J. de Ptyck., 1907. p
S. /. de Psjfch., 190G, les formulei des pp. 18 el 150.
SOCIETE DE PSYCHOLOGIE
Sbance du 5 Juillet 1907.
LaSociélé de Psychologie a tenu sa séaace mensuelle à la Sorbonae, le vendredi o juillet.
Etaient présents : Membres : MM. Charpentier, Courtier, Dumas, Janet, Juquelier, Leroy (£.-B,), Piéron, Rabaud, Revault d'AllouneSt Séglas, Sollier, Vurpa».
Invités : MU. Chauveau, KostylefT, M"** E.-B. Leroy, U. Raymond Meunier.
Trois communications étaient inscrites à Tordre du jour:
MM. KosTYLBFp : Les cotiti'adictions dans l'étude des perceptions
visuelles ; BERNAnO'LBROY i Rciïtarques sur le diagnostic de certaines
hallucinations obsédantes; Marib et Mkumer : I^ote sur quelques enregistrements gra*
phiques dans la maladie de Parkinson,
A huit heures et demie, M. Sollier^ Président, donne la parole k M. Kostyleff.
Communication de M. Kostyleff.
Les contradictions dans l'étude des perceptions visuelles.
Je voudrais tous parler d'un fail qui m'a extrêmement frappé au cours des recherches sur le mécanisme des perccplioDs visuelles. J'ai trouvô notammeut que l'étude des perceptions visuelles, telle qu'elle a été faite jusqu'à présent par les anatomistes et les physiologistes de profession, se trouve noD seulement en désharmonie, je dirai plus, en contradiction avec les recherches des psychologues et des physiologistes qui se sont consacrés
JOURSAL VE PSYCHOLOGIE
k l'étude des seosations, et que cette cootradiclioa préseote un obstacle très sérieux aux proRrès de ta psychologie.
Jetons tout d'abord un coup d'œil sur l'étude anatomo-physiolofiique de la vision. Permettez-moi de vous rappeler en quelques mots la maDiëre dont Jules Soury comprend le mécanisme des perceptions visuelles. On a beau avoir lu et consulté maintes fois son œuvre capitale, il y a des détails qui échappent et qu'il est nécessaire de préciser pour établir une comparaison directe. Il décrit tout d'abord PaDatomle de l'organe périphérique^ les sept couches de cellules qui transmettent les excitations lumineuses des cônes et des bâtonnets aux fibres du nerroplique. la connexion de ces libres avec les centre» optiques aons-Gorlicsux et les faisceaux de projection qui partent de ces derniers pour se terminer « par des arborisations libres sur la peau interne du lobe occipital dans le territoire de la scissure calcarioe ■ qui Torme, dil-il, une » véritable rétine corticale ». Puis il définit la nature des connexions entre la rétine et la scissure calcarine en termes suirantâ : ■ Il ; a quelque apparence que la rétine périphérique m projette (malgré U complexité du trajet) sur l'écorce cérébrale de la scissure calcarine et que l'on peut parler, avec llenschen. de rétine corticale où sont perçaes en un même point et non séparément les impressions de lumière et de ooole^rs; qu'il existe ou non des cellules ou des centres de cellules affectés dans l'écorce à ces perceptions. »
Cette projection est très vague. Se localise-t-elle dans une cellule ou dans on groupe de cellules du cerveau? Ceci n'est pas précisé, mais il est clair que pour Soury il s'agit uniquement d'une répétition, dans l'écorce cérébrale, de l'impression rétinienne. C'est là tout le processus de ta vision et c'est la même impression qui se conserve ensuite dans le lobe pariétal du cerveau, à 1 état de souvenir. • La surface calcarine, dil-il avec tlenschen, reçoit probablement les impressions visuelles de la même manière que la rétine.. » Les impressions viennent et s'en vont pour être conservées dans un autre endroit. Bref, conclut-il. les territoires de perception et de représentation, loin de coïncider, occuperaient, selon ce savant, des régions distinctcs et fort éloignées sur les lobes occipital et pariétal. Cela est possible : Vialet distingue aussi un centre visuel de perceptions et un centre visuel de souvenirs dont il explique les rapports au moyen de faisceaux d'association. Soury n'accepte cette hypothèse que sous toutes réserves, il refuse même de ta préciser davantage, mais il eu dit assez pour qu'on puisse sa rendre compte que, pour lui, l'écorce cérébrale reçoit l'impression prodoile sur la rétine el qu'en ceci consiste le processus essentiel de la vision.
