ABUS DES CREATURES
Quîs me lîberabit de corjpore mortis hujus^ ? Ce misérable corps est comme le siège de la lâcheté ; elle vient, cette lâcheté, dont il faut que je me délivre à tout prix, de la triple concupiscence, c'est-à-dire de l'amour que l'homme a pour lui-même ; car cet amour est le trône de la triple concupiscence. Oui, la lâcheté vient bien plutôt de cet amour de soi que de l'amour des créatures.
C'est soi-même qu'on cherche en elles, sans toujours s'en rendre compte; c'est pour soi que l'on commet le péché, pour soi qu'on abuse des créatures; c'est donc l'amour de soi. L'amour de soi jusqu'à ce ménagement pour le corps, jusqu'à cette violation de tel devoir, jusqu'à cette complaisance, cette recherche vaine, jusqu'à ce froissement, ce chagrin, c'està-dire jusqu'au sacrifice de l'amour de Dieu et de la fin ; jusqu'à cette défaite^ cette lâcheté. Donc, maintenant bien plutôt amour de Dieu, jusqu'au sacrifice de cet amour-propre, de ce