I. Matt., XVI
ijo RETRAITE DE 1867.
la bonté, la douceur restent comme la seule force capable de toucher les cœurs égarés, parce que la bonté en de telles circonstances surtout est une manifestation de Dieu.
Retour sur soi-même. — Ardent comme pierre, que facilement je tirerais Tépée!... à quoi bon? La belle avance quand j'aurais coupé une oreille! ^wr^î^w corda! Imiter la bonté de Jésus, guérir les blessures au lieu de les faire moi-même... m'abandonner à la conduite de Dieu jusqu'au sacrifice, s'il lui plaît ainsi ; me livrer moi-même comme Jésus, dans l'esprit de Jésus*.
Mais pour cela il faut veiller et prier comme
I. Le 4 avril, « un peu avant midi, à une personne qui le suppliait de s'éloigner, il se contenta de répondre : « Que voulez-vous? je suis comme un capitaine de vaisseau, qui doit rester le dernier à son bord. — Après tout, si nous sommes pris aujourd'hui, je n'aurai qu'un seul regret, c'est que ce soit le mardi et non le vendredi saint... » Quant à lui, il se mit à réciter tranquillement son bréviaire dans le corridor du rez-de-chaussée, en face de la porte d'entrée. Un ami venant à passer « J'attends, » lui dit-il encore en lui serrant la main. » (Actes de la captivité et de la mort des RR. PP. Olivaint, Ducoudray,Caubert, Clerc, de Bengy, de la compagnie de Jésus, par le P. Armand de Ponlevoy, de la même compagnie. 5* édition, p. 31, 33.)
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Jésus, avec Jésus. C'est la prière qui prépare au sacrifice le prêtre et la victime. La nature a horreur du sacrifice, la grâce seViîe peut faire une vraie victime et un vrai prêtre.
4° Jésus emmené par cette troupe hideuse.
Comme il se livre avec courage, dignité, douceur... tanquam agnus.. Comme toutes ses vertus éclatent dans ce renoncement... Comme il glorifie son Père !...
Dilexit me et tradidit semetîpsum pro me. Savoir me livrer, me laisser faire, me laisser tondre, me laisser calomnier, mépriser, rejeter, déchirer. Comme je glorifierais Dieu! quel moyen efficace et rapide d'arriver à la perfection!...
LE PRÊTRE A l'aUTEL.
Le prêtre doit ordonner sa vie selon l'autel, et regarder la messe comme le centre de sa vie tout entière.
Mais ou je manque de foi, ou je manque de cœur.
Ah! si je ne manquais pas de foi, je ne manquerais pas de cœur... modicœ Jîdei! Chose déplorable, comme on se familiarise avec les
iSa RETRAITE DE 1867.
choses saintes ! quel mal fait la routine ! Que c'est une chose affreuse de traiter vulgairement, grossièrement Jésus à l'autel! mais c'est faire comme les valets de Caïphe.
La pensée de saint Ignace qu'on représente habillé en prêtre m'a saisi : toujours prêt à célébrer, toujours dans la pensée du sacrifice, toujours prêtre, toujours mort au monde, toujours enveloppé de la lumière des choses de Dieu comme d'une aube sainte, toujours serré par la ceinture sacrée qui fait les chastes et les forts, toujours portant la croix par derrière et par devant, la souffrance, l'expiation, l'œuvre de la Rédemption, le zèle... la vie dans la mort.