Flechsig ne s'occupe pas tant du rôle qui revient aux centres cérébraux dans le procesisus de la perception que du rôle qu'ils jouent dans la conservation la et reproduction des images mentales; néanmoins la fonction qu'il leur attribue dans ce cas-là est assez signiQcative pour éclairer le pro-
i. J. Soury. Le 9t/9time nerveux cmtral, p. ti04.
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cessus même de la percepUon. Il reconaait d'abord, avec Wilbrand et Notliaagel, que « les souvenirs visuels et les impressions visuelles doivent être rallacliés à difTérentes régions de Técorce cérébrale u> Parlant ensuite de la région des souvenirs •• qui s'étend entre la sphère tactile, la sphère optique et la sphère auditive » et qu'il a désignée « sous le nom de centre pariéto-temporal ou |j:rand centre postérieur d'association ». il lui attribue « la formation et la collection d'images objectives et d'images verbales. l'associalion des unes avec les autres» par suite la fonction propre de la connaissance auHsi bien que celle de la fantaisie... bref, l'activité que nous attribuons généralement à l'esprit'. ■>
Ainsi, sans aller jusqu'à rattacher les images mentales à des cellules particutières de l'écorce cérébrale, FIcchsig les sépare des perceptions directes et les rattache Aune région particulière du cerveau d'une manière tout A. fait analogue h celle de Soury. Pour lui aussi les voies conductrices ne jouent qu'un rôle passif, comme les (Ils télégraphiques, allant du foyer de réception au foyer de sensation et de U au foyer de reproduction.
Prenons maintenant un traité de physiologie. Voici un des plus récents et des plus complets qui aient paru en Allemagne, le Manuel de phyuiologie humaine de Bunge. D. commence, comme les anatomistes, par une description très détaillée de l'appareil oculaire, des voies nerveuses conductrices, des centres sous-corticaux et des centres corticaux de la vision. Ensuite il pose directement la question : à quelle étape de ce trajet la perception devient-elle consciente ? Est-ce dans les centres secondaires ou dans les primaires et peut-être même dans la rétine? Cette manière d'envisager le problème de la vision est très caractéristique: on ne tient compte que de ces trois étapesi sanss'occuper de voies de transmission.
Pour des raisons dont je n'exposerai pas le détail, il penche à croire que N les perceptions visuelles deviennent conscientes dans les centres optiques primaires ; tandis que les centres secondaires scrveut A la conservation des souvenirs '. » On voit que la localisation est quelque peu dilTérenle, ilia.is te a trajet » des impressions est compris dans un sens tout A fait analogue à celui de Plechsig et de Soury. On trouve la même chose chez les physiologistes français. C'est ce que Langlois cl Varigny expriment dans leurs Nouveaux éléments de physiologie en les termes suivants : « Chacun des appareils des sens comprennent trois parties : 1" un organe récepteur situe à la périphérie etcoustitué par des terminaisons sensitivcs particulières destinées à recevoir un certain ordre d'impressions ; f un conducteur, organe nerveux ; Z" un organe percepteur centrai où s"élaborent les sensations '. » Eu rapport avec ce schéma ils définissent la rétine comme étant « essentiellement l'appareil seusitif de la vision » et quant au a trajet dea
1. Flcctuig. Oie Localisation der geistigen Vorgânge, 1896, p. 62.
2. O. von BrugB. l.ehfhuch der Physiologie des Menschen, 190!, p. 178.
3. Langlois et Varigny. Nouveaux éléments de physiologie , 19O0, p. 737.
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impressions TÎsuelles de la rétine à l'écorce cérébr&le », iU se contentenl de décrire les voies nerveuses, les centres optiques primaires et le centre visuel cortical sans admettre un seul instant que ce dernier puisse percevoir autre chose que ce qui lui est fourni parla rétine et ce qu'il transmet A son tour au centre visuel des souvenirs.
