VU
Le DiiueiK'he, ciii([^ jour de Novembre 162S, nous a chantey un Te Deon en l'église S' l^ierre de (^aen, en reeonnoissanee de la paix de La Hoehelle, aucpiel ont assisley (oui le elergé de cesle ville (jui y sont venus lous en procession. 1^1 ce f.il en la présence de Mons'" de Longueville, prince du sang; de Messieurs les Mère, gouverneui's el esclievins de la ville, de Messieurs les Trésoriers de France et de tous les Messieurs du Siège Présidial, (pii y sont venus en corps ; et en la présence desquelz nous a chantey le Te Deon avec un Exciudinl, le tout en musicqne et jeu des orgues. Et apprès, nous a bien mis vm cent de fagotz devant ladite église, auxquelz Mons'' le prince a mis le feu, el le i)euple en grand nombre, criant : Vive le Roy ! Et en mesme temps, charge à lous les bourgeois de la ville de faire des feux chacun devant sa porte, a peine de 50 liv. d'amende. Ce fust faictettoutdu long de lanuicl, on ne voyoit que feux, festins et resjouissances, ce qui dura environ huicl jours. Et le lendemain. Messieurs de l'I^niversiley ont chantey un Te Deon en Téglize desGordeliers, ou tous les officiers ont assisley en bon ordre, et les Pères Jésuittes aussy, quy y onl conduicl leursescolliers, chacun régenl ceux de sa classe ; le tout en bon ordre et par comple faicl, il s'en est liouvé bien 2000.
Seize cent vingt neuf.
Calherine Hidard, ma fennne, eull un enfanl masle le Vendredy 21'"' jour (TAoùsl H')20 el fui baplizé le Lnndy, ;î"'\jour de Septembre audil an, en l'église de
S' Michel de ^'alleelles, par maistre Jacques Havard, prestre et viquère de ladite églize, soiibz Mons*" des Riies ; et fut nommey Jacques, par honneste homme Jacques d'Or])iguy, l)ourgeois de ladite parroisse, assistey de Marye, hlle de Pasques Le Mascrier, mon I)eau frère, bourgeois de Sainct Jean de Gaen.
Notre hlz Jacques rendit Fesprit le 12""^ jour de Septembre 1629 et fut enterreye ledit jour en l'église
de S* Michel de Vaucelles de Gaen.
Seize cent trente.
Le Jeudy 22'"'' jour de May, à quatre heures de Tapprès midy de Tan 1630 (1), le petit peuple de ceste ville de Gaen se sont assemblés en grand nombre, lesquelz sont allez sur le quey a deux basteaux que nous avoit chargey de fourment et orge, lesquelz Tout pillez et emportez en leurs maisons. Et pourcest etïaict, nous a mis 7 ou 8 prisonniers, descjuelz nous en a condamné trois à faire amende honorable, la torche au poin, devant la Gohue, et devant Téglise S^ Pierre ; et, apprès, estre fustigez par deux jours de marché, et les autres fécés une fois seullement. Ge quy fut exécutey le Lundy, 27""'' jour dudit mois de May. Gomme on les menoit pour faire amende honorable, le peuple s'assembla devant l'éghse de S^ Pierre, qui s'efforça de sauver les prisonniers. Ils en furent empeschez par 30 des soldatz du Ghasteau, quy les
(1) Reg. de rHôtel de Ville, 55, f^ Cl.
\iVM) — l'iC) —
coiuliiisoienl, sur les(jiicl/ il lui jcclcy i»i'aiul nombre de coups (le pieri'e, doiil il y en eull un lue. In aiilre, voyanl cela, el ses compagnons, lii'èi'cnl plusieurs couj)s (le nious(piel el eu lui lue liois el deux de hless(}s. A riieuie luesnie se sont relirés au (lliasleaucl les prisonniei's l'ainenés à la i-eole. Ce (pii a obligé ce peuple à s'en aller à la geôle r()nii)re les Irois portes avec une cliarrelle (ju'ilz li'ou\èi'enl l'orluitenienl à la i'\w. Kl oui faicl sorlir grand nond)re de prisonniei's lanl pour ci'inies (|ue pour le civil : el a})près, s'en sonl allc's au Bourg l'Abbc"', en la maison d'un nonnncy Jean Maiyc, dicl Toully, l'un destpielz avoit chargey du bled pom* porler liors du royaume, contre les delîenses l'aides par le Uoy. Kl, pour ce subjecl, ilz onl tonl roni})n et brisé, ses l)iens meubles, tant menuyseries, linges, langes, laines, Id el autres bardes; beu el jellé le cidre, dissipé ce ({u'il y avoil de bley en sa maison, abattu Irois Incarnes de carreau, rompu les planches el n'est demeuré luilleenlière sur sa maison. Kt apprès, ilz sont allés dans la maison de M' Saubourg, marchand Angloys, demeurant en la maison de M^ (iruel, marchand bourgeois de Caen. Y eslant, ilz (ml rompu la porle avec une planche de bateau et sont enlrés dedans ladite maison ou ilz onl Irouvé grand n()nd)re de marchandises, tant suit, huille, sucre, drogueries, loilles, el aulres marchandyses (lu'ilz oui emportées, couppées el jeltées aval la rivièi'e. Kl ai)près, ilz sonl moidés dans Ieschand)res,()uilzonl loul l'ompuel brisé lesmeubles: et les onl jellés pai- les leuesli'cs el les obligalious el registres en grand uond)re, ilz les onl jellés eu la
rivière; ce qui dura jnsques a minuicl ce dit jour.
Le lendemain Mai'dy, 'iH""" jour de May au dit an, ilz ont recommencé à ruyner et à ravager ce qu'il restoit en ladite maison, rompu et brisé les vit 1res et les thuilles d'icelle. Mais il y avoit des gens dans la chambre qui résistèrent contre eux et y en a eu 2 tués et 2 fort blessés.
Messieurs de la Justice et Messieurs de la Ville s'assemblèrent en la maison de A ille, avec tous les cappitaines, ou ilz arrestèrent qu'ils se lalloit tous mettre en armes et fermer les portes de la ville pour voyr si on en prendroil quelques uns, ce qui fut faict en dilligence, le tand)our ])altant. L'on fut en armes dans toute la Aille, tant la noblesse que les bourgeois, en fort bon ordre, faisant plusieurs rondes par la ville. Mais on n'en print pièce ce jour la et la garde fut posée en toutes les portes le reste du jour: et, sur le soir, Mons'" de Matignon, lieutenant de Mous'" de Longueville, gouverneur général pour le Roy en sa duché de Normendye, arriva en ceste ville, qui a faict commandement de faire garde jour et nuict par toute la ville. Lt fut posé des gardes à toutes les portes, devant les grandes escholles, au tripot, au pont S^ Pierre et a d'autres endroits. Ce qui hst, que, le lendemain Mercredy, 2""" jour de May, nous en a prins deux qui ont estes mis en prison en la geôle, ou nous a posé un corps de garde. Ou estant on a faict examiner contre eulx, ce dit jour S^ Sacrement, toute la journée. Et le lendemain Vendredy, dernier jour dudit mois, ilz ont estes condanqonés tous deux à estre pendus et estrangleys soubz chacun une l'oue ; à scavoir : Jac-
(jiies Le liai'on, dcvanl la i^cole cl Taulre, au cairel'our. S'-PieiTC, cl ai)|)r6s eslrc tous deux bruslcs audil carrefour. Ce (jui lui laid cl cxéculey ledit jour, apprcs uiidy, les portes eslaul l'erniécs cl lous les bourgeois eu aruies daus loule la ville. Kl u'y avoit pcrsouue par les rues que ceux (pii cstoieul eu aruies ; car Mous'" de Malii^uou TaNoil laict publier à sou de trompe, a paiue de la vye.
Miracle arrivey le jour S' Pierre, 29"'^ joui- de juiu 1630, eu la Chapelle de la Délivraude, à Marye, lille de Robert SauUes et femme de Jean Joslaiu, lacjuelle a recouvert la parolle, coumie verrez à la coppie de rattestation ci-apprcs escripte.
Pierre des Riïes, prestre, docteur aux droicts et professeur ordinaire du Roy es facullez de droicl canon et civil en TUniversilé de Caeu, curé de Vaucelles dudil Caeu, cerlitieel aleste a tous qu'il appartiendra que ce jourdhuy Samedy, 29*"^ jour de Juin 1630, ayant amené la procession de ladite parroisse, avec grande compagnie des parroissiens dudil lieu, en la chapelle de Xostre Dame de la Délivrande, trois lieues de Caen (1) ; et, entre autres, Marye Saulles, femme de Jean Joslaiu, lille de Robert Saulles et de Catherine Dufresne, ses père et mère, tous bourgeois dudil A\'uicelles ; huiuelle Marye, depuis sept ou huicl
(1) Los polerinagL's, ainsi (jiic nous l'aYoïis dit dans notre Intiotluction, olaionl en grand honneur à Vauoelles. Celui de la Délivranile était déjà très fréquenté à cette époque. Bien avant, Louis XI s'y rendit le jour de la fête de l'Assomption, en 1473 ; il y resta jusqu'au 19 août et il y logea chez Richard Le Bourgeois, qui prit le titre do Sommelier du Roi/. 11 reçut de ce prince (>() livres de pension sur le tabellionage de Gaen.
ans, avoil eslée privée de la parolle, si bien qu'elle ne pouvoil prononcer aucun mot : synon, il y a environ six ans, en une couche qu'elle eult, elle y prononça quelque peu de parolles e( du depuis plus, sinon aujoiu'dluiy, a la lin de la i^rande maisse par moy diUe et célébrée ; et, pour avoir ladite Marye esLée
conuinniyée par les mains de prestre, apprès
avoir reçeu le bénéfice crabsolulion par le ministère de Maistre Nicollas de Moueux, prestre en ladite chapelle ; par le moyen de la grâce de Dieu et l'intercession de la glorieuse vierge Marye, elle a recouvert miraculeusement la parolle, sy bien qu'elle parle aussy bien maintenant qu'une autre personne. Ce que je proteste devant Dieu et les Saincts Anges du paradys eslre véritables. Et la mesme chose est aussy atestée par les personnes soubzsignées, scavoir est: Maistre Florent Bonnei'oy, prestre chappelain en ladite chapelle ; Xicollas de Moueux ; Richard Vasnier; Henry Manson; Pierre Fontaine; Jean Langloys ; Francoys Vaultier ; (juillaume Jean et Pierre Onfroy, tous prestres présents. Et Francoys Macquerel s'" de Tilly, cappitaine de ladite parroisse ; Nicollas Le Febure, père; Charles Rouxel ; Pierre de S^ Germain, trésoriers de ladite église de Vaucelles : (Guillaume Hébert; Pierre et Jean Le Marchand; Nicollas Collemiche, eschevin ; Charles Poullain ; Guillaume Guillot et plus de mille autres personnes qu'y estoient aussy présentes. Et ont signé la présente copie, délivrey par moy, les dits Honneloy, chappelain, présent. — Signé : Bonnefoy : un paraphe.
UkKi — i:{o —
Maisli'c Tlioinas Le Bas, pi'eslrc cl honr^'eois de S^JiillicMi (le (]aeii, a prins possession de la eiire de S' iMieliel de Vaiieelles, le V'eiidi'edy, 27'"" jour de Seplembre 1030, en la présence de Maistrc Francoys Vanllier, Maistre Pierre Fontaine, el aiili'es preslres. Mons' de Tilly; Mons'de Branville ; Mons' de Hrémoni ; Mons' de la Fresses ; Pieri'e de S^ (ierniain ; Jean Le Marchand; Nicollas (ieor<^e, Simon Le Marchand et plusienrs antres parroissiens ([ni onl estes présents à la niaisse, qu'il a ditle et célébrée ledit jonr et ce t'nl par la résignation de Maistre Pierre des Rnes, cnrey de ceste paroisse, docteur et prol'essenr anx droicts de ceste Lhiiversité de Caen.
An mois de Septembre 1030, il s'est parn un poisson en la rivière dn Pont Frillenx de Vancelles, que quelqnes-nns appellent marçouin et les antres nn oye de mer. Et esloit si grand qu'on en admiroit la grandenr. Il fnst prins le lendemain en la rivière de derrière le champ on nons tient la foire franche de Caen. Et fnst frappé de plusienrs conps de monsqnet et de picqnes et à paine le pnlt on avoir. Il s'est tronvey qn'il avoil douze pieds de long et gros connue nn poinçon a mettre le Ain, lequel fnl portey an Chastean de Caen, à Mons' le (iouxerneur ([ui l'a renvoyé à Mons'de Carcelles qui avoil poui' lors la pescheriedn Hoy ; lequel le lisl mettre en une maison on grand nondjre de personnes l'aloisl voir i)()ur chacun six deniers, que ledit sieur de Garcellesa donné a tous ceulx (pii Tavoisl prins avec une pislolle d'or poui- leur paine.
