I. Mate, XXVI, 17-30; — Joan., xiii
54 RETRAITE DE i8<î(î.
à ses genoux prêt à lui laver les pieds : jamais, jamais, s'écrie-t-il, je ne le puis souffrir, non mihi lavabis pedes in œternum ! Mais, répond Jésus, si je ne te purifie, nisi lavero te, tu n'auras pas de part avec moi, non habebîs partem mecum. Pierre aussitôt se rétracte et se laisse faire. A quoi ne consentirait-il pas pour être plus pur, et par là plus digne d'avoir part avec son Maître : Seigneur, non-seulement les pieds, mais les mains et la tête !
Et nous, disons aussi : non-seulement les pieds, mais les mains et la tête, et les sens, et l'imagination et le coeur. Le cœur surtout, c'est le plus important ; car ce qui souille l'homme, comme nous l'apprend Jésus-Christ . lui-même, c'est ce qui s'échappe de son cœur. Heureusement il y a toujours et partout de l'eau pour là purification : aquam pelvis.... Mais l'eau n'est qu'un symbole ; l'eau peut bien effacer les souillures du corps, mais non celles de l'àme, le péché !
Et l'homme ne peut pas par lui-même enle ver ces souillures ; car tout homme est souillé. Aussi les Juifs étonnés, scandalisés, disaient-ils de Jésus en qui ils ne voyaient qu'un homme : Quel est celui-là qui remet les péchés?
Jésus est Dieu ; Jiîsî lavero te, peut-il dire ; seul il peut nous purifier.
Comme il se met aux pieds des apôtres! Mais comme il met aussi saint Jean sur son Cœur !
Pour nous il y a plus encore : le sacrement de pénitence est le bain dans son sang; et l'Eucharistie, ce vin qui fait les vierges, est un nouveau moyen pour achever la purification et la rendre plus resplendissante.
Seigneur, non-seulement les pieds, mais les mains et la tête, et l'esprit et le cœur !
II. Et maintenant à la table eucharistique, Jésus prend du pain, le bénit,... puis le calice.
Les apôtres ne ressentent plus l'horreur dont parle saint Jean*, quand Notre-Seigneur leur annonça pour la première fois qu'il leur donnerait sa chair à manger et son sang à boire. Il y a si grande délicatesse dans ce moyen choisi par son amour de cacher son corps et son sang sous les espèces du pain et du vin ! — Etonne ment, reconnaissance.
Voilà donc le besoin le plus profond du cœur de l'homme satisfait à jamais ! Besoin de