‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870 (volume 2)Chapitre 99 sur 124 · Apoc, in · texte numérisé non relu

Apoc, in

n'y a pas de péché formel, mais je neveux pas le bien avec assez d'ardeur. Le progrès intérieur, la loi intérieure d'amour et de charité languissent; le feu sacré est comme sous la cendre ; je manque de vouloir, du volo surnaturel... Parfois ennui, dégoût de la vie même...

2° Qu'ai-je à craindre si je ne me ranime pas bientôt? — Maledictus qui facit opus Domini fraudulenter1. Dieu diminue,... ne donne plus que rarement,... retire tout à fait ses grâces... Et après il rejette, incipiam evomere, c'est l'endurcissement, l'aveuglement, la conscience calleuse, enfin chez quelques-uns le scandale, la perte de la vocation et de la foi même. Pour le tiède, le mot de saint Bernard n'est plus vrai : Cadit rarius, surgît velocius...2.

Mais il est impossible que moi j'en vienne jamais là !... — Et les malheureux tombés, en certain temps n'avaient-ils pas dit : Impossible} Cependant ils sont tombés peu à peu.

30 Qu'il importe de prévoir le danger! — Il est bien temps après vingt ans de vie religieuse,... après tant de grâces, de promesses...

i. Maudit soit qui fait l'œuvre de Dieu avec fraude. (Jerem., xlviii, io.) 2. Il tombe plus rarement, il se relève plus vite...

Après tout, unum est necessarium L. Si j'ai trouvé des chagrins dans la vie religieuse, l'idéal n'est qu'au ciel, et je puis me servir pour aller au ciel de toutes les misères de la terre. Les satisfactions de la terre, même bonnes, celles que je crois avoir le droit de réclamer, vanité, vanité ! Donc à Dieu quand même, ferveur quand même ! Quelle folie de m'en prendre à Dieu des torts des hommes envers moi, et à cause de cela de le moins bien servir ! Quelle folie, en me laissant aller à la langueur, de me faire plus de mal à moi-même que les hommes ne m'en ont fait et qu'ils n'auraient pu m'en faire, au lieu de voir dans leurs torts mêmes qui me détachent de ce monde un secours pour aller à Dieu.

Aussi bien il en coûte moins pour aller à Dieu malgré la mortification et ses rigueurs, que pour s'éloigner de lui dans une lâche mollesse. Au moins l'on a la dilatation du cœur, on sent que Dieu est content.

Bonté de Notre-Seigneur, clémence sans pareille envers moi ! Au lieu d'accomplir contre moi le movebo candelabrum, « je changerai le

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