LA DERNIÈRE CÈNE
L Jésus annonce à ses disciples qu'un d'entre eux le trahira. — Je suis entré plus avant dans le Cœur de Jésus. Quel chagrin je lui femu si je le trahissais encore ! Qu'elle est grande la délicatesse de ce divin Cœur ! Dans mes rapports avec lui, je m'occupe trop de moi et pas asseï de lui. Il faut lui dire comme à un ami : Comment allez-vous ? Comment avez-vous passé la nuit, seul dans ce tabernacle? Avez-vous été bien ofFensé? Avez-vous eu bien froid?... Ah! si j'avais plus de foi, si j'aimais mieux Jésus, si je connaissais mieux son Cœur, si j'étais un compagnon plus sincère, plus fidèle, plus dévoué, homo unanimisJ... non, je ne pourrais plus le trahir jamais. Mais je me défie de moi... Seigneur, défiez-vous de moi, car si vous n'y prenez garde, aujourd'hui je vous trahirai. Gardez-moi de moi-même. Comment résisterai-je au tentateur, si je suis seul? Quand Judas a succombé, comment ne succomberaisje pas? Une attache l'a perdu. Et moi, ne
suis-je pas capable de m'attacher encore?
Esto mîhi in Deum protectorem et in domum refugii^. O Jésus, soyez-moi Jésus, donnezmoi l'humilité, le troisième degré d'humilité, pour que je vous glorifie en vous restant fidèle.
II. L'humilité, Jésus me l'enseigne, par Prcrrè qui refus® d'abord de se laisser laver les pieds et qui s'écrie ensuite : Non pas seulement lès pieds, mais les mains et la tête... Que Atns le sentiment profond de ma misère, et dans le désir dfêtre moins indigne devant vous. Seigneur, je recourre plus souvent, avec plus de préparation et de piété, au sacrement de pénitence, pour me baigner de plus en plus dans le sang de Jésus : Seigneur, non- seulement les pieds, mais les mains et la tête...
Et que je sois prêt, à l'exemple de Jésus, à laver les pieds de tous. Comme supérieur je dois plus que personne m'attacher à cet exemple. Aussi bien,, c'est ma place; que j'aime à m'y tenir, et que, par mon humilité, j'excite et prouve ma charité. Que je fasse ainsi du bien
I. Soyez mon Dieu protecteur et ma maison de refuge. (Ps. xxx, 3.)
à mes Pères et à mes Frères. Si je pouvais en quelque chose leur rappeler Jésus I
III. Pour cela et pour toute chose m'unir à Jésus. L'eucharistie, Tinstitution de ce sacrement, de ce sacrifice, voilà le prodige de l'amour' de Jésus. Quelle industrie de sa charité pour m'aider à remplir mes engagements ! Rien ne peut mieux exciter ma confiance, me rassurer contre ma faiblesse, me fortifier contre ma misère, me réchauffer dans ma froideur.
Mais que de torts envers ce sacrement adorable ! Que de fois je m'en suis approché avec un cœur froid, distrait, négligent!.. Que je me relève dans l'union à Jésus par cette devise • Maledîctus quifacît opus Dominî negligenteri