‹ Journal de psychologie normale et pathologiqueChapitre 67 sur 161 · SI · texte numérisé non relu

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JOURSAL DR PHYCUOLOGiK

nanlv leur chemise à deux mains, de pister par la téliniùre tl par ]ft manche droite. »

L'eavoùlemenl de haine est le plus grave, ou le pratique de diverses façons :

Par la figuriae* : image ea cire (vierge oa commune, selon Tétai physiologique de la personne), fondue à la ressemblance de la personne visée, et dans laquelle ou aura incorporé des reliques de cette personne (cheveux, dents, rognures d'ongles). Selon le rite choisi, celle figurine est vouée aux uidues infernales, ou h l'ange Anaël, ou bien reçoit tous les sacrements qu'a reçu l'enroùLé. Puis le sorcier larde la région précordiale de la figurine de coups d'aiguilles et la fait fondre peu à peu. La personne envoûtée doit mourir de langueur.

Par le crapaud : L'animal est choisi du même sexe que la personne visée, on le baptise de ses prénoms. On lui fait avaler une hostie consacrée sur laquelle le sorcier a prononcé des paroles d'exécralion. On enveloppe le crapaud dans «des objelsmagnétisés», on le lie avec les cheveux de la personne, sur lesquels le sorcier a d'abord craché, on le lue d'un coup de couteau, on lui enlève le cœur qu'on transperce jouraelleineut avec des aiguilles. Bientôt l'envoùlé meurt d'un mal inconnu.

Le cœur de crapaud peut être aussi remplacé par un cœur de veau elde mouton, ou bien celui d'un poulet.

On peut aussi enterrer le crapaud, tout vivant^ devant la porte de son ennemi.

Telles étaient les principales coutumes employées autrefois parles sorciers experts dans l'art des envoûtements. On peut considérer comme une sorte d'envoûtement de transition l'empoisonnement des animaux par l'arsenic : [porc ou truie dont le cadavre en putréfaction fournissait le liquide à dessécher pour administrer àla personne à faire disparaître (Les poisons des Borgia}.]

Quelle était la composition du poison des Borgia, dont on a tant parlé, et comment la préparait-on? M. le D' Marc Robert fournit, d'après Garelli, médecin de Charles YI, les plus circonstanciés renseignements. On prenait un porc ou de préférence une truie sur le point de mettre bas; on lui administrait de l'arsenic à dose sufOsaute pour provoquer la mort ou ravorleraeot; quand l'animal était mort, on

1. l» figurine, comme le cnpaud, consUtoe ce que les somert «ppoUent la réU

(tuUui).

MARIE ET ViOLLBT. — VKNVOVTHMSNT MODERNE

lut ouvrait le venlre, on saupoudrait d'acide arsénieux ses organes abdominaux, et on altendail que la putréfaction fût complète. Les liquides qui s*écoulaient étaient concentrés par évaporation et sous la fornie d'une poudre blanche. Que ce poison fût d'une extrême violence, à cela rien d'étonnant puisque l'action de l'acide anténieux il adjoignait celte de toutes les ptomaïnes engendrées par la pulréfaclion {Bull. (hér.).

Beaucoup plus récemment, l'envotUement a été le fond du délire de Viulraâ et de l'abbé Boullan. Ces cas classiques firent grand tapage, le dernier surtout, dans la presse politique, qui s'accorda le ridicule d'attribuer réellement la mort de Boullan, survenue eu 1893, à un envoûtement. Mais ici nous arrivons à la période conlempojaine, nous touchons aux idées actuelles sur renvoùlcment.

Nous allons en parler maintenant.

Nous passons, par-dessus les envoûteurs en petite boutique, tenanciers de sécréta anciens et mêlant l'envoûtement par les vierges, le cœur de veau et la colombe, au marc de café et aux lignes de la main. Sans parler de la modeste envoùteuse du quartier des Halles, du professeur denvoûlement (Papus. Peut-on envoûter, ^893, p. 2i et 29, publié chex Chacornac), ni même de « plus d'une vieille aibvlle à la porte de laquelle stationnent des équipages magniliques, et que viennent interroger avec anxiété les personnes les plus aisées de ta capitale » (Macario, Ànn. med. psych» 1843, t. I, p. 443), nous irons demander aux spirites et aux occultistes leurs secrets et leurs théories.

Il semble en effet qu'à une époque scienlifîque comme la nôtre, seuls ont chance d'agir longuement sur Tesprit des foules ceux qui emploient des méthodes scicnlinqucs, et dédaignant les grimoires archaïques et les formules surannées, s'entourent de preuves expérimentales et s'appuient sur des autorités indiscutées.

