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Mémoire, iuagikation kt cpéhatioks intellect lkllcs

210. — Essai d'interprétation de quelques rêves, par A.M aeder (Zuricli)* Archives de Vtychoîogie. t. VI, n° 24, avril 1907.

I. U... admet, daDS ses grandes ligues, la Lliéorie du rêfe de Freod. Le

rûvc résulte de deux forcer aatagouiitcs : un désir, reroulc à l'état de veille, qui tend à se réaliser et une ccnsore qui l'arrête au passage et le dérorme. Les procédés utilisés pour celle dérurinatioa sont : l"" la condensatiom, oa la ftisioD d'éléinents étraugers en un seul ; 2° le déplaccmmt ou transfert, qui est o la déccatration de l'intérôt des idées ù cocfllcicnl émotioooel sur celles qui sont insignifiantes, d'où l'idée courante que l'on rêve de bagatelles qui n'ont pu attirer notre altcniton pendant la joarnce v ; 3^ la drmmatisudon, ou représentation concrète, symbolique des idées.

Quant au désir refoulé qui cherche à se réaliser dans le rêve, il • moDie des profondeurs du subconscient » ; il est généralement des plus égtjûlrs et sans égard aucun pour quelqu'un d'aulre que le moi. De lu vieut l'oubli du rêve, car notre aiteniion, dans la vie normale, ne se porte que sur ceux de nos désirs susceptibles d'une utilisation sociale. Du point de vue du désir, un peut distinguer trois sortes de rêves : 1" ceux qui soot la réalisation manifeste d'un désir non refoulé (on a refu-sé du chocolat à bébé. En rêve, la nuit suivante, il en reçoit un paquet); %" ceux qui sont la réalisation voilée d'un désir latent et refoulé (voir plus loin le rêve du sapent); 3"" ceux qui représentent la réalisation peu voilée d'un désir rcfoolè (une dame roumaine, qui ne s'entend pas asseï avec son mari, rêve qo'elle est violée par un gros chien].

II. Le procédé suivi par M... pour analyser de nouveaux rêves a été le suivant: le sujet choisi raconte le rêve à son réveil. U... lui demande, i propos de chaque élémenl de ce rêve : « Que vous vient-il mainteoant i l'esprit sur ce point ?» Le sujet doit répondre tout à fait sincéremenl et sans exercer de faculté critique quelconque. M .. observe en même temps sa mimique, l'accent de sa voix et ses altérations; il doit faire preuve ici de beaucoup de Hncsse, comme le sujet de beaucoup de sincérité.

lit. Los ob>ervaiions de M... portent sur quatre rêves. Voici celni qoi nt sans doulc le plus important :

Rêve d'Ida, une jeune Hlle de vingt ans : (A), je nuis à E*" et traverse «m ffrand prè^ pour cueillir des belles marguerite»; un chien arrive en aboyant vt je me sauve sur le cliemiUf eff'rayce... je suis couchée sur te bord du chemin; iiH serpent est appliqué sur mon cou, à gauche, j'ai très peur; impos-

Wi JOiaXAL DE PSYCBOLOtUM

Ida dit : < Le jardinier de Douvreu, où babiiaîL Samuel, avait une allare mystérieuse. Il me rappelait Putois (•rua cooLe de A. France, Putois, le |iére des eofauts illégilimes du vill&ge). 11 Icuaii une lance et arrosait. M...» un jeune homme que je connais, se lève tous les jours ft cinq heures pour arroser le Jardin, (La répon^^e sur arroser est évasive. Ida semble fiùr le mot.) Le Paradou [Uan^ Ln Faute de Vabbé Monrel, de Zola) est un magnîlique jardin. « La veille, J'ai risqué d'ëlre arrosée en passant près d'un jardin. »

PourU...,ler6vo est encore une « fantaisie sexuelle n; dans chaque association, sauT la dernière, il y a des allusioiia plus ou muiiis directes à des faits sexuels : Putois, la lance (symbole au même litre que l'cpce ou le poignard, ou tout objet pènélranl], arroser (uriner)» le Paradou, le grand jardin ombragé dont Ida a p&rlc en racontant son rêve.

