‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870Chapitre 114 sur 174 · JÉSUS RETROUVÉ DANS LE TEMPLE · texte numérisé non relu

JÉSUS RETROUVÉ DANS LE TEMPLE

Grâce : comprendre le malheur de perdre Jésus, conserver à jamais Jésus.

I. Malheur de perdre Jésus. — Quelle est la désolation de Marie! durant trois jours, comme après la croix,... les mêmes larmes... C'est qu'elle sait ce que c'est que Jésus !

Si je le savais, moi, je ne m'exposerais jamais à le perdre. Mais c'est en le perdant que j'ai appris à mieux connaître ce trésor des trésors. Quand Jésus n'est plus là pour l'âme, le soleil s'est retiré... plus de végétation, de vie, c'est l'hiver, c'est le deuil, c'est le désert, c'est la mort. Qu'ils sont à plaindre ceux qui ne sentent pas cette perte ! Quid miserius misera non miserante se ipso^ ? Ah\ dans l'enfer ils la sentiront, car l'illusion, 1* ^^I^M'lz des créatures sera tombée.

I. Quoi de plus malheureux qu'au malheureux qui ne s'apitoie pas sur sa propre misère?

Qu'ils sont à plaindre ceux qui partagent leur cœur ! Ils veulent éviter le péché, mais ne pas faire trop pour Jésus... Pourquoi lui tenir assidûment compagnie? On a bien autre chose à faire !... Et Jésus est traité comme un étranger dans la maison de leur cœur. Aussi reste-il froid avec eux, s'il ne le quitte pas. C'est un parti pris de leur côté ; c'est pour eux la vertu solide que de se passer des consolations, le pain des forts. Ils ne pensent même pas à se reprocher quelque chose. Mais Marie dans la douleur, Marie pour qui la privation de Jésus était vraiment une épreuve et non un châtiment, Marie se reprochait de n'avoir pas été assez vigilante.

Novis aussi adressons-nous ce reproche fondé, car il est toujours des négligences ; c'est toujours par notre faute que nous perdons Jésus ; jamais il ne nous quitte le premier : quelquefois il se cache, mais il est dans un coin du cœur. S'il nous quitte, c'est que nous l'avons quitté. Mais ne prenons pas notre parti de la séparation ; non, pas possible de vivre sans Jésus! Dolentes, soyons dans la douleur comme Marie, et tâchons de le retrouver; jusque-là point de repos !

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II. Mais comment le retrouver? — Enlecherchant ^ Si qiiœritis, quœrite: en le cherchant vraiment , comme quelqu'un qui veut absolument trouver, comme la femme de l'Evangile qui cherche sa drachme ^.

En le cherchant, lui ! et pour cela se séparant de tout ce qui n'est pas lui, rompant avec tout ce qu'il désavoue dans notre cœur.

En le cherchant avec simplicité, droiture, pure intention ', en le cherchant lui seulement j comme celui qui tient lieu de tout.

En l'appelant de ses vœux, de ses larmes... en le demandant comme Madeleine à toute créature.

En le cherchant partout, mais là surtout où comme Marie nous avons plus d'espoir de le trouver : non point dans les réunions du monde ; non point dans la famille ; non point dans Jérusalem,... mais dans le temple,... en dehors des choses dissipantes, dans les exercices de piété, sur la montagne de la prière. Il faut, coûte que coûte, gravir cette montagne

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