(Test ce que les spirites et les occultistes dont nous parlons n'ont pas manqué de faire. Ils ont pris comme bases de leurs études sur l'envoûtement les expériences de Charcol sur l'hypnotisme et l'étude ■des trois étala de l'hypnose : léthargie, catalepsie, somnambulisme. <Ie8 trois élats de l'hypnnse sont transformés l'un en l'autre, ils aont comme les degrés de l'hypnose, le premier conduisant au second et le second au troisième, par gradation ascendante. Cela étant admis un peut se demander s'il n'y a pas un quatrième, un cin-'

ftl8

JOVHSAL ÙE rsYCHOLOGlB

quième, elc...« degrés de l'bypuose. C'est la quesLîoo que 8*est posée le colonel de Hochas.

u Cet auteur a augmenté le degré de la magnélisalion du sujet, a Ce faisant il a augmenté l'ioilux nerveux notTnalement contenu dans les nerfs périphériques du sujet, et qui, normalevient, s'arrête à la peau, jusqu'à faire déborder le tégument cutané et créer autour du sujet un « champ d'intlueiice o. Les exoilalious mécaniques produites dans ce champ d'inHuence sont ressenties par le sujet. H L'étendue de ce champ d'inllueace augmente avec le degré de inagnùlisatiou. »

Si dans ce champ d^influeace oa place « certaines substances absorbant cet agent pour le renvoyer ensuite par rayonnement, n ou obtient une concrétion de cet influx nerveux fiur une matière. Chaque action mécanique désormais produite sur celte matière, sera ressentie par le sujet.

Des expériences très positives faites à ce sujet par Albert de Rochas sont consignées par M. Joléaud-Barral dans les numéros de la JuS' tice du 16 mars et du S août 189â.

Qui ne verrait là, comme de Rochas l'a vu lui-même, la reconsti* lution du tt volt » dans ta « matière iuQuencée, » cl de l'envoûlement dans toutes ces expériences? C'était^ somme toute, l'envoûtement scienLitiquement démontré et restitué &sa vogue d'autrefois.

Chacun le comprit ainsi et put bieulôt user de ces nouvelles acquisitions. Les expériences de de Rochas eurent lieu en 1892. Eu 1893, mourut t'ex-abbé Boullan, laissant un testament d'exécration conlre les Rose-Croix* à Tenvoùlement de qui il attribuait sa mort. La presse polilique s'empara de ce fait divers, parla dans le même sens que Boullan et appuya ses dires sur les expériences de de Rochas. Aucune des discussions surgies alors dans les grands quotidiens ne prèle d'intérêt au sujet que nous traitons, mais outre qu'elles montrent le degré d' u emballement » du public pour des choses dont l'exacte connaissance lui échappe , elles suscitèrent l'apparition d'une brochure de Papus : Pcut-oo envoûter? (1893) qui, en défendant les Rose-Croix, posa la question sur son véritable terrain.

A vrai dire, cette amusante petite brochure intéresse surtout par sa partie anecdolique. Elle contient une grosse erreur. Papus ne voyant en l'abbé Boullan qu'un vilain monsieur dégoûtant et non te délirant persécuté et halluciné qu'il était réellement. Mais elle éta-

i. Société d'occuliistea dirigée jiar SlaoLslu de Otuita 6t qui anit fortement malmené l'abbé BouUon aa sujet de »«s llièories.

XARIF. ET VIOU.ET — VHSVOVTBMEfiT MODEtiSE

blit une fois de plus la nécessite d'une hypnose préalable pour inQuencer le volt (p. 19). Celte brochure constiluail d'ailleurs uniquement une question, Pspus résumait les documents du procès el priait le public do conchirc d'après eux.

Ce fui un occultiste, Marius Decrespe, r|oi conclut dans une »' lettre ouverte au maître Pupus » : Oh jieuf envoûter » indique une aflirmation, el, celte aflirmalion l'auteur l'uppuie : l" Sur » la constance des traditions se rapportant à l'eavoûlemeiilqui i»ufnrait presque à faire supposer que, suivant la locution populaire, il y a quelque chose » (p. 17); 2' Sur les expériences de de Hochas, et sur celles, curieusement interprétées, de Bourru et Burot ; 3" Sur un argument anulogistique fourni par l'auttiur lui-même. Cet argument consiste en une comparaison, louablement imaginée, de la vie humaine avec une balance (levier du premier genre) et de Penvoùtemenl avec un levier du deuxième ou du troisième genre. Pour éviter la surcharge, nous ne publierons pus tout au long cet irrésumable argument, qui n a d'ailleurs pas l'intérêt d'une démonslration, et qui s'appuie sur la division, chère aux spirites el occultistes, de Tèlre humain en trois parties: l'espril, le corps el TÂme, ou corps astral, ou périspril, ou aérusome, etc. . .

