GAZ RARÉFIÉS H
spirale, traversée par la décharge oscillante d'une bouteille de Leyde.
On voit dans le tube un anneau lumineux homogène particulièrement
brillant, quaad la pression du gaz est voisine de^jr^de millimètre.
Si Tampoule à gaz raréfié est formée de deux parties concentriques, Texpérience peut être réglée de telle sorte que Tampoule extérieure seule s'illumine ; le gaz de Tampoùle extérieure fait fonction d'écran électrique, et Tinduction dans l'ampoule centrale devient trop faible pour y provoquer la luminescence du gaz.
M. J.-J. Thomson interprète les phénomènes qu'il observe, en attribuant au gaz raréfié une conductivité propre d'ordre électrolytique. Pour évaluer cette conductivité, il substitue au gaz de l'ampoule extérieure une dissolution d'acide sulfurique par exemple, et il fait varier la concentration du liquide jusqu'à reproduire un écran électrique équivalent à l'écran constitué par le gaz. Il trouve, dans une de ces expériences, que l'acide sulfurique doit être pris au maximum de conductivité électrique. D'ailleurs, la conductivité ainsi déterminée est une fonction de la pression qui passe par un maximum
au voisinage de — de millimètre de mercure.
Si, au lieu de rapporter la conductivité au volume, on la rapporte à la masse du gaz et qu'on calcule ainsi une conductivité spécifique, on trouve que les molécules du gaz au maximum de conductivité conduisent aussi bien que les molécules des métaux à l'état solide. Ainsi les gaz qui, à la pression ordinaire, sont les diélectriques types seraient susceptibles, par la seule variation de la pression, de devenir d'excellents conducteurs; cette altération si profonde de leurs propriétés serait attribuable à une dissociation ou à une ionisation de leurs molécules.
Si les gaz raréfiés sont d'excellents conducteurs, comment expliqucra-t-on la difficulté très grande qu'éprouve la décharge à traverser un gaz raréfié dans un tube muni d'électrodes? On est réduit à invoquer une résistance spéciale, sans doute énorme, qu'éprouverait l'électricité pour passer d'un gaz dans un métal, ou inversement. M. J.-J. Thomson trouve en effet que, si l'on divise une ampoule à gaz en deux parties par un diaphragme métallique continu, deux anneaux lumineux aplatis se forment dans les deux portions de l'ampoule, le gaz restant obscur au voisinage immédiat du diaphragme : les apparences demeurent les mêmes, si l'on remplace le diaphragme métallique par un diaphragme de mica.