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FA BUY

sur les raies issues des tètes voisines, et toute mesure est impossible.

En résumé, chacune des raies que j*ai mesurées est, en réalité, une tête de bande, et les groupes figurés sur le dessin sont des séries de tètes. Il faut renoncer à utiliser ces spectres pour accroître nos connaissances sur la répartition des raies dans une même bande, puisque les raies ne sont pas individuellement mesurables ; par contre, leur étude nous donnera d'utiles indications sur la répartition des tètes dans une série, parce que ces tètes sont nombreuses et bien définies.

Les diverses séries se divisent, au premier coup d'œil, en deux catégories :

1^ Celles qui sont désignées sur le dessin par les lettres A et B. De chaque tète est issue une bande dégradée vers le rouge. La série des têtes commence brusquement par la tête la plus brillante, et les suivantes s'étendent, à partir de celle-là, vers le rouge; les distances des tètes successives vont en augmentant, d'ailleurs lentement, dans le même sens ;

2^ Celle;3 qui sont désignées par C, D, E. Les bandes correspondantes sont dégradées vers le violet. La série de têtes commence encore brusqjj^ement par la tète la plus brillante, et les suivantes s'étendent vers le violet; mais les intervalles entre les têtes successives vont en décroissant.

Les deux espèces de séries obéissent d'ailleurs à la loi suivante : Si Ton représente chaque tète par sa fréquence {*) N, on trouve que les intervalles des têtes successives forment une progression arithmétique; elles suivent la même loi que l'on trouve habituellement pour les raies issues d'une même tête, et qui forment une bande. M. Deslandresa, depuis longtemps, énoncé cette loi de répartition des têtes; dans le cas actuel, elle se vérifie avec une précision égale à celle des observations, sur des séries où Ton peut mesurer plus de vingt têtes de bandes.

Si donc on numérote les tètes d'une même série, la fréquence N de la tête numérotée m s'exprimera par une fonction du second degré de m, et cela quels que soient l'origine et le sens du numérotage.

(•) N est en réalité, à un facteur constant près, l'inverse de la longueur d'onde dans le vide. On a pris pour N le nombre de longueurs d'onde contenues dans 1 centimètre.

SPECTKES DES FLUORURES ALCALINO-TBRKBUX 249

Il y a cepeadant une grande différence entre la répartition des raies dans une bande et celles des têtes dans une série : dans le premier cas, Tintensiié des raies décroît toujours à mesure que Fintervalle entre les raies successives augmente, et cela à partir de la tête de la bande, où cet intervalle est très faible. Il n*en est pas de même dans les séries de tètes : si Ton prend les séries de seconde espèce, les intensités vont en décroissant à mesure que les intervalles diminuent. Dans les séries de la première espèce^ les intensités vont bien en décroissant ë mesure que les intervalles augmentent ; mais, dès la première tête, qui est la plus brillante, Fintervalle est déjà grand, et il ne croit que lentement ; pour avoir une répartition analogue des raies d'une bande, il faudrait imaginer qu'un assez grand nombre de raies à partir de la tête aient complètement disparu.

Arrivons à l'expression numérique des diverses séries. La fréquence N de la tète numérotée m s'exprimera par une équation de la forme N = A — (Bm + C)^. La valeur des coefficients B et C dépend de Torigine et du sens du numérotage. Comme la série s*étend toujours d'un seul côté à partir de la tête la plus brillante, la manière la plus naturelle de faire le numérotage m'a paru être celleci : donner à la tête la plus brillante le numéro 0, et aux suivantes les numéros 1, 2, 3, etc.. De cette manière, m prendra seulement des valeurs positives, et les intensités iront toujours en décroissant à mesure que les numéros d'ordre augmentent. Pour les séries de la première espèce, les intervalles entre les tètes successives vont en ai'gmentant avec m, et B est positif. Il est négatif pour les séries de seconde espèce (la constante C étant toujours prise positive) (*).

Le spectre du fluorure de strontium présente de frappantes analogies avec celui du sel de calcium.

Le tableau suivant donne les équations des diverses séries des deux spectres. Les séries analogues sont représentées par les mêmes lettres.

C) Dan» mes premières études sur les spectres des fluorures (Comp/e« Rendus de r Académie des Sciences, 20 juin 1904), j'avais choisi le numérotage de telle manière que la constante C soit nulle, et que l'équation prenne la forme N = A — bm^. La tête initiale (la plus brillante de la série] avait alors un certain numéro Wq, et les suivantes, des numéros, à partir de mo, dans le sens croissant ou décroissant selon les cas. J'ai, depuis, adopté le numérotage que je viens d'indiquer, qui est plus naturel, et qui conduit h des relations intéressantes entre les coefficients numériques.

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