‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870 (volume 3)Chapitre 3 sur 124 · II INTRODUCTION · texte numérisé non relu

II INTRODUCTION

efforts^ de tout ce travail intérieur^ de ce progrès con-» tinu vers la perfection^ de cette perpétuelle ascension vers Dieu, dont le martyre devait être le dernier terme et la récompense.

C'est asseï dire que ce livre est de ceux où Pincré^ dulité n'a rien à voir^ parce qu'elle riy saurait rien comprendre. Ecrit dans ce style ascétique et dans ce langage des Saints qui résonne à l'oreille de l'incroyant comme un idiome étranger ^ il n'offre de sens quaux esprits éclairés par la foi et familiarisés avec les choses divines. Pour saisir chacune des idées du R, P. OU" vaint et les suivre^ il faut de toute nécessité se placer au même point de vue que lui^ avoir l'œil sur le même hori^on^ partir des mêmes principes révélés et tendre au même but surnaturel. Ce livre restera donc fermé à quiconque traiterait de chimères les réalités de la grâce; d'inutiles cruautés^ les rigueurs de la mortification; d'exagération déraisonnable ^ l'horreur des moindres fautes ; de folie enfin l'amour passionné de la souffrance^ des humiliations et de la croix.

Il sera également peu compris de ces âmes chrétiennes sans doute y mais qui, se faisant de leurs devoirs et de leurs destinées un idéal amoindri^ connaissant la vertu moins par une laborieuse expérience que par ce qu'en racontent certains traités d'une spiritualité douteuse^ sont bien près de se scandaliser au spectacle des combats acharnés d'une âme plus généreuse et plus forte. Mais il sera la consolation et l'exemple de ceux qui savent que les grandes vertus supposent ordinairement quelque défaut qu'elles s'exercent à combattre.

INTRODUCTION, m

défaut qui sert à les fortifier^ à mesure qu'elles réassissent à le détruire,

A prendre le R, P. OUvaint au point où nous le révèlent ses Notes^ nous le voyons en pleine lutte, dans l'exercice d'une vertu déjà fort élevée sans doute et dont il appartient à Dieu d'apprécier le degré ^ mais quiy n'étant jamais satisfaite d^ elle-même^ s'efforce de toujours grandir^ en dépit de tous les obstacles et au prix des plus rudes sacrifices. Ego me non arbitror comprehendisse; unum autem, quae quidem rétro sunt obliviscens, ad ea vero quo sunt priora extendens meipsum, ad destinatum persequor ad bravium supernx vocationis Dei in Christo Jesu*.

Doué d'une intelligence vive^ facile^ très-cultivée, qui gardait encore comme une empreinte de ce qu'il appelait lui-même en souriant l'esprit parisien ^ le R, P, OUvaint avait surtout reçu de Dieu^ avec une âme ardente et naturellement généreuse^ l'énergie d'une volonté fortement trempée. Il y avait en lui du soldat y il aurait aimé avec passion la guerre; seulement ^ la foi et la grâce lui ayant montré de bonne heure sur quel champ de bataille et avec quelles armes il devait com~ battre^ il tourna contre lui-même d^abord^ contre tout ennemi de Dieu ensuite^ son ardeur belliqueuse; luttant^ comme en champ clos^ dans son propre cœur^ tout en se

j. Pour moi, je iCestime pas avoir touché au but, et je rCai qu'un seul souci, c^est qu'oubliant ce qui est derrière moi et faisant effort pour atteindre ce qui est devant, je poursuive le terme assigné et remporte le prix de la vocation céleste où Dieu m'appelle en Jésus-Christ, ^Philïpp. iii^ 13./

Page 1