SUR LES SPECTRES DES FLUORURES ALGAUNO-TERREUX DANS L'ARC ÉLECTRIQUE
Par M. Ch. FABHY.
La plupart des seis, introduits dans Tare électrique, ne don <l'autre spectre que celui du métal correspondant. J'ai décou qu'il en est autrement pour les fluorures de calcium, de stroni <>t de baryum. En analysant la lumière d'un arc électrique jaillis -entre charbons creux contenant Fun de ces sels, on obtient, out spectre du métal, un très brillant spectre de bandes, particulie sel employé. On doit donc admettre Texisience de vapeurs de fluorures, incomplètement dissociés, à la température de Tare < trique. Ces spectres, qui présentent des particularités intéressai m'ont paru mériter une étude attentive.
Les longueurs d'onde ont été mesurées, par comparaison ave raies du fer, au moyen du spectroscope à prismes que M. Job: moi avons récemment décrit (^). La précision des pointés per pour les raies fines, de calculer leurs longueurs d'onde à moin 1 cent-millième près. On a admis pour les raies du fer les nom <le Kayser et Runge(2). Les observations ont été entièrei visuelles ; on a exploré par la photographie, au moyen d'un ré de Rowland, la partie ultra-violette des trois spectres sans y ren trer aucune bande due aux fluorures.
On me permettra de rappeler d'abord quelques résultats coi relatifs aux spectres de bandes; cela est d'autant plus nécesi ■que, sur certains points, la terminologie adoptée n'est pas con tement fixée, et qu'il en est résulté, à plusieurs reprises, des m{ tendus entre les divers observateurs.
Une bande se compose, en général, d'un grand nombre de r régulièrement distribuées dans le spectre, à partir d'une raie €st la plus brillante du groupe, et qui s'appelle la tête de la ba A partir de la tête, les intensités des raies successives von décroissant en même temps que les intervalles des raies succesi vont en croissant ; on a donc une série de raies d'intensités déc santés et de plus en plus écartées. Si l'on représente chaque
(1) J. de Phys., 4- série, t. 111, p. 202 ; 1904.
(-) Abhandlungen der KOniglichen Akademie der Wissenschaften zu Berlin,
J. de Phys., 4- série, t. IV. (Avril 1903.) 1
m ' FABRY i
par la fréquence du mouvement vibratoire, ou, ce qui revient ai» m^^me, par l'inverse de la longueur d'onde, on trouve que les intervalles entre les raies successives croissent en progression arithmétique {Deslandres)^*); il revient au même de dire que la fréquence N de la raie numérotée m à partir de la tète s'exprime par une fonction entière du second degré en m. Dans un spectroscope à faible dispersion, les raies n'étant pas séparées, l'ensemble prendra l'as-pect d'une bande continue, brusquement limitée à la lêle^ et d'intensité progressivement décroissante dans le sens où s'étendent lesraies à partir de la tête. On dit que la bande est dégradée vers le rouge ou vers le violet selon le sens où s'étendent, à partir de la tète, les raies qui composent la bande.
Une bande n'est généralement pas isolée ; il s'en trouve un certain? nombre, de composition analogue, qui le plus souvent empiètent les^ unes sur les autres, et l'ensemble forme une série de bandes. Danscette série, il est particulièrement important de considérer les positions des diverses tètes; celles-ci, considérées seules, et seules nettement mesurables si la dispersion est insuffisante, forment la série de têtes.
Ces quelques faits rappelés, revenons aux spectres des fluorures, et considérons en particulier celui du fluorure de calcium, qui est le plus facile à obtenir(^). La figure i représente les diverses parlies^ de ce spectre. Chacun des traits du dessin a, en réalité, l'aspect d'une ligne très brillante, nettement limitée d'un côté, et se prolongeant de l'autre côté par une lumière diffuse qui s'affaiblit à mesure qu'on s'éloigne de la partie brillante. Cet aspect est exactement celui que présente une bande dans un spectroscope à faible dispersion ; la partie brillante, nettement limitée d'un côté, serait la tète de cette bande. Un examen attentif montre que c'est bien là l'interprétation de l'aspect observé; les raies qui constituent chaque bande
(1) Je laisse ici de côté un grand nombre de partitularités intéressantes, que l'on trouvera exposées dans les mémoires de M. Deslandres.
{-) On trouve dans le commerce, sous divers noms (charbons pour arcs flammes, charbons métallisés, etc.), des charbons pour lampes à arc qui contiennent du fluorure de calcium, l/arc jaillissant entre ces charbons est très brillant, et donne avec un grand éclat le spectre du fluorure de calcium. Quelques-uns de ces charbons contiennent du baryum, etdonnenl en outre le spectre du fluorure de baryum.
Le specire du fluorure de calcium constitue une réaction très sensible des fluorures : il suflit dimprégner les charbons, exempts de fluorures, d'un sel de chaux ; l'addition d'une traee d'un fluorure quelconque fait apparaître dans le spectre de l'arc les bandes GaFl'', et en particulier le groupe vert B qui est le plus brillant.
SPECTRES DES FLUOHUKES ALCALINO-TERREUX 247 sont tellement serrées qu*au voisinage de la tête je n'ai pas réussi à les séparer, môme en employant un grand réseau concave deRowland,