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Ce monde pour les idées et les intérêts, est une navigation au long cours : océan, vaisseau, pilote, écueils et abîmes, tout s’y trouve, hormis un port.
Le prêtre et le médecin sont placés au centre
DE LA VÉRITÉ
des deux natures qui se partagent cet univers. La tâche de l’un, est de porter remède aux maux visibles et corporels ; la vocation de l’autre, est de faire reconquérir à l’âme sa pureté primitive, de l’élever à ses destinées invisibles. A tous deux sont remis le glaive qui retranche et l’huile du Samaritain. Dieu dit au médecin du corps : Mets en œuvre ton intelligence et elle te soumettra la nature. 11 dit au médecin de l’âme : Soumets ton intelligence, et ta puissance sera la mienne.
L’homme est capable de tout, même de faire le bien, de s’élancer vers la vérité, d’y toucher; mais jamais à lui seul de s’y maintenir.
Quand la philosophie veut nous détacher du monde et de ses vains plaisirs, elle ne nous parle que de la mort; quand la religion veut affranchir notre âme du joug des passions, elle ne nous parle que de la vie; c’est par l’attrait et le désir qu’elle agit sur nous, comme la philosophie par le désenchantement et la tristesse ; d’une part les ténèbres du néant, de l’autre les clartés de l’immortalité.
DC CHRISTIANISME. 131
xxn.
L’économie de ce monde représente la perfection dans l’imperfection. L’imparfait et l’incomplet une fois admis comme essence, on voit partout les plus admirables prodiges de compensation et de secours.
Je n’ai compris la nature que par Dieu, le naturel que par le surnaturel.
XXTV.
Pour se tranquilliser sur l’incrédule, on voudrait que son ignorance des choses de Dieu fût encore plus complète ; presque toujours il en fait trop pour que son indifférence s’explique d’une manière qui rassure, et qu’il ne paraisse pas coupable de ne pas chercher du moins à en apprendre davantage.
Je ne voudrais voir l’Église, dans ses rapports avec l’État, ni amie, ni ennemie, ni auxiliaire, mais conservant toute sa liberté, afin de multiplier
DE LA VÉRITÉ
soit les témoignages d’une bienveillance volontaire, soit ceux d’une consciencieuse résistance.
Les hommes sont plus inintelligents que pervers, et les méchants sont encore plus aveugles que méchants.
Jamais l’état de notre âme ne se révèle plus sûrement à nous que par la nature de ses besoins et de ses aspirations.
Dans ce siècle, où l’on ne parle que de tolérance, on ne l’accorde cependant tout entière qu’à l’impiété.
Trois choses constituent toute religion : son dogme, son culte et sa discipline. Ni une chose de moins, ni une chose de plus.
Dl' CHRISTIANISME.
La religion catholique satisfait tous les besoins de l’esprit, le besoin de croire comme celui de penser.
Combien elle est faite pour nous, une religion qui absout l’ignorance !
D’officieux défenseurs voudraient sans cesse entourer la religion de mesures prohibitives, mais son essence écarte ces timides et lâches tendances.
Ce qui prouve que notre cœur n’est fait que pour Dieu, c’est que nul être n’est digne de cet amour immense, infini, exclusif, souverain, que pourtant il porte en lui-même. Il est logique de conclure que ce que tout homme possède et ce que nul homme ne mérite, appartient à Dieu.
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