‹ Journal de psychologie normale et pathologiqueChapitre 89 sur 161 · LûgDol-LaTastine., toc, cil.^î* partie · texte numérisé non relu

LûgDol-LaTastine., toc, cil.^î* partie

lAïayEK-lAVAf^^TISE. — LK PLBXVS SOLAIRE ET SES FOSCTIONH Z\\i

Dans celle manière de voir, une premifere question qui se pose est de savoir si toutes les voies de conduction, qui sont décrites dons le système sympalhique, eut bien ce caractère sympathique d'un relais 8or leur trajet.

li n'existe qu'une exception. Ce sont les grosses fibres afférentes à myéline, dont lu centre trophique est datis le ganglion cérèbrospinai, qui atleignent la moelle par les racines postérieures, et dont le prolongement proloplasmique vient des viscères alnlnmînaux Ces nbrcs ont absolument tous les caractcrca des fibres cérébro-spinales sensitives ; elles en ont le diamètre, la myéline, le siège de leur centre trophique. Elles n'en diffèrent que par leur origine. Leur extrémité proloplasmique est en connexion avec des viscères, au lieu d'être en connexion avec la peau des membres par exemple. Cette difTérence de connexion n'implique pas une difTérence de nature. Ce sont des fibres cérébro-spinales centripètes viscérales ; ce ne sont pas des Hbres sympathiques. En les envisageant de la sorte> le système sympathique est nettement limité. Son ensemble est formé par une réunion de nerfs d'une espèce particulière. Les neurones qui les forment ont leurs centres Irophiques dans les ganglions sympathiques et dans la moelle.

Les voies périphérigurs, dilca afTérenles du plexus solaire, sont par définition des fibres à action positive : fibres motrices, qui n'ont certainement pas de relais au nivcan des ganglions solaires et des libres vaso-constrictives. £n eftet, selonlaloi de Claude Rernardappliquéepar Daslre et Moral au système sympathique, toute fîbre qui va directement à un organe ne peut être ni inhibitrice, ni vaso-dilatatrice» puisque la vaso-dilatation u^est qu'une variété d'inhibition. La détermination des territoires innervés par ces difTérentes fibres n'a pas à être indiquée ici ; la détermination des territoires des fibres musculo-motrices est faite par l'expérimentatioti portant sur les voies inlercentrales, et la détermination des territoires des fibres vasoeonstrictives découle naturellement des expériences sur le carrefour solaire.

L'étude des voies de conduction au niveau du carrefour solaire donne la clef de la topographie l'onctionoelle de la partie la plus importante du sympathique abdominal. En plus du trajet des vasoconstricteurs et de leurs connexions avec les ganglions, cette étude

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comprend le problème de Texislence, de la valeur et du râle des fibres iahibilrices et vaso-dilatatrices.

Le trajet intra-solaire des fibres va^o-constrictrices a été étudié dans une série d'expériences qu'en 1001 et 1902 nous avons poursuivies, avec M. Hallioii, dans le laboratoire de M. François-Franck au Collège de France.

Dans une première expérience sur le trajet des vaso-constricteurs du rem, on constate les faitâ suivants d'une interprétation facile L'excitation du sympathique Ihoracique à la hauteur du 11* communicant produit la vaso-constriction du reîn gauche, l'clévalion de la pression artérielle et l' augmentation de volume du reîn droit.

Celte augmentation de volume du rein droit dépend évidemment de l'élévation de la pression artérielle. On aurait pu constater le même phénomène an uireau du foie, des fosses nasales, du cerveau. Alors que le reîn gauche présente unevasoconstriction active, le rein droit a subi passivement une augmentation de volume.

Celte action difTérente des deux reins continue à se produire après la ligature du ganglion semi-lunaire gauche, sous l'inDoence de Texcitationdu sympathique Ihoracique intact ou sectionné, à la hau' leur du 11* communicant.

