I. Que n'ètea-vous froid
rait-elle la force en elle-même, où il n'y a plus que langueur?
Confiance, confiance 1 La volonté ne peut rien sans le secours de Dieu, et Dieu ne fera rien sans la ferveur. Unissons cette double action de rhomme et de Dieu.
Prions pour que Dieu, de son soufile, ranime le feu sacré. Ce n'est pas le souffle de l'homme qui entretient ce feu. A l'homme le privilège du feu matériel, sur la brute incapable de le produire ; à Dieu sur Thômme le privilège de rallumer le feu sacré.
Et quels motifs faire valoir dans cette prière? — T^nt de grâces reçues déjà, l'honneur de la compagnie, le bien des âmes, ma misère, ma faiblesse, mes illusions et la gloire qu'il y aura pour Dieu à me pardonner encore.
Mais il faut aider l'action de Dieu obtenue par la prière; pour cela, mortification agendo contra^ pour arracher ma volonté à sa langueur.
Cette mortification, cette générosité, en y réfléchissant, me paraît le secret de tout, le moyen pratique qui renferme tout. Une relique de saint François Régis, guérissait toutes les plaies d'un malade à mesure qu'elle les tou-
chait : toutes les misères du religieux tiède seront guéries à mesure que les touche, en attirant la grâce, cette mortification, cette générosité. Si Tappétit manque, l'exercice le ranime.
Et déjà aujourd'hui j'ai fait de nouvelles expériences. J'ai fait déjà sans peine ce matin ce qui me paraissait impossible, et je n'ai pas souffert, et je n'ai pas dormi, et j'ai bien prié, et j'ai mieux dit la sainte messe, et j'ai déjà senti le feu intérieur se ranimer en moi. O crux ave!
J'ai là une image du bienheureux Berchmans sous les yeux : le crucifix, le chapelet, le livre des règles; tout est là. On parvient ainsi à l'union avec Jésus, union que je cherche tant, que je recommande toujours, union nécessaire pour ranimer, pour conserver le feu intérieur et le fruit de cette résurrection, union plus intime encore et plus douce encore à Jésus.
Qu'est-ce que la vie surnaturelle en nous ?
Le feu sacré tombé du ciel dans notre cœur.
Qu'est-ce que la ferveur? C'est ce feu brillant, brûlant, vivifiant, jetant sa flamme. — Qu'estce que la tiédeur? C'est ce feu allangui, s'éteignant sous la cendre ; la vie, c'est la charité ; la
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ferveur, c'est Târdeur de la charité ; la tiédeur, c'est la charité devenue languissante*.
On peut accommoder à la tiédeur la prophétie de Jérémie contre Moab ; « Quelque florissante que soit Moab, elle sera au milieu de tout son éclat emmenée captive... Maudit celui qui fait l'œuvre de Dieu avec fraude et négligence; maudit celui qui retient son épée et Tempêche de répandre le sang*. »
Contre qui, en effet, cette malédiction? Ce n'est pas contre le pécheur, mais contre celui qui faitTceuvre de Dieu, quifacit...
L'œuvre de Dieu pour le prêtre, c'est la méditation, la sainte messe, la confession, la prédication; mais, en outre, pour le religieux, ce sont les règles, les vœux, les emplois. Tout devient œuvre de Dieu quand le fondement des exercices est bien compris.
Si c'est l'œuvre de Dieu, faites-la donc avec zèle, avec ferveur.
Que signifie ce mot negligenter^ avec négli gence? — C'est-à-dire sans soin, sans goût avec ennui, pour la forme, et, comme on di