‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870Chapitre 157 sur 174 · I. Nous avons aussi les oracles des prophètes, aux · texte numérisé non relu

I. Nous avons aussi les oracles des prophètes, aux

Je ne vois pas seulement la lampe, lucerna, mais le soleil; Jésus-Christ est le soleil des âmes, et le soleil de ce monde visible n'est rien en comparaison. C'est de lui que parle saint Jean dans l'Apocalypse : Liicerna Q^gniis^.

II. Besoin que nous avons de cette trajisfiguration. — L'homme est créé pour elle, ou plutôt élevé après sa création jusqu'à elle. La fin de l'homme étant surnaturelle , le moyen est nécessairement surnaturel. Mais le moyen, c'est la transfiguration de la nature en la grâce.

Jésus-Christ n'est pas venu, Dieu ne nous donne pas sa grâce pour que nous opérions notre salut plus facilement, mais strictement pour que nous puissions faire notre salut.

Donc, sans la transfiguration, le salut est impossible , et à plus forte raison la perfection religieuse à laquelle nous sommes appelés.

Sans la grâce nous ne sommes que la nature

quels vous faites bien de vous arrêter, comme à une lampe qui luit dans un heu oh s car ^ jusqu'à ce que le jour commence à paraître , et que l'Étoile du matin se lève dans vos cœurs. (II Petr., i, 19.)

I. La clarté de Dieu illuminera (la cité céleste) et sa lampe est l'Agneau. (Apoc, xxi, 23.)

tombée, dépouillée, défigurée, dans laquelle l'image et la ressemblance de Dieu estdétruite... sur laquelle le démon, Q/lhriman^^ le prince des ténèbres, exerce une affreuse influence.

Mais au baptême a lieu la transfiguration.

Il est vrai, \q f ornes peccati, la concupiscence survit après le baptême. De son propre poids, d'elle-même, la nature se reporte vers les ténèbres, comme si elle haïssait la lumière, odit lucem^... et le tentateur est toujours là.

C'est que la corruption reste tellement inhérente, tellement notre fonds, tandis que la grâce est comme un être surajouté, que même pour nous, religieux, il y a une facilité déplorable à quitter la grâce, à retomber dans les ténèbres.

Et c'est pour cela que tous les ans nous faisons la retraite, tous les jours la méditation, tant il est nécessaire de recommencer chaque jour, à chaque instant, la transfiguration, de ranimer la lumière dans les ténèbres, d'entre-tenir la lampe, liicerna in caliginoso loco. Ce

1. Ahriman, principe du mal, représenté par les ténèbres, est opposé à Ormu^dj principe du bien, dans la religion dualiste des anciens Perses.

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