Voilà ce que nous enseigne jusqu'à présent l'aoatomie et la physiologie générale. Il Taut avouer que cette conception a pour elle l'attrait de la simplicité. Aussi voyons-nous les savants de cette catégorie limiter leurs recherches i la consliiullon de l'organe récepteur et de l'org&ne percepteur, mettant hors de cause le foncLionnemeDl des voies conductrices Mais il suDU d'exposer en regard la conception élaborée par les psychologues et les physiologistes qui se sont consacrés à l'étude des sensations, pour se rendre compte qu'elles se trouvent dans une contradiction frappante.
Ce qui dislingue les savants de la deuxième catégorie, c'est qu'ils s'en rapportent beaucoup moins à la structure qu'au fonctionnement de l'appareil visuel. Le fonctionnement est encore plus complexe que la structure II en résulte que leurs conceptions sont moins simples que les premières et même beaucoup plus différentes tes unes des autres. Il y a entre eux des contradictions assez profondes pour expliquer, dans une certaine mesure pourquoi leurs recherches n'ont pas exercé d'influence directrice sur l'élude anatomo-physiologique de la vision. Mais, malgré ces différences, quelques principes qu'ils onl établis sont d'une importance capitale et s'opposent nettement à la première.
Le trait principal qui distingue leurs conceptions, c'est d'avoir reconnu que la rétine est loin de fournir tous les éléments de la perception visuelle et qu'elle partage ce rdle avec les mouremenls de l'appareil visuel Ouels sont ces mouvements et quel en est le rdte ? C'est là-dessus que les différents savants se sont le plus contredit, mais si les détails restent incertains, le phénomène général n'a fait que s'afÛrmcr et se préciser depuis Helmhollz jusqu'à ce Jour. Ilelmhollz attribuait aux sensations musculaires le rôle principal dans la perception de la direction et un rôle accessoire dans la perception de la distance. Pour la perception delà dislance, il reconnaissait un certain rôle à la « sensation de tension que provoque l'accommodaiioa ■ et aux « sensatioDsqui accompagnent les mouvementsdela tête cl du corps •, mais il attribuait Timportance capitale à la fusion des images différentes des deux yeux. Wuodt est allé plus loin dans celte vole. 11 a découvert aux mouvements oculaires des fonctions plus nombreuses et plus complexes. Je les citerait titre d'indication, sans insister sur la valeur qui leur a été reconnue depuis, car la manière de traiter ce problème u'cst malheureusemetit pas la même et toute comparaison directe ne ferait ici qu'obscurcir l'exposé. Rappelons tout d'abord que Wuodt distingue deux moments essentiels dans le processus de la vision : 1« la perception d'une image visuelle dans le rapport de ses éléments; 2° la perception de ces éléments dans leur situation
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vis-à-vis du sujet. Dans chacun de ces processus, il attribue un rAle considérable aux sensations musculaires.
Dans le premier, il dislingue la perception des points et la perception des distances. La perception des points se fait, d'après lui, gr&ce à la densité des éléments rétiniens : de sorte qu'à chaque point lumineux correspond un élément de la rétine ; la perception des distances, à l'aide des mouvements oculaires, analogues aux mouvements des bras pour mesurer un objet, de sorte que chaque point de Timage projetée sur la rétine est caractérisé par une sensation motrice appelée signe local. Cela fait pour chaque image un M système de signes locaux * >>.
