L. Bakat
S7. — Les oscillations du niveau mental, par Pierre Janbt. — Actes du V" Congrès interualioual de Psychologie, page 110.
Les quelques remarques que J. a voulu faire peuvent résumer un grand nombre de travaux récents de psychologie normale et pathologique. Biea des faits psychologiques peu compris jusqu'à présent ne sont que laréper- CDSslon dans la conscience des oscillations du niveau mental. Les agitations par exemple qu'on rencontre dans l'hystérie sont des phénomènes secon-
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dures qui dépendent en réalité d'uo alT&iblisscment profond. A d'autres moments le champ de la conscience de Thyslérique va nous paraître comme élargi. Cette oscîltaiion singulière se rencontre également dans la psychas- Ihénie. L'on peut montrer que ces sentiments divers correspondent à beaucoup de troubles de l'aclion volontaire cl de l'attcnlion. L'esprit de ces malades est susceptible de se relever et de retrouver momentanément les fonction» supérieures qu'il avait perdues. A l'état normal même l'exemple de ces oscillations caractéristiques nous est fourni par les alteruatives de repos et de fatigue. De même puurrait-ou étudier encore les oscillations du sommeil et de la veille. Enlia il se produit des osciUatious du même genre dans les changements de la pensée que Ton désigne voguement sous le nom d'émotions. Le fait capital h signaler, c'est que dans tous les castes phénomènes supprimés et les phénomènes exagérés soot les mêmes. Les phénomènes CDn.servé5 ni exagérés sont des phénomènes psychologiques ou physiologiques isolés, relativement simples. Ce sont des phénomènes automatiques, anciens, qui ne sont pas organisés actuellement pour la situation présente. Ce qui disparaît dans ces états, ce aoui les phênomèues complexes. Aussi constate<l-on ici une réduction de la conscience, qui porte surtout sur les fuuciioos du présent, sur la volonté adaptée à la nouveauté de la situation présente. J. pense que la conception des oscillations du niveau mental est susceptible de rendre les plus grands services en îDdiqnant des voies négligées par l'ancienne psychologie.
Paul Kahk.
58. -- La « nuit psychique » . Une forme rudimentaire de la pensée, par II. BcAU.Ms. Actes du V" Congres International de Psychologie, p. 39Q.
La nuit psychique, c'est le minimum d'activité psychique compatible avec la conservation de la conscience. Pour la réaliser il faut supprimer autant que possible toutes les excitations venant de l'extérieur ou de l'intérieur. On peut ainsi observer divers degrés intermédiaires entre l'activité inconsciente de l'esprit cl son activité consciente et rétléchie et l'ordre suivant :
(a) activité inconsciente, (b) nuit psychique, (cj crépuscule psychique. (d) rêverie passive, (e} rêverie active, [fj activité cérébrale complète et pensée rénéchie. La nuit psychique dans laquelle les idées surgissent dans la conscience sans que nous ayons conscience des associations qui les relient entre elles représente la forme la plus rudimentaire de raclivilé
mealaJe.
Paul Kah.n.
39. — Mangeurs et fumeurs d'opium, par le D^ E. Jeanselicb. Revue yénerale des sciences, n^ i. p. 19, 15 janvier 1907, (H pages).
L'auteur présente une étude complète sur l'opium ; il étudie Us centres de production de ce produit, la composition chimique et les falsiflcations.
JOUHNAL DE PSYCHOLOOm
la fabricatjoQ de l'opium K tumer, tes différents modes d'absorption (mangoiirs et fumeurs d'opium}, puis il termine par nnc étude sur ta lutte contre l'opium et la cure du fumeur d'opium.
L'habitude de manger de l'opium est très répandue. On l'obserre d&os quelques régions de la Chine, mais surtout chez tes populations musulmanes de l'Inde, de ta Perse, de l'Asie-Mineure. de la Turquie d'Asie. Elle est vieille et a été signalée en 1660 pas le P. Raptiaël. Chardin qui visita la Perse de 1671 k 1677 en parle aussi, Manfié, l'opium provoque d'abord une excitation gaie qui l'ail place bieutôl à. une profonde dépression. A la longue, l'abus de l'opium (la dose ordinaire est de 0 gr. 03 à 0 gr. 12 par jour* m&is beaucoup de mangeurs arrivent à en absorber jusqu'à 7 àlOgrammes) engendre un affaiblissement des fonctions génésiques, la perte de l'appélît, des nausées, des vomissements et enfin uue diarrhée incoercible qui détermine la uiort ; le caractère se modifie profondément et l'individu tombe dans une coniplêle apaltiie qui Unit en gâtisme.
Les fumeurs sont innombrables en Chine, et nombre d'Européens le âoot devenus. Des fumeries se sont créées dans tes grands ports en France, en Angleterre et en Amérique.