A propos de ce jardin, &L.. remarque que, de façon générale, la forêt, le jardin reprcsenicnt le pubis, dans les légendes et les contes (Cf. Lel^rrc et de Gubcrnatis).

(C). Le paysage dessiné.

Ida dit qu'elle ne sait pas dessiner et que cela l'ennuie. Les étoiles qu'elle a dessinées sont des croix — poésie — un ver de terre amoureux d'une cloile. — N... l'a invité ù faire une promenade en banque ft voile, elle a refusé, parce qu'il veut toujours lui faire la cour. Il récite sonveal des vers où il est question d'étoiles.

Pierre, son camarade d'enfance, lui a écrit, il y a un an, une belle lettre, qui lui a fait une vive impression, dans laquelle il décrivait Je proOl detj voiles du Lémau.

Inlerprétation du rêve : ta forme de la voile rappelle celle d'oo poignard ou d'un objet poiuLu. Oc plu«, elle est dessinée par un jeune homme, qtiî n'est pas indifférent a Ida. Cette voile est sans doute uu symbole sexuel.

La vuile est dirigée vers l'éiuitc. Or l'étuile désigne souvent la femme (une brillante actrice, un ver amoureux d'une étoile). Uu amant, en Suisse. « appelle sou uïmée une étoile p. Dans quelques villes de la Suisse française, les jeunes Mlles appellent leurs organes génitaux • l'étoile ». Les Étoiles du rêve sont dessinées par la jeune flile. Lorsque le dessin est achevé, c'est o un joli paysage, dit Lia, cl tout est très bien *.

11 s'agit donc encore cl toujours d ajtrès .M.-., d'uu fanlaisic sexuelle, sur le même thème, avec une mise en scène différente et très raniuée

JkaN PAtJLHA2(.

211. — Les calcalateurs prodiges, par Uitchell (Franck D.). Thcame*

ricau Joum. o/*i'jtycAoi., janvier IW7 (p. Gt-U4).

M..., dans une première partie, donne une liste complète des calculateurs

MÉMOIRE. I.MAI1ISATÎ0S ET Ot>ÉR.lTI0XS ISTEUECTUEUKS 465

llroilîges les plus codqus, il s'altacbe à relever dans leur cas les tr&ils qui T>euvenl verser le plus Je lumière sur la façon dont s'est développée leur liculié. Il essaie en somme de compléter et de corriger ce qui a déjà été écrit sur ce sujet. Il insiste surloul sur le cas de Zerah Golbarn qui n'a pas été traité comme il le mérite par Scriplure ni par Binet.

Dans une seconJe partie, U. ex[iose sou propre cas, qui est. semble-t-il, particulièrcmeat typique, et qui peut servir & mettre en lumière certains facUurs encore mal connus du calcul mental.

Sa faculté calculatrice, assez faible, dit-il^ ne joue pas un gmad rôle dans son cas.

M la décrit pourtant assez longuement, pour faire ressortir combien la ■ précocité a qu'elle comporte a été naturelle, et son développement grahtuel.

Les données recueillies ilans tes deux premières parties de l'article sont reprises dans une troisième partie et servent de base à une nouvelle théorie du calcul meiilal. M. critique aussi incidemment, certaines théories déjA

■émises autres parts sur le sujet.

I Voici ses principales conclusions. Tonl d'abord, M. s'eal occupé exclusivement de.^ oaloiiInLcurs « naturels • qui se développent spontanément, du moins au début, sans aide extérieur de livres ni de maîtres. Il les distinguo des calculateurs " arlillciels « qui se servent d'aides extérieures dès le début : mêlbodes arlilicielles, procédés mnémotechniques. Un calculateur peut commtfncer dans la voie 0 naturelle •>, mais plus tard faire usage di? méthodes artilicieiles pour étendre plus loin ses calculs. C'est le cas de Gauss au snjel ^Rd^s logarithmes. En général il est évident que l'habileté de calcul par l'usage ^He ces méthodes artilJcielles. soit au début, suit après un long exercice, ne ^ftonstilue pas un problème social pour la psychologie de la précocité mathématique.