Maislre Pierre des Hues, prestre, docteur et professeur el, par cy devant, curey de Vaucelles, rendit son esprit le Jeudy, 7""^ jour de Novendjre 1630; et fut enterrey le lendemain, en Téglise de S* Jullien dudit Caen, près Tautel de ladite église, dont il en avoit esté curey devant que de Festre à Vaucelles ; et fust enterrey au costey du devers la })orte de la ville.
Mous' Houllon, ])restre, a cliantey sa première maisse à A'aucelles, viron le vingt neuf"'^' jour de Septembre 1030.
Seize cent trente et un.
Nous avons faici le pain bénist en Tégiise de S' Michel de Vaucelles de Caen, le Dimenche 9*^ jour de febvrier 1031 et fut faict delà Heur d'un boisseau de bley cfue j'ay bailly. El le plat fut cueilly par Catherine Bidard, ma fennne, laquelle a rendu 42 solz qui furent reçeus par Pierre de S^ Germain, présence de Charles Rouxel et de Jacques Lislaye, pour les trésoriers : cy 42 s. Et avoit esté faict le 23""^ jour de Mars 1025.
Au mois de Mars 1031 , la maison du corps de garde de la porte Millel fui achevey de bastir (1).
Le Vendredy dernier jour de Mars 1031, les marchands de bley et les l)oullengers (2) mirent le bley,
(1) Cette porte lUait située à rextréiuiti' de la rue lliesnioisc, sur le canal de rH(jtel-Di(!u, et donnait accès au pont de Vaucelles, appelé d"al)ord pont Saint-Michel et plus tard Pont Frilleux.
(2) Rcg. de- rHùl.d de Ville, 55, f» 125 et suivants.
IIKU — I.Ti —
(|iii ne \'all()il (|iie 'M) s. à i\{) s. le l)()isscau, alin de înoir prix poiii' la \enle de leui'paiii, h la polliee. Le |)eii|)le, \()yanl un sy i^i'and prix, ee joiu' la se révolta coiilrelesniareliaiidsel houlleiigei's; sy bien (pie il/d'oieireiil les niarehandsel prindrenldii hley au [)rixcpi'ilz voulloienl et hallireul bien rudeuienl eeux qui leur résisloieul. Kl se reiidireul inaisli-esde la Halle à bley el le disliùbuèrenl d'eux niesuie à (jui en \'()ull()isl et à bon prix. Kl les bouUengers liu'enl aussy bien ballus (pie les autres el le pain (pTilz vendoienl aux plaecs publieques el boulieques, la plus pari lut piiley. Kt pour ce subgeet. Mess'* de lapolliceont faiet deiïcnse de vendre le bley plus de oO s. le boisseau. Kt non conlent de ce prix, nous l'usl conlrainct, le Lundy suivant, 3'"^ jour d'ApN ril audit an, de poser la garde devant la Halle a bley, où il y avoit plus de 2000 hommes en armes, sons lous les cappilaines de la ville. Et la garde estant posée, Mess'"* de la police sont venus qui ont mis le bley à 43 solz le boisseau, et Torgeà 30 solz leplus cher. Kl furent les gardes posées jusqnes à la lin du Iripol ; el apprès, nous a fermé Ion tes les portes.
(iuillaume Fontaine, bourgeois de Vancelles de Caen, rendist Tesprit le Dimenche, 15"'^ jour de Juin 1631 et fui enlerrey le lendemain en Téglise S' Michel de Vancelles.
Madame Catherine P)Oullai'l, veuve de défuncl Marin Fontaine, rendil son espril le Vendrcdy, '2i'"^ jour d'Octobre l()3l et fui enleri'eye ledil jour en l'éiiiise de S' Michel de Caen.
Mon filz Jean Le Marchand rcndist son esprit le Sabmedy, 13"'*^ jour de Décembre 1631 et fui enterrey ledit jour en Téglise de S^ Michel de Vaucelles, lequel estoit aagé de 3 ans, 7 mois et 3 sepmaines.
Nicollas George rendist son esprit le Jeudy, 9'"^ jour d'Octobre 1631 et fut enterrey le lendemain 10™® jour dudit mois, au cemittière de Vaucelles de Gaen.
Seize cent trente deux.
Xoblc homme Gilles Hue, sieur de Luc (1), vicomte de Gaen, a prins possession dudit eslal de Vicomte et a montey en chaire le Lundy, lo"'''jour de Mars 1632, ou toutes les lettres tant de provision que de sa réception et autres pièces, lurent lues publicquement devant Tassistance. Et il a, ledit Vicomte, achepté Testât de noble homme Jean de la Gourt, sieur du Buisson etdeMaltot(2).
Apprès le décès de Mons'' Gollin (3), prieur de la Maison Dieu de Gaen, Messieurs de la Ville et tous les bourgeois y ont esleu la personne de vénérable et discrète personne, Maistre Le Haguais, prestre et bourgeois de Gaen, lequel a prins possession de ladite
(1) Dans s(iii Essttix, ral))x'' de la lîuc dil (jue Gilles Hue, sieur de Luc, prit possession de sa charge en lUoS, ce ijui est une erreur.
(2) Il fut élu échevin le 1" mars 10;!''i.
(3) Claude Gollin n'était pas dans les ordn's. 11 lui nommé à la recommandation pressante de Henry IV. Il l'ut prolesseur royal de langue grecque à Gaen ; principal du collège du Mont et plusieurs l'ois honoré du Rectorat. Il avait remplacé Gaspard Le Vavasseur, mort en l(i07.
pi'icui'cv, la se})niainc de (lc\anl la Pcnlhccoslc, ((iii csloil le IIO^ jour de May \i')^2\ kujiiel a assisley h la procession qui se l'aicl ledit jour pour porler les deniers à Dieu de Ions les niéliers de Caen, (pii sont destinez [)()iir les pan\resde la Maison Dieu dndil Caen.
Anne Le Marieye, lenune de Jac(pies Leniarehand, mon l'rère, eull une lille leDimenche, douziesme jour de Seplend)re 1032; el lut baplizée le Mardi 1 i'"'^ jour dudil mois, en l'église de S' Estienne de Caen, par Maislre Cuillaume (iuillehei'l, prestre el curey de ladite église. VA lut nonuneye Anne par Catherine Le Mariey, l'emme de Richard Le Mariey, assisley de honneste homme Grégoire Corne, bourgeois de ladite parroisse de S' Estienne de Caen.
Le Jeudy, 23'"*' jour de Décembre 1632, nous a mis un image de la Vierge, tenant son petit entant Jésus
entre ses bras (1). El y fut mis par filz, maislre
sculteur en cesle ville de Caen. El fut en la dilligence des Pères Jesuitles qui en avoienl desja l'aicl mellre une à la porte de Bayeux, viron au mois de Septendire, audit an, el se promettant en l'aii'e mettre îi toutes les portes de la ville.
(1) La phrase do S. Le Marcliaiul csl imoiiipli'lc : il ai)iiiis do di'si},'m'r l'ondroit dû lui placc'O cotte statue. Il est proltahlo qw ce lut sur la porte Saint-Klieune, qui touchait au collège du Moût. Quaut au sculpteur, c'était cerlaiueuieul un des Le Febvre.
Seize cent trente trois.
Jeniie Laguel, prisonnière aux prisons de ceste ville de Gaen, fnt attainle el convaincue du crime de
fausse monnoye et d'avoir voullu l'aire assassyner
son mary, de plusieurs coups de pistolet el d'espée
qui furent tirés sur luy par dist Halley. Et pour
cest elTaict son dit niary Tavoil répudieye putain el s'estoit retireye d'avec elle : dont, pour ces crimes et maléfices, elle avoil esté condampnée d'estre pendue el eslranglée au Vieux Marché de Gaen, ce jourdhuy Vendredy, 1 i"''' jour de Janvier 1633. Et comme elle fut au supplice, il estoil sy tard qu'il fallut avoir un flambeau pour voir a lire son arrest. El apprcs qu'il fut leu et le sallul cliantey en faisant ses prières, il se trouva en la place plusieurs personnes, l'espée à la main, criant tous d'ime voix : Grâce! (jrace! et la font despendre el deslier el remportent en présence de tous les sergents de la ville el du greffier qui estoit pour faire faire ladite exécution. El y avoit un si grand peiq^le (jue jamais on n'en avoit tant veu a une exécution. Mais c'estoit la pityé de voir le peuple se passer les uns paj' dessus les autres, pour eschapper, pensant tous estre morts; cl y en eut bien de blessez à force de presser pour s'enfuyr; et c'estoitlaplusgrande pityé de voir de pauvres l'emmes et filles (|ui estoienl toutes en boue et fange el avoient perdu leurs liardes : les uns, leurs chapperbns; les autres, leurs soulliers, leurs devantaux, des bagues, desdemi chaînesd'argent
cl autres liardcs. VA dos honiiiics (jiii avoiciil perdu leiiis inanleaiix, cliai)pcaiix, holles, soullici's, (jiii demcuroienl dans les grandes l)oucs cl lan^^cs (ini csloienl au Mairlié, dans lesquelles, on Irouva, le lendemain, j)lusieurs de ces liardes. Cai' Ton chercha, deux jours duranl, allin de relrou\er (juel((ue chose.
Seize cent trente quatre.
OUive l'onlaine, reinme de Jean Le Marchand, mon frère, eull un enl'anl niasle le Vendredy à Midy, sepliesme jourd'Apvril [iYM. El futbaplizée le Mardy nn// jour dudil mois, en Tégiise S* Michel de Vaucelles, par Maislre Robert Cornière, prestre audit lieu, pour l'absence de Maislre Thomas Le Bas, prestre et curey de ladite parroisse, et l'ut nomniey Charles, par honneste homme Charles Ronxel, bourgeois de ladite parroisse, assistey de honnesle femme, Jenne ^ andin, veufve de deiïuncl Maislre Jean Marye, de vivanl bom^geois de S* Jean de Caen.
Llonorablc honune Francoys Macquerel, sieur de Tilly (1), el cappilaine en chef des bourgeois de Vaucelles de Caen, rcndil son esprit le huidy apj)rès midy, sur les 10 heures du soir, le I S""' jour de Se|)lend)i-e l()3i; el fut enlerrey le Mercredy, 20'"'' jour duchl mois el an, en réglise S* Michel de ^'aucelles, en une chapelle (jue le s' de Tilly a en ladite église, nonnnée S' Laurent.
(1) lU'-;;. lie l'Hôti'l de Ville, ;J8, f"» 10 à 1:1 11 avait élê élu ik-iieviu en IMH). Sa famille avait été très éprouvée pendant la peste de IGIH.
Maistre Robert Cornicre a célébré sa première
maisseen l'église de S* Michel de Vaucellesle 1634,
en la présence de Maislre Thomas Le Bas, prestre et cnrey de ladite église; Maislre Francoys Vanltier ; Maislre Jean Langevin ; Maislre Jacques Havard ; Maistre Pierre Fontaine et Maistre Augustin Boullart ; tous prestres obiliers en ladite église.
Seize cent trente cinq.
Le sol pour livre lut estably sur les cuirs tanez en ceste A'ille de Caen au mois de febvrier 1635.
Xoble honune Jean Le Blouais, s'' du Quesnay, licencié aux lois, heutenant général au baillage et siège présidial de Caen, a prins possession dudit estât etmontil en chaire viron le 18'"*' jour d'ApvriL1635 (1). Et l'avoil achepté de noble homme HercuUes \^auquelin, sieur des Yvelaux, lequel en avoit prins possession connue avez veu phis hausl.
Xoble homme Jacques de Négrier, licencié aux lois, président du siège présidial de Caen, a prins possession dudit estât. Fl montit en chaire au mois dWpvril 1635 ; en\ ii'ou le 20'"" jour dudit mois. Lecpiel il avoit achepté de noble honune Jean Vauc(uelin, ci devant pj'ésident audit lieu.
(1) ]î<'^'. lie ril(")l.'l (le Ville, .'t?, t"144. — Sl's Irtlrcs (le iiomiiiatiuli sont du 20 mars 16:^'). 11 ('lail ik' le 7 iiuvembrc Kilo et iiiuurut à Gacn le '2îj février 1(398. Il donna sa déinission de lieutenant j,'énéral l'U 1G40 (?t se consacra ensuite aux travaux littérainis et à la chasse. 11 s'occupa l)eaucoup de l'histoire locale de (Jacn et Hnet n'a fait que lui rendre justice en lui dédiant son livre des «Origines »' auquel il avait largement conlrihué. Jvcs lettres de Le Biais du (Juesnay à Huet existent en Uianuscrit à la liildioUiécpicdi' GaenlCojyie deM. M(''ritl('-Longcliaraps).
