PSYCHOLOGIE ASIMALE ET PSYCHOLOGIE COMPARÉE
sembleol n'avoir pas encore épuisé le cj^cle de leurs traDsforinalions. L'héritage de l'homme so borne à la tendance associative, dool l^origine est peol-élrc dans rorgani^ition même des métazoaires (E. Perrier) et qui n'est peut-être que l'expression d'un rythme cosmique. C. Bos.
26. — Les habitudes, les instincts ot les facultés mentales des araignées (Gênera argiop^ et cpeira), par PoiiTKR. The American Journal of Ptychohgy. juillet 1906, p. 306-398.
l** Les araignées étudiées par l'auleur, argiope transTcrsa, argiope riparia, epeira Irifolium, epeira sclopetaria, etc... oITreot de grandes variatioos d&DS la couleur et le degré de dèveloppemcot.
Elles oiïreot aussi de grandes variations dans la Taçoa dont elles choisisseut une place pour leur toile et, quaml elles en Toni uu. pour leur uid, ainsi que dans la façon dont elles choisissent leur matériel.
2" Elles se monlrent capables d'adaptation aux particularités de l'endroit où elles veulent tisser leur toile. Si les conditions extérieures rexigent, elles peuvent lisser certaines parties de leur toile plus fortement qu'elles ne le font d'habiiuite. Si on change une araignée de place on constate dans son travail les plus grandes variations.
3° L'inclinaison normale de la toile varie.
Parfois faraiguée dispose les spirales de sa toile de telle sorte que celleci est comme renversée.
Lorsqu'une araignée dispose de branches semblables pour établir ses toiles, chaque nouvelle toile a cependant, une inclinaison différente.
^^ Les procédés des araiguécs varient dans certaines limites. Les variations parmi les membres des mêmes espèces sont trop grandes pour être produites par uu instinct et suivies avec une précision mathématique.
5*'Lesjeuues araignées cherchent probablement à situer leur nouvelle toile de la même façon que l'ancienne. KUesle font ccrtaioement aussi rapidemeot et même mieux que ne le fut la première.
ô^Les habitudes alimentaires des araignées prouveatqu'ellesoDl une faculté «le modillcation qui implique une certaine intelligence. Les expériences de Xahl et de Recklams montrent que l'araignée peut proûter de l'expérience ^«quise. qu'elles peuvent se souvenir durant quelques heures.
1* Le moment que choisit, l'araignée pour tisser sa toile varie suivant les ^^pèces. Les unes la commeuccat à l'aurore; d*autres n'ont pas d'heure ^ péciale.
9» Le balancement imprimé par l'araignée à sa toile est observable surtout «sXiez Targiope.
Ou Tobserve raremcol chez les autres espèces.
d*=» Les expériences faites sur les araignées montrent que celles-ci ont uu cbamp de vision distincte d'environ 2 centimètres; il s'augmente de G Ji ^ Toâs si on ébranle la toile, ou en cas d'alerite.
Journal d« psychologie. tt
JOCRNAL DS PSYCHOLOGIE
10° L'approche du mille au momeol de la fécondation de l'argiope doit probablemeul se faire après une $érie d'étapes dclinies. L'accouplement dure uD lemps variable, après quoi le mÀle est tué par la femelle.
Toutes les variation» observées par l'auteur lui prouvent que les activi* les îaslinciivcs de t'araigttce sont variaLles. Ces variations sont si marquées dans certains cas qu'un pourrait aisément leâ utiliser par des sélections naturelles, pour produire de nouveaux types d'habitudes sinon de nourelles espèces.
.Elles indiqueront alors probablement chez les araignées une conduite intelligente que les expériences actuelles permettent seulement de supposer.
Àbel tUy.
37. — De rOrientation chez les Pigeons voyageurs, par G. H. Scuxkidru. ZeiUch. f. Psychol. u. Phy, d. Sinmi.y 1»05, XL., 25â-279.
La question qui préoccupe M. Schneider est celle-ci :
Les pigeun3 voyageurs sont-ils guidés par un sens inné de la direction^ Ou sont-ils guidés par la vue ? Et si celle dernière supposition est la bonne, comment sont-ils inHuencés par les accidents topographiques Y
La méthode d'expérience du D' Schneider est celle qui a loujoarv été employée eu pareil cas. Ou a mis les oiseaux dans uu panier et on les a transportés en voiture ou en cbemiu de fer à la distance voulue ; là on les a rol&uhés un à uu. L'heure uù ils furent lâchés, l'état de l'aimosphère, le tiumcru et les signes distinctifs de l'oiseau furent soigneusement notés. Diîs jeunes gens étaient placés à l'endroit du retour pour noter les heures d'arrivée. Les expériences furent faites principalement autour de POssaock- Les distauccâ parcourues étaient relativement courtes, de 3 kilomètres À kl kiliMnêlres. Certaines expériences furent faites dans des vallées, d'autres sur des mouiagnes aliu que l'uu put Juger si les accidents de terrain rendaient le retour plus diflicile aux oiiseaux.
