I. Qui n'aime pas demeure dans la mort. (I Joan., nr
Société d'amour, institut d'amour, doctrine d'amour, gouvernement d'amour. Me livrer davantage à la charité ; quand je crois avoir à me plaindre, bien plutôt n'a-t-on pas à se plaindre de moi, n'est-ce point que je n'ai pas assez de charité?
Quel moyen efficace d'attirer, de conserver, d'augmenter la grâce, la vie du Saint-Esprit, de lui livrer toute mon âme?
Obéissant comme les apôtres : Tu me sequere. La volonté de Dieu, sa gloire, et, si je suis fidèle. Dieu dira : Hic est Filius dilectiis, et le Saint-Esprit viendra.
Ah ! puisse-t-il venir, rester, grandir en moi : illiim ojportet crescere, me autem minui; il faut que je le fasse croître en glorifiant Dieu dans ma vie, dans mes œuvres, dans mes souf^ frances, en sorte que moi aussi, je paraisse un autre homme, ayant un corjps , une âtne et le Saint-Esprit^ comme dit saint Cyrille.
AD AMOREM
I. Bienfaits de Dieu. — Je n'étais pas, il m'aimait; de toute éternité il m'a aimé; les trois personnes ont travaillé à ma création, et
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toute la nature, sortie de la main de Dieu, travaille à son tour à conserver ma vie. Qu'estce donc que ce grain de poussière venu du néant, pour qui Dieu fait de telles choses? Bien plus, élevé à la ressemblance divine, ad similitudinem, appelé à la vie de la grâce, à la vie de Dieu même , l'homme la perd par sa faute , et la seconde Personne s'incarne , et le monde de la Rédemption surpasse infiniment en amour celui de la création.
Voici maintenant les larmes et le sang d'un Dieu ! Dilexit me et tradidit semetipsiim pro me... et pour m'appliquer à moi tous les mérites de sa passion et de sa mort , par une préférence ineffable, ce Dieu m'a choisi par la vocation , il m'attire à son intimité , se propose à moi tout spécialement pour maître, pour guide, que dis-je> bien plus encore, pour nourriture , au point de faire de moi un autre lui-même.
Et dans cette retraite, nouvel effort de sa grâce... Et ses saints, ses anges, sa Mère, son Eglise, et tant d'âmes en prière pour cette fin ! ... Ce n'est pas tout , il me prépare déj a une place au ciel; il découvre déjà le monde de la gloire à mes regards; et même les saints, les
anges m'attendent pour me fêter... Quis est iste qui ascendit^ !... Ne dirait-on pas le maître du ciel, le centre dn monde, puisque le Seigneur même a donné l'exemple à ses saints , à ses anges, en se dévouant pour sa créature?^ Quis est iste?... — Un grain de poussière tiré du néant, mais en qui Dieu a fait éclater son amour.
II. Et comment les hommes répondent-ils à l'amour de Dieu? — O grossièreté des hommes qui ne comprennent pas, qui se scandalisent en quelque sorte de la folie de cet amour passionné d'un Dieu pour eux, qui refusent d'y croire , d'y correspondre ! Voyez-les refuser d'accomplir ses volontés, de lui rendre le culte qui lui est dû! Voyez-les se livrer aux créatures, leur donner leur amour, comme si là était leur Dieu ! Voyez-les ces grains de poussière, se levant contre Dieu, lui déclarant la guerre, prétendant le détrôner, condamnant le mondé à se passer do Lui, allant jusqu'à nier son existence! Quare fremiierunt gentes? Les voilà ligués avec les démons de l'enfer.
Et moi, qu'ai -je fait? — • toès quelque