Maisli'c André (lodclVoy a côlcl)rc sa pi'cniièrc inaissc en l'église de \'ancelles de Caen, le Dinienehe dix scpt^ jonr de Juin \(hV.') ; el porlil le S' Saerenient ledit jonr, anloni' du ferreux, en la pi'ésenee de M^ Thomas Le Bas, ])reslre el enre\ de ladile église: M''"^ FrancoysN'anlier ; ALJean Langlois ; M'' Jacques Ilavard; M'^ Pierre Fontaine; M*" Augustin Boullard et M^ Robert Cornière, tous prestres obi tiers en ceste églize.
Monsieur de Longueville est venu en ecsle ville le jour S' Clerc, dix buict^ jour de Juillet 1635, aflin de faire advancer la noblesse pour se trouver tous à f]vreux. Kl ledit sieur partit de ceste ville le Sabmedy 21'"*' jour de Juillet audit an ( l ).
Les deux grosses closches de Téglise S^ Michel de Vaucelles de Caen ont esté fondues par Clément Le Picard, de Villedieu, le Mardy dix sepl*^ jour de Juillet 103o et ont esté benistes par M*^ Thomas Le Bas, prestre et curey de ladile église, le Vendredy vingt^ jour dudil mois. Et est escripl sur la grosse: J'ay esté faicte })ar le soing de honnestes hommes Pierre Paillot, M^ Marin (^)uesnel, procureur en vicomte, et Pierre Lislaye, trésorier, l'an 1635; et nommée l^lobert, par noble honune Hobert Répichon, sieur d'Aunay, Lion, La Motte, DeniouN ille el Couvert : assistcy de honnesle fenune Jeune Pagny, femme de honorable honune Jac(pies Hébert, sieur
(1) La mention de ce voyaj^'e de M. de Lontineville n'existe pas dans les Rej; de niôtel de Ville.
de Coiircarrel; et bénisie par M^ Thomas Le Bas, ciirey de céans. Clénienl Le Picard m'a faicte. — Et sur la segoiide: L'an 1635, j'ay esté faicte par le soin des susdits trésoriers et nommée Nicollas, par M" Nicollas Goguet, sieur de BrauAille, conseiller du Roy en la A icomté, assistey delionneste femme Jenne Paillot, fenmie de honneste homme Jacques Lislaye; et béniste et faicte comme dessus.
Catherine Bidard, ma femme, eult un enfant masle Dimenche à cinq heures apprès midy, cinq^ jo^Ji' d'Aoïist 1635, ladite Bidard âgée de 44 ans, huict mois et deux jours, suivant son baptistère qui fut le 9^ jour de Xovend^re 1590; comme elle avoit esté nommée par Catherine, feninie de Robert Vautier, de S* Jean de Caen, assistey de Jean Auber et .Vnne Georges, femme de Guillaume Georges, tous deux de S* Pierre de Caen. Elle rendit son esprit le Samedy, unz*^ jour d'Aousl audit an. Et fut enterreye ledit jour, enTéglisedeS^ Michel deVaucellesde Caen, enla chapelle de Sainct Raj)haël (1), près la closture qui ferme ladite chapelle. Et ledit enfant fut baptizé le lendemain 1 )imcnchc, 1 2 dudit mois, en ladite église de S^ Michel, par ^'énéral)le personne Thomas Le Bas, prestre,curey de ladite église. Et fut nonuney Thomas par Piei're Eontaine, prestre en ladite églize, assistey de hounestc femme Jndit Locqueville, femme de honneste lionnne Roger Jaud)le, tous l)()nrgeois de ladite paroisse. Et ledit enfant l'cndit son esprit le
(1) Sur la situation du la cliapelk' Saint-lîaphaï'l, voir l'Intrix-Uiction, S I. note.
\'ciulrc(ly dix scpl*" jour diidil mois c( an. l']l lui ciiterrey ledil joui", auprès de sa mère en ladite églize.
Les religieuses Ursuliiies estanl \eniies en cesle ^'ille de Caen, s'esloienl logées en la l'ue (iuilberl, h S* Jean, en atlendaiil la perfection diin haslimenl qu'elles esperoieul l'aire: ce ([ui, eslanl laid, elles se partyrenl de ladite maison pour s'en aller au logis ({u'elles ont faict l'aire, ou ilz sont de présent, le Dimenche K^"'*" jour de Juillet l()36 (l ), assistés d'un des grands viquères de Mons''de Bayeux, qui portoit le S^ Sacrement dans la custode, comme le jour S* Sacrement ; et de Mons'" Pierre Chauvin, curey de S^ Jean dudit Caen, et de Mons'" Le Fehure, prestre, qui portoit les''relicques et le S^ Ciboire. Devant eux marchoist le clergé dé S^ Jean et })lusieurs relligieux tous en clueur, suivis de grand nombre de
(1) La maison do Caen avait été fondée, on lO'^'i, par Jourdaine de Bernières, qui en devint plus lard supérieure. Les nouveaux iiàlinienls avaient été commencés en 1652. Évacué en 1790 et vendu l'nsuile, lemplacement sur lequel se trouvait une partie du couvent est traversé aujourd'hui par la rue Singer.
Une note de M'"'' Dufresne, religieuse Ursuline, note conservée par M.Léchaudé d'Anisy, nous dit (jue Jourdaine de Bernières fonda le couvent des Ursulines avec une religieuse du couvent du faubourg Saint- Jacques, à Paris, et deux autres du couvent d'Ab))eville. Ce fut de concert avec son frère, Jean de Bernières, qu'elle fit construire la maison où elles entrèrent en 1(38H. — Jean de Bernières, sieur de Louvigny, trésorier de France à Caen, était né en 1602 et nunuul en 1639. Antoine HalIé et Huet en parlent avec éloge : d'une grande piété, il se retira, vers la lin de sa vie, dans l'IIennitage, petite maison l)àtie à l'entrée du couvent fondé par sa sœur. La maison de lErmilage a été conservée en grande partie. C'est la première avec claire-voie que l'on rencontre à gauche dans la rue Singer, en partant de la i-iic Saint. lean . Kllc es! imli(|iiéi' sur le plan de la ville. i>ulilié en 17(>."( par de Fer. Elle a l'ié en partie transt'urniée, suitoul au second étage. Le « Chrestien Intérieur », de .1. dr lîcrnières, fut imprimé en IHtiO: le père Martin, cordelier, possédait les niaïuiscrits de Jean de Bernières, (pii l'ormaienl un gn>s volume in-12.
— 141 — lB3Fi
musiciens tant de Caeii que de Baveux, en lîon ordre. Appi'ès eux niarchoisl lesdils sieurs qui portoient le S^ Sacrement et relicques. Et apprcs marchoist les relligieuses non prol'etz, toutes habillées de talYetas blanc. Apprcs eux marchoist les pensionnaires en grand nond)re, chacun en son ordre et toutes tenoist en leur main, chacune un torchet de cyre blanche. Et entrèrent dans Téglize de S* Jean, ou le S* Sacrement fut posé sur l'autel; et la lut chantey plusieurs prières en nuisicque. Et apprès sont ressortyes au mesme ordre, et s'en sont allées en leur losis avec grande paine, à cause de la grande fouUe du peuple qui estoit par la rue, pour xn'w Tordre qu'elles tenoist.
Maistre Jacques llavard, prestrc obitier en Téglize de S* Michel de Yaucelles de Caen, rendit son esprit leA'endredy, 10™° jour d'Octobre 1630; et fut enterrey le lendemain Sal)niedy, unz'"^ jour dudit mois en ladite église de \'aucelles, ou tous les prestres de ladite église ont assistey a^ec la confrairye de S**^ Cécille ; lesquelz prestres, ont, l'espace de quinze jours, dict et célébré un grand service à diacre et soubz diacre pour l'asme du delîunct.
Maistre Michel Vermont, prestre obilier en l'église de S* Etienne de Caen, rendit son esprit le Mercredy, 23*"^ jour d'Octobre 1(336; et fut enterrey le lendemain Jeudy, 2i""^ jour dudit mois, en ladite église; aucpiel enterrement ont assistey tous les prestres de ladite églize et ceux de la confrairye de S^*^ Sécille, de laciuelle ledit sieur ^x'rnlont estoit récepveur.
Olli\e, rcmiiic de Jean Le Maicliaiul, mon IVère, euU une lille, le Jeudy, 1""' joni' de Décend^re lt)3(j, et lui baplizée le Dinienehe sept*' jour dudil mois, en réglise S* Miehel de Vaueelles, par M^ Robert Cornière, preslre el ^■i(plère de ladite })arr()isse. Et l'ut nonnnée Jeune, |)ar liomiesle leinine ,Ienne, femme de Jaecpies Lislaye, assisley de hoiuiesle honnne Jean Fontaine, IVère de ladite Ollive, tous l)()urgeois dudit \'aueelles.
Ladite Ollive Le Marehand rendit son esprit le Sabmedy, 13""' jour de l)éeend)re Ki^tietl'ut enterreye le lendemain Dinienehe, 1 i""' joiu' dudit mois, en Téglise de S' Miehel de Vaueelles, devant la chapelle de Nostre Dame de Pityé.
Seize cent trente sept.
Miracle arri\'é à Caen en la personne de du Cayer, lequel l'ut le Lundy, neul'"'^ jour de Febvrier 1637, attaint et convaincu d'avoir l'aie t et fabricqué de la fausse monnoye, et, pour réparation dudit crime, il fut, ce dit jour, condamney d'estre pendu et estranglé en une potence. Ce qui fut exécuté à 3 heures apprès midy. Et, estant en la potence, il clnuila luy mesme le Snlvc et disl son Ymnnus : ce laid, le bourreau list son debvoir, et, (jnelque temps apprès, le greflier demanda s'il avoit des amis (pii pi'inssenl le corps pour le faire enterrer, comme Messieurs de la Justice leur avoient accordey. Et à rinstant on couppa la corde promptement, et fut portey en une clunubre. \ estant, iljetta un soupii', et voyant cela, on envoya
promplemcnt quérir un ciriu'gieu pour le seigner. Kt, ce faicl, par un miracle, il est revenu en vye el a fort bien parlé depuis. El, le lendemain, il fut porley en la Court d'Kglize, en ceste ville de Caen,ou il fui nourri et visité par ses amis. Kt, quelque temps apprès, ses amis ont sy bien poursuyvi qu'ilz ont eu une rémission de Sa Majestey ; laquelle estant entliérinée au Siège Présidial de Caen, il fut, a l'instanl, eslargi des prisons et rendu libre par la ville, conune il estoit auparavant. Mais il n'a pas dilférey de se retirer hors de la ville de Caen.
Jac([ues Hébert, sieur de Courcarrel, rendit son esprit le 19""' jour de Febvrier 1637, el fui enterrey, le lendemain, en Téglise de S* Michel de Vaucelles, dans le coeur, au droicl de leur ban ( i ), el estoit ledit sieur, cappitaine enseigne de cesle parroisse.
En sonnant le service du bout du mois dudil sieur de Courcarrel, la moyenne des closches de Vaucelles tombilel fui cassée, viron le 19'"'' jour de Mars 1637.
(1) En 1882, pendant les travaux de restauration entrepris par M. le curé Rohée, cette tomljc fut mise au jour, à l'endroit précis noté par Simon Le Marchand. L'inscription suivante qui la recouvrait a été placée dans le chœur.
(iist honorable homme Jacques Hébert
Sieur de Courcarrel, Bourgeois et Capitaine de cette paroisse qui a don
né son enseigne: lequel décéda le
de Febvrier 1637. Priez Dieu pour Son âme.
Il avait fondé, le 20 octobre KJod. « une messe l)ass(! tous les vendredis de l'an, devant l'autel de X.-D. de Pitié, avec un Libéra à la tin de chacune sur sa sépulture dans le chœur, a costé du grand leutrain, par 35 fr. de rente hypothèque et 3 vergées de terre, sises à Vaucelles, à la délie de la Croix Pleureuse » (De Beaurepaire : Caen illustré, p. 248).
[iVM — 111 —
Maislro ,)can Hoiixcl a célchrcv sa premicre iiiaissc cil réglizedc'S' Miclicldc N'aiicellesde (]acn,le Dimeiiclie 10'"^ jour de May H')37, en la présence de Maistre Tlioinas Le Bas, })rcslre cl eiirey de ladite église; Maislre Francoys \'anllier ; Jean Langlois ; Pierre Fontaine; Ani^nslin Boullai'l; U()i)erl (Cornière ; A ndreyCiodelVoy ; lonspresLres cl <)l)iliers en ladite églize et nn grand nombre de honrgeois de ladite parroisse.