M. ne tente pas de s'occuper de la question de l'hérèdilé dans la faculté du calcul mental.

La précocité dans la faculté calculatrice est naturelle et normale. Il n'y a pas à s'en étonner, ni h la considérer comme remarquable Rllc doit son ^rorigine au calcul mental ordinaire et h la complète indépendance de l'aritliinêtique mentale, qui se suflit à elle mftme. La précocité mathématique relève d'un autre ordre que la précocité musicale, cl plus encore que la précocité générale d'uo Ampère ou d'un Macaulay. SE pour une raison quelconque le calculateur prodige o'a plus d'jnlérél à calculer, ou n*a plus l'uccasioti de s'y adonner, sa faculté diminue et même souvent disparaii. L'auteur compare le calcul menlal a la virtuosité (l'un pianiste qui dc(tend de pratique.

L'habileté dans le calcul mental est indépendante de l'éducalion. Le prodige peut cire illellré et mémo iDinlelligent, ou au contraire* il peut être ^ua génie complet.

JOVRSAL VE l'SYCUOWGlB

Bien plu<. Id calcul mcnlal est absolument indépendant de la capacJt; malfu'mtiliqtte, et ilcléJucalion mathématique Au sujet- Celui-ci peiU ignorer abâoliimeiil les malhémaliques, ne jamais pouvoir s'élever au delà da seul calcul. Indireclemenl pourtant, l'ignorance favorise le déTeloppement de la puissance du calcul, en prévenant l'intervention d'autres inlcrêls qui pourraient L'aiïaiblir. Si cependant cette faculté est conâervée, malgré l'intervention d'autres iatérélST sa valeur pratique peut devenir considérable.

L'opcratiou foudameulale de l'arithmétique mentale est la muliiplitation, quoiqu'elle procède naturellement deTadililion. Cette opération peut âlre faite toujours sans le secours d'une table de muliiplicatioo retenue par cœur. En général pourtant on use d'une table de multiplication de 10 X 10.

Beaucoup de prodiges commenceol par la gauche pour Taddition et la multiplication.

Lasoluiiun instantanée de problèmes est souvent trouvée à l'aide de trucs découverts par le cak-ntaleur. Beaucoup de prottlèmes d'algèbre, de racines carrées ou cubiques sont résolus de celle façon.

Il est faux de distinguer entre la mémoire et le calcul ; pour les calculateurs « naturels & le processus employé est toujours un vrai calcul ; et la mémoire des Ij^ures n'est impurlunte qu'en laul qu'elle est mise au senics du calcul.

En conclusion, beaucoup de calculateurs considérés jusqu'ici comme appartenant au type de mémoire vii;uclle. sont après plus sérieux examen, reconnus comme étant du type auditif ou moteur, du moins eo ce qui concerne le seul calcul. Et en général, puisque compter est essentiellement un processus verbal, le calculateur qui commence par compter, avant de savoir lire et écrire, appartient au type auditif, et use relativement peu des images visuulles. M . relève ccpcadaut parmi les plus célèbres prodiges, deux cas certains, probablement qualre. qui appartiennent au type visuel.

AiiRL llmr.

213, — Essai critique et théorique sur l'association en psychologie (Leçons faites à l'Université Nouvelle de Bruxelles, 1905, par Suuii» (Paul), viii-ltiS p. in-8". Paris. Alcan, 1907.

On peut distinguer deux parties dans l'ouvrage de S... : une étude criliqne du phénomène de l'association et des théories proposées pour l'expliquer, et l'exposé de la conception particulière de l'auteur.

Selon S..., les psychologues qnise sont occupés de ce problème ont commis une erreur de méthode foodameniale : pour avoir Déftligè de poser au début de leurs recherches une délînitiun exacte et complète et pour cire partis de Jéliuilîons faulivcs sans avoir délimité nettement le champ de leurs études, ils n'ont pu arriver à desré&ultals satisraisauls. Eo général on a arbitrairement restreint le domaine de l'association & l'association des-

