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LE JUGEMENT

Sainteté, incorruptibilité, équité des jugements de Dieu, combien la pensée de ce jugement est propre à prévenir, à arrêter le péché ! son souvenir évoqué suffirait seul pour changer la tentation en vertu. La crainte de Dieu est surtout la crainte de ses jugements, elle commence la sagesse et l’achève.

Jugements de Dieu souvent en opposition avec ceux des hommes, et ceux-ci prévalant dans notre esprit contre les'premiers ; les jugements défavorables des hommes remplissant notre cœur d’appréhension, de trouble, d’humiliation et de pro-

DE LA PIÉTÉ

fonde tristesse, tandis que nous attendons ceux de Dieu avec une insouciance pleine de la plus inattentive légèreté ; les fautes commises devant Dieu comptent à peine dans notre douleur et presque pas dans notre mémoire, tandis que celles qui sont connues des hommes nous remplissent de contrition et d’abattement. On dirait que le mal est ce que les hommes blâment et non ce que Dieu défend et flétrit.

Jugement général. — Nous serons jugés sous les traits généraux de notre situation en ce monde, considérée au triple point de vue de l’intelligence accordée à l’humanité, de l’organisation de la société et de ses rapports avec la loi sous laquelle elle vit. Comment avons-nous rempli les devoirs qui découlent de ces premières bases? Comment en avons-nous évité les principaux écueils?

Quelles ont été nos prévarications individuelles contre l’ensemble des devoirs imposés à la société chrétienne? Avons-nous été fidèles aux engagements même les plus généraux et les plus infimes, au strict nécessaire exigé par la loi et par notre vocation? Notre raison nous a-t-elle garantis selon ses plus simples injonctions, et la santé de notre corps a-t-elle toujours été suffisamment protégée par notre calme, notre rectitude et notre modération ?

DANS LE CHRISTIANISME

Jugement particulier. — C’est ici que le jugement de Dieu se présente à nous comme plus redoutable encore, en retraçant à notre mémoire la longue série des grâces de prédilection dont nous avons été l’objet sans en profiter ; grâces d’élite et de choix se manifestant par l’inspiration, le repentir, les exemples et les bienfaits. Quels témoins contre nous que tous ces signes d’élection négligés , oubliés, méprisés peut-être ! Ce ne sont plus seulement des fautes échappées à la faiblesse humaine, c’est l’insensibilité grossière allant jusqu’à l’oubli des plus tendres admonestations et des retours continuels d’un Dieu trop souvent offensé. C’est le mal porté à un degré inouï, le bien gâté, dédaigné volontairement et sciemment laissé imparfait. Voilà ce que le jugement de Dieu lit d’avance dans la succession de ses propres bienfaits.

Terreur des jugements de Dieu. — Juste, formidable et trop légitime terreur, si notre sort dépen-, dait des hommes, de créatures coupables comme nous; mais comme il dépend uniquement de Dieu, la terreur fait place à l’espérance. Dieu sait tout et nous voit tels que nous sommes; ô terreur! Dieu sait tout en effet, mais c’est dans les plaies de l’humanité de son divin fils qu’il voit nos larmes, notre repentir, et joie ineffable! il nous permet, il nous ordonne d’espérer.

DE LA PIÉTÉ

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