‹ Journal de psychologie normale et pathologiqueChapitre 115 sur 161 · I. Revault d'AUonnea. Ibid., p. I · texte numérisé non relu

I. Revault d'AUonnea. Ibid., p. I

i. Bccbterew. Le* voies de conduction du certfeau et de la moelle, 1DO0. el «uni Virchow'a Arch., 1887.

Z*' PIÉnOS. - ÉMOTIONS ET DONSÊES DB LA PHYSIOLOGIE U5

ehat, bien que Tanimal soil devenu incapable de ressentir aflecLîoa ni joie*. » Chez ces animaux, il D*y a plus de maniresLalions aftectives spontanées, et les réactions afteclives sont parfaitement déterminées sous Tinfluencc d'excitations définies.

(D'autre part, aussi bien d'après les expériences de Bechterew sur le thalamus que d'après les observations cliniques, il est démontré que les couches optiques et les tubercules quadrijumeaux postérieurs ■ont nécessaires pour tes divers mouvements^ les divers elTetscxprcslifs des émotions. H y a donc 1& des centres de mouvcmenta d'expression.

^^ Maison n'a jamais obtenu par excitabioD directe du thalamus des expressions d'émotion coordonnées.

Les conclusions de Uechterew, qu'a tout naturellement adoptées M. Rcvaultd'Atlonnes, doivent être complètement remaniées depuis jue l'on connaît les faits mis en évidence par Pagano :

Si chez un chien privé d'écorcc on obtient, sous l'influence des excitants appropriés, les réactions alTectives, il ne faut pas attribuer résultat au thalamus^ mais au corps strié qui persiste chez les inimaux privés d'écorce, et, en particulier, au noyau caudé. Le thalamus est nécessaire à l'expression de l'émotion mais ne 'peut suflire h provoquer une expression d'émotion déterminée. ^^ L'origine de ces expressions complètes est dans le no>au caudé ^B|ui apparaît, non plus comme un centre d'expression de l'émotion, ^Biais comme le siège de l'émotion elle-même.

^H L'expérience de Bechterew, loin de s'opposer à celle de Shcrring-

^Hon, s'accorde au contraire pleinement avec clic. On ne peut plus

dire en effet que le chat privé d'écorce qui ronronne, le chien mal-

^■|ratté, qui grince des dents, présentent ces phénomènes expressifs,

^^)icn qu'il ne puisse plus exister chez eux d'alTcction, de joie, de

colère ou dedoutcur, car c'est une pétition de principe indubitabli:

que de dénier d'abord aux noyaux gris sous-corticaux toute valeur

^■psychique et de faire de l'écorce le siège exclusif des faits de con-

^science.

Les expériences de Pagano semblaient bien impliquer que les émotions avaient leur siège dans le corps strié ; les expériences de Bcch-

^\. Revault d'AUoones. hoc. cit., p. 431.

jQvnsAi DE psyciioLocta

ter«\v, où l'ccorce ae peut plus ialervcuir, juslificnl celle coDclusion, qui élait déjà aussi vraisemblable qu'aucune conclusion conccrnnnt Ues localisalions cérébrales peul l'éLre.

Dès lors on est peu fonde & opposer à Sherriagton la possibililé d'exislence d'une expression nfTeetive syslémnlique sous rinRuence d'un stimulus approprié, sans émotion, car cette possibililé n'est rien moins que démonlrée par les expériences de Bechterew.

11 me reste k montrer deux choses, d'une part que la localisation de rémotion dans le corps strié n'est pas aussi invraisemblable que ne paraissent le croire certains psychologues habitués à n'envisafçe dans le cerveau que Técorce; et daulre p^rl que, dans les expêriencps de Sberringlon il y a un fait qui est tout h fait inexplicable si Pou n'admet pas l'existence d'i-ni«itions réelles, seulement d'cxpressîuns émotionnelles sans émotions.

Qu'est-ce donc que le corps strié dont fait partie celte masse bi:^cornue qu'est le noyau cauiJé^ dont la tëtc forme ta plus grande partie da plancher du ventricule latéral, et dont, après une forte incurvation en fera cheval, la queue pénètre dans le lobe temporal ' ?

Le corps strié (noyau caudé, noyau lenticulaire et avant-mur), qui est extrêmement voisin, lopograpbiquemcnt, du thalamus, auqui 1 ses noyaux sont plus ou moins contigus [au point que toute In masse constitue les noyaux de base) en est très différent embryologiqucment.

Alors que les couches optiques font partie du cerveau intermédiaire on diencéphale qui provient de la partie postérieure delà première vésicule cérébrale primitive, le corps strié, avecrécorceetle rhinencéphale, font partie du cerveau terminal, du télencéphale, qui provient de la difTérenciation de la partie antérieure delà première vésicule cérébrale.

Génétiquement, le corps strié a donc une dignité plus élevée que le thalamus et presque égale à celle de l'écorce dont ces masses

i. Consaller la dernière édition de Van Gebuchten. Analomie du iyttème nervtux dt l'homme. iUOtl.