Maistre (inillannie (inillebcrt (1), prestre et cnrey de réglizede S' Fstienne de Cacn, rendit son esprit le Dimenclic, i)'""" jonrde Jnillet 1()37, et t'nt enterrey le lendemain Lnndy, ()'"'' jour dndil mois, en ladite églize de S* Estienne, tout contre Tantcl au droict du sacrère.
Jay l'aict le pain bénist le Dimenclic deux"'^ jour dWoiisl 1637, etle plat fut cueilly par Jacques Gellroy, dict de la Messe, bastoimier pour lors en ladite églize. Et avoit esté l'aict le 9 Juin de Febvrier 1()31.
Maistre Thomas Le Bas, prestre et curey de l'Eglize de S* Michel de Vaucelles, rendit son esprit le Sabmedy 29""' jour d'Aoûst I ()37, sui* les six heures apprès midy. Et l'ut enterrey ledit jour, sonbz le portail de ladite églize et viron unze heures du soii', ;i cause (pi'il estoit mort de la peste. Et lui cm'cz enviion six ans unze mois.
(1) Il avait éU"' ikhiiiik'' ;i l;i cm-r (l.'Saiiil-Klit'iinc-lt'- Vieux eu 1(107. 11 fut n'ctt-ur del'Uniwrsité en 1(!(»1 ft l'ii lt;-.2ô.
Monsieur Le Boucher, prestre, a prins possession cludit bénéfice de Vaucelles, le Jeudy, 3'"'' jour de Seplembre 1(337, et un surnommé Le Bidois, preslrc et principal du Collège des Arts, en a aussy prins possession le Lnndy, 14'"^ jour dudit mois et an. Et ont plaidey fort longtemps les uns contre les autres, tant à Caen qu'au Conseil, sy bien que le bénélice est demeuré audit sieur le Boucher.
Le prieur et les l'cligieux de TOstel Dieu (1 ) de ceste ville de Caen ont changey leur églize, qui estoit auprès de la porte sur la Grande Rue, et s'en sont allez à une autre que Ton leur a faict bastir au bout de la Grande Salle sur leur maison. Et fut béniste le jour de la Toussainct, Dimenche, premier jour de Novembre 1637, auquel jour ilz ont chantey la messe, respondue en musicque avec grande cérémonye, tant à la bénédiction que a la messe.
(1) Sur l'Hôtel-Dieu, conf. Huet: Origines, p. 204 et suiv. — Al)bé de la Rue: Essais historiques sur la ville de Caen, t. II, p. 200 et suiv. — Vaultier : Histoire de la ville de Caen, p. 119. L'Hôtel-Dieu était, à l'origine, établi près de la porte Millet et occupait les deux côtés de la rue Saint-Jean. Il portait le nom de Saint-Thomas et Saint-Antoine, qu'avait remplacé celui d'Hôtel-Dieu. Il rappelait, nous dit M. de Beaurepairc, autant qu'on peut en juger par les dessins que nous en avons et la description de M. de Gaumont, certains détails de construction du Mont-Saint-Michel. Aliéné et démoli au commencement du XIX» siècle, il n'en reste aujourd'hui que peu de traces dans quelques parties de la rue Frementel. Bien que situé dans un lieu l»as et humide et d'un aspect assez triste, il est permis de regretter, avec M. Vaultier, « cette grande salle et ces deux beaux gables » que, dans son naïf enthousiasme, M. do Bras ne se lassait pas d'admirer. L'Hôtel-Dieu fut transféré dans les bâtiments de l'abbaye de Sainte-ïrinité le 6 novembre 1823.
Seize cent trente liuict.
Le Roy Louis, XI 11"'^ du uoui, Roy de Frauce et de Navarre, a érigé une procession généralle le jour de la Nativité Nostre Dame, qui est toujours le huict"^*^ jour de Septembre. Et fut commencée ledit jour de Tan 1038, ou, par le commandement du Roy, tous les corps de la ville, tant ecclésiastiques, mères et eschevins de ville, présidial, esleuz, thrésoriers de t^'ance, et le corps de IThiiversité ; tous lesquelz sont obligés d'y assister. Ce qui tut faict, fors que Messieurs de l'Université ont faict leur procession en particullier, conduicts par les sieurs prieur et religieux de l'Abaye de S* Estienne de Gaen.
Le Daufm de France fut ney le cinq™'' jour de Septembre 1638 (1), et en furent faictes les cérémonyes en ceste ville de Gaen, le Mardy , vingt et uniesme jour dudit mois, jour S* Mathieu ; ou il fut faict une figure de poisson qui s'appele un Daulin, qui a jette du vin par la bouche fort longtemps. Et apprès fut chantey un Te Deon par la plus grande partye du Glergé de ladite ville ; ou y ont assistey tous les corps de la ville. Et, ce faict, Messieiu's de la Ville ont allumé un grand feu devant TEglize S^ Pierre. Et apprès, on a faict tirer tous les canons, tant de la ville que du chasteau. Et fut chargé à tous les bourgeois
(1) Reg. (le rilùtcl (le Ville. r)8, f»» Cil IVi, l'iâ.
de faire des feux devant leurs portes et de mettre aux fenestres des lanternes ou fallotz dans lesquels y aura de la chandelle allumeye.
Messieurs les Tlirésoriers de France du bureau estably à Caen ( 1 ) , ont ensemblement estes pourvus officiers en la Court des Aides, establye en ceste ville de Caen par le voulloir du Roy Loys, 13™^ du nom, Roy de France et de Navarre, a présent régnant. Lesquelz ontprins séance ce dit jour Sabmedy, six^ jour de Novendn'e 1638, en la présence de Mons'' d'Alligre, commissaire estably pour cet eiïaict (2) ; lesquelz ont, avant de prendre séance, tous en corps assistey à la maisse, qu'ils ont faict dire en Téglize S* Jean, laquelle fut respondue en musicque fort honorablement. Et, estant linye, ilz s'en sont allez dans la grand chambre de leur bureau, ou ilz ont prins leurs séances, chacun en son ordre ; et ce, en la présence dudit sieur d'Alligre et de plusieurs autres seigneurs.
Seize cent trente neuf.
Le Sabmedy, 13'"^ jour d'Aoust 1639, il s'est élevé une émotion popuUcre en ceste ville de Caen (3), les-
(1) Reg. du bureau des finances, année 1638, £0 222 et suivants.
(2) Cette cour se composait de quinze membres. L'ancien président du bureau des finances, Jacques Morin, sieur d'Écajeul, fut nommé premier président ; le procureur général fut Jacques Le Marchand, sieur du Grippon. Elle fut supprimée et réunie à celle de Rouen en 1641. Jacques Morin, sieur d'Écajeul, était un littérateur, et avait, au dire de Huet, entrepris de traduire Stace en vers français. Les deux avocats généraux de cette cour furent Augustin Le Haguais, dont parle Antoine Halle dans son Cadomus, et Gabriel Graindorge.
(3) Reg. de l'Hôtel de Ville, 58, f" 65 et suivants, 226 à 2;«. — Reg. secrets du Parlement, t. XXII, f" 95 et suivants. Voir Introduction, |1V, notes.
ïiïM) — ILS —
qnclz onl ahallu la maison et pillcy loiis les meubles
criin siii'iioininev La Porte, la([iiclle apparleiioil aux
prieur et religieux de TA baye de Moudaye et esioiL
commis pour recueillir le sol poiu' livre ({ue l'on avoit
estably sur les cuirs; et, avec icelle, la maison de
Croisière, huissier, qui avoit signifié ledit establisse-
ment et la sienne de Estienue Lenguigneux, qui avoit
aussy commission dudil de La l^ortc de prendre
garde à ceux qui vendent du cuir. Lt, sans qu'ilz se
sauvèrent dans le chasleau, le petit peuple les eust
tuey : et leurs meubles furent tous pillez et bruslés
sans qu'on en peust rien sauver, néantmoins ({ue le
Ghasteau list tirer plusieurs coups de mousquet des-
quelz l'ut tuey la fille d'un nommey Petit Bru, en
passant par la porte S^ Jullieu (1). Ny les deiïenses
que leur firent Messieurs le Lieutenant Général et les
gens du Roy, qui s'y transportèrent, ne peurent jamais
appaiser le peuple, cpi'ilz en firent ce qu'ilz avoient
entreprins. Tout ce estant l'aict, ilz furent bien 15 jours
sans dire mot, au bout desquelz ilz ont recommençey
à se rebeller et assembler. Et s'en sont allez abattre
et ravager la maison et les meubles à Mons"" Le
LIagueye, recepveur des tailles, menus droicts,
estappes et autres commissions; la maison de Mons'"
(1) La porte Saint-Julien se trouvait assez près du château, après la tour de Silly qui s'élevait à peu de distance de l'église Saint-Julien. Elle avait d'abord porté le nom de Porte Baudry et ensuite celui de Porte Vilaine. Elle était ilanquée de deux tours rondes, surmontées de toits coniques. Deux, ponts-levis donnaient accès, l'un à la grande porte, et l'autre, plus étroit, à la porte réseivée aux piétons. Au moment des troubles qui se renouvelèrent à ditrérentes reprises, on nuirait la grande porte et la petite, nommée le Ouicliel, restait seule ouverte. La porte était surmontée d'une statue: tout cet eiisembli^ l'ut tlénioli en 1780 et les fossés comblés.
Dorneaiix, recepveiir de la recette du magazin à sel de Cacn ; la maison de Viel, huissier, exerçant par tout le royaume, lequel avoit signiffié les édicts des impôts nouveaux, et la maison de Le Marmier, drappier, lequel on disoit avoir tuey une femme dans la rue. Gomme plusieurs autres y estoient pour les pensant faire cesser ce ravage, il y eut encore plusieurs de tueys par la ville et aivtres blessez, à scavoir : devant la maison du sieur Hagueye, un mort et deux blessés ; et un appeley Genty fut luey par la rue, par un appeley Le Hamel, filz du sieur de Beaumont. Et faull croire que sy les bourgeois n'eussent mis les armes à la main, ce qui fut par le commandement du s'" de Matignon, qui vint exprès en ceste ville, ilz en pensoient abattre d'autres, suivant un mémoire que leur cappitaine Brasnu avoit sur luy, estant mis prisonnier au Cliasteau, par ledit sieur de Matignon. Il fut aussy mis prisonnier un appelé Le Page ; et un appelé Jean Denis, fouUon, pour scavoir qui leur avoit bailley des lettres dont ilz furent trouvez saisis. Lesquclz estant examinés sur ce subgect, ledit Jean Denis fut deschargé et eslargy, et ledit Brasnu et Le Page furent pour leurs crymes par eux commis, condampneys à estre rompus sur la roue. Ce qui fut faict et exécutey le 29""^ jour de Novembre 1639, et y eult encore grand nombre qui avoient estes accusés d'avoir travailley aux rupt'jres de ces maisons lesquelz furent condampnés à estre pendus; les autres aux gallèrcs et bannis : le tout par leur absence.
loaii — i:iO —
Monsieur de Gassion est venu en cesLe ville de Gaen (1), le Mercredy 23"'^ jour de Novembre liYM), el ce fut pour faire punir ceux cpii avoienl conunis les crynies ci devant exposés et estoit viron de dix à douze mille hommes, tant de pied que de cheval. Dont les gentz de pied i'urenl logés dans la ville et la cavallerye dans tous les rauboiu'gsd'icelle, dont mon frère Jacques el nioy, nous en avions (juatre a cinq chevaux, avec quatre serviteurs, lesquelz furent l'espace de quatorze jours à vivre à discrétion ; et durant lequel lenq)s, il nous en coustoil plus de deux cent cinquante livres. Et apprcs, ilz I'urenl mis quelque temps en garnison: et, durant qu'ilz furent en ceste ville, le sieur de Gassion print une partye de ses solda tz et allèrent h Avranches, ou il y avoit plusieurs des bourgeois de la ville qui s'estoient mis en une compagnie, sonbz un cappilaine qui se nommoit ]'n nu piedz ; et ne vouloist payer aucun impostz, ny souffrir que le Roy envoyast. Et, pour cet effaicl, ilz tinrent fort contre ledit sieur de Gassion et en tuèrent quelques uns, ce qui leur fut bien cher rendu : car le sieur Gassion les chargea si fort, que il print la ville et y a
(1) Le colonel de Gassion était un liuKuenot, tils et frère de magistrats huguenots du Béarn. Il avait servi sous le duc de Rolian et, plus lard, sous Gustave- Adolphe, dont il était devenu le tavuri. En \iWt, il était entré au service du cardinal Riclielieu, ([ni coinjtlail sur sa bravoure et sur sa fermeté. Indulgent aux pillards, mais dur cl cxigcaMt (hins le service, il était adoré de ses troupes et ne ménageait personne.