Quoi qu'il en soit, renvoûlement, ainsi établi sur des bases d'apparence Scienlifique, opère en ce moment une renaissance. Limitée jusqu'à présent dans le milieu des spirites eloccull.isles, la croyance À renvoûlemenl peut envahir le grand public, ainsi qu'elle l'a déjà fait en 1893. Nous ne croyons pas celle croyance sans danger. De lAme que nous le disions à propos des folies spiriles', ces croyan- Bes n peuvent contribuer à précipiter les individus dans la voie des psychaslbénies dègénéralives jusqu'alors latentes. » C'est à la foule des prédisposés que nous pensons ici, et c'est à leur sujet que nous faisons des réserves.

A l'appui de ce que nous venons de dire, nous résumons ici une observation personnelle de J Henaud (La sorcellerie, p. 322} où des troubles hystériques se manifestèrent sous l'influence des menaces d'un sorcier.

Observation I. — Maria C .,, vingt-deux ans, domestique. — Fille d'an père bègue, mort d'une maluJie de cœur; su^ur d'une rachitique ; Maria n'a jamais été soulTranle, sauf une rougeole déjà très ancienne.

1 . Mar» et Violl«l, Spirititme el folie. Jûutnai de ptychologie normale el pathO' loffiquc, iwWai-hoiti lOOt, p i9.

no

JOVRNAl DE PfiYCUOLOGIS

Dédaigneuse des proteslations amoureuses d'un jeune homme qui passait pour sorcier. Maria lui joua un jour le tour de lui prendre : sabols et de te forcer ainsi à faire une longue route pieds dus. A la suite de celte plaisanterie, te jeune sorcier la menaça de lui jeter un sort EfTrayée de ces menaces et de la rencontre inopinée d'un chien noir, Maria fut atteinte, le jour même d'une crise byslcrique suivie tous les jours, à la même heure, de nouvelles crises. En outre, Maria eut des cauchemars pendant lesquels le sorcier lui apparaissait et la violait. Tous les hahilants du village Turent d'avis que Maria avait été « enkérandée u

Ces crises ne prirent fin que lorsqu'un sorcier d'un village voi5in eut fait, devant la malade, le nécessaire (transpereemenl du cœur du premier sorcier, représenté par un cœur de mouton, avec des caboches, clous de sabotier- Ces crises revinrent au bout d'un mois k la suite d*une nouvelle rencontre de Maria avec son méchant sorcier. Elles ne guérirenlqu'au bout de longs mois d'internement dans un asile d'aliénés.

Dans ce cas, on voit nettement les crises hystériques succéder aux menaces du sorcier, et à l'aulo-suggestion d'envoûtement contrebalancée ensuite par un conlrenvoùltemenl.

Observation II. — G. M..., vingt et un ans, employé de commerce.

f Sainte-Anne : 30juin 1904.

3 Internements. ] Villejuif: 8 juillet 1904.

Charenton : It octobre 1904.

Ce malade est un prédisposé à stigmate physique et psychique- A.vec un développement moyen de l'instruction générale, il a subi l'influence d'un milieu familial taré du cûté paternel surtout, si Ton en juge par la lettre que nous citerons plus loin; à la puberté s*esl révélée la moindre résistance mentale et sont écloses des boufTées délirantes polymorphes & l'occasion d*an état infectueux surajouté (grippe).

Les certificats développés sont signiGcalifs : Dégénérescence mentale» excitation maniaque confusion mentale, délire polymorphe mysticopolitique, etc.

L'interrogatoire & l'entrée montre une prédominance de préoccupations ambitieuses et de persécution à teinte mystico-politîque.

Il a étudié les sciences occultes, il est poète, il est royaliste, est des trois ordres, chevalier de l'action et de l'apostolat, etc. ..

MARIE ET VIOLLET. - L'BSVOVTEMEST HODBU^E

Les francs-maçons le poursuivent, il les entend raisonner contre lui à Pnpus et à Ibe de NuJieu, un prêtre défroqué surlouL te poursuit et l'envoûtte, etc. .

