIE 247
pose pas. On a fait varier la pression do Tammoniac, à partir do 7 millimètres de mercure. Pour 7 millimètres, la luminosité apparaît, et la décomposition commence pour une certaine distance des plaques entre lesquelles est le tube. Si on augmente la pression à 15, 20, 30 millimètres, il arrive un moment où le gaz n'est plus lumineux ; alors il ne se décompose plus. Pour que la décomposition recommence, il faut ou bien rapprocher les plaques (ou encore augmenter la distance explosive primaire), ou bien diminuer la pression.
Le gaz ainsi raréfié à quelques millimètres de pression est conducteur de Télectricité quand il est lumineux. L'expérience suivante permet de le démontrer : Un tube à vide, cylindrique et long, est traversé à ses deux bouts par deux fils de platine soudés dans le verre. On Tintercale sur le trajet d'un des fils parallèles dans le dispositif de Lécher ; cela revient à couper ce fil, et Téthicelle secondaire est supprimée. Vient-on à coller contre le tube à vide, à droite et à gauche, deux feuilles d'étain qu'on relie aux deux pôles d'un alternateur à haute tension, le tube s'illumine, et dès lors l'étincelle secondaire est rétablie (pourvu, bien entendu, que l'étincelle primaire continue à éclater).
La luminosité et la conductivité doivent être liées à une ionisation de la matière ('). On doit donc pouvoir les provoquer par les agents d'ionisation, en particulier par les rayons de Rontgen. En effet, si, dans l'expérience normale de décomposition du irnz ammoniac, on augmente la distance des plaques, on arrive à éteindre le tube ; dès lors la décomposition s'arrête. On peut la faire reprendre en diminuant la pression intérieure ; mais on peut y arriver encore, sans toucher au tube, en l'éclairant par un tube de Crookes actionné pour donner des rayons X. Le tube à ammoniac s'illumine de nouveau^ et la décomposition recommence.
Parmi les nombreuses expériences décrites par M. de Hemptinne, nous citerons encore la suivante : L'un des fils du transformateur de Tesla aboutit à une plaque métallique posée sur un isoloir, et sur laquelle on place une éprouvette à pied de 100 centimètres cubes ; dans celte éprouvette on met un tube scellé de \o centimètres de
(^) On rapprochera ces résultats des expériences de M. IBouly, qui a montré que les diélectriques gazeux deviennent conducteurs au moment précis où ils deviennent lumineux {Journal de Physique^ ce volume, p. 10). C'est, d'ailleurs, la généralisation de la propriété de l'élincelle disruptive.