LES DEUX ÉTENDARDS
1° Babylone. ce sont les ténèbres, le désorMre, la honte, Tenfer, les méchants, Lucifer...
Jérusalem, c'est la lumière, Tordre souverain, l'honneur, la grâce, la vérité, la vertu, le ciel, les saints, Jésus...
Et il faut choisir.
2" Mais comment hésiter ? Non-seulement la foi, l'amour, la reconnaissance, l'intérêt,... mais le bon sens même ordonnent de préférer Jésus. Mais alors comment Jésus est-il si souvent abandonné de ceux mêmes qui l'ont choisi î' Comment est-il toujours besoin de se raffermir dans ce choix si légitime? Comment la raison trébuche-t-elle et vient-elle en aide au démon par ses sophismes, jusque-là que la foi en est obscurcie, la volonté languissante, et Jésus sacrifié à son ennemi?
C'est que le démon nous tend des pièges, re^/a*; c'est qu'il nous offre richesses, plai-
I, Considerare... quomodo (Lucifer dœmones) admonct ad injicienda hominibus retia... (Exerc, n, hebd.)
sirs, honneurs, choses indifférentes par ellesmêmes, et par là il nous surprend, nous reprend*.
3° Mais comment ces ruses réussissent-elles si facilement? Comment la volonté, la foi, la raison sont-elles, par ces choses indifférentes, détournées de Jésus?
Est-ce parce que les diables s'en mêlent? parce que les richesses, les plaisirs, les honneurs... sont le monde même?
Ah! que facilement la raison, la foi, la volonté triompheraient et du monde et du diable, et briseraient toutes ces ruses, s'il n'y avait point là autre chose, c'est-à-dire ce qui, au fond, constitue la ruse même !
Hé quoi donc? — C'est que, en nous, la triple concupiscence conspire pour les richesses, les plaisirs, les honneurs : Funiculus triplex difficile rumpitur * ;
4° Mais je la déteste, cette triple concupiscence... — Oui, mais je l'aime en même temps, et en l'aimant, je m'aime moi-même d'un mauvais amour.