Les conclusions tirées de ces expériences sont nombreuses, l'une des
plus intéressantes est cellt'-ci : La croyance que les pigeons voyageurs
possèdent un sens inné de la direction est une erreur; si c'était vrai les
jeunes pi^'euns devraient retrouver leur chemin aussi fucilement que les
vieux. Or, les expériences ont montré que les Jeunes pigeons, morne t de
petites distances du pigeonnier, avaient grond'peioe à retrouver leur
chemin, quand ils élaicut trausportés dans un paysage qui leur était
inconnu et que le pigeonnier ne pouvait s'apercevoir de ^uite. L'auteur en
conclut que les jeuucs pigeons utilisent dans leurs premiers vols, les
groupes de maisons qui leur sont familiers, les collines connues et qa'on
peut augmenter couàidêrablemenl la diistance à laquelle on peut transporter
un pigeon pour le voir revenir directement, & mesure que se développe
che£ lui « la mémoire lopographique a.
Gaston Foukhauo.
psïciiOLûaiË AMMALE ET rtiïatoi.ootE coMrAHf:E aa
î%. — Un cas de délibération chez le chien? (Eid Fall tod L'beiteguug beim llundf), par \\'. Ament. Archiv. fur die gesamte Psycholoj/ie, VÏBd, 3neft.
La psychologie aniinaie n'a été longtemps étudiée que par des amateurs, leur lendance était d'ég&tcr presque I animal à Ibomme (Brehms). Une réaction se fait et lesphilosophesdc profession tombent, à l'égard des animaux, dans l'excès inverse (Wundt).
L'animal ne serait qu'un « mécanisme d'associations » et l'enrant se rapprocherait Ton de l'animal ; contre ces vues, A. proteste éncrgi(|UemcnL, il n'admet que des différences graduelles entre les animaux et l'homme et il cite, à l'appui de sa thèse, un trait d'intelligence de son chien, tlalûlué à regarder toute la journée par la fenêtre, t'animai fut très désappointé lorsqu'un jour d'hiver il trouva la vitre recouverie de glace: il « réfléchit » alors et, an prix de long^ efforts, fit fondre la glace en la léchant. Cet acte esi inexplicable par la théorie associatiunniste, il dénote uue ré/le^ion pru- Toqaée parTexpérieDce.
28. — Qudpes sociables et SoLiiaires, par George W. et Eliea&etu G. PRCKBAU. Boston ol New-York, Houghton, Mifflin and C^, iviû» Pp. 306 -i- XIV.
Coe partie des matières contenues dans ce volume a été publiée ît y a quelques années sous le litre : Inctincts and Habits of the Solilary Wasps, Le nouveau livre couticut quelques observations nouvelles, mais le fonds du livre est l'ancien travail repris et revu.
Parmi les treize chapitres je citerai seulement les titres de quelques-uns: La Vie eu commun ; de quelques petites Guêpes; les chasseurs d'Araignées; les Perceurs de trous ; les ennemies des Sauterelles ; du sens de la Direction ; Instinct et Intelligence.
Les Peckhams ne croient pas que les guêpes aient le sens inné de la direction. Ils tirent plusieurs expériences pour prouver leur dire. Cinquantecinq guêpes (rubes jaunes) furent attrapées un malin dans le nid. Un des observateurs les transporta sur uu lac près d'une Ile à environ uu huitième «lo mile du nîd. L'autre observateur resta près du nid qu'on avait fermé pourvoir le retour des guêpes. On lâcha d'aburd vingt guêpes. Toutes sans exception volèrent dans l'Ile et ne revinrent pas au nid. Le reste des guêpes prisonnières furent emmenées encore un huitième de mile pins loin que rUe puis on les lâcha. Elles furent très troublées, hésitantes, quelques-unes retinrent au bateau puis repartirent, d'autres volèrent de plus en plus, puis it diftperaèrent dans dilTérenles directions. En dérinitîve sur les cinquante. <inq guêpes Uchces, trente-neuf revinrent au nid en moins d'une heure. -£ji Constatant la confusion des guêpes et en les voyant prendre presque toutes une direction opposée à celle de leur nid, les auteurs concluent que
JOURSAL DE PSYCHOLOGIE
les guêpes, ou tout au moios l'espèce cilée plus haut, n'ont pas le sens inné de la direction, et qu'elles sont guidées dans leur retour vers le nid par la connaissauce du paysage et la mémoire visuelle.
Les Pcckhams firent encore d'autres remarques sur la méthode d'oneatalion des guêpes solitaires. Plusieurs espèces de guêpes solitaires Turent observées au moment où elles faiijaient leur nid dans de nouvelles localités. On remarqua que la guôpe ne s'aventurait un peu loin que lorsqu'elle avait étudié tous les coins et recoins des environs.
Pendant qu'elle bâtit son nid, elle a de petits vols courts et en zigzags dans taules les directions pour bien se reconnaître. Les auteurs disent que les guêpes solitaires ont quelquefois beaucoup de peine à retrouver le cbemin de leur nid- Un simple détail, une Teuille qui couvrait le nid et qui avait été otée, suHlsait pour empêcher la guêpe de se retrouver ; la Teuille replacée, le nid fut immédiatcmeut regagné par la guêpe.
