LES MAGES
A l'exemple des Mages, les supérieurs doivent savoir :
I® Obéir aux signes venant du ciel; leur obéissance doit être plus surnaturelle, plus délicate que celle des autres;
I. V. Natale, Dt cœlesti conversatione; et la réponse de sainte Madeleine de Pazzi à son confesseur nommé recteur :
jo Ut suscipias onus cum amore quo Christus crucem.
2<^ Ut maneas in illo munere cum amore et serenitate quos Christus in cruce.
3<^ Ut in illo non aliud qécras quam quod Christus in cruce, id est, pati, amare, dare gloriam Patri suo, et orare pro crucifixoribus. (Note du R. P. Olivaint.)
z84 RETRAITE DE 1864.
2® Consulter la règle, interroger les docteurs ; mais aussi mettre à exécution : les docteurs restent à Jérusalem, les Mages vont jusqu'à Bethléem ;
3* Fiiir Hérode, et son orgueil, et son égoïsme, et sa politique, et son esprit mondain;
4® Préférer Jésus à tout; tout quitter pour trouver Jésus, la volonté de Jésus, le règne de Jésus; tout quitter, famille, œuvres de. prédilection, la science, les personnes préférées; l'emploi avant tout : nonne in his quœ Patris met sunt?.».
5® Reconnaître Jésus dans le dévouement, dans les humiliations, dans les souffi-ances de Bethléem;
6* Et par conséquent ne pas croire que leur supériorité puisse exclure la 'pauvreté, l'humilité et la croix. La croix au contraire est le sceptre de l'autorité religieuse, l'humilité sa couronne, et la pauvreté son manteau royal ;
7® Rapporter à Jésus l'or, l'encens et la myrrhe que les inférieurs offrent aux supérieurs comme aux représentants de Dieu ;
8° Offrir eux-mêmes avant tout à Jésus l'or, l'encens et la myrrhe ; l'encens de la piété, l'or de la charité, la myrrhe du sacrifice ;
LE SACRÉ CCaUR. 18$
9° Mais Tor, l'encens, la myrrhe, c'est Jésus. S'unir donc tellement à Jésus qu'ils deviennent eux-mêmes^ pour les besoins de leurs inférieurs, par leur charité, leur piété, leur dévouement, l'or, l'encens, la myrrhe, c'est-à-dire d'autres Jésus-Christ.
Voir Jésus-Christ distribuant aux bergers les présents des Mages, c'est-à-dire les supérieurs se dépensant eux-mêmes en faveur des inférieurs, comme le faisait lui-même Jésus, Dominus qui pro mefactus est homo.
FUITE EN EGYPTE
Hérode, c'est le mauvais supérieur, qui se fait comme un Dieu de son orgueil, qui met sa volonté au-dessus des règles et des réponses des docteurs, — inquiet, ombrageux, — qui craint le règne de Dieu même, qui recourt à la ruse et à la violence même contre Dieu.
Saint Joseph, c'est le bon supérieur, qui exerce son autorité dans l'obéissance à Tange, dans la confiance en la Providence, dans le détachement de tout et de lui-même, dans la simplicité surnaturelle, dans la paix, ne s'inquiétant pas de manquer des moyens humains;
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dans Tunion à Jésus et à Marie, dans l'esprit de foi qui sait commander au nom de Dieu, dans le courage et la patience...
Il n'y a qu'une seule chose pour saint Joseph : sauver Jésus : accîpe puerum ; il est prêt à tout souffrir pourvu qu'il ait avec lui Jésus. L'Egypte même ne Teâraye pas : là où est Jésus ce n'est plus l'Egypte, ce n'est plus l'exil. Saint Joseph se repose sur Marie... matrem ejus; il ne réveille par> même Jésus.
Comment sauver nos enfants et toute âme d'enfant, animam pueri^ qu'Hérode menace sans cesse? — Être attentif aux avis de l'ange : accipe puerum et matrem ejus. Consacrer nos enfants à Marie, nous en emparer avec elle^ et les sauver par elle.
SIXIÈME JOUR