Reg. de l'Hôtel de Ville. :>S. 1" 18v! cl suivants : .7,1. f" l'.t el suivants. Sur la séilitidii (les Xu-l»ieds, consulter le Dùtirc ou Joiir)ial du chancelier Séfjuicr; V Histoire du Parlement de Normandie, de M. Klo(|uet ; les Mi-t)ioires du président Bigot de Motiville i'diidii par la Société de l'Uisloire de Noriuaudie. Vfiir Introduction. § IV.
— loi — 1642-1043
clonney le pillage. Ce qui fut faict et exécutey en dilligence. Et en eurent cantité de prisonniers, dont il y eut deux qui furent rompus sur la roue en ceste ville de Gaen (1 ), et les autres mis en une chaisne pour les envoyer aux gallères. Et, apprès tout cela, ilz s'en allèrent à Rouen, ou ilz en firent autant. Et y trouvèrent Mous'' Le Chancellier, lequel interdit le Parlement, et fut plus d'un an sans estre restably. Et au partir de Rouen, Mons' Le CliancellierrevintàGaen(2) avec un grand nombre d'infanterye, qui furent logés quelques jours dans les faubourgs, et apprès furent mis dans la ville jusqu'au parlement du sieur Chancelier.
Seize cent quarante deux.
Noble homme Blondel, S'" de Tilly (3), a prins
possession de la charge de lieutenant civil et criminel au baillage et siège présidial de Caen, le lundy sepf"^ jour d'Apvril 1642.
Seize cent quarante trois.
Le Roy Louys, traiz™^ de ce nom, rendit son esprit le jour de l'Asscention (4), Jeudy, 14'"^ jour de May
(1) Charles Le Koy, sieur de la Potlierie, intendant, accompagnait le colonel de Gassion et était chargé de toutes les informations contre les insurgés.
(2) Séguier fit son entrée à Gaen le 16 février 1641. Le 24, l'Hôtel de Ville fut déclaré déchu de ses privilèges; le lieutenant général, J. Le Biais, sieur du Qucsnay et de la Chapelle, les échevins et le procureur du Roi, reçurent notification de leur suspension ; la ville fut administrée par six des principaux bourgeois. Voir Introduction, § IV.
(3) Jacques Blondel, écuyer, conseiller du lloi, sieur Dungy et de l'illy. Simon Le Marchand en a déjà parlé, à l'occasion du procès du sieur de la Briére de Lingèvres. Voir journal, pages 66 et 70.
(4) Reg. de l'Hôtel de Ville. 62. f 143.
1643, cl à rinstani la Hoyne l'nsl esIcA'éc Régenlc du Roy Loiiys, (jualorz'"^ de ce nom el de son IVèie. Kl lïil le Hoy recogneuel déclarey Hoy, présence de lous les princes el seigneurs de la Courl, le Ki""^ jour desdilz mois el an.
Seize cent quarante quatre.
Les articles de la prinse de (iravelines furent accordés par son Altesse Royalle, au camp devant Gravelines, le 28"'^ jour de Juillet 1644, el furent signés Gaston, oncle du Roy, a présent général de toute l'armée.
Le Dimenche 14""' jour d'Aoust 1644 (l),nous a chantey un Te Deon en ces te ville de Caen et faict un feu de joyc el nous a tirey du chasleau grand nombre de coups de canon, pour tesmoigner la joye de la prinse de Gravelines. Et fui ledit Te Dean chantey en musiccpie et les orgues sonnantes, ou estoient assemblées toutes les processions de la ville.
Les pompes funèbres de Louys Traize, Roy de France et de Navarre, furent faictes en l'églize de Sainct Pierre de Caen, en graude sérémonye (|ui durèrent par l'espace de trois jours; ou chacun jour se disoil une grand messe el un sermon \\ la louange du feu Roy, lequel duroil plus d'une heure ; ou loiil le clergé lanl de la ville ([ue desfaul.\l)ourgsy oui assisté,
m H<r- 'le l'Hôtel de Ville, fi-,>. 1" -riX.
avec Messieurs de la Justice ; les mère, esche vins, gouverneurs (le la ville et grand nombre de bourgeois, manantsethal)ilanlsd'icelle, le lout en forl l)on ordre. Et estoit toute l'églize de Vaucelles tendue de noir, tant de sarge que de vellours, jusques au portail d'icelle. Et y avoit plus de deux ou trois centz cierges de cire ; et dedans icelle estoit la ligure du Roy, nostre Sire: le tout couvert de vellours noir avec les armes de France.
Seize cent quarante cinq.
Pierre Le Marchand, mon père, rendit son esprit le Dimenche, 1" jour de Janvier 1645. Et futenterrey le lendemain en l'Egiize S^ Michel de Vaucelles, deux^ jour dudit mois et an.
Monsieur de Loni>ueville est venu en ceste Aille de Caen, le Jcudy, douz'"^ jour de Janvier 1645 (1).
Le mariage de XicollasLe Marchand, (ilz de Simon Le Marchand et de Marye Fontaine, fille de defunct Marin Fontaiue, de A'ivant bourgeois de Sainct Michel de \ aucelles, l'ut célébré et accomply en l'églize S* Michel, pai- noble honune J. Jacques Le Boucher, prestre et curey de ladite églize, le Dimenche cinq"'*' jour de Xovendjre 1645, eu la présence de grand nond)re de leurs parents de part et d'autre.
(1) Wi"^. i\r l'IInlcl (le Ville. («. f" •>7'.i et suivants.
Seize cent quarante sept.
Marye Fonlaiiie, femme de Nicollas Le Marchand, eiilt un filz le jour S* Ilonorey, jeudy, seiz^ jour de May 1017 et lui haptizé le Jeudy, vingt Irois*' jour dudit mois, en 1 eglize S' Michel de ^'aucelles, par M^ Roberl Sansou, A'icpière de ladile églize, souhz noble homme Jean Jacques Le Boucher, prestre et curey : et fut nommey Marin, par honneste homme Pierre Fontaine, frère de ladite Marye, aussy bourgeois dudit ^"aucelles ; assistey de honneste femme Marye Le Tellier, femme de honneste homme OUivier Bidard, mon beau frère, bourgeois de S* Jean de Caen.
Seize cent quarante Iinict.
Monsieur de Lon«ueville est venu en ceste ville de Caen, le lundy 25« jour de May 1648 (1), et Madame sa fennne et sa fille y arrivèrent le lendemain, 26'"^ jour dudit mois, auxcpielles on a faict entreye. Et est
(1) Reg. de rHùtel de Ville, m, 1"» im, 201, -M).
Henry d'Orléans, duc de Ijongiieville, avait élo lumuné j,'(UiveniiMir el grand bailli de Caen, en 1647, en remplacement de Bernard Potier, marquis de Blérencourt. Il était suppléé dans sa charge et avait pour lieutenant Le Blanc de la Croisette, conseiller, inaihv dliùh'l du l'x.i. \/d ducliesse de Longueville Ht une entrée solennelle : les détails nous en (ml été conservés dans l'ouvrage suivant: Description i/rs tablent. r ('(ères si/r 1rs po)-ti's de l<t rillc de Cdcii, à V heureuse entrée de Madame la Duchesse de LonyiteiuUe dans cette tulle. Caen, in-4«, Miciiel Yvon, 1H48. — On y trouve un grand nombre île pièces de vers latins et français composées à l'occasion de celte entrée (Note de M. l'abiiéde la Rue).
— lo5 — 1648
sorty de la ville pour aller à son devant plus de trois centz hommes de cheval et viron 100 carrosses, avec plusdeSoOO hommes de pied, bien armez et conduicts par Mons'" du Tort, avocat du Roy au baillage et siège présidial de Caen. Lesquelz furent au devant jusques à la campagne de Cormelles, ou ils furent rangez en deux bataillons en bon ordre ; ou il fust tiré grand nombre de mousquets, pour saluer lesdites Dames. Et furent conduictes jusques au logis de Mons*" de Bougy(l),qui estoitpréparey pour lesdites Dames, tant par la cavallerye, cari'osses, et gentz de pied, lesquels ont encore tiré tous devant la porte du logis. Et apprès soupper, il fut faict un feu d'arlilice admirable dans les Petits Prés, proche le moullin de S* Pierre. Et dura viron ime demy heiu'e sans cesser, et estoit placé en sorte que lesdites Dames et leur compaignie le pou voient voir facillement, par les fenestres de leur logis, et en eurent le contentement.
(1) M. le Révéreiitl, seigumir et marquis de Bouoy, mestre de camp de la cornette blanche, était un d(>s notables protestants de la région. A l'occasion de son mariago, Moisant de Brieux lui avait adressé les vers suivants : Toi qui fais tes plaisirs de ces travaux divers Qu'on souO're dans les champs de Mars et de Bellone. Cléonte, il faut enfin te faire une couronne Et t'élever au ciel sur l'aile de mes vers, etc. Pour se sdusiraire aux mesures prises contre les Réformés, il signa, en 1(385, le formulaire (rabjurali(jii ; mais, en 1G".>2, il feignit une maladie, se fit ordonner les eaux d'Aix-la-Ciiapelle, (tbtint un passeport et se réfugia en Hollande. L'intendant de Foucault fit aussitôt saisir sa terre do Bougy.
La nian[uise Luci-éce de Bougy était remar([uablenient belle : le jioC'le Jean Le Miére, sieur de Basiy, lit un soiiiiel sur sa morl. Segrais élail intimement lié avec le manjuis cl la marquise et leur écrivait souveiil. La retraite du nianiuis à La Haye, loin d'internjmpre ces bons rapports, ne fil que les allirmer davantage. En 1697, peu d'années avant la mort de Segrais, ils avaient une correspondance suivie.
Ledit sieur de Longueville s'en est retourney le Jeudy, 4""' jour de Juiu audit au KVIH. Il u'a esté que ({uiuze jours en ceste Aille; el Mesdames sa l'eniuiect sa tille y sont eneore restées (juehjue temps.
Seize cent quarante neuf.
Marye Foulaine, femme de Nicollas Le Marchand, mon tilz, eult une lillc, le Sahmedy, seiziesme jour d'Octobre Kiill, a une heure du matin, 11'"^ jour de la lune. Kl lui haptizée le Mardy, 2()"'^ jour dudit mois, en l'églize S'Michelde^'aucelles, par M'^ Robert Sanson, sieur de la \ igné, viquère en ladite églize, soubz noble homme Jean Jacques Le Bouclier, prestre et cnrey de ladite église. El fui nonnnée Catherine, par Catherine Fontaine, Femme de Jean Dionis, assister de honneste honnne Jacques Luard, tous deux bourgeois dudit ^'aucelles.
Xous avons l'aie t le pain bénisl en leglize de S* Michel de Vaucelles, le Dimenche douz'"^ jour de Décembre I6i9.
Seize cent cinquante.
Monsieur le Prince de Condey et son lilz le Prince de Conty et Monseigneur le Duc de Longueville, furent arrestés el mis prisonniers dans la Bastille le 18"'^ jour de Janvier ou environ l'an seize cent cinquante (l).
(1) Rêf,'. do THôtel de Ville, li-i, f" T)'». — IWa. «ocrets du rarlonient. t. XXVU, f" !:!(» l'I siiiv;mls: l.'d fl siiivanls : SM >'{ suivants.
Mons^'le Comte de Ilarcourt, tost apprès la retenue du prince, est venu prendre possession de l ou les les villes el chasteaux de Normend\ e ; dans lesquelz il a mis et posé des gouverneurs et cliangey les eschevins et officiers des villes. Dans le chasteau de Caen, il a mis et posey Mons'" le Comte de Quincey, pour gouverneur, par le commandement de Sa Magesté.
\oble dame Laurenclie de Budos (1), dame et Abesse du royal monastère de S*^ Trinitey de Caen, rendit l'espril sur la lin du moys de Juin 1650.
Noble dame Marye Leonor de Rolian (2), dame et Abesse du royal monastère de S**' Trinitey de Caen, aprins possession de ladite Abaye, le Vendredy 23"'^ jour de Décembre 1650, laquelle est sœur de Mous'" le Duc de Chevreuse. Cedil jour, ladite Abaye estoit libre et chacun l'alloil visiter et voir tout entièrement, les maisons, les jardins, et tout ce qui endespendoit. Et y avoit tant de presse que à peine on y pouvoit entrer.