Ainsi, les vaso-conslrictions du rein ne passent pas par le ganglion semi-lunaire ; ils sont contenus dans le splanchnique, aorlent de la moelle à la hauteur ou au-dessous du tt" communicant, ont une dialribulion uni-latérale.

L'excitation du sympathique Ihoracique, faite ensuite du côté droit, donne pourle rein droit des résultats absolument comparables et de plus produit nettement, alorsque le phénomène était discutable & gauche, une vasoconstriction del'inlcstin, même après section des deux ganglions semi-lunaires.

Des vaso-constricteurs de l'intestin grêle sont donc coolenus dans le sympathique au niveau et au-dessous du 11* communicant, ils atleij^uent, ou du moins certains atteignent l'intestin sans passer par les ganglions sejni-lunaires.

Une deuxième expérience met en évidence le trajet des vaso-constricteurs de la rate et de Vinteslin.

La ligature du ganglion semi-lunaire gauche produit immédiate-

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ment, avec l'élévation de la pression artérielle, la vaso-constriction de la rate et de l'inlestin.

C'est là une vaso-constriction réflexe des viscères abdominaux, processus de défense réactionnelle contre le traumatisme intense. Ce phénomène, intéressant au point de vue général, ne nous intéresse pas au point de vue particulier du trajet des vaso-constricteurs. Kl n'en est plus de même des phénomènes paralytiques, qui surviennent quatre minutes après cette ligature du ganglion semi-lunnlre gauche. A la vaso-constriction intestinale et splénique avec élévation de la pression succède une vaso-dilatation avec abaissement de la pression. Cette vaso-dilatation, éphémère pour l'intestin (une minute), dure beaucoup plus longtemps ponr ta rate (dix minutes).

L'hypothësede dilatation active par excitation secondaire des vasodilatateurs n'est pas acceptable, d'abord parce qu'ici il y a une cause paralytique évidente, la ligature, et qu'ensuite cette ligature périphérique ne peut avoir détruit l'action des vaso-dilatateurs, ceux-ci étant essentiellement inlercentraux (Dsstre et Morat).

Il faut donc admettre une vaso-dilatation paralytique. La ligature du ganglion mésenièrique gauche produit les mêmes phénomènes immédiats que la ligature du semi-lunaire, mais la vaso-dilatation consécutive de l'intestin est beaucoup plus considérable qu'elle ne Tavait été précédemment.

Ceci permet d'induire que, si les vaso-constricteurs de la rate passent par le ganglion semi-lunaire gauche, ceux de Vintestin passent par le ganglion mésentérique.

Cette induction est pleinement confirmée par l'épreuve inverse. L'excitation du bout périphérique du ganglion semi-lunaire gauche produit une vaso-constriction très forte de la rate et n'agit pas sur l'intestin. La même excitation sur le bout périphérique du ganglion mésentérique supérieur gauche produit une vaso-constriction très forte de l'intestin et n'agit pas sur la rate.

Les vaso-constricteurs de la rate sont donc contenus dans le ganglion semi-lunaire gauche ; ceux de l'intestin grêle dans le mésentérique gauche.

Les mêmes expériences, faites sur les ganglions solaires droits, donnent des résultats parallèles. La ligature du semi-lunaire </roi7 produit la vaso-constriction de l'inleslin et laisse immobile la

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rate. Cello du mè&«uLérîque supérieur produit le même elTet, mais plus intense sur l'iuteâliit, La va&o-coastrictioQ de l'iulesliu, lors de la ligalure du ganglion semi-lunaire droit, parait un phénoinèDe de sensibilité récurrente.

Eq elTet. l'excitalion du bout périphérique du gaoglioD semilunaire droit ne produit aucune action sur la rate ni riolestia. L'èlévatiou de la pression qui la déleruiine est expliquée par la raso-coastricLion du foie.

Les vaso<onstricleur8 du foie passent donc par le ganglion semilunatre droit.

L'excitation du bout périphérique du gaaa;]ion mésentérique sapé rieur droit proJuiLune forte vuso-conatricLiou intesLiuate.