MÉMOIRE, JMAGiSATIOS ET O/'S/MT/O.VS iSTEUECTVEUES *67

représeotatioDS des idées : les asâocialioDnislea eux-mêmes n'onl pas échappe à celle faute; en réalité, il n'est pas difllcilc de prouver qu'à cdlé des associalions conscientes et tnnéaiqucs, les seules examinées, il existe des axsncialions médiates cL des afsociations libres qui dépassenl le champ de la conscieDce et de la mémoire ; et & cûté des associations d'idées, il existe des associations de mouvcmcals, do sentiments, et surtout d'étals alTeclifs ou cêneslhésiqucs, celles-ci d'une très grande importance. Enlin dans le pbénomLMie associatiT, on n'a guère coDsJdêré qu'une phase, l'évocation, négli^jeant de &' occuper delà création, de la conservation et de la dissolution des asâociations. Pour abonler le problème avec des chances de succès S. dêliuil Tassociaiioa comme oonsisiani c-^seniiellemeut en ceci : deux ou plusiturx èvéntmentu psychiques {cérébraux) apparaiucnt toujours tnnuUanétnml ou dans un orutrt de suecfSiioti néces-

^ taire et invttriabte, rt*verAihle on non, xoit par suite d'une divpùsUion constitutionnelle du système nerveux, soit en vertu de diëpoëitious uc/uises- Ou

kpeut alors élabhr la classilteation suivante des asâsociations :

ASSOdATIONS 00!tSTlTltT[ONHEI.LKS

Qm&ES dynamiffuts, physiologiques.

motrices

céDesthëiique&

aBfeeiires

tcnsiiivei

sensorielles

reprcsonlatives

idéologiques

fijres

^ statiques.

t anatomiques.

, réciproques ou réversibles, f non réversibles.

' cristslUsklion.

évolutives J instabilité.

' ÔToLution.

On voit tout de suite par U combien la donnée du problème est plus friche qu'on ne le pense ordinaireineitl.

S critique ensuite les lois données par les psychologues comme llamitloa» ("William James, Claparêde : selon lui, ce sont des formules exprimanl les différents modes sous lesquels l'association se présente & nous du point de vue psychologique, pluti5t que des lois explicatives. Si Ton voulait parvenir ^fe& une loi de ce genre, c'est h la loi de ressemblance qu'il faudrait aboutir, ^v en entendant par ressemblance tous lescaractéres communs quepeuventpréy senter deux phénomènes ; et ou la formulerait ainsi : /tes fihénfitnéuesnyftnt des caractères commuus quelcougucs déterminent dans te cerveau des élaiê dynamiques semblables qui, lorsqu'ils se reproduisent, amènent les représentations correspondantes aux impressions ayant accompayné ces phàioméneSf et leur donnent a-mi i'>ipparence d'une association. Celte loi dynamique à laquelle nous aboutissons est seule salisfaisante selon S... Bn cITul. les autres tentatives faites pour résoudre le problème échoueul, les attributs psychologiques, contiguité, ressemblance, etc., u'explïquenl pas l'associatien ; les espérances fondées sur l'exisleace dans le cerveau de centres ^P d'association, les zones d<i Flcchsig, s'êvauouisseDt si l'on entre dans le détail: la théorie physiologique ne permet pas d'expliquer pourquoi telle

JOVltSAL OE PSYCnOKOGtE

&ssocialioa se produit plutôt que Lello antre, pourquoi le courant nerveux est aigiiillû dans celte direction plulùtqiie dans celle-U.

Au conirairc la conceplion dynamique nous permettra de résoudre les difllcnUés et d'expliquer des fails juii^que-U obscurs. D'après S..., loule imprcfision, toute excitation détermine un certain état moléculaire des divers centres cérébraux et en particulier du centre d'apercepUon, dans lequel, sous rindueuce d'excitations répétées, peut s'accumuler une certaine quantité d'énergie potcnLielte. Supposon;» mainlenanl que, sous riiiflueuce d'une excitation quelconque H, le centre aperceptif prend un certain état \\ semblable À UQ état précédent X ou très voisin de lui, auquel aura été lié par exemple une repré^ieotation A; par une sorte de résonoasce analogue à la réaonnance électrique ou acoustique, l'état X sera évoqué, dans le centre aperceptif, Ténergie qui s*v était accumulée se déchargeant sur le centre correspondant, et, comme par une association avec B, la représentation A sera évoquée. Il y a donc bien, comme dans la lliéorie physiologique courante, une sorte de trace conservée dans la matière cérébrale; mais on n'a plus à expliquer comment l'aiguillage de l'influx nerveux se produit, puisqu'il n'y a pas d'aiguillage. S... passant ensuite en revue les divers modes et les différentes phases de l'association et s' aidant d'exemples empruntés à la psychologie morbide, comme les cas de régression de la personnalité cbez les hystériques, cherche une conllrmalion expérimentale de sa théorie. U convient de signaler la part faite par lui aux états alToclifs et cénesthèsique et â l'image verbale, à cause de son caractère A la fois moteur, auditif et visuel, dans le phénomène de l'association qn'il déflnit en dernière analyse comme un phénomène de résonnance nerveuse.