(1) Laurence de Budos devint abbesse de Sainte-Trînité en 1598, el rétablit dans ce monastère la discipline et la régularité. Elle était sœur d'Antoine Hercule de Budos, vice-amiral général de France, et avait pour amie intime et confidente Madame de Bellefonds, femme du maréchal, dont il est plusieurs fois question dans ce journal. La quatrième fille de la maréchale fut baptisée dans l'église de l'abbaye et l'aldiesse, sa marraine, la nomma Laurence. D'une piété exemplaire, elle devint plus tard supérieure des Bénédictines de Rouen et protectrice du poëte Brébeuf.
(2) Maric-Léonor de Rohan, fille d'Hercules de Rohan, duc de Monlbazon, et de (Jalherine de Bretagne, apporta, nous dit Huet, aux. fonctions de cette charge un esprit brillant et une éloquence peu commune Plusieurs de ses ouvrages ont été imprimés. Huet place sa nomination au ^o décembre 1651, ce qui est une erreur.
lorii — i:;s —
Seize cent ciuqiiaiite et un.
Messieurs les Princes de Gonly el de Longiieville ont estes eslargys et mis liors du Havre, ou iiz avoient eslés mis prisonniers, le lo""" on 10"'"^ jour de Janvier 1051. Et furent nieneys à Pjiris pour estre eslargis par Sa Magesté (1 j.
Le Samedy, Dimenche etLundy, 11, 15 et 16*^ jour de Janvier 1651, il pleust en sy grande abondance que les eaux débordèrent tellement qu'elles abattirent une partye de la muraille de la ville, au droict du jardin de ITIostel Dieu, que l'on nomme La Foire du Prey (2), vers les Jacobins de Gaen. Ce qui a causé une grande inondation d'eau dans la parroisse S* Jean. De plus, elles abattirent une partye de la muraille que les Dames des Magdelaines avoient faicl faire pour fermer le Petit Prey, qu'elles avoient prins en lieffe de la Maison Dieu, pour y faire un jardin, qu'elles avoient faicl planter. Du({uel les eaux ont abattu plusieurs des arbres par terre, et fut le bout de devers la tour des Moulins de l'IIostel Dieu (3).
(1) Reg. secrets du Parlement, t. XXVIII, 1»» S. 22. 28. Les lettres du Roi, ordonnant la mise en liberté des princes, sont du IH mars 1651. — Reg. de rHôtel de Ville, 65, f» 1.
(2) Ce pre avait donné son nom à la foire ([ui s'y était tenue depuis des temps très anciens. Les registres des tal)ellions de Caen, de 1378, parlent du clos do la foire du pré. C'est sur ccl ciiiiilaccniciil (pic lui lùli deimis l'iiôpital général appelé plus tard l'Hùtel-Diou.
(3) La tour et les moulins de llinlcl-Dieu étaient sur le petit bras de l'Orne, procbe la porte Miili't. Donnés à rilnlcl-DifU par saint lA)uis. en 12.V), ils lurent
Et estoit ladite muraille de 3 piedz et demye d espaisseur ; tellement que les eaux furent sy grandes que toutes les maisons de la grande rue S* Jean et celles de Vaucelles estoient toutes plaines d'eau. Et venoist jusques à la Croix de Vaucelles, par derrière en grande abondance dans toutes les maisons jusques à la Court Terrier et celle de Mons'" de Tilly-Macquerel ; et, du mesme costey, à toutes, jusques au pont ; tellement qu'il l'allust avoir des bateaux et des chevaux pour aller et venyr de Caen à Vaucelles et aval la rue S^ Jean. Ce qui dura trois jours ; les Mardy, Mercredy et Jeudy, 17, 18 et 19 dudit mois et an.
Jean Le Marchand, lilz de mon frère Jacques, fut mariey avec Marguerite Ménard, de la parroisse de S* Pierre de Caen, le Mercredy, 18"'^ jo^n' de Janvier 1651; et l'allust des batteaux pour venir au mariage qui fust faict à S"^ Pierre de Caen ; et, en revenant, l'amener à son mesnage. Tous les parents et amys passèrent dans des carrosses ou batteaux d'aller et de venir, ce qui fust grandement coustageux.
Nous a fondé et posé la première pierre des pilliers sur quoy nous a faict bastir les orgues des Cordeliers de ceste ville de Caen, le Mercredy des Cendres, 22"^^^ jour de Febvrier 1651, et, en levant une des colonnes des pilliers, estant viron un pied de hault,
abattus par l'artillerie anglaise en 1417 et remis en état en 1419. La tour qui était auprès est appelée Malguéant dans plusieurs actes. Huet croit qu'il s'agit plutôt de la tour Pend-larron qui existait en 1255. La charte de saint Louis ne mentionne nullement cette tour et porte simplement : « in loco qui dioitur Malguéant ».
I(j:;2 — iiio —
la corde roiiipil el iclonihil ii Icrre loiil di'oicl, sans (|iril y eiill personne de hlessey. (]e (|ni liisl adinirey de })hisdc vingl personnes, lesqnelzesloicnl la présens etmoyaussy.
Maislre Jean (inérin a dicl sa pi'eniière maisse, le Dimenehe 2rV"^ jonr de Jnin Ki'il el Tnsl célébrée en la parroisse de S'Miehel de Vancelles, en la ])i'ésence de noble lionnne Jean Jaccfues Le Bouclier, prestre, curey de ladile j)arr()isse ; el de Maislre Francoys \'aullier, Jean Langlois, Pierre Fonlaine, Augustin Boullarl, H{)i)erl Cornière, Roberl Sanson, Pierre d'Orbigny, Allain Le Hoy, tous preslres en ladite églize et de grand nombre de parroissiens d'icelle parroisse.
Maislre Christophe Boujona dict sa première maisse le Mercredy, dernier jour de Novembre, jour et teste de la Toussaincl, Tan 1651 ; et fut célébrée en Téglize de S* Michel de Vaucelles, en présence des mesmes personnes que dessus, tous prestres en ladite églize et grand nombre de parroissiens d'icelle parroisse.
Seize cent eiuqiiaute deux.
Ollivier Bidard, mon beau IVèi'e, l'endil son espril le Dimenche, 25"^'' joui' de l'ebviiei' \{'y.')2, et l'ut enterrey en Téglize S* Jean de Caen, le lendemain Lundy, 20""* jour dudit mois.
— Krl — 1053
Xoble homme Siméon de Fontaine, sieur de Xeuilly, a acquis Tofiice de Mcomte de Caen, de noble homme Gilles Hue, sieur de Luc; lequel sieur de Neuilly a prins possession et séance de ladite office de Vicomte le Mardy, neuf""^ jour d'Apvril 1(352. XoI)le honune Gilles Hue, sieur de Luc, apprès avoir vendu ladite office, avoit acquis Toffice de Lieutenant Général de nol)le homme Jean de Biais, sieur du Quesnay (1). Et estant ledit sieur de Luc a Paris apprès avoir esté reçeu audit office de Lieutenant Général, il fut prins de mal à Paris, ou il niourit et fut enterrey.
Marye Fontaine, femme de XicoUas Le Marchand, mon filz, eult une fille le Mercredy 4""^ jour de Septembre 1652 ; et fut baptizée en l'église S^ Michel de Vaucelles de Caen. Et fut nommée Anne, par Anne Fontaine, assistée de honneste homme Michel Le Marchand, bourgeois de Caen.
Seize cent ciuquaute trois.
Monsieur le Cardinal de Lion, iVbbé de TAbaye de
S^ Estienne de Caen (2), rendit son esprit le jour
de l'an 1653. Xous a faict l'oraizon funèbre en ladite abbaye le Jeudy, Vendredy et Samedy, 17, 18 et 19'"*^ jour d'Apvril audit an, ce qui s'est faict avec de
(1) Jean Le Biais, sieur du (Juesiiay, né à Caen le 7 novembre 1(515, rue Saint-Jean, fut nommé lieutenant général du bailli, le 17 mars 1635 ; il donna sa démission en mai 1653 et mourut le 25 février 1698. Voir Introduction, § IV.
(2) Alphonse-Louis Duplessis de Richelieu, archevêque de Lyon, frère du cardinal. Il mourut le 23 mars 1653.
Km! — Ki'i —
gTandcssérénionycs. Tl y jivoil une Cliappelleardaiile, gariiyc de cierges hlaiics allimiez, diiranl les services qui esloienl de Irois grandes niaisses cliacnn jour. El, apprèsniidy, vespresel vigilles. Au\(piels services ont assistey tous les relligieux el les clergés de S* Nicollas el de S^Oiieii (pii sont despendanlzde ladite Abaye. Kl, loule Féglize, jusques à la l'iie, esloit tendue de noir de Irois rangs de sarge el un rang de velours, avecque quantité des armes dudit l'eu sieur cardinal.
Seize cent cinquante qnatie.
Marye Fontaine, l'emme de Nicollas Le Marchand, mon lilz, eull une lille le Lundy deux"'^ j^^^'i' ^^^ Mars 1()54. Kl l'ul haptizéeen leglize de S^ Michel de Vaucelles, et fut nommée Ollive par honneste lille Catherine Le Marchand, hlle de Jean Le Marchand, mon frère, assistey de honneste homme Germain de la Croix, cirurgien, bourgeois de Vaucelles.
La monnoye ( I ) l'ust establye en cesle ville de Caen, pour y l'aire et fabriquer des liarcls, en l'année 1654; et, le 1 5'"^ jour de Febvrier 1655, fut publié un arrest
(1) La Chambre de Monnoye avait été installée à Caen en 1500. Son premier directeur fut Raymond Hermyer, auquel (lahaignes consacre son Éloge 8. Elle était dans la rue Neuve et. comme mar([ue, elle avait une croix. La ville conserva maison privilège, nous dit M. de iîras ; cepeiulant. comuu' nous le voyons par le Journal de Simon Le Marchand, la trappe des monnaies continuait en lOM ; mais, le 12 janvier 1700, elle fui de nouveau supprimée, pour être rendue quelque temps après. Nous lisons, à ce sujet, dans le Journal des choses >némoraltles arrirées à Caen, publié en 1890, par M. K. de Beaurepaire, la nu'ution suivante, à la date de l(î.'>.^i : « I,e l."> lévrier conunenca à Caen la ral)ricalion des liards. T^a maison
par lequel les doubles cl deniers de loutes sortes de fabrique et monnoye de cuivre ont estes retirés, à la réserve de ceux fabriqués au moulin cl armes de France.
Seize cent cinquante six.
AnneLe Alarieye, fennne de Jacques Le Marchand, mon frère, rendit son esprit le Jeudy, 16'"\)our de Novembre 1656 et fui enterreye ledit jour, sur les quatre heures apj)rcs midy en Tégiise S^ Michel de Vaucelles de Caen, a cause ({u'elle estoit morte de llux de sang.
Seize cent cinquante sept.
Monsieur Allain Le Roy, prestre de S* Michel de Vaucelles de Caen, rendit son esprit le Vendredy au soyr, 27'"*^ jour d'Apvril 1657, et fut enterrey fort honorablement dans la cour de ladite églize, le Dimenche 20"'' jour dudit mois et an.
Noble homme Nicollas du Moustier, escuyer, sieur de la Motte, conseiller du Roy et lieutenant général au baillage cl siège présidial de Caen, a prins séance audit siège, le Mercredy six^ '}(mv de Juin 1657 (1).
de la Monnoye fut établie dans la rue Saint-Jean, proche réglise de ce nom ; elle appartenait à M. de Briequevillc, président au Parlement de Rouen». Au XVIU'^ siècle, l'Hôtel des Monnaies avait été transféré dans l'hôtel Duval de Mondrainville.
(1) Reg. de l'Hôtel de Ville. 6(5, f" (io. Huet place cette prise de possession en 1658. Nicolas du Moustier, sieur de la Motte, était né en 1613. Il fut d'abord conseiller à la Cour des Aides de Rouen. Il exerça la charge de lieutenant général au bailliage de Caen pendant 40 ans avec beaucoup de capacité, nous dit Huet. Il cultivait les belles lettres et était uni avec celui-ci d'une étroite amitié. Il mourut en 1698, figé de 85 ans.
llKill — Mil —
Mai've Fonlaiiie, rcinmcde Nicollas Le Marchand, mon lilz, eull une lillc le Lnncly à dix hein'cs du soir, l'''()elol)re I(k)7; el fui haplizée le Dimenelie, 7"" jonr diidil mois en Téi^lize S' Michel de X'aucelles, par M'" Norgol, preslre el ^M(luè^e en ladile églize, souhz noble honnne Jean Jaccpies Le Boucher, })resli'e cl curey de ladile églize. Ll lui nonnnée Lonize par honneste l'ennue Louize (iodefroy, l'eunne de Jacques Lnard, assistée de honnesle liomme Jac([ues Le Marchand, tous bourgeois de ladite parroisse.
