LES SUBSTANCES ANORMALES
Au début de cette étude j'ai déjà indiqué que les cristaux compacts du Brésil et les masses feuilletées de diverses origines ont des propriétés difTérentes. Un travail fait en collaboration avec M. J. Kunz sur « Les variations thermiques de Taimantation de la pyrrhotine (') » nous a montré Tirréductibilité des propriétés de ces deux espèces de pyrrhotines. Celles de la deuxième, que j'ai appelées anormales, ne donnent, même à la température ordinaire, qu'une image vague et profondément troublée des propriétés si nettes de la pyrrhotine normale. Mais, comme ces pyrrhotines sont celles que l'on se procure le plus facilement et que, par un hasard peu avantageux, j'ai commencé par leur consacrer beaucoup de temps, je crois utile de résumer brièvement leurs propriétés.
Plan magnétique. — Déjà dans les champs faibles la propriété du plan magnétique n'est pas exacte. J'ai indiqué précédemment(2), pour
(•) C. /?., t. CXLI, p. 182; 1905. — Ce travail parait in extenso à la suite du présent mémoire.
n C. /î.,t. CXXVI, p. 1099; 1898: — J. (lePhys.,3' série, t. VIII, p. 542; 1899.
raîmantation perpendiculaire au plan magnétique
— pyrrhotine de Bodenmais (Bavière),
— — New-Jersey,
— — Xorwège,
de Taimantation parallèle au plan, pour des champs peu intenses dans lesquels je n'avais pu découvrir aucune aimantation perpendiculaire au plan magnétique dans les pyrrhotines normales.
Dans les champs plus intenses, le critérium de la saturation apparente constante ou décroissante (ce mémoire, p. 501) est nettement en défaut. Il n'est même pas nécessaire, pour le constater, de ramener les mesures à ce qu'elles seraient pour un échantillon cristallographiquement simple. J'ai trouvé, par exemple :
gauss
352 unités arbitraires
Phenomënes démagnétisants, — Dans le plan magnétique, on rencontre les mêmes groupements cristallins, et Ton peut, comme pour la pyrrhotine normale, déduire les propriétés de la substance simple de celles de la substance complexe.
Mais la loi du champ démagnétisant :
Hd = NI sinç,
cesse d'être vérifiée. La formule plus générale :
Hd==/'(1 sinç),
représentant la loi du phénomène démagnétisant le plus général dirigé suivant la direction de difficile aimantation, ne satisfait pas non plus aux faits.
On peut, dans ce cas ('), avoir recours à une surface obtenue en
(1) Voir C. R., CXXXVril, p. 35 ; 1904: — J. de Phys., 4« série, t. IIÎ, p. 194;
PROPRIÉTÉS MAGNÉTIQUES DE LA PYRl
portant en chaque point du plan magnétique une oi Ténergie d'aimantation, pour représenter Tensemble du cristal dans le plan magnétique. Cette surface, s être représentée par ses courbes de niveau. J'ai fait c tion assez laborieuse pour deux échantillons (substance mais je puis me dispenser de reproduire ici cette imi mière vue, elle ne se distingue pas de celle d'une pyri qu'il est aisé de décrire.
Dans cette dernière, en effet, l'énergie se compose deux termes : d'abord le travail de H| qui conduirait à révolution, et celui de Hd qui fournit le terme ;
E=5NIr^
représenté par un cylindre parabolique dont la généi sommets, coïncide avec la direction de facile aimanta nière partie de l'énergie est la plus importante.
Phénomènes résiduels. — Les phénomènes résiduels plus intenses dans les pyrrhotines anormales que dans
FiG. 26.
normales. Il semble aussi y avoir un champ coercitif c du diamètre de facile aimantation et le long des cor(
lètre. Ce champ décroît quand 1^ croît, et Ténergie d'hystérése ée le long de la corde tend vers zéro avec la longueur de cette
il se présente en outre un autre phénomène d'hystérèse qui ifeste, dans les courbes représentant les couples en fonction muts du champ a, par un écart entre les deux courbes d'aller tour dans le voisinage du maximum d'aimantation M [fig. 2t>!.
26 se rapporte à des expériences faites dans un champ 40 gauss. Cet écart va en croissant avec le champ, et dans s cas il s'accroît avec le nombre de cycles décrits. Ce phénoossède donc une sorte de viscosité. 11 serait prématuré d'en îr une explication, mais on peut soupçonner qu'il dépend des ments d'état magnétiques que le travail cité plus haut a fait rir dans les substances anormales.
Itats nume'riques, — Pour terminer ce qui concerne les subsanormales, je condense quelques résultats de mesures relatifs iix substances de New-Jersey, qui ont été l'objet d'une étude îe et qui ont été déjà mentionnées page 483, dans les tableaux ts. Les intensités d'aimantation sont exprimées en unités ires.
gauss
gauss —
Substa
nce 1 , 1m =
au minimum
75 gaus
604,5 gauss