A. EsfURO.

£13. — L Observation de Platner, par LACiiELisn {J.). EiwUs sur le gyllogUmc suivies de i'observation lU Plalner^ p. 97-151, i vol . 164 p.. ia-16, Paris, Alcan, 1907.

• L'observation dont il s'agit a concernant le rôle des sensations visuelles et tactiles dans la perception de l'espace •• a été faite sur unaveugle>né, en 1785, â Leipzig, par Erusl Plalner, professeur à la Faculté de Médecine de cette ville a. Philosophe et leibnitzien Platner admettait que la perception de l'étendue e.^t un pliénomèue purement visuel, dont le tact, réduit k luimême, on nous donnerait aucune idée, le loucher ne nous apprenant que d'une mauièregénéralerexistencedequelquechosehors de nous. Disiin^uaDt dans le Loucher des sensations proprement tactiles, le:^ sensations de résistance, d'eff'ort et les sensations kinesthésiques, L. reprend en tes corrigeant les propositions de Plalner qu'il formule de la manière suivante :

I* « L'étendue est uu pliénomèno purement visuel, dont aucune résistance organique ou étrangère, aucune sensation tactile ou kinestbésique. ne peut nous donner la moindre idée u (p. lOâJ ;

MÉilomE. IMAGiSATIOS KT OPÏUlATIOSS tSTKUECTVEUES 46»

£''« Le sentimeut d'une résistance, quelle qu'elle soit, nous apprend qu'il y a quelque chose ho» de nous; la sensation kincstbôsiquc. jojnleau sentiment de la résistance interne, nous donne une connaissance immédiate de nos JilTéreDtsorgaiieset mouremcatset desdivers mouTemeuls de chacun d'eux; la sensation tactile. joiaLe au seuLimenl de la résistance interne, nous permet de diâliuguer dans les corps étrangers (et dans te nôtre considéré cxtérieuremcnl), autant de détails que noua en percevons par la vue «(p. 195}. bien entendu le tact ne nous apprendrait pas qu'il y a quelque chose qui nous soit localement extérieur, l.'exlérioriié de ce qui nous résiste doit être entendue d en co sens qu'il empêche ou retarde raccoroplisscmeut de notre Toloulê, et que^ si notre volonté est à nos yeux notre réalité même, ce qui s'oppose a elle doit nécessairement nous aj^parallrc comme une autre réalité, aiiiaK^iii^'^ ^'i quelque sorte de la nùtre » [p. 103-105).

Plalner u'a pas montré comment, dans une résistance unique nous pouvons distinguer entre une rét^istanoe organique et une résistance étrangère. C'est, suivant L.. en tenant compte des ditTérences d'intensité dans la résistance, « et eu y joignant la considération des sensations tactiles on kincsthisiques v, qui les accompagnent (p. tOS).

Parmi les dilTérenles quaulitês de résistance éprouvées nous eu distinguons une, « médiocre, qui ne varie pas, cl d^autres plus grandes susceptibles, au contraire d'une Innuitc de degrés ■. En outre, a à ce minimum fixe de résistance, se joignent des sensations kineslhèsiqucs. toujours aus^ & peu près les mêmes, tandis que les résistances qui le dépassent plus ou moins sont accompagnées de sensatious tactiles, aussi variables en qualité qu'elles le sont elles-mêmes en quantiiè « (p. 105-100).