L'effet de ta pipe est une félicité parfaite ; l'esprit .se libère des attaches terrestres, tout souci s'efface, l'intelligence et la mémoire s'exaltent, la parole est facile et ta pensée prompte. J. donne en témoignage une page de Loti tirée des Dernier» jours de Pékin. Après la phase d'excitation arrive un profond sommeil dont le fumeur sort engourdi, aussi sera-l-il obligé de demander à quelques pipes le retour de son activité cérébrale.
Halticureusement. si quelques pipes ne peuvent faire grand mal, l'individu qui en a pris t'habitudie augmente toujours la dose et arrive an chiffre formidable d'une centaine de pipes par jour, représentant 25 grammes d'opium environ. Le besoin en est tel, que, si pour nne cause quelconque, le fumeur en est privé quelque temps, dès qu'il le peut il se pré* cipite sur sa pipe et en aspire les bouffées avec une véritable excitation maniaque.
Le fumeur d'opium à la longue devient morne et silencieux ; il finit par tomber dans uue misère physiologique complète, mais contrairement à l'alcoolique, il ne devient pas aliéné.
J. étudie aussi les moyens des gouvernements pour arrêter l'envahissement de ce poison. 11 termine son article par l'élude de la cure du fumeur; il montre que le meilleur procédé est ta suppression brusque même pour un graodfumeur; les premiers jours seront pénibles, le fumeur passera par une crise d'insomnie, de névralgies, de crampes que l'on soignera par des moyens appropries, puis il entrera dans une longue convalescence. Ce irailement ne pourra se faire que dans des maisons spéciales ou le malaile sera surveille. La suppression lente accompagnée de prise d'opinm, mais surtout de piqûres de morphine pour calmer les angoisses ne fait que substituer une absorption plus nocive par nne antre vole ; elle a souvent
SBN8ATI0SS ET MOUVE34BSTS 139
&iD6i&ggr&vé Usituatioadu malade; celle méthode esldooc complètement k rejeter.
A. GUIRYSSB-
BO. — Devons nous retenir l'expression « oérébration inoonsciente » poor désigner certains procossus liés à la vie mentale? par A. -11. PiBBCB. The Journal of PMlosophy Psychotogy and scientific méthode, 8 novembre 1906. p. 626-631.
Le sens qui doit être doDué à « încouscteot *, le dislingue effcclivemeot de 0 subconscient», d'une p&rt, eld' n ininteiUionnel » d'autre pari. Et quand nous sommes assurés que les activités cérébrales se sont exercées absolument sans être accompagnées par une conscience correspondante quoiqu'elle fut essenlielle pour les processus conscients qui se produiront ensuite, nous pouvons dire en ce cas qu'il y a eu cérébralion inconsciente. Et pour désigner ces activités et expliquer les faits indubitables d'expérience qu'on ne peut compreudre autrement, l'expression « cérébration inconsciente » semble rendre un service assez grand pour que son emploi soit légitime
et que sa durée soit garantie.
Abel Rzv.
\\l. — SENSATIONS KT MOUVEMENTS.
61. — ClasBLÛcation génétique des sensations, par E. Pbillauiis. Actes du V" Congrès International de Psychologie, p. 399.
La classification génétique des sensations, c'est-à-dire des états qu'on peut transformer eu perceptions, distribue les faits d'après leur onlre d'apparition. Pour cela P. s'appuie sur le développement du système nerveux, puis sur les expériences d'excitatiun électrique des sphères sensorielles corticales. On en peut conclure, avec des réserves à l'ordre suivant :
1° Sensations cénesthésiques: viscérales, organiques, tactiles, kinesthésiques.
S* Sensations olfactives.
3^ Sensations auditives des bruits.
4* Sensations optiques.
V Sensations de timbre.
On ne sait rien des oerfs de la gustation. On n'en connaît pas le centre
cortical.
Paul Kabm.
62. — Physiopathologie clinique delà ▼ision, par Grasset (U.-J.). Rev. Scientif., 5" s., Ill, 71-75 (3 Ilg).
Les appareils nerveux de la vision, de la direction des yeux, de l'accommodation visuelle, etc. ont des centres corticaux recono'is par les neuro-
iiO
JOURS A h DB PSYCUOLOOJE
logisLes de la génération présente. Leurs prédécesseurs en avaicul seulement reconnu les centres mèsocèphaliquea.
Mor&t donne le conseil suivant : « au lieu de dissocier et situer à part la sensibilité et la motricité, il faut au coolraire les associer étroitement dans l'exécution des diverses fonctions. ■> Conformément à ce principe général, G. construit des schémas fort simples des voies nerveuses seusoriomotrices de la visioD, et les résume ainsi : « Chaque hémisphère contient donc l'entier appareil sensoriomoteur pour voir et regarder du côté opposé, p
Ces schémas permettent de figurer clairement les troubles nerveux de la vision : amblyopie directe ; hèmianopsie bilatérale homonyme, soit avec cooservaliou, soit avec disparition des réflexes iridiens a la lumière.
G. It. u'Allonnes.