La perception de ces éléments dans leur situation vis-à-vis du sujet est entièrement déterminée, d'après lui, par des sensations motrices, par les sensations qui accompagnent le réflexe de direction et le réflexe de convergence, Ces dernières viennent s'adjoindre aux sensations motrices qui constituent le système des signes locaux et produisent ainsi l'impression de relief. En résumé, d'après Wundt, l'impression que produit un objet sur les éléments sensibles de la rétine, se trouve complétée pas les sensations qui accompagnent les mouvements oculaires nécessaires d'une part pour en mesurer Véteniiue linéaire^ d'autre part pour en fixer la direction et la dit' tance au sujet.
I Ces données n'ont pas toutes été confirmées par tes recherches ultérieures. La mesure de l'étendue linéaire et la caractéristique locale des points sont d'une réalité particulièrement douteuse. Néanmoins il est curieux de constater qu'en 1898, au moment ot^ Soury terminait son grand travail sur le système nerveux et réduisait la vision A une transmission passive des empreintes rétiniennes au cerveau, une conception très différente, ébauchée par Uclmholtz, se précisait clieï Wundt et comprenait, dans le processus de la vision, à c6té des sensations rétiniennes, un vaste ensemble de sensations motrices. Il est également curieux de constater que Soury. dans son œuvre encyclopédique, ne cite llelmholtz qu'une fois, au sujet de ^ la perception cliromaliciue, et qu'il ignore totalement Wundt, aussi bien |u'il ignore les sensations motrices de l'irildansleprocesus de transmission 'de la rétine au cerveau. D'autre part, Wundt, après avoir synthéti-sé tout ce que révèle leroucttounement de l'appareil visuel, ne cherche pas a rattacher ces données à Tanatomie du cerveau. Et cependant, la théorie des localisarations de Flechsig avait paru deux ans avant le travail en question. On voit que les deux groupes de recherches étaient déjà profondement séparés l'un do l'autre. Quoi d'étonnant qo'ils aient continué d'évoluer dans deux sens difTércnts ?
C'est ce que l'on trouve lorsqu'on jette un coup d'œil sur l'essai de synthèse qui a été fait quatre ans plus tard par M. Bourdon dans sa Perception vituelle de t'espace. A côté d'une étude 1res complète du lonctionnement de
1. "Wundl. Grundrm der- Psychologie, 1898, p. 180-151. Journal do psychoto^e.
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JOVUNAl DB PSYCBOLOaiB
r&ppareit visuel et des travaux qui s'y rapporteat, on trouve une néi^Ugence totale ilu rôle que Joue le cerveau. Et IVlude fooctioDuelle conOrme pleine* meut le rôle des seosatious motrices 1 II est vrai que la métbode de Bourdon est tout A fait diffiéreate. Il distiu^uc dans le processus de la vision U perception des formes, des grandeurs, des positions et directions et la perceplion des profondeurs. La division est tout autre que chez Wundt, néanmoins les résultats obtenus parlent dans le m^me sens et trouvent une confirmation nouvelle dons les expériences sur l'état des aven^lea-nés après l'opéra' lion. ThéoriquemeDl Bourdon laisse encore une certaine place aux sensar tioos purement rcliiiiennes, tout en attribuant le plus grand rAle, pour U perception des formes, « aux sensations tactiles et mnscolaires * •, poar U perception des grandeurs à < l'amplitude des mouvements des jeux et de la tête effectués pour parcourir du regard l'objet ^ ». et pour la perception des profondeurs a a la tension des muscles des yeox produite par la convei^ gcnce * » ; mais les expériences qu'il cite sar les avengles-aés après l'opèntion semblent pronver que les sensations rétiniennes ne dctermineni aucune perception consciente, ne présentent que le point de départ des réQexes