Mai» une double résistance ne peut suivant L... a ni d'elle-même, ni avec le concoure de la sensation kincsthésique ou tactile, prendre la Turme de l'étendue » (p. 106). Le sentiment d'une ou de plusicui-s réâistances joint aux sensations tactiles correspondantes ne nous donnerait en rien l'idée de l'espace, mais seulement d'une coexistence actuelle ou visuelle dans le temps. coexisleEicedont nous n'aurions pas le droit de conclure à une juxtaposition ou a une disposition «[uelconque datià un espace. Il s'agirait bien de sensations extérieures les unes aux autres, mats extérieures t qualitativement, pour ainsi dire, sans l'être pour cela localement. Si uouscroyons les localiser immédiatement dans une sorte d'e^^pacc intérieur» c'est par une illusion causée par une association entre le scn liment quenousavons de chacune de ces résistances et l'image visuelle [c'est-à-dire spatiale) des orgaues auxquels nous les rapportons. Quant à la sensation tactile jointe auseutiment, de résistance elle ne nous donnerait pas non plus l'intuition de l'espace, loi encore nous avons alfaire aune mulliplicilcde sensations distinctes nous rêvéluit l'existence d'objets mais dont nous ne pouvons dire s'ils sont conligusou sépares par des intervalles, disposés en ligne droite en suivant une certaine figure. Ledéplaccment delamainpar namouvementcoatiou, surUeurface

JOVnNAL bE PSYCIIOLOOIB

d'an corps semble, il est vrai, résoudre cette diffioullé eu nous doQuant à la fois la conliniiilé entre les dilTérentes parties d'nn objet et un ordre entre ces parties. Uaia cette continuité ne s'établirait « qu'entre des sensa lions tactile5, et par coaséqueal entre des durées, et Don entre des étendues * [p. i 10-111), et cet ordre u'a rien de spalial : c'est uu avaul et un après d'ordre purement temporel. 11 en sérail ilc nicine de l'étendue eu prorondeur dont l'idée pour certains psjcliologues nous csl donnée jMir la série de mouvements, qu'il Taul accomplir pour atteindre un objet donné. Car, a mes pas. tels qu'ils me sont donnés intérieuremcni, sous la double forme d'efforts et de contacts, sont ioétendus cl ne peuvent pas, en s'ajoutant les uns aux autres, former une étendue u (p. lia] cl d'ailleurs, même si une sommation était possible comment serait déterminée la direction de uos pas ?Nous n*aorioos qu'une direction dans le temps. l'oor que cette idée d'une série d'efforts dirigés vers un but descende suivant l'expression de L. du temps dans l'espace, « il faut que je voie devant moi l'objet que je désire atteindre et que je rae voie moi-même avanoer vers lui. en dépassant les objets intermédiaires » (p. 113). Si bien qu'il faudrait admettre, bien que l'aveugle géomètre parle comme nous, ■ qu'il parle auLremenI, elque sa géométrie est entièrement Tondée sur des sensations kincsihêsiques des mouvements de direction et de dislance dans le temps » (p. 149).

Mais de ce que les sensations visuelles sont indispensables à la formation de ndéc d'espace, il ne s^ensuil pas qu'elles soient suffîsaDtes. L'idée qu'elles nous eu donnent est incomplète, ou. si j'ai bien compris la pensée de L. plutôt encore indéterminée qu'incomplète. Il en serait de cet espace comme des solutions multiples d'un problème auquel manque une donnée. L'étendue visuelle d'un objet est donc iuliuimenl variable. 11 passe suivant l'éloigoemcnt par toutes les grandeurs que l'on veut, il varie aussi avec le travail de l'imagination. Or il faut entre toutes ers grandeurs en choisir une qui soit considérée comme la grandeur réelle de l'objet, mais on dit que c'est relie qui est à la fuis visuelle et tactile : mais il y a-t-il une grandeur tactile? Ou a tenté de muntrer qu'il n'en est rien. Mais il faut pourtant choisir et L. — et sur la nature et la portée de ce choix on souhaiterait peut-être quelques éclaircissements à sa pensée — admet que sur ce point R nous complétons, à l'aide sans doute de données étrangères, ces données, incomplètes en elles-mêmes, de la Tae » (p. 115). « Entre toutes les grandeurs possibles de la même image, il y en a uue à laquelle s'associe «n nous une sensation de contact, et qui noua permet de distinguer en elle un nombre de détails égal à celui que nous fournil au mêoie moment l'exploration tactile : c'est donc celle-là que nous devons regarder comme la vraie grandeur de l'objet visible, si nous appelons de ce oum, coufurmément à l'opinion commune, celui qui est à la fois visuel et tangible • (p. 128).