Seize cent cinquante neuf.
Maistre Francoys Ennc a dicl el célébré sa première maisse le Dimenche, 27'"'' jour d'Apyril 1659, en l'églize S^ Michel de Vaucelles de Gaen ; en la présence de noble homme Jean Jacques Le Boucher, curey et de M'^ Francoys Vaultier, Jean Lauglois, Pierre Fontaine, Robert Cornière, Roberl Sanson et Christophe Boujeon, prestres obitiers en ladite églize et autres parroissiens en grand nombre.
Maistre Francoys Vaultier, doyen et ancien des prestres obitiers de l'églize de S* Michel de Vaucelles de Caen, rendit son Ame, le Mercredy dernier jour de Apyril 1059, et lui enteirey le premier jour de Mayaudil an, dans le c(eur de ladile églize. Auquel enterremenl oui assisley grand noud)i'e de preslres de lacontrayriede S'^Cécille (piionlchantey leconvoy du corps en l'églize et dicl la grand messe el chanley
en miisicque fort honorablement. Et les prestres, ses confrères, ont faict nn service à diacre et soubz diacre nn mois dnrant.
Le Samedy, dix nenf"^^ jour de Juillet 1659, Francoys Sellier, de la parroisse de S^ Jean, fut attaint et convaincu d'avoir blasfémé le sainct non de Dieu et dict des parolles exécrables contre la Vierge, mère de Dieu. Et, pour cet ctTaictjl fut, ledit jour, condampney à faire amende honorable, une torche au poing et nud en chemise, devant l'auditoire du Présidial ; devant le portail de S* Pierre, et devant l'églize de Nostre Dame de Froiderue dudit Caen ; et, en chaque lieu, demander pardon à Dieu, à la Vierge, au Roy et à la Justice; et, apprès, estre fustigé par 3 jours de marché, la corde au col; et leS""" jour, il auroit la langue percée d'un fer chaud, estant attaché à une potence. Et, en sa présence, son procez fust brusley par le bourreau, affmd'oster la mémoire du crime par luy commis.
Marye Fontaine, fennne de Xicollas Le Marchand, mon tilz, eult un iilz le jour des Trépassés, Dimenche, deux'"^ joi^'i' <^le Novembre 1659, sur les six heures et demye à sept heures du soir ; cl fut baptizé en l'église S^ Michel de Vaucelles par M*^ Estienne Norgot, prestre et viquère en ladite églize, soubz noble homme Jean Jacques Le Boucher, prestre cl curcy de ladite parroisse, le Mercredy ciiiq'"° jour dudil mois. El fut nomniey Pierre, par honorable homme, M*^ Pierre Fonlaine, pj'cslre obilier en ladite églize, assistey de
loiio — Km —
lioiineslc rciiinic Andreye Tliierry, femme de Philippe l)aineri;iie, tous bourgeois de ladite j)arr()isse.
Seize cent soixante.
Maistre Jean Ronxel, preslic, orii'inaii'e de Vaucelles et eurcy de (iiberville, rendit son esprit en sa maison, andit \'aueelles, le Mardy 23'"° jour de Mars 1660. Et le lendemain, Mercredy Sainet, il fut portey en ladite parroisse, de Gihei'ville, eondnict par tous les eonfrères prestres de la Compagnie de Saincle Gécille, dont il avoit esté conservateur, jusques au Gros Orme de Vancelles (1)^ et fut enterrey fort honorablement en ladite églize de Giberville.
En l'an 1659, il fust un grand hyver qui commença le jour de Sainet Andreye, dernier jour de Novembre audit an; auquel jour il conmiença à neiger et geler sy bien que la terre fust couverte de neige l'espace de trois mois, avec de grandes et fort aspres gelées, qui durèrent jusques a la fin de Febvrier 1660 ; et duquel chacun croit n'en avoir vu un pareil, depuis im qui commençit aux Festes de Xoël et finist sur la lin du mois de febvrier 1607 ; durant lecpiel temps, moy et les autres, il fallut chaulîer le pain pour le coupper et nienger. Et le boyregelit aussy dans les tonneaux; et lorsqu'il falloit tirer, il falloil un l'échaud sous la clef pour la dégeler.
(1) L'orme qui a dunnô son nom à cot ondroit ('tait au farrofour formé par la nie d'Auge et un chemin qui conduit aux champs, un peu avant la cliapeUe Sainte-Paix. Il va (|uel(iU('s années radministialion municipale, pour conserver la tradition, a fail planlrr un nouvel oi-rni- à la iilaccdc l'itucicn.
La paix généralle faicte entre le Roy de France et le Roy d'Espagne, fut publyéeen ceste ville de Caen, le Mardy vingt quatriesme jour de Febvrier 1660, par l'ordre de Messieurs les gouverneurs et eschevins de ladite ville (1); qui ont, pour cest elîaict, envoyé les six sergents royaux de ladite ville avec Tliuissier de la ville, tous à cheval et en bon équipage, assistés de 12 ou 13 tambours et deux trompettes. Lesquelz, sur les deux heures apprcs midy, sont allés par tous les carrefours cl lieux pid3lics, tant de la ville que des fauxbourgs pour annoncer, publyer et faire sçavoir à un chacun que la paix estoit faicte. Auxquels carrefours ilz ont affiché placards du commandement à eux faict par le Roy.
Cefaict, le Samedy 23"'^' jour dudit mois, elle fut, derechef, pid^lyée à l'audience du siège présidial auquel futdeputtésix des conseillers dudit siège, assistés des procureur et avocatz du Roy, qui ont encore réytéré la publication; lesquels pour cet efîaict, sont derechef allés par tous les carrefours et lieux publics de la ville et des fauxbourgs, assistés de trompettes et de tambours, faisant commandement a un chacun des bourgeois de nettoyer les rues chacun devant sa maison et de fermer les bouticques et cesser le travail pour assister au Te Deon qui se fist ledit jour, sur les quatre heures apprcs midy, ou assistèrent toutes les processions de la ville cl fauxbourgs en un bel ordre, avec le corps de 11 iiivcrsité, les trésoriers de France, le Présidial, X^icomté cl Election. Lequel Te Deon fut
(1) Ke-,'. «If niôtfl lie Ville, (37. f« il, 45.
chaiilcy avec grande cci'éinonyc en nuisicqne et ogres (sic). Ce faict, il lui faicl un l'en dejoye an carrel'onr S' Pierre. Et il y aAoil snr les vonles de ladite églize de S* Pierre nn pelil cliastean de qnarle, plein de phisienrs sortes de l'enx d'artidees (jui dnrcrent pins de Iroislienres. Ce laid, il lui cliargeyanx honrgeois tant de la ville (pie des l'anxbonrgs de lenir à lenrs fenestres cliacnn nne chandelle allnnieye el l'aire tons, en général, des l'enx (knanl lenrs porles el maisons. Ce qni fnt l'aicl avec grande joye, avec festins, par les rnes en phisienrs endroicts. Kl clnra lont le reste de la nnicl, avec hnnhonrs, mnselles et antres instrnments.
Le lendemain Dimenche, 29""' jonr de Febvrier andi l an, ceuxdn bonrgde Vancelles firent assembler grand nombre de bonrgeois en armes, avec nn l^el ordre, tambonr battant et promenant par la ville en bon esqnipage. Cenx de la ville, à rin\'ilalion d'icenlx, n'ont pas manqné à chacnn lenr jonr, de mettre les armes en main et faire des promenades par la ville anx jonrs onvrables de la semaine snivanle.
Et le Dimenche 7"'*' jonr de Mars, il fnl derechef chantey encor nn Te Deon en l'églize de S* Pierre, lesqnelzconnnenccrent Tordre ponr en dire par tontes les églizes de la ville el des l'anxbonrgs de Caen, chacnn en })arlicnllicr, avec des l'enx de joye a tontes les parroisses, connnc il fut laid ce dit jonr andicl S' Pierre, leqnel fnl chanley en gi'andc céi'émonye. Et apprès, les sicnis cnrcys cl pi'cslrcs, trésoriei's et parroissienssont sortis de ladite égiize on ilz ont faict ])rocessi()n j)ar la pai'roisse. VA pnis sont ^■enlls alln-
mer le feu avec trois flambeaux dont le sieur curey et trésorier en avoient chacun un. Cela fut faict en la présence de grand nombre de parroissiens, estant en armes dès le midy par toute la ville, en bon ordre, assistés de ceux du bourg deVaucelles, qui y estoient aussy présents en armes. Et au parmy de leur trouppe, y avoit le filz du sieur Hamel-Hél)ert, accoustrey et dressé à cheval qui portoit en sa main une croix siu' les deux bras de laquelle estoient la couronne de France et celle d'Espagne, et au hault d'icelle un S^ Esprit qui tesmoigne l'opération d'iceluy en ceste paix; avec un baril plein de vin, couvert de lauriers et de lierres qui esloit portey par deux hommes.
Le Dimenche 14'"^ jour dudit mois de Mars, qui estoit Tordre de dire le Te Deon à Vaucelles ; et estant dict, il l'ust laid une fort honorable procession par le bourg. Et, au revenir d'icelle, on mist le feu à un feu de joye qui estoit préparey à la Croix de Vaucelles, ou le s"" curey y mist le feu avec un flambeau allumé qu'il tenoit à la main. Ce faict, il fut tirey plus de 200 coups de mousquet et autres armes par les habitants de ladite parroisse qui y assistèrent en grand nombre et bon ordre, et toute la nuict on n'entendoyt que tambours, nuisettes et chansons par le bourg, qui se réjouissait en criant : Vive le Roy ! Vive le
Roy!
Simon Le Marchand, âgé de 71 ans el probablement atteint de la maladie qui devait l'emporter deux ans après, termine ici la rédaction de ce « papier » qu'il avait commencé le 13 mai 1610. — Son tils Nicolas, né le 9 avril
1622, reprend, quatre ans après seulement, les notes laissées par son père et les continue jusqu'en IGHO, mais (Fune façon irrégulière et peu soignée.
Marye Fontaine, ma femme, enlt un lilz le Vendredy, 13'"^ jour de Janvier, sur les unze heures de la nuict l'an 1004. Et fut baptizé le Dimenclie, 15"'^ jour dudit mois et an en Téglize de S' Michel de Vaucelles, i)arM*^ Robert Cornière, viquère en ladite éghze, soubz noble homme Jean Jacques Le Boucher, prestre et curey de ladite églize. Et fut nonnné NicoUas, par honneste honniie Nicollas Fontaine, aussy bourgeois dudit Vaucelles, assisté de honneste femme Marye Dionnis, femme de honneste homme Guillaume Gautier, bourgeois de ^^aucelles.
Simon Le Marchand, mon père, rendit son esprit le dix neufviesme jour de Abvril, l'an mil six cent soixante et deux (1662).
Maistre Hol^erl Cornière, prestre et obitier en ladite églize de S' Michel de Vaucelles, rendit son esprit le Lundy, vingt ctuniesmejourde Febvrier et fut enterrey le vingt troisiesme jour de Tan 16()7.
Mort de nostre hlle Olive, ([ui rendit son esprit le vingt troisiesme jour de Septembre, Tan 1067 et fut enterreye en l'églize de S^ Michel de ^^aucelles, le vingt cpiat'"'' jour dudit mois et an.
Monsieur Le Boucher, i)rcstre et curey de Téglize de Vaucelles de Gaen, rendit son esi)rit le Jeudy, I i""
jour de Novembre et fut enterrey le lo'^^^ jour cludit moys, présence de plusieurs prestres, Tan 1669.
Mort de nostre tille Louyse, qui rendit Tesprit le dix huict^ jour de Mars, l'an 1669 et fust enterreye au cimetière de S^ Michel de Vaucelles, le dix neuf^ jour dudict moys et an.
Mort de Claudre de Branville, en Tan 1674, au moys de Mars.
Le Dimenche, 1.')'"^ jour d'Avril, nous a tous l'aict le pain bénit ; Philippe Dauriac et Francoys Le Mascrier ; Laurent Es tienne et Nicollas Le Marchand, tous bourgeois de Vaucelles de Caen, l'an 1675.
Louise Godefroy, femme de Jacques Luard, rendit son esprit le 29'"'^ jour de l'an 1676, au moysd'Apvril.
Le Dimenche, 3"^^ jour de Mars, nous avons faict le pain bénit ; Philippe Dauriac et Francoys Le Mascquerier, avec Estienne Laurent et Xicollas Le Marchand, tous bourgeois de Vaucelles, l'an 1680.
L'on a faict faire une porte qui part de SainctJean, droict sur le pont de Vaucelles, avec deux beaux pilliers, faits par Messieurs de la ville, au mois de Mars, l'an 1680.