visuels. Les opérés distingnent bien an rond d'un ca.rré, mais ils sont inopahles de définir la différence ni eu paroles, ni avec les mains. « llirscliberg a essayé de présenter à un opéré un couteau de table, une cuiller et une fourchette. Celui-ci considéra lousces objets, les observa très attentivement «t indiqua très exactement les couleurs, mais il ne sut pas décrire la forme et ne put non plus reconnaître la signification de ces objets qu'il avait pourtant tenus tantde fois à la main, b De même pour la grandeur. Dans les expériences d'Uthoff il est > absolument impossible H l'opéré, lorsqu'on lui présente deux objets ou plus, déjuger d'après la vue lequel est le plus grand et lequel est le plus petit ; il lui est en outre complètement impossible de montrer, par exemple avec les deux mains, quelle est la grandeur d'un objet qu'il voit». Ce n'est que le huitième jour après le commencement des épreuves et après qu'on lui a fait, pour ainsi dire, l'école réguliètement chaque jour, qu'il réussit pour la première fois à dire exactement laquelle des deux pommes qu'on lui présente est la plus grosse et laquelle la plus petite. EnUn> quant A la perception des profondeurs, elle ne se forme aussi qu'avec le tempe. Au début, après l'opération, les malades iocaiisenl tous tes objets à la portée de leur main ; quelques-uns disent mèx&« qu'ils paraissent leur loucher les yeux.
Les expériences citées par Bourdon contrôlent et confirment admirablement ta théorie empirisle de la vision avec la part qu'elle fait aux sens»lions motrices de l'appareil visuel. Mais cette dernière a été confirmée encore une fois, d'nn point de vue dilSérent, par le D' Nuel, dans une
1. B. Bourdon. La perception visuelle de Feepaee, 190S, p. 90. S. Bourdon. Ibid., p. 110.
S. Bourdon, ibid., p. Ui.
SOCîèTÈ OE PSYCnOLOGa
élude encore plus récente snr « U Vision u. U est vrai qu'nne ooroparaison directe soiL &tcc Wundl, soit avec Bourdon, se révèle encore une Tois impossible. Ce qui f&il d'abord la différence, c'est que Nuel se propose d« décrire le mécanisme de la vision d'une manière purement objective, mob le concours de la psychologie, et qu'il est forcé de remplacer les termes psychologiques par des termes inventés ad hor„ comme photo-réceplionâ. photo-réactions, elc. Il en résulte ensuite qu'il négti|;e les phases psychologiques du processus, la perception des formes, des positions, etc., et leur substitue uu schéma beaucoup moins familier formé par la vision de la direction et la vision de la dislance. Mais une fois qu'on a admis sou point de vue et qu'on s'est familiarisé avec sa terminologie, on reconnaît facilement qu'il confirme la conception empiriste et la développe avec plus de conséquence que tous les autres.
Ayant résolu d'écarter toutes les données introspeclives et d'étudier uniquement la manière dont les photo-réactions observées chez les animaux se développent ol se compliquent chez l'homme, il commence par décrire l'héliolropisme des animaux inlérieurs, le passagedu dermalotrôpisme aux réactions d'un organe spécial de la vue et les progrès successifs de cet organe, des somalo-réactioas générales constituées par un simple mouvement de corps aux ico no-réactions accompagnées d'une distinction plus fixe des détails de l'objet. Abordant ensuite la vision de la direction chez l'homme, il reconnaît que < les photo- réaction s de 1« rétine ne sont parfaites qu'au niveau des cÔnes de la fovea >, et il conclut que L'adaptation progressive de l'organe produit une modillcalion du mécanisme primitif « de façon que maintenant, comme premier effet d'une photo-réaction non maoulaire> il survienne un mouvement som&tique qui tourne la rétine icoooplique vers t'objet ».
