MA FIN
Salvet animam^ \ . . . Sauver son âme, c'est jouir éternellement de la vue de Dieu, c'est glorifier Dieu éternellement.
Mais il s'agit pour moi de le glorifier et de jouir éternellement de lui au suprême degré, ad summum.
Car non-seulement je suis homme et chrétien, mais religieux et jésuite, supérieur,
I. L'homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu, notre Seigneur, et par ce moyen sauver son âme. (Exercices.)
RETRAITE DE i86q.
directeur de telles âmes! Et je passe pour homme surnaturel, homme de l'éternité, uni à Jésus-Christ dont je prêche perpétuellement l'amour, la gloire...
En sorte que si je ne glorifie pas Dieu ad summum, si je ne tends pas à l'amour ad sumvium, je suis indigne de ma vocation.
Comment parvenir à l'union avec Jésus et procurer la gloire de Dieu, c'est-à-dire comment lui rendre louange, respect, service? — Par là même que je suis jésuite, et jésuite confessant, prêchant, exigeant des autres cette union, cette gloire, ad majorem Dei gloriam, ad majorem Christi unîonem,... je dois louer, révérer, servir Dieu comme Jésus lui-même, en Jésus, avec Jésus, par Jésus, pour Jésus, je dois être alter Christus.
Tout ce qui est moins que cela dans ma conduite est au-dessous de ma fin, de ma vocation, de mes obligations strictes , de ce que Dieu, de ce que la compagnie, de ce que les âmes attendent de moi... et de ce que j'attendais moi-même.
Préjudice d'autant pour moi et pour les âmes; séparation d'autant d'avec Jésus-Christ; diminution d'autant dans la gloire de Dieu.
Comment est-ce que je m'acquitte de ce devoir de la louange, du respect, du service?
Que de défauts! quelle décadence!... — Regrets!
Et la cause, est-ce la fatigue, les occupations?»... Non, c'est là le prétexte seulement. La cause, c'est le manque d'énergie, de volonté, la lâcheté.
Je ne sais pas me vaincre. Je triomphe quelquefois de ces fatigues, de ces occupations par amour-propre... comment n'en pas triompher toujours par amour de Dieu?
Comment l'amour de Dieu est-il en moi si faible après tant de grâces?
Quelle honte ! mais l'amour-propre suffirait pour m'en faire sortir ! Non, que ce soit l'amour de Dieu. — Enfin!... L'âge presse; surtout le bien des âmes, la grâce intérieure me pressent. O mon Dieu, délivrez-moi de la lâcheté! Si je savais enfin dire un vrai, un irrévocable volo.
azS RETRAITE DE iStfp.