‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870Chapitre 138 sur 174 · LA MORT · texte numérisé non relu

LA MORT

I. Qu'elle est douce pour le religieux dont le cœur pur est livré au Saint-Esprit : patienter vivit j delectabiliter moritur^. Le beau moment pour lui ! C'est la fin de toutes les peines, la récompense de tous les sacrifices, le commencement du bonheur sans fin.

Qu'elle vienne donc, qu'elle guette, qu'elle frappe; le religieux doit être préparé, toute sa vie est une préparation. — Exemple touchant d'André de Montalembert , dont la dernière parole fut : Je suis ravi^!...

Mais il n'en est pas ainsi pour tous ; quelle inquiétude alors si l'on n'est pas bien préparé,

1. Vivant avec patience, il meurt avec délices. (Saint Bernard.)

2. Le jeune frère André de Montalembert, un des enfants les plus aimés du P. Olivaint, né le 3 septembre 1846, entra dans la compagnie de Jésus le II janvier 1866, et mourut pieusement au collège de Vaugirard, où il avait été élevé, le 12 juillet 1870, à peu près à l'âge de saint Louis de Gonzague.

malgré les secours de la vie religieuse, si l'on n'est pas uni au Saint-Esprit, si le cœur n'est pas parfaitement pur !

II. Surprise possible... Et moi, si j'étais mort dans ces derniers temps, aurait-ce été comme André de Montalembert? Quand régnait la crainte de la petite vérole, j'acceptais stoïquement le sacrifice, prêt à mourir; mais de fait, en quel état de conscience étais-je? que j'aurais eu à faire en quelques instants !

III. Conséquence à tirer : Me préparer plus sérieusement à la mort, et pour cela prière pour demander souvent la persévérance finale.

Bonne vie, détachement de tout, c'est-àdire pureté de cœur.

Crainte du Seigneur^ c'est-à-dire de tout ce qui est contraire à la pureté de cœur.

Docilité au Saint-Esprit.

Tous les mois revue, afin de mieux me préparer à la mort; tous les moyens doivent tendre là...

Aussi bien la réalité, c'est la mort.

joiî RETRAITE DE 1870.

QUATRIÈME JOUR

l'appel. — LE RÈGNE,

Grâce : Ne sim siirdus^ n'être pas sourd.. Comme je Fentendais peu cet appel de Jésu dans ces derniers temps!... C'est qu'il y avait tant de manques de parole! C'est que si souvent je faisais le sourd quand il me parlait!... Il revient encore. Comme il aime à parler à l'homme !... Mais il parle à chaque instant, si l'homme est fidèle, s'il est chez lui, s'il n'est pas distrait par les bruits du dehors. Ne sim sur dus..,

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