Incomplets en se qui concerne les grandeurs» les renseignements qos

MSMOmE. I^tA^;IXATIOS et OrBRATIOS:^ ISTEUECTVEUES

^^Hbs fourDÎt ta vue le soal encore en ce qui concerne les distances : Doa

que Icloigneinent ne nous foii donné par la vue, car ce u'esl pas le

loocbfîr et la sensation kinesthé.siqne qui nous la peuvent donner, puisque

^B < nous ne percevons pas d'objet visible qui ne nous paraisse situé à quel-

^^ que distance en avant de nous : et il faut bien qu'il en soit ainsi, puisqu'il

une distance nulle, uous ne verrions de cet objet qu'un point à la fois, ce

^m qui revient à dire que noua no le verrions pas » [p. 116) cl, d'autre part, nous

^ voyous les objets s'ticliclonner. en avant de nous, à l'inllni.a Or, on peut

bien concevoir que notre imagination agrandisse une profondeur donnée,

Iou détermiuc une profondeur indétcrmiaée en elle-nnâme ; mais il n'est pas ooiioeval)le qu'elle en crée une de toutes pièces, U où la vue ne nous eu aurait donno aucune u (p. 1 16}. La vue seul? nous donne donc le recul mais elle est in^'apable de nous renseigner sur la quantité de ce recul, c'est alors qu'interviendraient pour en mesurer la quAuiilé, les difTérenles sensations musculaires, liées h l'exercice de la vue et l'ioterprétalion soua forme de distances dans l'espace, des distances dans le temps •< mesurées par des séries plus ou moins longues d'eflTorts locomoteurs n [p. 128). Toutes duunées qui en elles-mêmes n'impliqueut pas la notion de distance.

■ EqGu les trois dimensions de l'espace, « ou plutAl les six directions cardinales du mouvement « (p. 142), le baut et te bas, le droit et le gauche, r&vaat et rarricre, supposent l'intervenlion d'une donnée étrangère à la vue, fournie par la sensibilité générale et les sensations kineslliésiques et tactiles. « Haut et bas, avant cl arrière, droite et gauche, trois oppositions essenliellemcnl tactiles ou plutôt kinesilié5tr|ues, primitivement indépendante de toute étendue, et cependant destinées à devenir puur nous la furme même de l'étcudue. dont l'iuluilion visuelle ne uous fournit, Â proprement parler, que la matière » (p. 123].

La thèse de L. se ramène donc en dèfiniliTC h deux propositions : 1<> la vue seule peut nous donner la perception de l'espace dans ce qu'il a de propre, k la fois pour les surfaces et pour lajtroisicme dimension. — espace que, réduits a eux seuls, lesautresseus ne pourraienljamais nous pennettre de construire; 2'^ les données fournies par le toucher et la kinefithésie retrouveut nue utilité d'ordre semble-l-il surtout pratique en permettant malgré qu'elles n'aient rien de spatial d'introduire dans t'espace visuel, incomplet, sans elle, des précisions et des déterminations. Ces deux propositions qui semblent marquer deux points de vue un peu différents et euire lesquels une conciliation n'apparait peut-être pas immédiatement, reposent sur la distinction du « simple schéma spatial • (p. 145), défini par les six directions cardinales du mouvement, dont le sentiment immédiat, n n'est ni visuel, ni à proprement parler tactile, mais exclusiremenl kiuestbésiquc » (p. 143) et de l'espace que L... préfère appeler l'étendue dont l'iuluilion nous est donnée par la vue, et... ne peut pas l'être par le tact ».