A. P. — Le premier accès délirant, s'est déclaré en IDOt (blcnnorrbagie entre temps, que le malade et la famille altrihucnl à un sort).

A. H. — Mère nerveuse, père débile, crédule et déliianl.

Un frère mort h vingt-quatre ans. de tuberculose, un cadet, mort à vingt-cinq ans, subitement ; ces deux décès sont attribués âTenvouItement parla famille iulerrogée et le père se décèle un délirant actif mieux systénialisé qui semble avoir fait avec li^ malade un délire combiné ; le délire de l*ascendant semble avoir influé sur la couleur de celui du fils et lui avoir donné son orientation (envoùltement). c'est un délire communiqué passif grelfé sur une prédisposition héréditaire commune.

Le malade a eu la rougeole à trois ans i/i. — DIésite, asymétrie faciale, hernie inguinale droite.

Il y a deux ans, grippe infectieuse : (an peu de délire pendant la période fébrile).

11 y a un an environ déclare à ses parents qu'il vient d'aller sur la tombe de son frère oii il a entendu une voix lui dire d'aller accomplir une mission à Bourges, pays de ses parents.

Devenu très irritable (aflectueux autrefois) ne supportait plus aucune contradiction. — Depuis six semaines voulait se marier avec toutes les personnes qu'il rencontrait — allumait des cierges dans sa chambre pour prier et se préparer h se marier (ne buvait pas).

Blennorrhagie il y a trois semaines, te malade prétend que celle-ci provient de manœuvres d'cnvoûllement et s^est déclarée spontanément ; ils'enestaperçu àrinllammation du prépuce. (Parle avec volubilité et s'excite au cours de l'inLerrogatoireJ.ll est Français, royaliste et catholique convaincu, divagations ambitieuses frivoles de nature erotique et myslico-poliliques mélangées. Il a fréquenté, dit-îl, une demoiselle illustre, parente & une famille qui date de ilOO. Se plaint d'être congestionne de la tète par le surmenage, en même temps que par M'^Champin, modiste, avec laquelle il a attrapé la chaudepisse, à la même époque (c'est le résultat d'une maladie artificielle, car cette personne est au-dessus de tout soupçon).

11 est d'ailleurs persécuté par les francs-maçons a c'est au Très Haut à les Juger » on a essayé par d'autres euvuùltemeuts de rendre fou son père, d'enrager un de ses frères, d'en empoisonner un autre, et de lui prendre son intelligence. Il est enTOûllé par un prêtre

JOURS AL ÛB PSYCaOLOGIB

déProqué el une sorcière. Il a su comprendre seul les expériences de Papus. Coonait la dachessc d'Uzès el sainl Fiacre à qui il va abaisser les idées. Il est poète, a adressé b sa mère des vers pleins de forces et de talent....

La famille s'était intéressée à la mère d'un jeune séminariste. La mère était femme de journée; lui lors de ses S3rties se vantail d*étudier ruccullisme de fagon à faire. du mal à beaucoup de gens (la moitié de la ville de Bourges, disait-il, était en sa puissance).

Il venait en l'absence du père de famille et terrurisail les siens, ajoute qu'il cherchait à la détourner, ta mère du malade, de ses devoirs avec des tours de cartes et autres manœuvres.

Dans les derniers temps les rapports conjugaux ont été par lui rendus momentanément impossibles. Douleurs de la famille, perte de position du mari (aiguillettes nouées). Ensuite, perte d'argent, perle de place et perte de santé des divers membres de la famille el même de leurs animaux domestiques. Jamais l'envoùltement n'a donué de crises nerveuses à la femme.

Le supérieur, saisi d'une plainte a dit que le séminariste n'était pas coupable; ensuite, cependant il Ta chassé du séminaire. Le père afOrme qu'on s'est servi d'un médium en la personne de son Ois par l'envoùltement magnétique.

Voici d'ailleurs ce qu'il dil :

• Paris, le 10 octobre lOOi.

