‹ Journal de psychologie normale et pathologiqueChapitre 73 sur 161 · SIM · texte numérisé non relu

SIM

JOVRSAl DE PSYCHOLOGIE

la géomélrie entre les processus psychiques el les physiques. I,'&uleur étudie les systèmes de couleurs réels et possibles, sans ^'occuper des conditions phy^'iques el par rapport aux seuls caraclcres psychologiques des pbcuo* mènes. L'obstacle que présente la soluliun d'un pareil problème provient d'un double préjugé : t° La considération du «i^c/re; 2<* La théorie des eomi osantes.

I. — Le spectre ne représente la diversité des couleurs ni d'une manière adèi|uaie, ni d'une manicrc complèic. Il pié.^eitte des lacunes vers le pour-i pi'c ; le bleu, le jaune el le vert peuvent n'y i'trc pas reprcsculés. l-e contraire se produit dans le spccirc renversé, mais dans l'un cl l'autre cas, il s'agit d'une superposition de lonfçuenrs d'ondes et la qualité de l'impression lumineuse dépend moin^ de la présence de certains rayons que de l'absence de certains autres. La considération du speclre a conduit A bien des erreurs dans l'étude di' t'achromatopsic, elle a empêché de reconnaître que dans un système di-chromalique il y a, non pas une. mais deux zoues neutres- Cette seconde zone neutre apparaît nettement dans le spectre renversé;

dans celui-ci les couleurs dominantes sont : le bleu, le pourpre et le jaune. Un $peclre ihutU (i la fuis droit et renversé) a été employé par Bairii et Hichardson dans leurs expériences.

II. — Quant à l'hypothèse des composantes, toutes les considérations sur le sens de la lumière ou celui de la couleur y sont subordonnées. Cependant les processus rétiniens on ceux qui se passent dans l'organe cea- Irai ne duivenl pas devenir le lit de Procuste dans lequel on fera entreries faits enregistrés par la conscience. Ces faits varient suivant trois facteurs ; Vintetisilé, le Ion de coloration et la saturation. La théorie que l'auteur cherche à é'.ablir devrait être une formule posant tous les rapports, réels el possibles entre les sensalions, en fonclion de ces trois variabli^a. Il n'y a que trois cas possibles : l" la dilTéretice qualitative est nulle : 2" on conslale deux qualilés antagonistes; 2" une inHuilé de qualités. Mais tous les essais qui tentent de ramener la diversité des couleurs à ua nombre restreîDl de couleurs londameulales duivenl être repousses.

Il devient facile de classer les systèmes de couleurs, on distinguera : a) Ceux qui n'ont qu'une qualité lumineuse» sans dislIncLioD de couleur?, soit les systèmes achromatique»; b) Les systèmes où deux qualités antagonistes sont distinguées, soit dichroniati'/urg ; c) Les systèmes à qualités multiples, ou polychroiitatiqucs. Les deux derniers groupes présentent toutes espèce*^ de variétés^ on peut les étudier à l'aide du cône de Wundl qui permet de déterminer le lieu géométrique : d'une qualité de couleur, d une taturation el d'une intensité lumineuse précises. Grâce au même lustiumeat, on peut aussi reconnaiire les pulychromates anormaux.

Les cas les plus fréquents de dicbromasie sont ceux où les groupes orange bleu ou jaune violet sont conservés.

Les dicbrumates restent pareils aux individus normaux dans la perception de la tonalité alFective : la partie des longues ondes du spectre est appelée «< chaude ». celle des ondes courtes « froide ».

Les expériences précédentes ne dctermiueut pas les relations de la sensaliou avec les circonstances de temps ni de lieu. Ces dernières importent.

SBSSATIONS ET MOUVBMESTS

epcn<lant, car les conchisîons antérieures ne valent qae pour le centre de la rétine dont chaque point a son cône propre.

Les dct'enseurs de la théorie des composantes invoquent cet argnmenl

ne certaines couleurs ne subissent aucune translormation en passant du Centre k la périphérie : mais le fait De proure rien et s'expliqae anssi bien sans admettre l'exiâteiice de couleurs ftindamenlales. ^fon seulement il y a pour chaque couleur une couleur cuinpiémeutaire, il existe en outre pour chaque couple complémcnletrc un couple supplémentaire.

L'auteur conteste l'existence de phénomènes inconscients, II n'admet que celle de phénomènes insurii^ammcnt observés et surtout il s'en prend au tangage du désaccord entre ce que nous percevons et ce que nous affirmons percevoir, t^ langage présuppose que tout est objet d'aperception : cela est faux et nous dénaturons forcément ce que nous ressentons quand nous traduisons l'indistinct et L'imprécis dans la langue des CODepts.