Les deux ganglions méseotêriques supérieurs contiennent donc l'un et l'autre des vaso-moteurs pour la même partie de Tintestio grôlc. Ils innervent tout le domaine de L'artère mésentérique supérieure.

Celle innervation double explique TabseDce de paralysie vasomotrice inlestîn&le lors des sections uailatérales des splanohuiqucs ou des ganglions mésentcriquea.

Cette expérience montre par uû passent les vaso-conslricleurs. L'ne dernière épreuve, l'excitation du crural, en produisant l'élévation concordante des trois tracés de la rate, de l'intestin el de la pression artérielle, démontre, par la passivité des organes étudiés, rate et intestin grèle^ que, non seulement des vaso-constricteurs passent par où nous les avons notés, mais qu'il n'eu passe pas ailleurs.

De ces faits nous pouvons conclure que le ganglion semi-lunaire gauche commande les vaso-moteurs de la rate, le semi-lunaire droit les vaso-moteurs du foie, les jnésentérigues supérieurs les vaso-fnoteurs de l'intestin grêle.

De cette topographie des vaso-constricteurs estconoexe la question de la topographie des fibres tra fis- ganglionnaires, A oe sujet, les physiologistes se partagent en deux camps : les uns admettent que les nbres aCérenLes des ganglions solaires s'y terminent, et que les libres elTérentes ont leurs centres trophiques dans ces ganglions; les autres pensent que, si celte formule est vraie, elle est incomplète, et que les ganglions solaires, comme les ganglions de la chaîne sympathique ou les ganglions rachidicns, sont traversés par des fibres

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uî se eoutiouent directemeal des ûlela alTéreuLs aux iîlels effé-

enta.

Pour résoudre cette question, Langtcy a eu recours à ba méthode d'intoxication par la nicotine, li'après lui la nicolioe ne paralyse pas

les extrémités périphériques des vaso-moteurâ, tandis qu'elle paralyse Jea cellules ganglionnaires. Laugley a appliqué ce procédé d'analyse à la question des rapports des fibres du splanchnique avec les ganglions solaires.

La discussion de ses expériences et les nôtres nous ont permis de conclure que^ si toutes les ûbres inhîbilrices el vaso-dilatatrices B'arrèlenL dans tes ganglions solaires, il existe des libres vaso-consiriclrices qui les traversent en partie '.

Cette conclusion n'est d'ailleurs pas contraire à la caractéristique du système sympathique : le retai cellulaire sur les voies de conduc- 'tion. Mais si, en général, la station solaire est la seule, depuis la moelle jusqu'à la périplicrie, sur le trajet de la majorilé des (ibrcs

planchuiquesjil existe, néanmoins, un certain nombre de Bbres pour

lesquelles la station cellulaire est reportée, non dans les ganglions de chaîne principale, mais dans de petits ganglions compris entre

le plexus solaire et les viscères, tes ganglions d u plexus d'Auerbach par

xcmple.

Etudier l'action du plexus solaire comme centre consiste à se rendre compte des fonctions motrices, scnsiLives vaso-motrices, sécrétoires et Irophiques des cellules nerveuses de ce carrefour. Dans cette analyse, il faut procéder du simple au complexe et des expériences globales et destructrices aux expériences partielles et fines.

En détruisant le plexus, comme Claude Bernord, Budge, Lamansky,

iola,Trambusti,Popelski.Onui", ouen l'excilanldireclemenl, comme

laude [lernard, Vulpian, Langley, François Franck, Morat ouWhite,

n fait une première esquisse de ses fonctions. Au lieu de le détruire en paralysant seulement son activité cellulaire comme Langley et François Franck ; au lieu de l'exciter directement, en cherchant à y produire des réa;:tions réflexes comme Claude Bernard, Sokowin^ François Franck, on peut préciser ses fonctions.

Ainsi il est toute une gamme d'excitations et de paralysies qui

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