« Monsieur le Docteur,

et En réponse à la demande que vous m'avez faite, lors de noire entretien au sujet de mon Ûls — je m'empresse de vous fouroir quelques renseignements de nature h vous éclairer sur les agissements dont nous sommes poursuivis depuis plusieurs années.

a Ku IBOK, il s est présenté à notre domicile un jeune séminariste du diocèse de Bourges (Cher) que nous avions connu autrefois ainsi que sa famille. Après avoir rélléchi et sachant que ce dernier s'occupait beaucoup de sciences secrètes dans le but de faire le mal; sur ma recommandation très formelle, la bonne lui refusa entrée dans ma maison malgré que celui-ci insista plusieurs fois. A peine fut-il parti, que toutes les chaises de l'appartement furent renversées. Les jours suivants, la batterie de cuisine se trouva déposée à terre contre la porte, puis des coups résonnèrent dans toutes les porles. Ces choses abominables se renouvelèrent à chaque instant, ce qui jeta parmi nous la plus grande consternation. Entre autre, ma femme se tiouvant à travailler près de la fenêtre de sachambre, quand sou-

de

MARIE ET VIOU.ET. — L ESVni/TEMEST MODERSK

daia ua coup de fusil dont on n'a jamais su la provenance, vint briser un carreau de ladite fenêtre et qui par miracle n'atteint pan ma femme, qui en gnrJa une forte émotion. Une enquête faite aussitôt dans l'immeuble n'amena aucun résultat.

«AU suite de tous ces tristes événements, je me suis empressa d'en rendre compte immédiatement au supérieur du séminaire de' Bourges dans le but de faire admonester ce singulier séminariste, qui peu de temps après fut congédié de l'établissement.

*r Ce dernier, pour se veuger, adressa k ma (emnie uue lettre des plus injurieuse:!, depuis, cet individu s'est marié en se fixant à Paris, naturellement tout en continuant contre nous ses manœuvres diaboliques. Pour cela, il s'assura le concours d'une personne que uous coonaissions, comme usant des mêmes procédés. 11 n'y a pas d'épreuves, Boit en maladies de toutes sortes, perte d'argeut, de position et la mort même que nous ayons eu à souffrir. Du reste il y aura bientôt trois ans. J'ai perdu mon fils atné ngé de vingl-qunlre ans, k la suîle d'une maladie de langueur, malgré les soins assidus de plu* sieurs grands médecins. Après cette perte si cruelle, mon jeune nis Marcel (actuellement à Villejuif) de son naturel très nerveux, mais n'ayant jamuia eu de troubles cérébraux, eut des nuits successives très agitées^ à tel point qu'il ne pouvait prendre le moindre sommeil, tout en soufTranl de violents maux de tète qui nous elTrayèrenl beaucoup. Malheureusement pour nous, cette triste situation 8 aggrava de jour en jour et le pauvre enfant se trouva dans uo tel état alarmant, que je dus le faire interner aussitôt sur l'ordre de mon médecin.

La mère du malade se déroba à tout interrogatoire direct et parait avoir eu recours au cuntre-envoùltement. Voici sa dernière lettre :

tt Gomme suite à la visite que mon mari a eu le plaisir de vous faire martii dernier, j'ai le regret de vous annoncer qu'étant indisposée, il me sera impossible de me rendre àvotrebnreau, pour vous •entretenir de l'aCTaire qui nous concerne. Du reste, je ne pourruis pas vous en dire plus long d'une façon aussi détaillée que vous l'a ^ait mon mari. Tout en vous remercinnl siacèremeut de l'intérêt que ^ous nous avez porté jusqu'à ce jour et de votre désir de remédier à •<es douloureux incidents, j'ai l'honneur de vous faire connaître. qu'une personne s'occupant spécialement de ces sortes de sciences, 4&bien voulu depuis quelques mois, nous olTrir son concours très efQ- ^ïacc, surtout en ce qui concerne mon fils Marcel qui se trouve très S>ien « hors de danger. » (Décédé de tuberculose depuis.)

JOURNAL un fsrcHOLoaw

*t En conséquence, monsieur le Docteur^ je Tousserais bien obligée de délniire les rapports ou écriU, que vous auriez pu Taire à ce sujet et considérer notre requête prés de vous comme non avenue.

« Je vous prie d'agréer, monsieur le Docteur, avec mes sincères remerciements, l'hommage de mon profond respect (janvier 1905).

Obsbrvatiom III. — Les milieux urbains ne sont pas les seuls à pfttir de cette reviviscence superstitieuse. Nos campagnes ofTrent encore des exemples fréquents du leur survivance vivace.

Une malade que nous avons observée eut, il y a trente ans, à l'âge de vingt-huit ans» une maladie bizarre (crampes d'estomac» pendant plusieurs années, vomissements, etc.}.

A cette époque elle comprit qu'elle était travaillée avec des clons^ sur des cœw's de bœufs, aussi avait-elle l'estomac croisé.