Monsieur le Compte de Goigny, gouverneur des ville et cliasleau de Gaen ( 1 ), est venu en ceste ville
(l) Reg. (le l'Hôti'l de Ville, 71, f»^ 69 et suivants.
Robert-Jeaii-Aiiloine de Fraiiquetot, comte de Coigny, fut nommé gouverneur le 15 janvier lfj80. Il succédait à Le Blanc du Roullet, sieur de la Croisette, et mourut en 170'i.
ronziesme jour (rA\ lil KiSO, aïKjiiel on (il asseinl)lcr (oiis les bourgeois cl hahilans de Caeii esLaiiL armés. 1^1 la niesine année on leur (il le lendemain une liarani;ue au baillage dudil Caen, ([ui lui l'aile |)ar Monsieur du Vaire, advoeal au haillage.
Le mariage de Jean Le Maserier et de Anne Le Marchand, fille de dél'unl Jean Le Marchand, bourgeois de S^ Micliel de Vaucelles, fut célébré et accomply en Téglize S' Michel de Vaucelles, par bonnes te et noble homme Jean Francoys Guillot, prestre et cnrey de ladite églize, le Mercredy, sixiesme jour de Septembre 1G80, en la présence de plusieurs de leurs parents.
Maistre Jean Vérel a célébré sa pi'cmière niaisse en Téglize de S' Michel de Vaucelles, le Dimenche 3"^^ jour de Septembre 1 682, en présence de Jean Francoys Guillot, prestre, curey de ladite églize ; de M^ Pierre Fontaine ; M*' Robert Sanson ; M® Estienne Bordel ; M^ Jacques Adard ; M^ Philippe Hébert, tous preslres et obi tiers de ladite églize.
Maistre Charles Laignel a célébré sa première messe en l'églize de S' Michel de Vaucelles, le Oimenche, onziesme jour de Septembre 1()82, en présence de ceulx {|ue nous avons nonuné cy dessus.
La bénédiction de la pierre de l'églize des UH. PP. Jesuilles fui laide par Messire Francoysde Xesniond,
evesquc de Bayeux ; présence de M'" de Morangy, intendant dudit Gaen; de M'" Nicolias du Moustier, lieutenant général, et de M'" de Secrets, le 15 Mai 1685(1).
Et en la mesme année, la statue du Roy fut placée en la place Royalle, le 22 de May (2).
Lundy, 25"'*" jour de Juin 1685, on commença à démolir le presche de Gaen (3).
Le Mercredy , cinquiesme jourdu moisde Septembre 1685, on chanta le Te Deum en l'égiize des Jacobins et reloge du Roy y fut faicte en francoys. Et le mesme jour, l'éloge fut faicte aux Cordeliers en latin, par Maist^ Malouin, prestre, curey de S* Estienne de Caen et recteur de ITIniversitey. Pendant tout le jour, les bouticques furent fermées et les bourgeois les mieux faicts se mirent tous en armes et s'en allèrent sur la place ou est la statue. Ils se mirent tout autour de la place, ou l'on fist, le soir, après l'éloge faicte et le Te
(1) Cette église avait (Hé construite dans le Pré des Ébats, endroit des Petits Prés où on tirait les Papeguays. Elle avait été commencée en 1684, et fut consacrée le 31 juillet 1689. François de Nesmond, né à Paris le 1" septembre 1629, mort le 16 juin 1715, avait pris possession de l'évèché de Bayeux le 15 mai 1662. — Jean Regnault de Segrais, l'académicien bien connu, était premier échevin depuis 1683. Il mourut à Gaen, le 25 mars 1701. Reg. de l'Hôtel de Ville, 73, f« 133. Sur Segrais, voir Introduction, | IV, in fuie.
(2) Sur cette statue et son inauguration, voir Introduction, | IV, in fine.
(3) Reg. de l'Hôtel de Ville , 74, f» 62. — A cette occasion on fit prendre les armes aux bourgeois de la ville, dont les compagnies se relayaient de vingtquatre en vingt-quatre lieures, pendant la démolition. — Le 6 juin précédent, un arrêt du Parlement avait prononcé la suspension à vie et le bannissement des trois ministres caennais, Pierre du Bosc, Morin et Guillebert. Pierre du Bosc était l'un des hommes les plus éloquents de cette époque, au jugement de Louis XIV lui-même.
Kisr» — 171 —
Deum chanlé, un leu de joyc el un l'en (raililice. Il plnl bien lonl ec jour.
i(')8o-l()S(). Le rétinien l dw Koy vint à Caen pour faire résider les Inignenols el pour loger chez eux; mais, ayant l'aict leur déclaration de quitter leur hérésie, ils lurent déchargés el logés chez les catholiques (1).
Le Lundy 18 Aonst 1()80, un prétendu converty
nommé list amende honorable, la corde au col,
nud pieds et en chemise, devant Saine t Pierre.
Le 14 Juin 1680, de S* Michel, de laparroisse
de S' NicoUas de Caen, list amende honorable la torche au poing et tut conduict à Téglize de S' Xicollas, pour y estre pendant la S*'' messe et lut reconduit par un sergent à la prison pour payer ramende.
— Nous ne savons quand mourut Nicollas Le Marchand, ou s'il abandonna volontairement la rédaction de son Journal, qui s'arrête ici.
Les quelques notes qui suivent ne sont pas de son écriture, et, d'après la mention qui les termine, doivent être attribuées à son fils Nicolas, né le 13 janvier 1662, petit-lils, par conséquent, de Simon Le Marchand. Ce Nicolas était
(1) A la suite de la révocation derÈdit de Nantes, la persécution dégénéra en mesures odieuses. On envoya, dit M. lahhé de la Rue, les soldats loger chez les religionnaires et à leur charge, savoir, seize cents à Caen et huit cents à Bayeux. On en exila plusieurs dans diverses abbayes; on mit leurs tilles au couvent de la Propagation; on confisqua leurs revenus el on alla même jusqu'à laisser sans sépulture ceux (jui refusaient d'alfjurer à leur lit de mort. La plus part émigrérent. L'ell'et lut tel >iue, l!] ans ai)rés, l'intendant Foucault avouait que l'acte de révocation avait ruiné le commerce en Normandie.
entré dans les ordres, ainsi qu'en témoigne la qualité de prêtre qu'il prend à l'occasion du baptême d'un fils de son frère.
Nous faisons suivre ces notes d'une pièce de vers sur les réparations de l'abbaye de Saint Etienne, qui, commencées en 1612, se terminèrent en 1626. Ces vers (?) sont de l'écriture de Simon Le Marchand. Bien que ni la pensée, ni le style, qui se rapprochent beaucoup de la manière du Journal, ne soient supérieurs aux productions de Simon, nous ne pouvons affirmer qu'il en soit l'auteur. En tous cas, il connaissait les Brodon et il y avait même entre eux et lui, — on a pu s'en convaincre à la lecture de son <• papier » — alliance ou parenté, ce qui expliquerait les vers en question et permettrait de les lui attribuer.
Dans le manuscrit original, ce fragment poétique (!) suit la table qui le termine et que Simon Le Marchand avait établie au jour le jour. Cette table, que nous ne reproduisons pas, ferait double emploi avec la notre, qui permettra de rechercher avec plus de facilité les événements que le chroniqueur se contente de mentionner en suivant l'ordre des années.
Le M^ XicoUas Goguet (1), conseiller et capitaine de Vaiicelles, Tan 168(3, décéda.
1691. — Mon frère enlt une fille, nommée Marye, par M'"*^ Soret, nièce de mon père.
1692. — Ma Mère mourntle 16 de May et fnt inhumée le 17 de Tannée 1692.
(1) M"^ XicoUas Goguet, s' de Braiivillc, dont il a été question plusieurs fois dans ce journal.
Les trois g'rosses cloches de cesle parroisse de S* Michel de \'aiicelles de (^acii, l'iirenl l'oiuhies le Mardy, premier jour d'Apyril et heniles par vénérable et discreptc personne, Maistre Jean Francoys (hiillol, preslre, curé de cesle parroisse : la grosse nonnnée par Mons'" de Helleaii, assisté de M"'' Houxel ; la seconde, nommée par Mons'" Bouchard, assisté de M^'^ Goguet; la 3'"' nonnnée par M'Bazire, assisté de M'"'^ Boullement, le .'V"' jour dudit mois 1692. La petite l'ut bénite le 10"'" jour d'Aoûst et nommée par D°'' Marie Le Paulmier, assistée de honnestc honnne Jean Le Conte.
Le 31 Janvier 1693, mon frère eult un fils nommé le L'" jonr de Febvrier, Nicolas, par moy, Nicolas Le Marchand, p''% présence d'honnesle femme Marye Le Nepveu.
La/'nics sur lit l'épni'nlion de In Baye de Saincl Eslienne de Caen.
Aujourdhuy je me suis transporté en l'Abaye
De ce premier martyr S' Estienne le Vieux
Ou j'ay considerey la coUère enrag-ée
De ces maudites g-ens qui nOnt ouvert les yeux.
Cy ceste nation eust reg-ardey le ciel
Eusse considerey la puissance infinie
Qu'avait Nostre Seig-neur ce grand Roy éternel,
Las, qui de jour en jour un chascun il chastie.
Ce sainct temple n'eût mis bas qui estoit non pareil
Qu'on n'esperoit jamais le voir réédiffîé.
Aprésent nous voyons en ce g-rand édiffice
Plusieurs bons artisantz, qui le réédiffient.
J'admire le travail de ce g-rand édiffice
Qu'un chacun n'esperoit voir sans grand préjudice
De plusieurs artisantz estans en leur travail.
On esperoit le voir tomber de haut en bas.
C'est le Dieu tout puissant qui le garde et conserve.
Je n'en ignore pas, voyant sy g-rand mistère,
Prions tous de bon cœur ce g-rand Dieu nostre père
Qu'ils réparent ce lieu sans aucun tort à faire.
Honorons de bon co'ur ces artisants, mes frères,
Nous leur debvons à tous donner bien de la g-loire.
Pour Guillaume Danguet, c'est un grand personnag-e
Pour dessus un carreau faire de bon ouvrage.
Pour Anthoine Brodon (1 j, c'est un fort habile homme,
(1) Nous avons déjà, à propos de radjiidicaliou <li3s travaux à faire à l'abbaye, en ItiKi, parlé des Brodon (Voir .Tournai, pa^'es 8 et 11). Ils étaient fort connus deSinif)n \j' Man'liand. Dansson lOludcsiir l'abhaye d(! Sainl-l-]li('iine,M.(!.Boii{''t
Il seait bien son mesiier, il ost Tort honneste homme ;
Pour Nicollas Hrodon et Michel Baillehache
Ils espèrent comprendre de ce Dang-uet l'ouvrage.
Pour les autres artisant/,, je les tiens fort habilles ;
Autrement ne feroient rien en cest édiffîce.
Tous ces bons artisantz, s'ils vivent quelque temps,
Diront : j ey travailley à ces grands bastiments.
Pour mon particullier je prière v Dieu mon père
Qu'ils vous conserve tous, mes amis et mes frères.
Qu'il vous veuille tenir tous en vostre santé ;
Que ce grand bastiment vous puissiés achever.
Pour Nicollas Brodon s'il a désir de savoir
Qui a escript cecy, qu'il vienne me trouver.
Je luy dis le moyen de me pouvoir cognoisti'e.
Car luv et moi avons bien souvent faict la feste.
leur consacre les lignes suivantes : « Cette famille a une certaine importance dans l'histoire des constructions à Caon. En 1625, nous trouvons Anthoine Nicolas et Michel dit Brodon, maçons. En 16;33, Michel Brodon sculptait le bel autel des Gordeliers, dont une lettre du Père Martin à Huet nous a conservé la description. Un autre membre de cette famille, Thomas Brodon, dirigeait les travaux qui furent faits à l'entrée, dans la maison des religieux deSaint-Maur. Plus tard, M»^' Brodon, architecte, bâtit l'église du couvent de la Visitation, qui sert maintenant de magasin à fourrages pour l'armée. Les sculptures, aujourd'hui détruites, en furent faites par son père, G. Brodon, sculpteur. Ce dernier, d'accord avec dom Guillaume de la ïremblaye, donna le dessin du grand contreretable, élevé en 1707, dans l'église de Saint-Étienne-le-Vieux. Ces deux derniers étaient probablement les iils de Michel, car le Père Martin, dans une lettre adressée à Huet, en 1709, lui apprend la mort de Brodon, sculpteur, fils, dit-il, de celui qui avait sculpté leur belle couronne. Un autre membre de cette famille, Isaac Brodon, curé de Saint-Nicolas en 17()ô, eut de grands démêlés avec les religieux de Saint-Etienne ».