L. C. lifiaBBnT
195. — hes bases psychologiques de la morale, par Richkt (Charles), BtUL de l'/mtUut général jnychoi.y n* 1-2. janv-avril 1807,
Comme pour les vérités scientifiques, il y a pour tes lots morales des bases solides et irréfutables. Le caractère essentiel d'une morale esi d'être universelle et incontestée, on ne peut donc lui donner comme base ni la religion, ni la métaphysique, ni le « bon sens r. Pas davantage les sciences telles que les mathématiques etla chimie, car elles sont sans rapports avec la conscience humaine, ni les sciencessocieles et historiques, qui nous apprennent seulement comment l'homme a vécu, non comment il doit vivre. La physiologie n'intéressant pas directement la conscience, il ne reste que la psychologie qui puissent èlre prise comme base de la morale. Il faut établir la morale sur un fait psychologique reconnu par tous et inconleslê : le sentiment de la douleur. Le mal, c'est la douleur, la morale est donc la science de la douleur et la lulle contre la douleur. L'èlal normal est l'absence de douleur et le principe foudamental de la vie physiologique est d'éviter, non seulement notre propre douleur, mais encore celle des autres, qui nous esi nuisible, et aussi bien la douleur physique que la douleur morale. Les préceptes moraux esseniiels sont donc : ne pas faire de mal aux hommes, respeclerla vie humaine et sa vie propre, éviter les excès, travailler, être juste, fraternel et compatissant. R. conclut que cette morale est obligatoire, qu'elle doit être établie comme une loi, qu'il ne faut pas laisser les hommes décider d'après leur intérêt personnel et qu'on doit bannir de la morale toute anarchie et toute fantaisie individuelle.
H. d'ALLUK»ES.
PSrCnOLOGlS dans ses RAPPOIîTS avec la LiSGVISTSQVB. ETC. 315
196. — Quelques aspects des pestes et autres épidémies, par Gouwbh
t(B. S.). The amenean Jorn. of Psychoi/i&uvïer. 1907. p. 1-6*. G. coDsacre une étude à chaque catégorie a d'épidémies n imporlaïUes qu'il relève dans le cours de Thisloire. Ce sont pour le itioyen Âge la « mort noire » (la peste) dont il trouve la trace dans les légendes des ^iepl plaies d'Egyple, de la guerre de Troie, etc. ; la danse de Sainl-Guy, lii frcquente au
• moyen &gc ; le curieux épisode de la Croisade des cnfanlâ, la Lycanitiropie et la Sorcellerie ; — et pour les époques modernes, ce que l'auteur appelle les « folies commerciales » : folie provoquée par le système de Law on France ; folie analogue produite en Angleterre par la compagnie de la « Mer ^■du Sud • ; la manie des tulipes en Hollande ; enfin les dernières épidémies religeuses aux époques modernes : convulsionnaires, shaker.«, cic.
G. se préoccupe de dégager au sujet de ces épidémies le rapport qui existe entre leur apparition, la condition mentale générale, ou le caractère de la pensée qui y currospond.
En ce qui concerne les sièclesqui précèdent l'époque moderne, les esprits sont enfoncés dans la supersiiliun, dans les traditions vulgaires ou tes légendes invraisemblables racontées chaque soir aux veillées, ou narrées gravement en public lors des foires, marchés, ou aux grandes fâtes religieuses. L'esprit du moyen â^'c était tenu dans un état de tension anormale par les narrations rapportées dans les annales monastiques. L'imagination était dans une lièvre continuelle, les miracles étaient chose quotidienne, la croyance toujours croissante en la sorcellerie préparait la voie A d'autres illusions. Le fait que ces épidémies mentales se produisent frc- B qucmment dans les couvents au moyen-Age est dû & la vie de solitude, de prières et de pratiques religieuses, et aux superstitions grossièi*es qui faisaient des moines des êtres anormaux. L'exaltation d'esprit résultant de prières eonslantes. alliée à la crainte conslaute de la persécution^ prépare e martyre épidémique de l'église primitive.
Eu ce qui concerne la danse de Saint-Guy, elle fut préparée par un fanatisme ardent qui développa nue frénésie religieuse anormale et une vie sociale irrationnelle, jointes aux superali lions du moyen Âge et à l'cxlrémo terreur de la peste et du feu de SainlAntoiuc ; te mal apparut en 1374 en Allemagne.
En ce qui concerne tes débuts des temps modernes, nous y trouvons des exemples remarquables d'épidémies religieuses: en Anglelerre snrlouL on peut relever les éléments de la menlalilé qui y préside : i\ y eut des soulèvements politiques, des confiscations, des ruines, la misère, etc. Les haines sont intenses, les persécutions cruelles. L'influence de cet étal de choses se fait Sentir sur L'esprit humain. Beaucoup vivaient à mi-chemin entre la raison et la folie et étaient dans une disposition propre à se laisser iuQufîncer partes prophéties et les miracles dont on faisait grand bruit alors. Tous les grands événements du siècle dernier même ont été précédés par des
375 JOURSAL DS PSYCHOIOGIB
prophéties sur la deuxième venue du Chrisl ou sur la fin du monde, qui bouleversent plus que tout ceux qui y croient. Et lauleur conclut en appliquant aux épidémies religieuses les paroles du Bcv. Père Gells : «Quand les superslitioDS, l'ignorance, les rêves, l'imagination el la religiou sont combint'-s tons ensemble, ils forment un étrange composé », et, ajoule-t-il.
n produisent d'élrangcs résultats, u ^ Abel Rky.
VI. — PstCHOLOCIB DA5S SB5 RAPPORTS AVEC LA LOCIQCE BT L*EâTIIiÎTIQCE
197. — IntrodacUon à la logique expérimentale (Intrûductioa to expérimental logic), par Baldwis [J. Mark). The Piychohgical HevieWy t. XIII, p, 388 nov. 1906(8 p.).
Cet article constitue l'iolroductioa au second volume de l'ouvrage de B. sur la logique. Selon lui c'est le point de vue génélique qui permet d'isoler la pensée pour en faire un objet d'étude. Cette élude sera expérimentale puisque tout progrès de la pensée dépend d'un procédé d'expêrimenlaiion ou plutôt de fl schématisme v. La logique expcrimeutale pourra se déHnir R l'étude qui par par des méthodes génétiques et ruucltonnelles. examine la pensée pour découvrir l'origine, le développement et les maaireslations de la croyance. » Dans la connaissance il laut distinguer le » contenu ■ et son ftcoulrûle B. Ce contenu peut être considéré à un double point de vue, soit théorique, par rapport a la vérité seule, soit pratique, par rapport A l'utilité, au but, à la morale. Mais pour la cooscience tout objet aura celte
double signiQcalion.