DEUX ÉTENDARDS
i° Il ne peut y en avoir que deux : Satan et Jésus-Christ se partagent le monde.
2° Le Père Everard Mercurien nous apprend
venu, il nous annoncera toute chose... — C'est moi qui parle avec vous.
z6o RETRAITE DE 1865.
que dans cet exercice saint Ignace eut la révélation de la compagnie. — C'est la mission de la compagnie de combattre contre Satan qui perd les âmes par l'amour des richesses et des honneurs et par l'orgueil, en restant fidèle sous l'étendard de Jésus-Christ. De là nécessairement la compagnie doit porter le nom de compagnie militante et de compagnie de Jésus.
30 Satan veut perdre les âmes, et me perdre moi particulièrement : Vultl Jésus veut me sauver, vult; quelle puissance de volonté dans Jésus, dans Satan !... Mais c'est de ma volonté que tout dépend. Aussi dois-je revenir encore sur ce volo de saint Ignace, qui se retrouve dans presque tous les Exercices.
4° Satan nous est montré ici tel qu'il est en réalité } afin que nous découvrions mieux ses déguisements. Il importe de bien savoir ce que ces déguisements cachent à nos yeux. Mais encore, c'est à Babylone, dans son camp, au milieu des siens, que Satan nous est montré. Il n'a plus à dissimuler avec eux. Surprenons le secret du camp. Quelle est la consigne? — Richesses, honneur du monde, orgueil. Mais ,; rien là d'absolu; le démon a coutume, dit saint Ignace, soîet...
Il procède aussi autrement; quelquefois il attaque par le vain honneur.
Et les plaisirs? Ils sont aussi compris dans les richesses. Où est ton trésor, là est ton cœur *. — Quelques-uns sont attaqués directement par les plaisirs2. Ordinairement le démon n'en parle pas aux bonnes âmes, car il serait aussitôt découvert; mais dans le barathrum, dans le gouffre ouvert par l'orgueil on les retrouve ; l'orgueil est le principe et le terme de tous les maux, principium et finis malorum. L'orgueilleux dit, comme l'ange rebelle : Je monterai, ascendant ! Et il tombe dans le barathrum. Ce n'est pas un abîme, c'est un gouffre ; on n'en connaît pas le fond.
6. Superbia. — L'orgueil, c'est l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, suivant la pensée de saint Augustin : deux amours ont bâti deux cités, l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu; l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi. L'orgueil c'est la disposition d'une âme qui s'aime tant elle-même qu'elle sacrifie à son attachement, à sa vanité, la loi de Dieu, le service de Dieu, la possession éternelle de Dieu.