Elle désigna bicntii^t son persécuteur un nommé Nicolas. C'est & la suite de ses manœuvres occultes qu'elle resta dix ans sans enfants, puis eut un accouchement difQcile il y a vingt ans dans le momenl de la procédure^ dit-elle (procès de mitoyenneté à cette date, perte progressive de 15.000 francs, en procès)» le procès fut perdu (manie processive probable).

Elle alla se plaindre & l'archevêque qui lui ûta son mal pour six an8(contre'envoàlte[nenl. par suggestion). Maisàla niortdudit archevêque « ça reprit ily a huitans u. Elle alla ranoëe suivante en pèlerinage à Sainte-Solange et elle fut soulagée, mais ça recommença bienlût après, elle était obligée de retourner chaque année à Sainte- Solange (autosuggestion d'arrél).

Elle a cinquante-huit ans, mariée à dix-huit ans. mère à vingthuit d'un eofantmâlemort, &la quarante-neuvième année de la mère.

Il y a neuf ans qu'on lui a fait cela (soupçon d'eavoùtemenl mortel sur l'enfant).

Les persécuteurs étaient des parents, qui pour hériter d^elle la faisaient envoùlter par Nicolas V.

Son nu étant mort (euvoulté aussi suivant elle), elle demeura mal avec ses parents, a il y a une soixantaine qu'ils ne nous causent pas n.

(Contre-envoultemenl rétrospectif). Elle fit dire des messes ponr son enfant, mais s'aperçut que le mauvais prêtre était acquis & ses ennemis et voulait la violer- Un autre prêtre plus JVgé (mort depuis) avait d'ailleurs refusé la communion à son fils (délire palaiugnostic).

Elle s'est alors adressée au devin de Nizerotle. Celui-ci lui a promis

MARIE BT ViOLLET. — lENVOVTEMRST MODRRNH

lui faire voir ses persécuteur», il lui a ainsi extorqué 300 francs. Cepeudaotelle obtint, dit-etle, il y a douze ans, l'apparition de ta Vierge avec l'enfant Jésus, puis de saint Joseph sous la tlgure d'un mendiant sur la roule. Ce mendiant est revenu h plusieurs reprises suus des Ggures différentes coulant ensuite comme une étoile (interprétations délirantes et itluslons). Elle fait ta deaeription du mendiant pris pour saint Joseph. C'est surtout depuis la ménopause que sont apparues les hallucinations multiples conflrmalives d'un délire passé à la phase euphorique de visions mystiques consolantes.

I OssKnvATioN IV, — Cueillons en terminant un fait divers récent signiticatif & notre point de vue comme cas d'envoûtement délirant, V Envoûté. — Un drame qui fort heurtiusement a causé beaucoup |)lu8 d'émoi que de mal, s'est déroulé, bier matin, en face du domi* cite de H. H... négociant, vice-président de la chambre syndicale de la passementerie.

Ce dernier sortait de son magasin, quand un de ses anciens employés, L. Mas... âgé de dix-neuf ans, demeurant, !>. passage Nollet, tira sur lui, par derrière, trois coups de revolvnr. Par nn ba.sard providentiel, la seule balle qui l'atleignit vint s'aplatir sur un des boutons de sa redingote.

Arrêté presque aussitôt, L. Mas... dont la père est un ancien professeur au collège Stanislas, fut conduit devant M. D..., commissaire de police du quartier Bonne-Nouvelle, à qui il déclara qu'il avait accompli son acte criminel sous une influence hypnotique.

Je m'adonne avec passion à l'étude des sciences ocoulles, expliqua-

l-it; par conséquent, j'ai la prétention de m'y connaître un peu sur

I Ce sujet. Ehl bien, je ne vous le caclieraipas ; M. M... m'a envoûté et

il me fait mourir ii petit feu, ainsi que le l>^ T..., qui me soigne pour

la tuberculose, à Thùpilal Bcaujon.

Le magistrat n'en demanda pas davantage; il fil conduire séance tenante le pauvre détraqué à ilnllrmerie spéciale du Dépôt. Quand à M. Ma. .. il a refusé de porter plainte. Nous en avons assez dit pour montrer que l'envoûtement ancien et moderne est encore pratiqué et que ta croyance à son action efficace fait encore tourner des tètes faibles. C'est un chapitre de plus à la hantise suivant Maxwell, hantise avec laquelle l'envoûLeinent se combine comme on l'af pu voir dans les faits [hantises personnelles (aiguillettes et sorts, etc.) et hantises locales, observation llj.

D'' A. Mabik et M. Vioi-let.

Jourtiftl d« psjrchologit. 15

NOTES ET DOCUMENTS

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