‹ Journal de ses retraites annuelles de 1860 à 1870Chapitre 68 sur 174 · DU ZÈLE · texte numérisé non relu

DU ZÈLE

Jésus- Christ me montrant son Cœur, me dit : Ignem veni mittere in terram, et quid

volo nisi ut accendatur^, — Et ego volo...

Quel est ce feu? Le feu de l'amour et du zèle.

Accendatur : comment n'est-il pas allumé déjà dans mon cœur? Il faut ne plus le laisser s'éteindre, ni même languir; il faut l'entretenir à jamais. Q4ccendatur. Pourquoi?

Puisque Jésus est venu pour l'allumer dans mon cœur; puisque je le désire moi-même si ardemment ; puisque je n'ai été créé que pour recevoir ce feu ; puisque l'homme est un feu..e que je sois ignem urentemj car si je ne suis point embrasé pour Dieu, ce sera contre Dieu... Non, non !

Puisque je dois bien déjà assez de réparations au Seigneur;

Puisqu'il est nécessaire de réparer aussi pour tant qui l'outragent... et d'opposer à leur zèle si ardent un feu plus ardent encore;

Puisque aussi bien si peu se dévouent pour Dieu ;

Donc, accendatur ! Mais quel feu?

Un feu qui brûle dans l'esprit et dans le

I. Je suis venu jeter le feu sur la terre, et qu'est-ce que je veux sinon qu'il s'àllume? (Luc, xil, 4^^}

LA FI N^ : A. M. D. G. I^j

cœur, et passe de là dans l'imagination , les paroles, le regard;

Un feu intelligent comme celui de l'enfer qui sait diriger sa flamme ;

Plus ardent que celui de l'enfer, qui même éteigne celui de l'enfer;

Qui éteigne, qui redresse, s'il est possible, le feu des passions humaines..., plus ardent que ce feu !

Qui profite de tout, qui s'accroisse de tout ; nous servir de nos misères mêmes pour alimenter ce feu.

Que rien ne soit capable de l'éteindre, pas même les eaux des tribulations (comme le feu grégeois) ;

Un feu qui ne recule devant aucun obstacle; qui ne se repose jamais; qui éclaire, échauffe partout et toujours; qui ne garde pour lui aucune de ses flammes; qui toujours les reporte en haut, vers Dieu; qui brûle ad majorent Dei gloriam; qui, ne se suffisant pas à luimême^ cherche d'autres cœurs à éclairer, à échauffer, à embraser, et qui pour les gagner se tempère et se mesure selon leurs dispositions, dans la force et dans la douceur ; un feu qui s'entretienne lui-même, se vivifie incessamment

lui-même, sans se consumer jamais, en puisant nécessairement au foyer sacré, le Cœur de Jésus ; enfin, un feu qui s'irrite contre luimême de ne pas donner davantage.

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