Dans la vision binoculaire, par exemple, l'ignorant prétend qu'il n'y a ^pas deux Images, mais a-t-il le droit de faire celte affirmation puisqu'il se sert sons cesse de deux images pour effectuer la localisation eu profonlear ?

G. Dos

109. — Contribution à la psychodynamique des sensations de poids (Beitrâec ziii* Psychodynauiik der CiONvichlempfindungeu), par A. Lbh- «ANS. Aft'hiv. f. lUc tfesamU Psycholoffif, 12 jauv. 1906.

Par le terme n sensation de poids >* l'auteur entend le groupe de sensallons (de pression, s. musculaires et de mouvement) éprouvées à la fois Drsqu'on soulève un objet. Chaonne d'elles a son importance relative, nais les recherches de l'auteur ne portent qu'indirectement sur elles : elles Dnsiituent surtout un chapitre supplémentaire à son livre sur « les élésenls de psvchodynamique a. L... y a monlré que les trois erreurs de temps constatées par Fechner ù propos des sensations de son, proviennent d'une même cause, l'adaplation. Les sensations de puiils so compurtent absolument comme celles de son : elles ont été trop peu étudiées jus- ]u'ici.

Les expéri<>nce8 de L... consistent à faire soulever des poids suivant un 'V/i.v^meïr*^»r^f/H/ï'eï'etmcsuréaumélronomc,carradaptation varie en fonction de l'intervalle de temps entre les processus. L'élévation se fait niécaniquencnt, afin d'éviter t'inlluence de l'attention ; la méthode employée est celle Ses limites, la main droite seule ajïit. Lorsque l'excitation est faible, l'erreur de temps est posilive, elle est négative pour une excitation forte, résultat déjà obtenu par Mûlter et Schumann. Comment s'expliquer que Terreur puisse être positive ? Il faut, pour cela, examiner sur quoi porte la comparaison. Elle porte sur les efléts de l'innervation, soit sur la rapidité avec laquelle les poids août soulevés, soit sur les sensations articuliircg (théorie Uûller-Schumanu). La discrimination reste, en ce cas, plus grossière que quand on procède plus lentement, en tenant compte des sensations àeprcait'on et de tension : par celles-ci s'explique l'erreur posilive; car poursoulepcr les deux poids A comparer, il faut deux actes d'innervation diiïérenls Journal de psychologie. 17

JOVHSAL VE PHYCHOLOOm

dont le second, mieux mdapté, fera ealimer le second poids plus léger qu'il

ne l'est.

L'auteur détermine ensuite quanlitativemenl cette erreur positîre. Puis il établit la signilication des sen»atioDS de ;ire«sion : elles jouent un rôle môme quand celles de tension sont absentes et leur seule raodJÛcatlon suflU & altérer notre juçemenl de poids.

Quelle est riiiflucoce de l'exercice et de la fatigue? Muller et Schumann ont df'jà moiilrê que par l'exercice une erreur uégalive devient posilire, mais ce qui parait attribuaMe & la fatigue prorient plutûl de la vitesse d'élëration du poids. Frôbes a conclu d'expériences analogues que « l'itnpresaion absolue » du dernier poids soulevé était déterminante, mais cette « impression absolue i> n'est que te résultat d'une comparaison inconsciente, elle est très relative et déterminée par des images.

La méthode employée est iosurfisante. les poids sont soupesés pendant un temps trop court et le sujet sait, en outre, dans quel sens le poids va se modifier; c'e»l pourquoi l'auteur procède aussi par la méthode des cons- Uoles dans laquelle les poids sont variés sans aucun ordre. Les deux cnélbodes donnent des résultats très dissemblable?, on conslaie, dans la seconde une tendance régulière à exagérer la valeur de l'excitation.

Ces recherches sont très importantes, elles permellroul d'établir les lois principales de la psycho-djrnaraique dans tous les domaines sensoriels. Dans ses expériences L..., a toujours supposé que les poids étaient soulevés doucement et sans secousse, en ce cas. un poids parait d'autant plus grand qu'il est soulevé avec une rapidité plus grande. Mais en vertu de la théorie de Millier, c'est l'inverse qui se produit quand les poids sont soulevés brusquement. Un vaste champ reste enlln à explorer : c'est celui des diflërences individuelles que présente l'adaptation.

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