Ce mécanisme complémentaire se compose» d'après lui, de mouvements plicateors du corps, de la tête et de l'œil, mais le réflexe oculaire se développe graduellement et Hnit par remplacer les autres. C'est le jeu de ce réllexe ([ui renseigne sur la direction de l'objet. Un besoin physiologique analogue est le besoin de voir non pas avec des partiesquelconques, mais avec lespartiescongruenles des deux rétines ; il produit un autre réûexe, le réflexe de la convergence, qui renseigne sur la distance de l'objet. Mais l'étude de ces deux réflexes au point de vue de leur origine et de leur but physiologique ne lui donne pas seulement une confirmation du rôle qu'ils jouent dans le processus de la vision ; elle lui permet de préciser ce râle d'une manière très intéressante. U conteste notamment aux réflexes oculaires toute valeur directement consciente et limite la perception consciente à la modification qu'ils impriment au réflexe somaiique, c'est-ft-dire, cérébral. « L'erreur à peu près générale, dil-il, consiste à rattacher U localisation psychique directement aux mouvements oculaires. En général nous n'avons conscience de nos réaclions qu'en tant qu'elles ont un rapport direct avec le monde extérieur; nous n'avons pas conscience des réactions de nos
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organes viscéraux et l'it'il ea est qd. • Mais, ■ indirectement •, les moareraeats oculaireâaîanuent sur la projection psychique'», car ils modifient le réflexe somatique. Par suite, c'est aux modificationsdu réflexe c^l-rébral par les rénexes oculaires de la direction et de la convergence que Nuel rattache les données qui nous sont fournies par l'introspection, la perception des formes, des positions et du relief L*élude fonctionnelle est arrivée ici â ses dernières conclnsiona. Je n'entreprends point de les discuter, de savoir «i le rapport des réflexes oculaires aux réflexes cérébraux est déÛni d'une manière tout à fait précise, ie me borne ft constater que, plus on étudie le fonctionnement de l'appareil visuel, plus on se rend compte que les éléments les plus importants de nos images visuelles, la perspective, le relief, la distinction des formes et des positions dans l'espace, sont liés non pas aux sensations rétiniennes, mais aux sensations motrices des deux jeux. La rétine seule ne peut nous fournir et, par conséquent, ne peut transmettre au cerveau que les impressions les plus rudimentaires, pareilles à celles qu'on aurait au contact, les yeux fermés. On voit combien celle conception est diGTérente de celle qu'on s'est faite en étudiant la structure anatomique de l'organe visuel et du cerveau. U y a entre les deux une contra* diction frappante.
Quelle conclusion peul-on tirer de cet état de choses?
Je vois, pour ma part, plusieurs conclusions aussi importantes poar l'étude du cerveau que pour l'étude des phénomènes psychiques.
Si l'étude anotamo-physiologique du cerveau veut tenir compte des indications fournies par le fonctionnement de l'appareil visuel, elle doit renoncer h. considérer les cellules de Tëcorce cérébrale comme étant les organes récepteurs et conservateurs de certaines variations chimiques on mécaniques. Elle doit les considérer comme étant le terme de certains processus moteurs. L'iutégrltê des cellules cérébrales est nécessaire pour que les fibres nerveuses puissent fonctionner, mais elles ne reçoivent rien par ces dernières sous forme d'impressions. Par suite, lorsque l'anatomie veut étudier le mécanisme de la vision, elle doit chercher les transformations non pas dans les cellules cérébrales, mais dans les voies conductrices dont le (oocr lionnemenl produit les images visuelles. C'est la m/élinisation des fibres nerveuses cl les variations analogues qui doivent attirer les recherches.
Si la psychologie veut tenir compte des indications de l'optique physiologique, elle ne doit pas détacher les images mentales d'origine visuelle de la région cérébrale de leur perception. Reconnaissant que ce n'est pas l'impression rudimentaire de contact visuel, mais la distinction de leur forme et de leur position dans l'espace qui se conserve à l'état de souvenir, la psychologie doit couclure que ce sont les sensations motrices qui se reprodoisent dans la mémoire ou dans l'associaliou des idées. Elle doit conclure avec ?{uel que « le processus nerveux cérébral provoqué par nue photo-