I. Luc, IV
Et lui, le Maître, jette sur Pierre un regard de douleur, mais de bonté, lui offrant son pardon.
Comment résister? Le cœur est vaincu par cette bonté. — Contrition...
La bonté de Dieu envers moi n'est pas moins grande. Si je n'ai pas reçu de tels privilèges, j'ai été appelé, quoique indigne, et gardé malgré tant de rébellions, malgré tant d'abus du pardon même et des grâces reçues.
Et Jésus jette un regard sur moi comme sur Pierre; il m'offre encore la grâce du pardon... Et moi je n'aurais pas la douleur de Pierre? Quelle terrible insensibilité ne serait-ce pas } Quel châtiment!.. Mais non, il n'y a pas en moi d'insensibilité, bien que je n'aie pas de larmes... Car la lumière sur la pureté de cœur, sur la conduite du Saint-Esprit, la cause intime de tout (l'orgueil blessé) marque un progrès sur la retraite de l'an dernier.
Voilà le regard de Jésus dans ces lumières ; je l'ai senti... Pardon, mon Dieu!
II. Preuve de contrition^ le bon propos. — Quelle résolution prend Pierre contre les occasions du péché?
i« La défiance de lui-même. Il a montré de II 26
joa RETRAITE DE 1870.
la faiblesse devant une femme dans la cour du prétoire , faiblesse qui pourrait s'excuser par (le trouble où il était.
Combien, à plus forte raison, je dois m'humilier et craindre, et avoir présent à l'esprit le time de saint Bernard : In veritate didici nihil esse œqiie efficax ad gratiam promerendam , retinendam, reciiperandam, quam si omni tempore coram Deo inveniaris non altum sapere, sedtimere. Beatus homo qui semper est pavidus ! Time ergo qiiiim arriserit gratia; time qimm abierit, time qiium iterum revertitur^ .
Time.,, et par là, pureté de cœur et d'intentioli, union au Saint-Esprit.
2** Tiédeur. — Pierre n'a suivi que de loin son Maître ; mais il a une excuse : Le Maître a demandé la liberté de fuir pour Pierre comme pour les autres : il est coupable cependant : Jésus est un si bon maître !
Mais moi, comme je suis coupable!... comme
I. J'ai appris en toute vérité que rien n'est aussi efficace pour mériter, conserver, recouvrer la grâce, que d'être en tout temps trouvé devant Dieu, plein non pas de suffisance, mais de crainte. Heureux l'homme qui craint toujours. Craignez, quand la grâce sourit; craignez quand elle disparaît; craignez quand elle revient. (Sexm. LV,)
j'ai suivi de loin, a longe i non une fois, mais constamment...; comme je me dérobe à l'exemple, à l'influence, au secours de Jésus, en négligeant mes exercices de piété, la méditation, l'examen, etc.
Il importe de prendre des résolutions : faire mes exercices de piété, et les bien faire, malgré la fatigue, les occupations; ne pas oublier que le démon concentre toute son action contre les exercices de piété. Comme il sera plus faible s'il trouve en moi cette pureté de cœur et le Saint-Esprit; comme le découragement sera vaincu et par là le démon !
3° Mes raisons de découragement viennent de l'amour-propre ; je l'ai vu hier. Or, la troisième occasion de chute pour Pierre a été sa présomption : Etiamsi omnes, ego non! Il compte sur lui-même et de là sa tiédeur : il n'a pas prié. Comme tout s'enchaîne!
Ainsi pour moi; prendre garde à l'orgueil qui produirait le découragement, la tiédeur, la faiblesse; combattre aussi la présomption, moi qui fais profession de me posséder ; ne pas être un philosophe stoïcien, un orgueilleux pélagien; sinon, ne serait-il pas bien juste que Dieu me délaissât?...
Résolution importante : Ni présomption, ni découragement,... humilité! L'humilité c'est la pureté de cœur et le Saint-Esprit.