‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870 (volume 3)Chapitre 53 sur 124 · Luc, II · texte numérisé non relu

Luc, II

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humble, ce besoin sera mieux senti, et je serai plus pur, si je suis plus humble encore. Les meilleurs moyens de me purifier, sont ceux qui m'humilient davantage.

L'offrande de Jésus est d'autant plus, agréable à son Père, qu'elle est. plus humble ; elle est d'autant plus pure, qu'elle est plus humble; elle est d'autant plus complète, qu'elle est plus humble; elle est d'autant plus rédemptrice, efficace, qu'elle est plus humble.

Siméon, c'est encore l'humilité, c'est l'humilité qui lui attire de telles lumières du Saint- Esprit, qui le rend si docile à la conduite du Saint-Esprit. C'est aux humbles qu'il est donné, par le Saint-Esprit, de pressentir Jésus, d'aller à Jésus, de reconnaître Jésus, d'embrasser Jésus.

Il dit son nunc dimittis dans l'humilité.

Il souffre que ce soit une femme, la vieille Anne, qui annonce Jésus. Mais telle est la volonté de Dieu ; et le serviteur n'a qu'à suivre la volonté de son maître. — In pace,,, le zèle enchaîné reste humble dans la paix. QueHe leçon pour moi qui voudrais faire autre chose que ce que. j'ai à faire !

Je dirai nunc dimittis à la fin de la retraite.

Mon Dieu, me voici, quelle que soit votre volonté. In pace^ en paix toujours ! — Contenir humblement ma nature et garder la paix.

O Marie, donnez-moi Thumilité. Que .jamais les pensées d'orgueil ne s'échappent plus de mon cœur. Que jamais je ne contredise plus en moi Jésus. Que Jésus ne soit plus en moi que le gardien, le témoin de ma résolution. Que ma main n'enfonce plus jamais le glaive de douleur dans votre sein maternel.

FUITE EN EGYPTE

Humble abandon de saint Joseph, supérieur de la sainte Famille, à la Providence.

En Joseph, Thumilité, ou plutôt l'amourpropre jouant Thumilité, ne se plaint pas de la mission qu'il a reçue, bien qu'elle le dépasse. Et d'autre part, son amour-propre n'ambitionne pas autre chose; il ne regrette pas de n'avoir qu'une pauvre femme et un pauvre enfant à conduire, tandis que l'ancien Joseph avait tout un peuple. 11 adore et bénit, en s^ soumettant humblement, les desseins de la Providence sur lui.

Retour sur moi-même. — Comme Dieu a

istf RETRAITE DE i8($|.

tout disposé pour me mettre ici, pour me confier cette mission! Ne pas regretter, ne pas désirer autre chose, prédications, études, livres à faire ; m'abandonner à la Providence. Dieu a disposé de moi : tout est dit.

Est-ce bien la gloire de Dieu qui me préoccupe, quand je rêve autre chose? N'est-ce pas plutôt la vanité, les succès préconçus, la jalousie de telle ou telle réputation? Ne me serais-je pas perdu dans cette carrière par amour propre ou par faiblesse de cœur comme tant d^autres, et Dieu ne m'a-t-il pas éloigné à cause de cela? Qu'il soit béni ! qu'il soit béni malgré mes répugnances de m^avoir placé, de m'avoir maintenu là où je fais, où j'aide à faire, où je parais faire un bien plus sérieux, plus solide, plus profond, plus important pour l'avenir. Donc, encore une fois, m'abandonner à la Providence.

a® 5owme// de saint Joseph, de Marie et de Jésus pendant qu'Hérode nourrit de si noirs projets.

Le supérieur lui-même dort. Abandon à la Pro^ddence ! Savoir dans les rencontres les plus difficiles m'endormir dans les bras de la Providence avec tous mes ennuis. Qu'en sera-t-il

de nous si quelqu'un nous attaque? Dieu veille du haut. des deux; abandon à sa Providence !

3<> Surge^. Dieu a parlé par Fange; déjà ^oseph est debout. Le supérieur lui aussi obéit; le premier il doit obéir. C'est Dieu qui le conduit, lui qui conduit les autres au nom de Dieu. Surge : que j'obéisse donc mieux au règlement, à la cloche. Surge : ma charge au lieu de me dispenser m'oblige. Que je consulte donc plus mes règles, l'institut, les prescriptions des supérieurs, la voix de Dieu au dedans de moi. Surge, c'est-à-dire que je me fie moins à ma perspicacité, à ma raison pratique, à mes vues humaines, etc. Pourrais -je dire en m' appuyant sur tout cela que je conduis vraiment les autres au nom de Dieu?

4,0 Q4ccipe puerum^... Et déjà Joseph prend Tenfant, en esprit de foi, avec confiance, usant de l'autorité qu'il tient de Dieu, sans consulter Marie qui ne vient qu'après : accîpe puerum et matrem ejus. En m'adressant à ceux que Dieu m'a confiés, je ne vois pas assez en eux Tenfant de Dieu puerum; je vois trop encore

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