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crises de base apparaissent comme de véritables vpaississemenls. fiieu qu'on connaisse encore tr^s mal les voies qui partent du corps ^Blrié ou qui y aboutissent, on connaît une importante voie fronlo- Btrièe qui le met en connexion directe avec les lobes fronlaux. Le corps strié et le rbinencéphale sont d'ailleurs les seules parties

Kdu télenccpUalc qui existent chez les poissons^ où l'existence d'émolion' comme la peur apparaît très nettement, cl qui ne possèdent pas

^^d'écorce, de pallium,

^ S'il est bien certain que des parties inférieures de l'axe cérébrospinal ont possédé des fonctions qui paraissent remonter de plus en plus Uaul au cours de révolution et que, de l'existence de fonctions

^psycbtqucs du corps strié chez tes poissons on ne soit pas en droilde

f conclure à rexialcuco de pareilles fondions ainsi localisées chez l'homme, du moins la dignité embryologique du corps strié qui est un épuississemcnl basai de l'écorce, nouspermeLde considérer comme tout à fait normale la localisation de phénomènes psychiques dans cette région. Si Tonsonge au caractère inférieur de rêmotion, si proche de la vie organique, ai réellement soustraite la plupart du temps à rinducncc directe de la volonté, celte localisation prend, a pi'iori, un caractère particulièrement probable, cl les résistances que l'on

' peut éprouver & admettre qu'il y ait du psychisme sans intervention

^■de l'écorce sont ducs h notre ignorance, jusqu'ici complète, desfonc-

Btions de celte région si difficile à explorer.

En l'état actuel de la science, je crois qu'on est en droit de consî-

Idérer comme provisoirement acquis le siège sous-cortical de Témo- Mon.

Quant aux expériences de Sherrington, si Ton peut h la rigueur admettre que les chiens apcsthe'siés continuent, sous l'inHucnce des excitants habituels» h. réagir comme s'ils éprouvaient de la peur, de la joie, elc., sans rien éprouver de tel, par un automatisme acquis, on ne peut réellement comprendre comment une émotion pourrait être provoquée par un stimulant nouveau. Car, comme il n'y a pas lien nécessaire entre les excitants et la mimique, sinon lorsqu'il y a habitude acquise, un lien de ce genre ne peut pas uppiirallre chez un chien apesthésié, & moins qu'il n'y ait une émotion réelle t l'origine le ta mimique.

JOVICiAL DE PSYCHOLOGIE

OrJustcmeDt un cas de ce genre nous esl présenté parShcrrington.

On sait que la plupart des chiens éprouvent un véritable dégoût» une répugnance très difOcile à vaincre pour la viande de chien qu'on leur présente. Or Sbcrringlon, qui avait soigneusement empêché qu*on présente jamais de viande de chien à un animal qu'il devait opérer, lui en Gt présenter pour ta première fois, alors qu'il avait été rendu apesthésique.

Et lorsqu'on présenta à l'animal cette viande, k la manière habituelle, dans son bol de lait, onpulle voir hésiter dès que le museau eut trempé dans le lait, essayer de prendre un morceau, mais s'arrêter, s'éloigner avec Texpression de dégoût qu'on constate chez les chiens normaux dans la même circonstance.

Dans de telles conditions, à moins de sophistiquer à outrance, je considère comme à peu près indubitable l'existence nécessaire du phénomène afîectif du dégoût. L'odeur du chien n'entraîne pas en efTel une mimique émotive immuable» elle varie suivant tes circonstances, et elle ne peut varier qu'en tant qu'il y a à la base un état affectif qui varie.

Ainsi, en l'état actuel de la physiologie, l'existence de l'émotion commeétat psychique distinct^ pouvant être indépendante des phénomènes expressifs, des réactions organiques qu'elle provoque, et ayant son siège dans le corps strié, me parait, cher les vertébrés supérieurs Comme le chien, devoir Être entièrement admise.

Je crois, en outre, qu'on peut étendre à l'homme ces conclusions, car du chien à l'homme, au point de vue affectif, les dilTérences paraissent être absolument minimes. II n'en serait pas de même si le problème portait sur des fonctions intellectuelles élevées.

Il serait d'ailleurs désirable que des expériences sur des singes nousfoumîssent des données plus voisines cncoreet enfin, ce que l'on peut souhaiter, en savant plus préoccupé de science que d'homanité, c'est d'observer en clinique des hommes rendus organiquement apesthésiques *, et d'autres privés de corps strié, du noyau caudé en

1. On ne pool, gd cITut. rraiment s'appuyer sur de» eu d'ubênntion. comme !':■ Tait M. RcTault d'&llonDOS, dans uao obsomlion où U réiUt^ de rapesthésift est extrêmement ducatable au point do vue clinique.

Dr PiÉRON. — ÉMOTIONS ET DOSNÉES DE LA PHYSIOLOGIE U0

particali«r, saiw autres grares lésions, souhait sans doute chimérique t

£q atteodant ces expériences cruciales, on est en droit de s'opposer aux théories périphériques de l'émotion à l'heure actuelle, même sous la forme la plus récente qui leur ait été donnée par M.Revault d'Atlonnes en une séduisante théorie viscérale, où les éléments

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