‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870Chapitre 50 sur 174 · I. La mort est la solde du péché. (Rom., vi · texte numérisé non relu

I. La mort est la solde du péché. (Rom., vi

la vie s'en va de partout; le tombeau est déjà prêt, la corruption commence ; le dernier soupir... et les amis les plus chers rejettent le dépôt hideux. — Et j'ai dit à la pourriture : Vous êtes ma mère*...

Et je m'attacherais à ce corps! Et pour le ménager, j'oublierais la préparation à la mort, je sacrifierais mon âme!... Quelle folie!

V. État de l'âme au moment de la mort. — Quelle impuissance dans ce corps malade, d'opérer son salut! Mais, si elle peut quelque chose, quelle angoisse en pensant au jugement qui approche, aux défauts de la contrition, si souvent répétés peut-être, à tant de péchés mal effacés, à ces péchés cachés qui reviennent en ce moment, à la malice de tant d'autres qu'on avait crus légers jusqu'alors; et que de tentations du démon ! C'est à douter si on est encore en ce monde, si l'on n'est pas déjà dans celui de l'expiation éternelle.

VI. Reculer, impossible... Demeurer, impossible... Il faut avancer. Mais, chose affreuse I Le juge irrité, au-dessus; le tombeau, l'enfer,

I. Putredini dixi : Pater meus es, mater mea. (Job, xvn, 14.)

LA FIN : A. M. D. G. tij

au-dessous ; les démons tout autour; au dedans, la conscience. Et c'est le dernier moment... Où va donc aller cette âme?...

Ah ! si tout à coup la vie lui était rendue!... Mais moi, comme si je pouvais dire : Je l'ai échappé belle, je vis encore. — En quel état aurais-je voulu être, quand la mort tout à l'heure m'a, pour ainsi dire, saisi? — Que je me mette en cet état.

Donc, exercices de piété... règles... emplois... volonté de Dieu... intention pure in omnibus, énergie.

Que je sois charigé vraiment, après avoir vu de si près la mort, après avoir pris conseil d'elle, vivre comme un revenant,

I, Avoir devant les yeux la mort, et ce qui suit la mort : le juge, le ciel ou l'enfer. — Combien il est nécessaire d'éviter l'enfer, de s'assurer un bon juge, de faire une bonne mort!

II. Mais ce bon jugement, cette bonne mort dépendent de la pureté : donc, bien voir où en est la conscience ; se confesser, s'il est quelque souillure et faire de dignes fruits de péni-

IÎ+ RETRAITE DE lOtf^

tence; payer ses dettes, afin d'aller un jour au ciel.

III. Bien plus, vivre déjà comme dans le ciel, c'est-à-dire pour le ciel : union intime à Jésus; foi, espérance, charité, tendance à la perfection : Q4d majorem Dei gloriam.

IV. Mais pour cela, il faut mourir déjà à tout ce qui est de la terre; que je sois insensible aux honneurs, aux richesses, aux plaisirs, comme ce cadavre qui ne voit pas, qui ne sent pas...

Non, non, point cadavre!... Il ne suffit point de s'imaginer qu'on n'est plus de ce monde pour être mort ainsi. La vie d'Adam est si profonde, si tenace!... Aussi, nécessité de la mortification continuelle.

Mortification^ c'est le mot qui renferme tout le secret de la préparation à la mort,

QUATRIÈME JOUR

l'appel.

Jésus n'a pas eu en moi l'autorité suprême, totum regnum, pas même regnum. Et c'est moi, prisonnier, blessé, perdu, que Jésus a délivré.

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pansé, guéri... Et de nouveau il m'appelle... Plus que jamais sa volonté est de régner en moi, mea voluntas, de conquérir son royaume, mon cœur tout entier, — Que répondre?

Ah ! puisqu'il veut bien me garder sous son étendard, puisqu'il ne m'a pas relevé de mes engagements. Volo! Que je sois enfin digne de ma vocation et véritable compagnon de Jésus; que je ne sois plus un lâche, îgnavus miles.

Mais que loyalement, résolument je pratique Vagendo contra. J'ai besoin de me venger de ces ennemis intérieurs qui me domineront si je me contente de la défensive ; besoin de réparer mes torts envers Jésus; besoin de lui témoigner ma reconnaissance. N'a-t-il pas encore plus de droits que jamais à mon dévouement, à mon amour î^ — Renouveler mon engagement. Si vous le voulez. Seigneur, si voliierîs... — il le veut! Si c'est le meilleur moyen de vous servir, dummodo majus servitiiim... — C'est assurément sa plus grande gloire que je me consacre à la pauvreté , à l'obéissance , agendo contra...

Donc, que de ma part il y ait une volonté vraiment déterminée, vere detcrmînata volun-

ii6 RETRAITE DE 1857.

tas; une volonté qui ne recule plus, qui ne ti'ahisse plus.

Comment! comment! je me crains moimême . . . Mais remarquons ce que m'oiFre Jésus : veux-tu travailler, dit-il, avec moi, mecum laborare... Toute mon espérance est en ce mot, MECUM ; là est ma force, ma iidélité. Que je ne vous suivepas de loin comme Pierre... mais le plus près possible , quam proxime te seqiiar. Plus je me tiendrai près de vous, plus le mecum s'accomplira; et moi, plus je serai fidèle, et plus je serai consolé.

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