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Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870

Le domaine de Dieu, sur moi, comme homme, est nécessaire, absolu, inaliénable. — Comme religieux, je professe que je me soumettrais à ce domaine quand même je n'y serais pas obligé comme homme. Pour moi ce domaine est sollicité, librement accepté, consacré par un vœu. Comme religieux, je m'engage de moi-même à tendre par état à louer, aimer, servir parfaitement ce Dieu qui a un domaine si fort et si doux sur moi.

Mais comme prêtre, je suis encore plus tenu de tendre à la perfection en raison même de

RETRAITE DE tQ66,

mes rapports plus intimes avec Dieu , de mon identification, pour ainsi dire, avec Jésus- Christ , le Pontife par excellence qui continue d'exercer par moi, en moi son divin sacerdoce. De là ce mot de saint Augustin : Vix bonus monachiis boniim clericum facit^; et cet autre de saint Thomas : Per sacrum ordinem alîquîs deputatur ad dignissima ministeria quitus îpsi Christo servitur in sacramento altaris; ad qiiod requiritur major sanctitas interior quam requirat etiam religionis status^.

Jésus-Christ est le moyen des moyens, pour moi surtout prêtre. Que de reproches à me faire dans mes rapports avec lui ! quelle contradiction choquante entre ma conduite et mes paroles !

Quant à l'indifférence à l'égard des créatures, si je ne me fais illusion, je la sens en moi.

1. A peine un bon religieux suffit à taire un bon clerc. {Epist. 60, alias 74^ ad Aurelium.)

2. Par les saints ordres on est investi des plus hauts ministères dont la fin est le service de Jésus-Christ même au sacrement de l'autel. Ils exigent donc une plus grande sainteté intérieure que l'état religieux lui-même. (2a 2«, q. 184, a. 8.)

DEUXIEME JOUR

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