VII. PsVCHOLOtilE ANIMALE ET PSYCHOLOGIE COUPARÉE
25. — Origine polyphylétique, homotypie et non-comparabilité directe des sociétés animales (Fascicule 7 des Nutes et Mémoires de rinslilut Solvay), par R. Petrucci (Misch et Throti, éd., Bruxelles et Leipzig, 1906).
La théorie de l'évolution est souvent mal comprise, elle ne doitpas avoir une extension exagérée, ni signifier une modifioabilité perpétuelle étendue à la totalité du domaine biologique. On devrait plutôt s'étonner a du peu d'importance des changements des formes de la vie » (Huxley). Le type humain n'est pas un type d'aboutissement, l'homme n'est pas au dernier terme d'une échelle progressive : la longévité d'un type est, d'ailleurs, en proportion inverse de sa perfection (Gaudry). Les vertébrés ont probablement pour ancêtres les articulés, à leur caractère de structure s'ajoute un caractère de fonctionnement remarquable grâce auquel le vertébré maintient une constance osmotique et une constance thermique en dépit de tous les obstacles.
Le membre pentadactyle et la station droite, dont on fait parfois des acquisitions tardives de l'homme, remoutentjusqu'aux reptiles; si l'homme possède ces caractères, c'est qu'entre tous les mammifères, il a le moins Tarie.
Il présente, eu effet, tous les caractères archaïques de l'ancèlre-type, du mammifère éocène : 1" la denture; 2*' le membre pentadactyle ; 3" la ntation droite; c'est grâce à la conservation de ces caractères peu diflérenciés, que l'homme a pu reporter toute sa force de différenciation sur un point particulier : le système nerveux et le cerveau. Toute l'évolution des organismes s'est d'ailleurs faite beaucoup plus en maintenant, au milieu des modifica-
JOVItSAt UE PSÏCUOLOGÎE
tioDS du monde exiérieur, uoe structure primitiTc qu'en s'elTorç&nl vers
racquisition d*une nouvelle.
La série <lcs sociélës animales ne forme pas une série linéaire jusqu'à la société humaine; depuis l'époque du cambricot il n'est plus possible de comparer les sociéiés animales chez les verlébrés el chez les inverlébrés, il faut conclure à Voriginc prolijphj/létique el à la noncomparabUité des soeiélés animaUs. La tendance associative apparaît dès la période primaire chei lesToraminifères, inai<>â partir de cette base commune Icsmu?urs vunldiver* geaut, accompagnant loujuurs la formaliun des genres el des espèces et la modidcation des formes. Ko ce qui concerne l'homme, À partir de la vie en bandes, tous le» caractères de la vie sociale suni des phènomèues d'éjd'iptalion, non A' hérédité. Si nous remoutons au delà des vertébrés, nous trouvonschcz les tirocardés, \a.riecolûtiuilf, mais la vie xociale n'est pas l'héritage de la précédente car on la trouve réalisée chez les invertébrés el jusque chez les planles.
Si l'on examine, de même, les Tormes familiales^ on constate que leur caractère est homut/piiiue : un peu partout la famille pateruelle existe à c6lé de la famille maternelle, c'est le fait extérieur qui provoque des adaptations convergentes au puint que leur analogie parait identité. C'est ainsi que. dans des lignées d'il-voIiiUttii sociale tuut à fait dislinctes, i>n constate le même phénomène : la formation de bandes a l'époque du frai et de la couvaison. La formation de catégories chez les animaux, a son analogue dans la pratique du {lynécce cl du harem et ces mœurs sont chez l'homme comme chez l'auimal, un phèuoméac primitif que les explications morales ou religieuses ne font que justifier a posteriori. De même que, chez certains animaux, la femelle pleine est isolée. — de même aujourd'hui encore, au Japon et en Egjple, la femme enceinte est mise à l'écart; le r6le des vieilles femelles est analogue dans certaines sociétés animales et humaines, il est probable que des transformations organiques (réduction de caractères sexuels secondaires) eiilrainent la vieille femelle à prendre un rôle nouveau.
L'élude du phéuomèue eslhéti({ue montre qu'il n'est pas social dans sa nature, ni dans ses origines : il le devient ultéiieurement. La supénorilc de l'intelligence n'est pas en rapport direct avec la supériorité de la vîe sociale; dans le cas de l'hummc, il faut tenir compte de deux éléments qui expliquent son développement ullérieur : la pratique du /anya^? et l'utilisation de Voutil (matériaux extérieurs].
Les origines du langage remuulcut aux Batraciens: il est très perfectionné chez les oiseaux, eu régression chez les mamniîfôres (excepté la souris). Une double loi gouverne la langue animale : 1^ la répétition régulière de la consonne du début; 2° une alternance régulière de la voyelle (BréalJ. Le phénomène sociologique existe en soi, mais il ne peut être confoodu avec le phénomène biologique cl il dépend de conditions extrinsèques et adaptatives. Les sociétés humaineSt seules parmi les sociétés animales.