Telle est la thèse d'apparence un peu paradoxale, soutenue par L. avec

JOUlLWiL DE PSYCUOLOGIS

rargumeulalion U plos solide, illustrée par les très belles an&lj^cs psychologiques dont il l'appuie. Qu'il nous soil penni?, laissant He cAié toutes les conséquences métaphysiques dont il la fait suivre, île formuler quelques réserves à un point de vue exclusivement psychologique. Si l'on admet ladistinclion si juste entre le « simple schéma spatial » et a l'inluition de retendue >, on pourrait se demander, si l'argumeulation de I.. dirigée contre la possibilité admise parla plupart des psychologues, de construire l'espace avec les seules douuées du tact et de la kinesthésie ne pourra pas s'éleudre ^ la possibilité de construire l'espace, même avec des sensations visuelles. La vue pas plus que le loucher et la kiuesthéMe ne nous donne cette intuition de l'espace. Les sensations visuelles comme les sensations tactiles ne font que remplir les cadres tracés par le sens musculaire dans le • schéma spatial ■. El si ce schéma spatial est comme l'a bien montré L., décrit dans le temps, on pourrait montrer de rofiinc que les sensations visuelles s'organisent peu h peu dans l'éducalion de la vue chez renl'anl, comme dans la perception visuelle chez l'adulte, suivant un modei toutàfaiianaloguc et se développent elles aussi daiiste temps. L'intuition de l'étendae, distincte do schéma spatial, n'est donnée par aucun sens, pas plus parla vue que par les sensations tactiles et musculaires. C'est une construction de l'esprit, une interprétation des données des i>eo$. La question posée par Tobservation de Platncr se ramènerait alors à celle-ci: l'espace^ l'itendue avec toutes les propriétés que L. lui reconnaît, l'étendue ioMuie et inlinimcnl divisible peut-elle élre construite avec les données sensorielles que possède un aveugle, ou les sensations visuelles soul-elles iudis[>eusablesà cette construction t L'observation sculepeut résoudre ce problème; pourtant il semble bien que l'on puisse eu prévoir les résultais si l'on considère que l'unique condition requise pour la construction d'une étendue infinie et infiniment divisible, c'esl-&-dire d'un continu homogène à trois dimensions est l'existence de plusieurs groupes de sensations distinctes et telles que l'oo puisse admeilrc de l'un à l'autre de ces groupes des équivalences entre une seosaliou d'uu groupe et une série de sensations d'un autre groupe, comme nous admettons l'équivalence d'une sensation visuelle d'êtoigncmeot et d'une série de pas nous conduisant jusqu'à l'objet considéré. Cerûle d'équivalent cumniode est joué par la vue h l'état normal, mais rien ne prouve que lorsqu'elle Tait défaut elle ne puisse y être suppléée par un autre sens.

Jean DaCKAX.

SU. — Appréciation, description et p8ycholog:îe des valeurs, par le professeur W.-M. Lrhau. The Phtlosophical Wei'ieir, novembre i905, pages 645 CGO.

L'appréciation et la description représentent bimplement les limites idéales d'une antithèse qui n'est jamais complète ; de plus toute description comprend quelque élcroent d'appréciation. Par conséquent lo degré

lEH ÉTATS AFFh'CTiyS AT LES ACTJO.SS

l> auquel on tiendra coinple des difl'êrcocds appréciatives dans la reeonslruo

' tion scienUlî-iue est uiiâ <|uesllon absolument pratique qui doit éire détcrmiiiéo par rotijol (le la rcooni«[riicliun. I.'obiet delà psychologie des vnlenrâ est avant tout l'iDterprélation.Cela

' ne dispense pftx lies calé^oiies runclîoniielles (|ui en dernière analy.se sont de.s rarUiiemcnis de la dvscnpiioii apiirccinlivu. Uue analyse iulrospeclive qui o'csl pas appréciative est eu coiiscqi>eitt:e ouinplëlcmcnt secondaire à la description .iftprèciative. C'est-à-dire, que taiidisqu'uii peut en user commâ d'tiu in&tiunieiiL objectiT de eontrùle, ses cléments ne doivent jamais ûlrc

ipris pour drs réalités.

AbelIliîT.

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