Gaston ForaMAun.
30. — Un chien crétin et son appareil thyroïde (\ crétin dog and its thyroid apparatus], par les D" Cerlktti et Pkhusixi. Joum. of mental pathol., n^S.vol. Vil, 1900.
Les mammifères sont sujets au goitre, tout comme l'homme. Déjà dans une élude précédente sur le crêtinisrae endémique, les auteurs ont insisté sur le rôle de rbérédité hypo thyroïdien ne, du c6té maternel surtout; quant &la question du guilrc endémique chez les animaux, elle a éié iraitée par Hiiynard, fiiUet et Morel, Moiitsu, etc.
Le présent article esl une étude d'anatomic pathologique, faite sur ua chien de la Valteline. L'examen microscopique décèle une dégénérescence épiihcLiale, et dans presque tous les follicules de la glande ou trouve un amas de matière colloïde; d'autre part, les vaisseaux sanguins sont rares dans la glande et l'intérieur des artères présente des cminences en forme de boutons (bourgeons artériels de Schmidt].
Les modilications sont de nalure régresswe^ aiasi que l'indique l'irrégularité du noyau. On admet que la substance colloïde est du plasma lymphatique (Ehrîcb, Lûbke, lianlg).
Le goitre fibreux n'est que la suite et la conséquence du goitre colloïde, bien que le processus d'évolution soit mal connu. Mais le goitre colloïde estil toujours précédé d'un goitre parenchymateuxf Ce sont là des questions encore controversées.
Le trait caractéristique du goitre endémique, c'est la rétention de lasub.^tttnce colloïde cl c'est ce qui dislingue, malgré dautres analogies, celte affection de la maladie de Basedow. Les auteurs maintiennent leur précédente conclusion, d'après laquelle locrétinisme endémique ne serait pas dû seulement à des altérations thyroïdiennes, mais aussi à un hypothyroidismeeodémique pendant la grossesse de la mère. C. Itos.
PSYCHOLOGIE PATHOLOGIQUE
L — ÉtDDES CUMODES SVB LBS MALADIBS MBNTAL8S
31. — Des principaux types de maladies mentales [Types in mental
disease). par A. W hite. The Jouni. q( nt:rv. and mental dhease^ avril 1900.
Jusqu'en ces dernières annéeSp on r&mcnail tontes les maladies menlales à un lrè*t petit nombre île types (Grieslnge. t trois types : difpretsion^ exaltation, faiblesse mentale). Mais déjà Régis en diâlingue soixante espèces. Cependant aucun aliêniste n'a tenté une philosophie des maladies mentales^ tous ne cherchent qu'à multiplier les types cliniques et le nombre des Iroublés mentaux reconnns au^^mcntc avec les progrès de la psychologie.
Mais un type est chose aussi difficile à définir qu'une espèce; la théorie des types est liée, en outre, à celle des Tacultés de l'Ame et l'erreur de l'une est celle de l'autre. En fait, on rencontre surtout des formes de Iratuitwn el des combinaisons de symptômes : on constate, par exemple, te syndrome de la paranoïa dans ta manie, ta démence précoce el la parésie; te syndrome de KorsakofT dans la sénescence et la parésie. etc.
On a fait, d'ailleurs, un terrible abus du mot « démence », ce terme devrait être réservé aux troutiles mentaux permanents. Las maladies mentales se répartiraient alors en deux grandes classes : 1" celles dont la démence est la terminai.son naturelle, 2« celles au cours desquelles la démence est un accident. La dirilcullé ne commence qu'en présence de la paranoïa : on la considère comme appartenant au second groupe, mais tel n'est pas l'avis de l'auteur. Après avoir vu la paranoïa partout, on tend à conclure qu'elle n'existe pas comme entité, qu'il y a certaine combinaison de symptômes apparaissant au cours de diverses maladies mentales.
Dans ta classe des psycboies sans démence rentreraient : a] les psychoses infectieuses, Ô) psychoses toxiques, c) psychoses dépressives, rf) celles associées à d'autres affections, e] tes psychoneuroses, f) les psychopathies cooslitutionnelles.
Dans la rlassc des psychoses avec démence rentreraient : a) la démence précoce, A) la mélancolie, c) les psychoses séniles, d) les étals paranoïdes. f) la paréiiie, f) les psychoses associées à d'autres affections.
La démence, ainsi que l'a établi BoUon est le résultat d'une dégénérescence nettrale, tandis que les psychoses sans démence semblent dues h un
JOURNAL DE PSYCnOlOGIE
insuffisant développement jieural. Tous les problèmes rel&tiCs à. raliénation
mentale doivent être coasidércs du point de vue de la biologie géaérale,
c'est la conclusion de ces rochorcfae», d'où se dégage rinconstauce et la
variabililé des types de troubles mentaux. Il Tant doue étudier les groupes
de tymptômes et uon les maladies dans lesquelles ils apparaissent : la démence
est un de ces syndromes.