‹ Journal de physique théorique et appliquéeChapitre 85 sur 131 · DISPOSITIF AUTO-AMORTISSEUR · texte numérisé non relu

DISPOSITIF AUTO-AMORTISSEUR

cylindre d'un liquide visqueux de façon qu'aucune bulle d'air ne puisse y demeurer.

Dans ces conditions, Ton constate que, pour une valeur convenable du rapport des périodes du disque et du pendule, ce dernier écarté de sa position d'équilibre y revient sans oscillation. En modifiant légèrement la valeur de ce rapport, l'on règle à volonté le nombre des oscillations qui précèdent le retour à l'immobilité.

Fonctionnement de ^appareil. — La théorie complète de ce système serait extrêmement complexe. Mais on peut se faire une idée approximative de son fonctionnement. Examinons d'abord un cas plus simple.

Supposons le disque D supprimé, le liquide visqueux occupant seul la cavité. On peut, par la pensée, décomposer ce liquide en une série de couches parallèles aux bases du cylindre. Si l'on communique à P une impulsion brusque, l'inertie des couches liquides centrales leur fera prendre un retard par rapport aux couches voisines des parois solides. lien résultera des courants liquides; le travail effectué contre la viscosité ainsi mise en jeu pourra amortir les mouvements de P. Pour une valeur convenable du rapport des vitesses de P aux vitesses de ces courants, on aura un appareil apériodique.

Mais on voit que l'amortissement dépend des courants liquides, par conséquent de l'impulsion communiquée à P. Pour une impulsion faible, il n'y aura pas de courant appréciable, pas d'amortissement. Pour une impulsion trop forte, au contraire, il y aura des courants trop intenses, et d'ailleurs désordonnés.

Les mouvements cesseront d'être oscillatoires ; on n'aura de plus aucun amortissement. Ces différents points ont été vérifiés expérimentalement.

Rétablissons maintenant le disque D, dont la période est très courte par rapport à celle de P. Quand P reçoit une impulsion, D sera d'abord entraîné par le liquide (et aussi par les frottements des pivots ; mais ces derniers sont négligeables). Par suite de sa très courte période, D reviendra très vite vers sa position initiale. Ainsi D est soumis à un entraînement qui dépond de la viscosité du liquide ; mais il prend une vitesse fonction de sa période propre, vitesse qu'il communiquera au liquide. Il agira donc comme régulateur pour les mouvements intérieurs du liquide. Il augmente ces mouvements dans le cas d'impulsions trop faibles ; il les diminue et les ordonne dans le cas d'impulsions trop fortes.

Page 1